Pavillon Vendôme (Aix-en-Provence)

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Pavillon Vendôme
Image illustrative de l'article Pavillon Vendôme (Aix-en-Provence)
Présentation
Architecte Antoine Matisse
Date de construction 16651667
Protection Logo monument historique Classé MH (1914, 1953)
 Inscrit MH (1953)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Blason région fr Provence-Alpes-Côte d'Azur.svg Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département
Blason département fr Bouches-du-Rhône.svg
Bouches-du-Rhône (13)
Commune Blason ville fr Aix-en-Provence.svg Aix-en-Provence
Localisation
Coordonnées 43° 31′ 52″ N 5° 26′ 32″ E / 43.53111, 5.44222 ()43° 31′ 52″ Nord 5° 26′ 32″ Est / 43.53111, 5.44222 ()  

Le pavillon Vendôme, aussi appelé pavillon de Vendôme, est un ancien hôtel particulier, abritant le musée du Pavillon de Vendôme-Dobler, situé dans la ville d'Aix-en-Provence, 34, rue Célony. Il a été construit par Louis de Mercœur, duc de Vendôme, désireux de posséder une folie hors la ville d'Aix. Ce pavillon doit sa renommée à ce qu'il aurait abrité les amours du duc de Vendôme et de la Belle du Canet, Lucrèce de Forbin-Solliès, veuve d'Honoré de Rascas, seigneur du Canet[1]. Le duc voulait l'épouser, mais ce plan contrariait le roi Louis XIV car Mercœur était veuf de Laure Mancini, nièce du cardinal Jules Mazarin, conseiller à la cour. Puisque cette union aurait été considérée comme une mésalliance, et ne pouvant l'épouser, le duc décida de devenir amant de la dame[1].

Il abrite aujourd'hui des expositions d'art contemporain et de photographies et est l'objet de nombreuses visites touristiques. Son jardin à la française a été reconstitué comme il devait se présenter à l'origine.

Le pavillon de Vendôme fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 27 mars 1914[2]. Le jardin, ainsi que les façades et toitures des deux pavillons dans le jardin à droite et à gauche du pavillon de Vendôme font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 15 octobre 1953[2]. Le parc entourant le pavillon fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 15 octobre 1953[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Louis de Mercœur, duc de Vendôme.

Le pavillon est édifié entre 1665 et 1667 par l'architecte Antoine Matisse pour Louis de Mercœur, duc de Vendôme, devenu gouverneur de Provence en 1652. La légende veut que la construction de cette folie soit motivée par l'amour entre le duc de Vendôme et Lucrèce de Forbin-Solliès, dite la « Belle du Canet ». Celle-ci y rejoignait son amant à la nuit tombée, accompagnée de quelques suivantes, visages masqués[1]. L'historien aixois Ambroise Roux-Alphéran rapporte d'ailleurs dans son ouvrage Les Rues d'Aix (1846) que « le duc de Vendôme, retiré dans le pavillon qu'il avait fait bâtir au faubourg des Cordeliers, et qu'on nomme aujourd'hui le Pavillon de la Molle, y faisait introduire de nuit, par une porte de derrière, des personnes déguisées, que les paysans du faubourg appelaient malicieusement las machouettos [les chouettes]. C'est là qu'il mourut le mardi 6 août 1669, à peine âgé de cinquante-sept ans, ce qui fit dire alors aux paysans : Las machouettos an tua lou duc [les chouettes ont tué le duc][3]. » On a en effet considéré que le lieu était trop propice aux relations amoureuses entre le duc et sa maîtresse et que ces exercices avaient fini par le tuer. À la mort du duc, le pavillon est acquis par le président de La Molle qui en achève la décoration intérieure et ajoute un étage à l'ensemble[4]. Au milieu du XVIIIe siècle, le peintre Jean-Baptiste van Loo y installe son atelier au second étage, après avoir acheté le pavillon.

Dans les années qui suivent, le pavillon devient la propriété de Barthélemy-Louis Reboul, secrétaire de l'Académie d'Aix[5]. Mais avec l'avènement de la Révolution, Reboul fuit la ville et le pavillon est vendu comme bien d'émigré[6]. Il est alors acquis par l'abbé Jean-Joseph-Pierre Guigou, évêque d'Angoulême, qui le cèdera aux religieuses du Sacré-Cœur pour y établir une maison d'enseignement[5] et un pensionnat d'éducation des jeunes filles. Il tiendra ce rôle durant tout le XIXe siècle. En 1906, le pavillon est acheté par l'amateur d'art suisse Henri Dobler qui y entreprend des restaurations et tente de reconstituer le mobilier d'origine. En 1914, il fait classer le jardin et la façade à l'invetaire des monuments historiques[7]. L'Académie d'Aix demande en 1926 que la mairie acquière le pavillon et les terrains adjacents pour en faire des jardins publics et un musée[7]. À la mort de Dobler en 1941, celui-ci lègue ses collections à la ville d'Aix-en-Provence, et le pavillon à sa veuve. À la mort de celle-ci en 1954, le bâtiment est légué à son tour à la ville[7] dans le but d'en faire un musée[6]. Celui-ci abrite depuis les années 1990, des expositions d'art contemporain et de photographies.

Architecture[modifier | modifier le code]

Détail d'un atlante.

Le pavillon de Vendôme illustre l'un des plus beaux exemples de l'architecture classique en Provence. Construit à partir de 1665 avec de la pierre jaunâtre des carrières de Bibémus, le bâtiment ne possédait à l'origine qu'un seul étage avec une grande frise supportant un toit à la Mansart en ardoise percé de lucarnes ajourées. Les carrosses pouvaient accéder directement à l'intérieur du pavillon grâce à des arcatures ouvertes au rez-de-chaussée. Considérablement remanié au XVIIIe siècle, le pavillon fut surélevé d'un étage et son toit fut couvert de tuiles romaines. Les ouvertures au rez-de-chaussée furent fermées. Les ornements extérieurs superposent des pilastres de style dorique au rez-de-chaussée, ionique au premier étage et composite au deuxième étage[1]. Les deux atlantes baroques (allégories de l'Aurore et du Crépuscule), réalisés dans de la pierre blanche de Calissanne, encadrent l'entrée principale et soutiennent un balcon aux ferronneries d'origine. Ils ont été réalisés par le sculpteur Jean-Claude Rambot avec la participation du sculpteur Pierre Pavillon. Les guirlandes de fruits et le mascaron du portail représentent l'été. Sur les deux consoles de pierres du deuxième étages figuraient jusqu'à la Révolution les bustes du roi et du dauphin.

Intérieur et collections[modifier | modifier le code]

L'escalier d'honneur est particulièrement remarquable. Celui-ci, datant du XVIIIe siècle, possède une rampe d'appui en fer forgé. Des sculptures en gypseries, sphinx, guirlandes, putti et aigles composent son décor. Certaines salles présentent des plafonds peints, datant du XVIIIe siècle et sont tapissées de cuir de Cordoue.

Le pavillon de Vendôme conserve plusieurs portraits et dessins des XVIIe et XVIIIe siècles. Le mobilier se compose notamment d'un ensemble provençal, ainsi que d'une commode estampillée Foullet. Le pavillon conserve également des faïences de Moustiers des XVIIe et XVIIIe siècles.

Jardins[modifier | modifier le code]

Le jardin à la française du pavillon de Vendôme, aujourd'hui jardin public, a été reconstitué d'après des documents gravés du XVIIe siècle. Il est orné en son centre d'une fontaine circulaire ornée d'un putti. Des quatre pavillons d'angles qui cantonnaient autrefois le jardin, deux seuls nous sont parvenus, dont l'un a été transformé en chapelle au XIXe siècle. Les extérieurs sont ceints dès la construction du pavillon de murs crénelés afin de se prémunir contre la visite de maraudeurs[8].

Site du pavillon[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques réalisées sur l'emplacement du pavillon de Vendôme ont permis la découverte d'une mosaïque d'environ 10 mètres de longueur composée de carrés noir et blanc en quinconce[9]. On peut aussi voir dans le jardin un chapiteau de marbre corinthien et des fragments de colonnes découverts sur place[9]. De plus, pour l'archéologue Robert Ambard, la partie la plus ancienne du mur du pavillon, située rue Tavan contient des éléments de marbre et des fragments de tuiles antiques[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Évocation du vieil Aix-en-Provence, André Bouyala d'Arnaud, éd. de Minuit, 1964, p. 245.
  2. a, b et c « Notice no PA00081103 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Ambroise Roux-Alphéran, Les Rues d'Aix, 1846, « rue de la Verrerie »
  4. « Aix. Le petit Versailles de Provence », Victor Battaggion, in Historia, juin 2010, n⁰ 762, p. 62.
  5. a et b Maurice Pezet, La Provence et l'amour, éd. F. Sorlot/F. Lanore, Paris, 1984, p. 121.
  6. a et b Évocation du vieil Aix-en-Provence, op. cit., p. 246.
  7. a, b et c M. Com-Escalle, « L'Académie protège le pavillon Vendôme », in Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, divers auteurs, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, p. 193, 194.
  8. Évocation du vieil Aix-en-Provence, op. cit., p. 244.
  9. a et b « Carte archéologique de la Gaule : Aix-en-Provence, pays d'Aix, val de Durance », 13/4, Fl. Mocci, N. Nin (dir.), Paris, 2006, Académie des inscriptions et belles-lettres, ministère de l'Éducation nationale, ministère de la Recherche, ministère de la Culture et de la Communication, maison des Sciences de l'homme, centre Camille-Jullian, ville d'Aix-en-Provence, communauté du pays d'Aix, p. 305.
  10. Robert Ambard, Note sur le parc du pavillon Vendôme, 1974.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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