Pechin

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Pechin (Satunushi)

Pechin (親雲上, Peechin?, aussi peichin) est un terme d'Okinawa qui désigne la classe des fonctionnaires-lettrés (en) de l'ancien royaume de Ryūkyū (de nos jours Okinawa, au Japon), classe équivalente à celle des samouraï. Bien qu'initialement culturellement différents, au XIXe siècle, ces fonctionnaires lettrés féodaux du royaume des Ryūkyū finissent par s'appeler eux-mêmes samure.

Au cours des deux cent dernières années de l'existence du royaume de Ryūkyū, une forte pression s'exerce pour rendre les îles Ryūkyū plus japonaises, et peu à peu supplanter la langue, les coutumes et la culture. Les guerriers Ryūkyū autrefois culturellement distincts, deviennent plus japonais, jusqu'au point d'accepter le bushido. Dans les documents japonais du XIXe siècle, il est fréquent de constater que les pechin sont traités comme des samouraï, et qu'il n'est fait aucune références à aucune différence culturelle.

Système de caste d'Okinawa[modifier | modifier le code]

Shō Kōkun, aussi appelé Nakazato Aji Chōki (plus tard Yonashiro Ōji Chōki), 9e chef du Yonashiro Udun.

Les pechin font partie d'un complexe système de castes qui existe à Okinawa depuis des siècles, ils représentent la classe féodale des fonctionnaires lettrés chargée de faire respecter la loi et d'assurer la défense militaire de la nation, le royaume de Ryūkyū. Le rang spécifique d'un samure est indiqué par la couleur de son chapeau.

Système de classes d'Okinawa :

  • Royalty - famille Shō
    • Oji (王子, Ōji?) : prince
    • Aji ou Anji (按司, Aji?) : descendant de prince, branche cadette de la maison royale
  • Shizoku (士族, Shizoku?) - fonctionnaire lettré
    • Ueekata ou Oyakata (親方, Ueekata?) : seigneur
    • Pechin (親雲上, Peechin?)
      • Pekumi (親雲上, Peekumī?) : pechin supérieur
      • Satunushi Pechin (里之子親雲上, Satunushi Peechin?) : pechin du milieu
      • Chikudun Pechin (筑登之親雲上, Chikudun Peechin?) : pechin inférieur
    • Satunushi (里之子, Satunushi?) : page supérieur
    • Chikudun (筑登之, Chikudun?) : page inférieur
  • Heimin (平民, Heimin?) - roturiers

La classe pechin est également responsable de l'élaboration et de la formation au style de combat traditionnel, appelé ti (te), qui s'est développé en karate dans des temps modernes. Les pechin de Ryūkyū gardent secrètes leurs techniques de combat, ne transmettant d'ordinaire les plus dévastatrices qu'à un seul membre de la famille par génération, d'habitude au fils ainé. Cette classe de fonctionnaires érudits fait partie du système des castes d'Okinawa. Placés dans la classe supérieure, les pechin voyagent souvent avec un serviteur à leurs côtés.

Système de castes du royaume de Ryūkyū
Statut Résidence Titre Rang Jīfā (épingle à cheveux) Hachimachi (chapeau) Titre féodal et propriétés Foyers[1],[2] Pourcentage
royauté Udun
(御殿)
Ōji Mu-hon
(suprême)
Or Cinq couleurs d'or rouge Aji-jitō
(magiri)
daimyō 2 0.002%
Aji Cinq couleurs rouge
Cinq couleurs jaune
26 0.032%
Shizoku supérieur
(Samurē)
(Yukatchu)
Tunchi
(殿内)
Uēkata Shō-ippon
(Senior premier rang)
Cinq couleurs violet
Cinq couleurs bleue
Violet
Sō-jitō
(magiri)
38 0.047%
Ju-ippon
(Junior premier rang)
Violet
Shō-nipon
(Senior second rang)
Ju-nipon
(Junior second rang)
Or-argent Waki-jitō
(village)
296 0.367%
Pechin Pēkumī or
Pechin
Shō-sanpon
(Senior troisième rang)
Argent Jaune
Ju-sanpon
(Junior troisième rang)
Shō-yonpon
(Senior quatrième rang)
Ju-yonpon
(Junior quatrième rang)
sans 20,759 25.79%
Shizoku
(Samurē)
(Yukatchu)

(家)
Pechin Satunushi


Pechin Chikudun
Shō-gohon
(Senior cinquième rang)
Ju-gohon
(Junior cinquième rang)
Shō-roppon
(Senior sixième rang)
Ju-roppon
(Junior sixième rang)
Shō-shichihon
(Senior septième rang)
Ju-shichihon
(Junior septième rang)
Satunushi Shō-happon
(Senior huitième rang)
Rouge
Ju-happon
(Junior huitième rang)
Chikudun Shō-kyūhon
(Senior neuvième rang)
Ju-kyūhon
(Junior neuvième rang)
Shī
(子)
sans Cuivre Bleu /
Vert
Niya
(仁屋)
Heimin Hyakushō
(百姓)
sans Cuivre jaune sans sans 59,326 73.71%

Les lettrés fonctionnaires sans armes de Ryūkyū[modifier | modifier le code]

Toutes les techniques d'autodéfense sans armes sont d'une grande importance pour eux étant donné l'interdiction des armes à répétition édictée par le roi Ryūkyū et les envahisseurs japonais en provenance de Satsuma. Les armes des pechin sont confisquées une première fois durant le règne du roi Shoshin (1477-1526), qui a unifié Okinawa en un royaume Ryūkyū. La deuxième fois que les pechin sont désarmés a lieu après l'invasion du domaine de Satsuma en 1609, qui interdit le port d'armes par les samure de Ryūkyū.

Les pechin de Ryūkyū ne sont pas totalement sans armes malgré tout ; les historiens d'Okinawa ont en effet récupéré des documents qui indiquent que les Satsuma interdisent la possession et la vente d'armes à feu à Okinawa. Cependant, la classe des pechin et celles au-dessus sont autorisées à garder les armes à feu déjà en possession de leur famille.

Toshihiro Oshiro, historien et maître d'arts martiaux d'Okinawa, déclare :

Il existe des documents qui indique qu'en 1613, les Satsuma ont émis des permis permettant aux samure de Ryūkyū de voyager avec leurs épées personnelles (tachi et wakizashi) pour que les forgerons et les polisseurs de Kagushima au Japon les entretiennent et les réparent. De la délivrance de ces permis, il est logique de déduire qu'il y avait des restrictions limitant aux samure de Ryūkyū le port leurs armes en public, mais il est également évident que ces armes n'ont pas été confisquées par les Satsuma.

Temps difficiles pour les samure de Ryūkyū[modifier | modifier le code]

Indubitablement, la classe des pechin est la plus durement touchée par l'évolution des temps. C'est la seule classe qui n'a pas de place claire dans le monde moderne.

En 1872, le Japon Meiji abolit le royaume de Ryūkyū et créé le domaine de Ryūkyū, puis en 1879, le gouvernement de Meiji abolit ce domaine féodal et créé la préfecture d'Okinawa.

Proclamation publique du secrétaire général Matsuda du domaine de Ryūkyū[modifier | modifier le code]

« Parce que le décret impérial publié au cours de la 8e année (1875) de l'ère Meiji n'a pas été respecté, le gouvernement a été contraint d'abolir le clan féodal. L'ancien seigneur féodal, sa famille et ses proches seront soumis à un traitement princier et les personnes des citoyens, des samure de Ryūkyū, leurs allocations héréditaires, les biens et les intérêts commerciaux seront traités d'une manière aussi proche que possible des coutumes traditionnelles. Tous les actes de mauvaise administration ainsi que les taxes exorbitantes et les droits perçus sous le régime de l'ancien gouvernement de clan seront probablement redressés après un examen approfondi. Ne soyez pas trompés par des rumeurs irresponsables. Tous êtes invités à poursuivre vos occupations respectives avec tranquillité d'esprit ».

Les seigneurs héréditaires d'Okinawa ou du royaume de Ryūkyū sont fortement opposés à l'annexion complète par le Japon, mais le roi Ryūkyū interdit aux samure et aristocrates de lutter contre l'annexion. Les Ryūkyū se soumettent au plan d'annexion du Japon et 300 seigneurs, 2 000 familles aristocratiques et le roi sont dépossédés de leur position de pouvoir. Cependant, pour éviter une révolte armée à Okinawa, comme cela s'est produit au Japon, des cérémonies spéciales sont organisées pour les samure de la classe Pechin, cérémonies au cours desquelles où ils sont autorisés à accepter honorablement défaite et à rituellement couper leurs cheveux (chignon).

Perte de revenus[modifier | modifier le code]

À Okinawa, la classe des fonctionnaires lettrés perd une importante source de revenus en 1903, quand la protestation paysanne massive suscite des réformes agraires et l'abolition des taxes paysannes qui financent les samure de Ryūkyū. Beaucoup d'entre eux se retrouvent devoir révéler leurs techniques secrètes de combat sans armes aux roturiers afin de se procurer des revenu et de garder certains éléments de leur état.

Origine du karaté à Okinawa[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ryukyu hanshin karoku-ki (琉球藩臣家禄記), bibliothèque de la Diète Nationale, 1873
  2. Okinawa-ken tokei gaihyo (沖縄県統計概表), National diet library, 1876

Source de la traduction[modifier | modifier le code]