Pechblende

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Pechblende
Catégorie IV : oxydes et hydroxydes[1]
Pechblende
Général
Classe de Strunz 4.DL.05
Formule brute O2UUO2
Identification
Masse formulaire[2] 270,0277 ± 0,0006 uma
O 11,85 %, U 88,15 %,
Couleur marron ou noir
Système cristallin cubique
Clivage inexistant
Cassure conchoïdale ou quelconque
Échelle de Mohs 5-6
Trait noir à noir verdâtre
Éclat submétallique
Éclat poli noir velouté avec les aspects de l'acier
Propriétés optiques
Indice de réfraction aucune
Pléochroïsme aucun
Biréfringence aucune
Fluorescence ultraviolet aucune
Transparence opaque
Propriétés chimiques
Densité de 10,3 à 10,6 pour les pechblendes les moins altérées
Fusibilité Infusible. Donne, avec le borax, des perles fortement fluorescentes aux ultraviolets
Solubilité Dans l'acide sulfurique, nitrique et fluorhydrique
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité très forte
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La pechblende, dont on exploite les gisements pour extraire l'uranium, est composée de dioxyde d'uranium. Elle se trouvait en quantité dans des mines d’argent de Bohême. Le gisement de Jachymov (district de Karlovy Vary en République tchèque), aujourd'hui épuisé, est le plus connu : c'est ce gisement qui a fourni la pechblende nécessaire à l'extraction du radium par Pierre et Marie Curie.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est en recherchant tous les produits contenus dans ce minerai que Marie Curie découvrit, en 1898, le polonium puis le radium. En effet, Marie Curie, à l'époque jeune thésarde embauchée par Henri Becquerel pour étudier les rayons uraniques, travailla d’abord sur l’uranium puis sur la pechblende, dont le rayonnement bien plus intense venait d'être remarqué. Elle mit en place une méthode radiochimique afin de déterminer l’origine précise du rayonnement de la pechblende : diviser, puis purifier, puis précipiter. Cette méthode était censée permettre d'isoler la particule élémentaire seule responsable du rayonnement.

En 1898, furent ainsi mesurées l’activité d’un atome de radium, puis celle du polonium. Pour ces travaux, Henri Becquerel et Pierre et Marie Curie obtinrent le prix Nobel en 1903. Ce fut la première démonstration de l’existence des atomes de radium et de polonium, qui existent mais sont instables. Cette découverte remit en cause la conception grecque antique qui stipulait que la matière était insécable et éternelle, et qu'il existait donc un nombre fini d'atomes stables.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le pechblende du Congo belge servit à expérimenter et construire les premières bombes atomiques.

Utilisation[modifier | modifier le code]

  • Depuis plusieurs siècles, la pechblende a été utilisée comme adjuvant dans les pigments pour céramiques afin de créer des coloris intéressants.
  • Elle fut employée pour teinter le cristal de Bohême. La variété de cristal ouraline est la plus connue en France. Ce type de cristal est doué d'une forte fluorescence en jaune vert sous l'action du rayonnement ultra-violet.
  • La pechblende est le constituant principal des minerais d'uranium pour l'industrie nucléaire. Ce minéral peut se rencontrer sous forme massive (ce qui n'est pas si fréquent) ou sous forme disséminée dans la roche : l'exemple des carburanes rencontrées dans le fameux gisement de Lodève est typique puisque le minéral a été piégé par de la matière organique.

Anecdote[modifier | modifier le code]

  • Dans le poème d'Aragon Les Yeux d'Elsa, on peut lire l'alexandrin « J'ai retiré ce radium de la pechblende », qui fait référence aux expérimentations de Pierre et Marie Curie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.