Pays Taï

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Pays Taï

16401954

Drapeau Blason
Description de l'image  Pays Taï .jpg.
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Lai Chau
Langue Taï
Religion Culte des ancêtres-taoïsme
bouddhisme-confucianisme
Démographie
Population 1954 ≈ 2 millions
Histoire et événements
1640 Création du Pays Taï
1884 Rattachement à l’empire Français
21 juillet 1954 Fin de la colonie Française
Princes et Seigneur de Taï
1600 - 1675 Lo Camh Khong
? - ? Deo Kim Cat
? - 1878 Deo Van An
1878 - 1893 Deo Van Tri
1893 - 1975 Deo Van Long
1975 - 2008 Deo Nang Toï

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Pays Taï, situé au nord ouest du Vietnam, est composé de diverses ethnies dont l'histoire remonte à plus de 1500 ans. Il fut officiellement fondé en 1640 à la fin du règne de la Dynastie Ming et fut une fédération des seigneuries taïs reconnues par les souverains chinois, annamite et la colonie française jusqu’en 1954.

La création de la République socialiste du Viêt Nam le 20 juillet 1954 a sonné la fin de la fédération des seigneuries Taïs.

Le pays Taï[modifier | modifier le code]

Légende[modifier | modifier le code]

Ðiện Biên Phủ[1] peut être considéré comme le berceau du Pays Thaï. Une légende du XIIIe siècle, relate qu'il y a bien longtemps Indra, le roi des dieux, envoya son fils Khun Borom[2] pour être le chef du peuple Tai ; il descendit du ciel près de Ðiện Biên Phủ afin d’apprendre aux hommes à cultiver le riz. Une liane immense reliait alors le Ciel à la Terre. Ses racines plongeaient dans un lac à proximité de Ðiện Biên Phủ. Khun Borom, gêné par cette liane qui lui cachait le soleil, la fit couper et c’est depuis que les relations sont interrompues entre le Ciel et la Terre.

Après 25 ans passé sur terre, Khun Borom divisa le royaume du Pays Tai entre ses sept fils, donnant à son fils aîné Khun Lo le royaume de Muang Sua et Luang Prabang. Les autres fils eurent les royaumes de Siang Khwang, Ayutthaya, Chiang Mai, Sipsong Pan Na (sud du Yunnan, Chine) , Hamsavati et une zone inconnue, apparemment dans le centre-nord du Vietnam, parfois identifiés comme la province de Nghệ An.

Laï Chau, cœur du Pays Taï et Capitale de la Fédération Taï - Circa 1920

Histoire (résumé)[modifier | modifier le code]

Le territoire du Pays Taï en 1950 ; il a peu évolué depuis le XVIIe siècle

L’histoire du Pays Taï [3] et des différentes ethnies Proto-Taï qui l’habitent remonte à environ 1600 ans ; elles se repartissent sur les trois pays que sont la Chine, Le Vietnam et le Laos.

Ces ethnies sont très différentes les unes des autres, elles partagent plus ou moins les mêmes langues, pas nécessairement les mêmes religions et des origines diverses.

Les différentes ethnies composant le peuple Taï[4] :

  • Les Lao du Laos
  • Les Thai Isan du nord-est de la Thaïlande
  • Les Thai du Nord, encore appelés Lanna ou Thai Yuan, de Thaïlande
  • Les Thaïs, population majoritaire de Thaïlande
  • Les Shans ou Thai Yai de Birmanie
  • Les Zhuangs du Yunnan en Chine du Sud
  • Les Thai Lue du Laos et de Chine, encore appelés Dai
  • Les Nung de Chine, du Laos, de la Thaïlande et du Viêtnam
  • Les Tai Dam ou « Thai Noirs » du Laos et du Viêt Nam
  • Les Tai Daeng ou « Thai Rouges »
  • Les Tai krao ou « Tai Blancs ».

Région frontalière et montagneuse l’histoire du pays Taï[3] a toujours balancé au gré des conflits et des alliances avec ses voisins, tantôt protectorat de l’empereur de Chine, tantôt du roi du Laos...

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Le pays Taï [3] ou Sip Song Chau Tai (Littéralement Pays des douze provinces), situé dans le nord de l'actuelle République socialiste du Viêt Nam, fut une région autonome constituée de plusieurs seigneuries dès le 17e siècle sous la Dynastie Lê, puis au terme de la Guerre franco-chinoise[5] il devient un protectorat de la France le 9 juin 1885 (la Chine reconnaissant le Traité de Hué (1883)).

Les relations de la France avec le peuple Taï furent très difficiles dès la fin du XIXe siècle : malgré la signature en 1862 d’un premier traité (traité de Saigon) avec l'empereur d'Annam puis d’un second traité de Saigon en 1874, le nord et en particulier le Tonkin refusait de se soumettre et les terribles Pavillons noirs affrontaient constamment les envahisseurs Français.

Auguste Pavie[6], habile négociateur, réussi cependant à convaincre le chef tai blancĐèo Văn Tri[7] de contrôler les Pavillons noirs[8]. En échange, la Famille Deo Conserva ses privilèges et ses droits sur les régions de Ðiện Biên Phủ, Laïchau, Phu Yen et Tuan Giao.

Le pays Taï est constitué des Douze provinces (Sip Song Chau Tai) qui furent tant bien que mal unifiées par Đèo Văn Tri (ces 12 provinces deviendront 19 sous le règne de son Fils Deo Van Long) :

1. Muong Te,
2. Muong So,
3. Muong Sat,
4. Muong Ma,
5. Muong Lay,
6. Muong Chien,
7. Muong Chan,
8. Muong Than,
9. Muong Quai,
10. Muong Thanh,
11. Muong Muoi,
12. Muong

Princes souverains et seigneurs du pays Taï[modifier | modifier le code]

Ming Chongzhen seizième et dernier empereur de la dynastie Ming (1627 - 1644)

La Famille princière 剌, dirigeants des provinces chinoises du Yim²dung¹ (廣東) et du Gvangjsih (廣西), du VIIe siècle au XVIIe siècle furent les « fondateurs » du pays Taï « géographique » en rassemblant et stabilisant les différentes ethnies qui le composaient.

Puisant leurs origines dans la Chine impériale les princes feudataires de la Famille 剌 ont servi successivement les différents Empereurs des :

Au 17e siècle Lo Camh Khong (ou Deo Cam Kong grand-père de 刁 文治(Đèo Văn Tri).) prince Feudataire et Grand Fonctionnaires de la cour Impériale est alors pressenti pour succéder à l’Empereur 明 崇禎. Mais Lo Camh Khong Subodore la fin de la dynastie Ming et demande à l’empereur le droit d’aller conquérir les Sip Song Chau Tai ( (pays des douze provinces) ( au nord du Vietnam alors vassal de la chine( Dynastie 黎).

Lo Camh Khong réussira la conquête de ces régions montagneuses et hors contrôle de l’Empire du Vietnam depuis toujours. Pour le récompenser l’empereur de la Dynastie 黎 lui confiera la gestion de cette région et entérinera la création d’une principauté du Pays Taï dirigé par Lo Camh Khong. La Famille 剌 pris alors le nom de 刁.

La Famille 刁 dirigera ensuite durant les trois siècles suivant les seigneuries tai blancs, d’abord jusqu’en 1884 date à laquelle 刁 文 signera la paix avec la France sous l’impulsion d’Auguste Pavie[6] et obtiendra de continuer à régner sur la région, ensuite jusqu’en 1954 sous le règne de 刁 文龍 troisième fils de 刁 文[7].

  • … depuis le VIIe siècle : Famille 剌 Princes feudataires de l’Empire de Chine
    • Lo Camh Khong Grand Prefet de l’empire de Chine, Prince Feudataire du Yim²dung¹ et du Gvangjsih puis Seigneur du Pays Taï (XVIIe siècle - Chine)
      • DEO Kim Cat Seigneur du Pays Taï (XVIIIe siècle - Vietnam)
        • DEO Van Dinh
        • DEO Van Binh
        • DEO Van An Seigneur du Pays Taï (XVIIIe siècle - Vietnam)
          • DEO Van Sanh Seigneur du Pays Taï (XIXe siècle - Empire d’Annam)
            • DEO Van Phan (- 1903)
            • DEO Nang Dum
            • DEO Van Tri Seigneur du Pays Taï (1848 - 1908- Empire d’Annam)
              • DEO Van Man
              • DEO Nang Thiep
              • DEO Nang Mon
              • DEO Van Khang
              • DEO Van Long Seigneur du Pays Taï, Président de la Fédération Taï (1887 – 1975 - Empire d’Annam)
                • DEO Nang Toi Seigneur du Pays Taï (1914 – 2008- Empire d’Annam/France)

La Capitale et la cour des princes[modifier | modifier le code]

Le Yamen de la dynastie Deo se trouva dans deux villes :

  • De 1640 à 1908 à Muong Lai.
  • De 1908 à 1954 à Lai Chau.

Il n’existe que peu de documents et ceux-ci ne concernent que le Yamen de Lai Chau.

La cour était constituée plus ou moins des représentants des diverses ethnies composant le peuple Taï. En effet un certain ostracisme entretenu par les princes excluaient certaines d’entre elles.

Le Yamen comprenait un personnel d’environ 1500 hommes et femmes. À cela s’ajoutait une troupe de danseuse, des musiciens et bien sur une garde privé d’environ 200 hommes.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Les Trois derniers Seigneurs du paysTaï

Le pays Taï aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Le Pays taï n’existe plus aujourd’hui mais la culture taï et les différentes ethnies sont toujours présentes et font à présent partie de la République socialiste du Viêt Nam.

Un certain nombre de Taï ont émigré à travers le monde dès 1954, les communautés les plus importantes étant en France et aux États-Unis (Iowa).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lieu Mythique du pays Taï, mais aussi dernière bataille décisive de la colonie Française. Diên Biên Phu, un combat pour l’impossible, René Bail, ECPAD, 2004
  2. Cf Encyclopaedia Universalis – Légende de Khun Bulom (Khun Borom) .[ http://www.universalis.fr/encyclopedie/khun-bulom-khun-borom/]
  3. a, b et c le Pays Taï, Pays Thaï ou encore Sip Song Chau situé au nord Tonkin est constitué des 12 puis 16 et enfin 19 provinces, il passera d’un régime féodal trimillénaire à un gouvernement autonome dit « Fédération Taï » en 1950
  4. Ethnies composant les habitants du Pays Taï, à ne pas confondre avec les Thaïs habitants de la Thaïlande
  5. Thomazi, A., Histoire militaire de l’Indochine française (Hanoi, 1931) & Thomazi, A., La conquête de l'Indochine (Paris, 1934)
  6. a et b Cf A la conquête des cœurs, le pays des millions d'éléphants et du parasol blanc, les "Pavillons noirs," Déo-van-Tri - PUF 1947
  7. a et b Cf Encyclopaedia Britannica.[1]
  8. McAleavy H., Black Flags in Vietnam: The Story of a Chinese Intervention (New York, 1968)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A la conquête des cœurs, le pays des millions d'éléphants et du parasol blanc, les "Pavillons noirs," Déo-van-Tri : Presses universitaires de France, 1947 - 381 pages : Auguste Pavie
  • Autour du Tonkin : Henri Philippe Marie Orléans (prince d'), Prince Henri d'Orléans : Calmann Lévy, 1896 - 535 pages
  • Revue de L'ORSTOM Autrepart, Volume 3 Par ORSTOM (France): Edition de L'Aube 1097
  • La France d'outre-mer (1930-1960) Par Jean Clauzel : KARTHALA Editions 2003
  • Féodalité Taï chez les Lü des Sipsong Panna et les Taï Blancs, Noirs et Rouges du Nord-Ouest du Viêt-Nam par LEMOINE J. revue Péninsule 1997, vol. 28, no 35 (234 p.) (1 p.1/4), pp. 171-217

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]