Pedro Santana

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Pedro Santana
Image illustrative de l'article Pedro Santana
Fonctions
Président de la République dominicaine
16 juillet 18444 août 1848
Prédécesseur Aucun
Successeur Conseil de secrétaires d'état
30 mai 184923 septembre 1849
Prédécesseur Manuel José Jimenes González
Successeur Buenaventura Báez
15 février 185326 mai 1856
Prédécesseur Buenaventura Báez
Successeur Manuel de la Regla Mota
28 juillet 185820 juillet 1862
Prédécesseur José Desiderio Valverde
Successeur Felipe Ribero
Biographie
Nom de naissance Pedro Santana Familias
Date de naissance 29 juin 1801
Lieu de naissance Hinche (alors en République dominicaine)
Nationalité dominicaine

Pedro Santana
Président de la République dominicaine

Pedro Santana Familias (Hincha, 1801- Santo Domingo, 1864) était un militaire et homme politique dominicain, né dans la ville frontalière de Hincha (maintenant en Haïti). Il fut le premier président Constitutionnel de la République dominicaine.

Santana se caractérisait par ses grands talents militaires, ses tendances dictatoriales, son annexionnisme et sa méticulosité dans les affaires publiques. Ses actions politiques furent critiquées par beaucoup d'historiens ; cependant on ne peut douter qu'il ait été un grand soldat, entre autres par sa participation à de nombreuses batailles : La Bataille du 19 mars 1844 (Azua) et la Bataille de Las Carreras. Il a également combattu avec distinctions pendant la Révolution du 7 juillet 1857, lorsque les habitants du Cibao placèrent l'armée révolutionnaire sous son commandement.

Les débuts militaires[modifier | modifier le code]

Ses parents étaient Pedro Santana et Petronila Familias, propriétaires fonciers de la zone frontalière. Vers 1805, Santana émigra avec sa famille vers le Cibao, et plus tard, dans la région d'El Seibo, partie orientale du pays, où il est par la suite devenu chapelier, puis militaire. Son père combattit comme capitaine lors de la Bataille de Palo Hincado. Il avait un frère jumeau, Ramón Santana, qui mourut subitement le 15 juin 1844 [1].

Les frères Santana furent approchés par Juan Pablo Duarte, en raison de leur influence dans la région Est du pays et de leur volonté libératrice et Pedro Santana fut nommé colonel. En 1844, il commandait la principale force armée du pays, composée de soldats originaires pour la plupart de l'Est du pays (El Seibo, Hato Mayor del Rey et Higüey).

Santana participa à la signature de manifeste du 16 janvier 1844 [2], sur les motifs de séparation de la région Est de l'île vis-à-vis d'Haïti. Après la déclaration d'indépendance du 27 février 1844, Pedro Santana regagna Santo Domingo avec ses troupes. Le 7 mars 1844, la Junte centrale, présidée par Tomás Bobadilla y Briones le nomma chef de l'expédition de la frontière sud. Le 19 mars 1844, Santana et ses 2 500 hommes s'unirent aux troupes de Vicente Noble et Antonio Duvergé[3] pour repousser les Haïtiens lors de la célèbre bataille d'Azua.

Cependant, le retrait supposé stratégique des troupes de Pedro Santana ne fut pas apprécié par Juan Pablo Duarte et l'opposition entre les deux hommes ne fit qu'empirer au fil des jours. Le 9 juin 1844, il fut destitué de ses fonctions. Cependant, il marcha avec ses troupes vers la capitale, qui n'opposa aucune résistance, et se fit proclamer président de la Junte centrale de gouvernement, le 16 juillet 1844 [4]. Tous les partisans de La Trinitaire furent déclarés traîtres de la patrie, les Pères de la Patrie furent écartés du pouvoir, emprisonnés ou déportés.

Premier président[modifier | modifier le code]

Après qu'il eut encerclé militairement l’assemblée nationale qui rédigeait le projet de constitution, et avec la médiation de Bobadilla, l’assemblée accepta de faire passer un article dans la constitution qui donnait pleins pouvoirs au président de la république pour prendre toutes les décisions qu’il considérait nécessaires pour la défense de la patrie[5].

Santana se fit élire comme premier président constitutionnel de la république le 14 novembre 1844, date à laquelle eut lieu la dissolution de la Junte Centrale de Gouvernement. C’est la vraie naissance de l’État dominicain, avec ses différents pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire.

Le 27 février 1845, pour le premier anniversaire de l'indépendance de la République dominicaine, il fit fusiller María Trinidad Sánchez et Andrés Sánchez, la tante et le frère du patriote Francisco del Rosario Sánchez, accusés de conspiration contre l'État. Il gouverna ainsi de manière dictatoriale, justifiant ses actes par la crainte de nouvelles invasions[6].

Il dirigea le pays jusqu'au 4 août 1848, date de sa démission en raison de sa perte de popularité. Il fut remplacé par Manuel Jiménes González qui décréta l'amnistie générale, en premier lieu en faveur de Juan Pablo Duarte, Matías Ramón Mella et Francisco del Rosario Sánchez, les Pères de la Patrie.

Second mandat[modifier | modifier le code]

Il usa une nouvelle fois de ses qualités militaires pour remporter la bataille de El Número, dans la province d'Azua, aux côtés de Duvergé, le 17 avril 1849, puis celle de Las Carreras, près de la rivière d'Ocoa, le 23 avril 1849 [7],[8].

Devant la menace d'une nouvelle invasion haïtienne, Pedro Santana fomenta un coup d'État contre Manuel Jiménes González le 29 mai 1849 et gouverna le pays du 30 mai 1849 au 23 septembre 1849, dans l'attente des élections remportées par Buenaventura Báez, le candidat qu'il soutenait.

Il fut de nouveau élu Président pendant les années 1853-1856, gouvernant une fois encore de manière despotique et arbitraire. A l'égal de son prédécesseur Buenaventura Báez, il tenta de gagner la protection des États-Unis. L'Espagne, qui pourtant ne montrait jusqu'alors pas un grand intérêt pour la République dominicaine, se préoccupa finalement de son ancienne colonie, engendrant des crises diplomatiques entre les deux pays. Pedro Santana démissionna le 26 mars 1856. Le vice-président Manuel de Regla Mota assura l'intérim et organisa des élections dont Buenaventura Báez sortit vainqueur.

Troisième mandat et annexion espagnole[modifier | modifier le code]

La Révolution du 7 juillet 1857 plongea le pays dans une grave crise. Le général Santana organisa un nouveau coup d'État le 28 juillet 1858 contre le président José Desiderio Valverde, qui avait destitué Báez un an plus tôt et constitué le gouvernement provisoire du Cibao, basé à Santiago.

Santana transféra le siège du gouvernement vers Santo Domingo et organisa des élections qu'il remporta le 31 janvier 1859. Par crainte d'une nouvelle invasion haïtienne, Santana chercha une fois encore la protection de l'Espagne, mais au lieu de faire du pays un protectorat espagnol, il demanda purement et simplement l'annexion à l'Espagne, qui fut finalement proclamée le 18 mars 1861. Il fut désigné gouverneur, mais se rendit vite compte que cette manœuvre politique lui avait fait perdre le pouvoir. L'émission démesurée de papier-monnaie, l'augmentation de la dette publique et des frais d'administration, la baisse de l'activité économique furent le point de départ d'un mouvement de protestation générale et le début de la Guerre de la Restauration. Santana renonça à ses fonctions le 20 juillet 1862.

Il mourut le 16 juillet 1864 à Santo Domingo et fut enterré dans le Fort Ozama. Ses restes reposent dans le Panthéon de la Patrie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) La mort de Ramón Santana
  2. (es) Manifeste du 16 janvier 1844
  3. (es) Antonio Duvergé
  4. Les gouvernants de la première République
  5. (es) L'article 210 de la première Constitution
  6. (es) Un "procès" au Général Santana
  7. (es) Pedro Santana
  8. Le Congrès National dominicain lui attribua le titre de libérateur de la nation le 18 juillet 1849 pour sa victoire à la Bataille de las Carreras.

Liens externes[modifier | modifier le code]