Peau humaine

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Peau humaine

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Anatomie de la peau humaine

Données
Latin cutis
MeSH « Skin »

La peau humaine constitue l’organe le plus étendu et le plus lourd du corps de l'homme[1] au regard de sa surface et de sa masse : chez l'adulte, environ 2 m2 pour 3 kg chez la femme et 5 kg chez l'homme (soit 16 % de son poids total)[2]. Sa surface d'échange est cependant bien plus petite que l'intestin (300 à 400 m2, environ deux terrains de tennis) et le poumon (80 m2)[3].

Couches de la peau humaine[modifier | modifier le code]

Par convention, une peau est dite épaisse ou fine suivant l’épaisseur de son épiderme : l'épiderme le plus épais (1 5 mm) est au niveau des paumes et des plantes, le plus fin (0 05 mm) au niveau des paupières[4].

Elle est composée de plusieurs couches de tissu : l’épiderme (couche superficielle), la jonction dermo-épidermique, le derme (couche intermédiaire) et l'hypoderme (couche profonde).

Composition chimique de la peau humaine[modifier | modifier le code]

  • 70% d'eau ( sa répartition est variable, l'hypoderme étant le plus hydraté),
  • 27% de protides (carbone, hydrogène, oxygène et azote, ainsi que des acides aminés, des protéines, des hormones et des enzymes),
  • 2% de lipides (carbone, hydrogène, oxygène ainsi que des phospholipides, des acides gras, des triglycérides...)
  • 0,5% de sels minéraux (sodium, magnésium, potassium, fer, cuivre, zinc, souffre, phosphore, iode, manganèse...)

Fonctions[modifier | modifier le code]

Les principales fonctions de la peau sont : barrière de protection contre les agressions extérieures (chaleur, soleil, eau, infections, etc...), thermorégulation, excrétion (glandes sudoripares), rôle sensoriel (nerfs sensitifs, thermorécepteurs, etc...), synthèse de la vitamine D.

La fonction de protection est assurée principalement par le film hydrolipidique et la couche cornée.

Le rôle sensoriel est important au regard de la surface de contact avec l'environnement. La peau contient cinq types de récepteurs : mécanorécepteurs sensibles au toucher et à la pression), nocicepteurs sensibles à la douleur, thermorécepteurs sensibles au froid ou au chaud. La peau possède en moyenne 50 capteurs/cm2, la langue 200/cm2, la main 200 à 300/cm2. La densité maximum est au niveau du bout des doigts qui ont 2 000 récepteurs tactiles par cm2, ce qui leur permet de détecter des reliefs de 75 nanomètres d'épaisseur[5].

Côté social, elle est une caractéristique physique propre à chaque être humain et une relation entre le système immunitaire de la peau et le psychisme est établi. En médecine, la spécialité traitant de la peau et de ses affections est la dermatologie.

Dermatoglyphe[modifier | modifier le code]

Dermatoglyphes du doigt montrant les crêtes et plis papillaires.
Article détaillé : Dermatoglyphe.

Les dermatoglyphes sont les figures de la face palmaire des mains, de la plante des pieds, des doigts (empreintes digitales) et des orteils humains, dessinées par les plis et les crêtes épidermiques. Présents dès la naissance, ils ne changent jamais de forme et sont propres à chaque individu.

Les crêtes augmentent la capacité de friction des surfaces des mains et des pieds et, par conséquent, raffermissent la prise. En effet chez les mammifères, les pelotes palmaires et plantaires, surtout marquées chez les formes marcheuses, s'aplatissent avec l'arboricolisme et le développement des fonctions de préhension et de tact. Chez les Hominoïdes, la surface de la main est devenue presque plane et les formations dermatoglyphiques n'indiquent parfois même plus l'emplacement primitif des pelotes[6].

Elles semblent aussi jouer un rôle dans la sensibilité, partout où la peau est en situation de frottement ou de pression. Par exemple le coussinet externe des phalanges des chimpanzés et des gorilles en est garni, alors qu'il n'a pas de fonction dans la préhension[7].

Modifications[modifier | modifier le code]

Peau fripée de la plante des pieds.
Article détaillé : Ride.

Au cours de la vie, les propriétés physiques des couches de la peau se modifient. L'épiderme s'amincit et devient plus fragile. Sous l'effet de la disparition progressive du collagène et de l'élastine, le derme se relâche et se plisse, formant les premières rides qui apparaissent vers 30 ans[8].

Lorsque l'homme reste de manière prolongée dans l'eau, sa peau devient fripée. La longue immersion a pour effet de faire disparaître le film hydrolipidique protecteur, ce qui fait pénétrer l'eau dans l'épiderme qui s'imbibe et gonfle alors que le derme, plus dense, absorbe moins de liquide. C'est cette différence de perméabilité qui entraîne le plissement de l'épiderme, ce phénomène étant particulièrement visible sur le bout des doigts ou la voûte plantaire qui ont un épiderme plus épais. La peau fripée aurait également un rôle évoutif. À l'instar des sillons des pneus qui aident à évacuer l'eau, les doigts ridés auraient permis aux ancêtres préhistoriques de récolter de la nourriture dans des cours d'eau ou des végétaux humides. Le plissement de la plante de leurs pieds aurait favorisé une marche plus stable sous la pluie[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Keith Lean Moore, Arthur F. Dalley, Anatomie médicale, De Boeck Supérieur,‎ 2001, p. 12
  2. si M est la masse corporelle en kg et L la taille du sujet en m, on peut estimer la surface S par
    S = (71,84×M0,425×(100×L)0,725)/104 [1] ;
    certaines sources mentionnent une masse de 2 à 4 kg [2] [3], l'épaisseur varie de 1 à 3 mm
  3. Louis Berthelot, Jacqueline Warnet, Les secrets de l'intestin, filtre de notre corps, Albin Michel,‎ 2011, p. 41
  4. Alexandre Mélissopoulos, Christine Levacher, La peau, Lavoisier,‎ 2012, p. 3
  5. (en) Gardner EP, Martin JH, Jessell TM. The bodily senses. In: Kandel ER, Schwartz JH, Jessell TM, editors. Principles of Neural Sciences, 4e éd., Mc Graw-Hill; 2000, p. 430–50.
  6. Edouard Bourdelle, Mammalia, Muséum national d'histoire naturelle,‎ 1960, p. 99
  7. (en) William Montagna, « The Skin of Nonhuman Primates », American Zoologist, vol. 12, no 1,‎ , p. 109-124 (lire en ligne)
  8. Christophe de Jaeger, Vieillir, Le Cavalier Bleu,‎ 2002, p. 37
  9. (en) Changizi M, Weber R, Kotecha R, Palazzo J., « Are wet-induced wrinkled fingers primate rain treads », Brain, Behavior and Evolution, vol. 77,‎ 2011, p. 286–290 (DOI 10.1159/000328223)

Source[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]