Pavillon de Vendôme (Aix-en-Provence)

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Pavillon de Vendôme
Aix-en-Provence - Pavillon Vendôme.jpg
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Le pavillon de Vendôme, aussi appelé Pavillon Vendôme, est un ancien hôtel particulier, abritant le musée du Pavillon de Vendôme-Dobler, situé dans la ville d'Aix-en-Provence, 34, rue Célony (une deuxième entrée étant située 13 rue de la Molle). Il a été construit par Louis de Mercœur, duc de Vendôme, désireux de posséder une folie hors la ville d'Aix. Ce pavillon doit sa renommée à ce qu'il aurait abrité les amours du duc de Vendôme et de la Belle du Canet, Lucrèce de Forbin-Solliès, veuve d'Honoré de Rascas, seigneur du Canet[1]. Le duc voulait l'épouser, mais ce plan contrariait le roi Louis XIV car Mercœur était veuf de Laure Mancini, nièce du cardinal Jules Mazarin, conseiller à la cour. Puisque cette union aurait été considérée comme une mésalliance, et ne pouvant l'épouser, le duc décida de devenir amant de la dame[1].

Il abrite aujourd'hui des expositions d'art contemporain et de photographies et est l'objet de nombreuses visites touristiques. Son jardin à la française a été reconstitué comme il devait se présenter à l'origine.

Le pavillon de Vendôme fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2]. Le jardin, ainsi que les façades et toitures des deux pavillons dans le jardin à droite et à gauche du pavillon de Vendôme font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2]. Le parc entourant le pavillon fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Louis de Mercœur, duc de Vendôme.
Louis de Mercoeur, Duc de Vendôme.jpg

L'histoire du Pavillon débute en 1664, date d'acquisition de la parcelle par Louis de Vendôme. Il est Duc de Mercoeur, de Beaufort, de Penthièvre et d'Etampes, Prince de Martigues et d'Anet, Pair de France, petit-fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, et neveu du Cardinal Mazarin, par son mariage avec Laure Mancini[3]. Le Roi Louis XIV, son cousin, lui confie le commandement des forces armées de la Provence le 8 avril 1652. Il quitte Paris aussitôt pour faire son entrée à Aix le 5 mai de la même année. Réputé comme étant un homme doux et pieux, le Roi compte sur Louis de Vendôme pour mettre fin aux troubles de la Fronde qui affligeaient la Provence et également renforcer l'autorité royale dans cette partie du royaume où les villes s'étaient révoltées contre le pouvoir central. Grâce à son travail de pacification très apprécié par les Aixois, et sur demande expresse des notables de la ville, le Roi nomma son cousin Gouverneur de Provence en 1654. Lors de la venue de Louis XIV à Aix en 1660, force était de constater que l'apaisement et l'autorité royale étaient enfin rétablis.

En reconnaissance de son action, l'Assemblée Générale des Communautés de la Provence alloue en 1664 au Duc de Mercoeur, devenu Duc de Vendôme en 1655 à la mort de son père, la somme de 20.000 livres pour se faire bâtir un hôtel intra-muros. Il acquiert alors quatre places à bâtir en bas du cours à carrosses (du n°2 au n°10 de l'actuel Cours Mirabeau) mais ne poursuivit pas le projet d'y construire son hôtel particulier. Il préféra acheter le 29 janvier 1664 « un enclos de vigne et jardin » situé en dehors des remparts de la ville, dans le faubourg des Cordeliers, pour se faire bâtir une maison de campagne.

Louis de Vendôme se préoccupe en premier lieu de clore l'ensemble de la parcelle par des murs crénelés et de faire réaliser d'importants travaux d'adduction d'eau. Dès le printemps 1665, la construction du bâtiment débute selon les plans d'Antoine Matisse, dit La Rivière, maître maçon et architecte d'origine parisienne installé en Arles. Bien que le nom de Pierre Pavillon apparaisse également en tant qu'architecte du pavillon de Vendôme dans lequel nous pouvons voir un rapprochement stylistique avec la façade sur cour de l'Hôtel de Ville d'Aix, aucun contrat ne l'officialise. Le contrat et les prix-faits sont bien passés au nom d'Antoine Matisse[4]. La légende veut que la construction de cette folie soit motivée par l'amour entre le duc de Vendôme et Lucrèce de Forbin-Solliès, dite la « Belle du Canet ». Celle-ci y rejoignait son amant à la nuit tombée, accompagnée de quelques suivantes, visages masqués[1]. L'historien aixois Ambroise Roux-Alphéran rapporte d'ailleurs dans son ouvrage Les Rues d'Aix (1846) que « le duc de Vendôme, retiré dans le pavillon qu'il avait fait bâtir au faubourg des Cordeliers, et qu'on nomme aujourd'hui le Pavillon de la Molle, y faisait introduire de nuit, par une porte de derrière, des personnes déguisées, que les paysans du faubourg appelaient malicieusement las machouettos [les chouettes]. C'est là qu'il mourut le mardi , à peine âgé de cinquante-sept ans, ce qui fit dire alors aux paysans : Las machouettos an tua lou duc [les chouettes ont tué le duc][5]. » On a en effet considéré que le lieu était trop propice aux relations amoureuses entre le duc et sa maîtresse et que ces exercices avaient fini par le tuer. À la mort du duc, le pavillon est acquis par le président de La Molle qui en achève la décoration intérieure et ajoute un étage à l'ensemble[6]. Au milieu du XVIIIe siècle, le peintre Jean-Baptiste van Loo y installe son atelier au second étage, après avoir acheté le pavillon.

Dans les années qui suivent, le pavillon devient la propriété de Barthélemy-Louis Reboul, secrétaire de l'Académie d'Aix[7]. Mais avec l'avènement de la Révolution, Reboul fuit la ville et le pavillon est vendu comme bien d'émigré[8]. Il est alors acquis par l'abbé Jean-Joseph-Pierre Guigou, évêque d'Angoulême, qui le cèdera aux religieuses du Sacré-Cœur pour y établir une maison d'enseignement[7] et un pensionnat d'éducation des jeunes filles. Il tiendra ce rôle durant tout le XIXe siècle. En 1906, le pavillon est acheté par l'amateur d'art suisse Henri Dobler qui y entreprend des restaurations et tente de reconstituer le mobilier d'origine. En 1914, il fait classer le jardin et la façade à l'invetaire des monuments historiques[9]. L'Académie d'Aix demande en 1926 que la mairie acquière le pavillon et les terrains adjacents pour en faire des jardins publics et un musée[9]. À la mort de Dobler en 1941, celui-ci lègue ses collections à la ville d'Aix-en-Provence, et le pavillon à sa veuve. À la mort de celle-ci en 1954, le bâtiment est légué à son tour à la ville[9] dans le but d'en faire un musée[8]. Celui-ci abrite depuis les années 1990, des expositions d'art contemporain et de photographies.

Architecture[modifier | modifier le code]

Détail d'un atlante.

Le pavillon de Vendôme illustre l'un des plus beaux exemples de l'architecture classique en Provence. Construit à partir de 1665 avec de la pierre jaunâtre des carrières de Bibémus, le bâtiment ne possédait à l'origine qu'un seul étage avec une grande frise supportant un toit à la Mansart en ardoise percé de lucarnes ajourées. Les carrosses pouvaient accéder directement à l'intérieur du pavillon grâce à des arcatures ouvertes au rez-de-chaussée. Considérablement remanié au XVIIIe siècle, le pavillon fut surélevé d'un étage et son toit fut couvert de tuiles romaines. Les ouvertures au rez-de-chaussée furent fermées. Les ornements extérieurs superposent des pilastres de style dorique au rez-de-chaussée, ionique au premier étage et composite au deuxième étage[1]. Les deux atlantes baroques (allégories de l'Aurore et du Crépuscule), réalisés dans de la pierre blanche de Calissanne, encadrent l'entrée principale et soutiennent un balcon aux ferronneries d'origine. Ils ont été réalisés par le sculpteur Jean-Claude Rambot avec la participation du sculpteur Pierre Pavillon. Les guirlandes de fruits et le mascaron du portail représentent l'été. Sur les deux consoles de pierres du deuxième étages figuraient jusqu'à la Révolution les bustes du roi et du dauphin.

Intérieur et collections[modifier | modifier le code]

L'escalier d'honneur est particulièrement remarquable. Celui-ci, datant du XVIIIe siècle, possède une rampe d'appui en fer forgé. Des sculptures en gypseries, sphinx, guirlandes, putti et aigles composent son décor. Certaines salles présentent des plafonds peints, datant du XVIIIe siècle et sont tapissées de cuir de Cordoue.

Le pavillon de Vendôme conserve plusieurs portraits et dessins des XVIIe et XVIIIe siècles. Le mobilier se compose notamment d'un ensemble provençal, ainsi que d'une commode estampillée Foullet. Le pavillon conserve également des faïences de Moustiers des XVIIe et XVIIIe siècles.

Jardins[modifier | modifier le code]

Le jardin à la française du pavillon de Vendôme, aujourd'hui jardin public, a été reconstitué d'après des documents gravés du XVIIe siècle. Il est orné en son centre d'une fontaine circulaire ornée d'un putti. Des quatre pavillons d'angles qui cantonnaient autrefois le jardin, deux seuls nous sont parvenus, dont l'un a été transformé en chapelle au XIXe siècle. Les extérieurs sont ceints dès la construction du pavillon de murs crénelés afin de se prémunir contre la visite de maraudeurs[10].

Site du pavillon[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques réalisées sur l'emplacement du pavillon de Vendôme ont permis la découverte d'une mosaïque d'environ 10 mètres de longueur composée de carrés noir et blanc en quinconce[11]. On peut aussi voir dans le jardin un chapiteau de marbre corinthien et des fragments de colonnes découverts sur place[11]. De plus, pour l'archéologue Robert Ambard, la partie la plus ancienne du mur du pavillon, située rue Tavan contient des éléments de marbre et des fragments de tuiles antiques[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Évocation du vieil Aix-en-Provence, André Bouyala d'Arnaud, éd. de Minuit, 1964, p. 245.
  2. a, b et c « Notice no PA00081103 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Jean BOYER, Les hôtels d'Aix-en-Provence, Le Pavillon de Vendôme, Aix-en-Provence, Imprimerie d'Editions Provençales,‎ , page 5 p.
  4. Jean BOYER, Les hôtels d'Aix, Le Pavillon de Vendôme, Aix-en-Provence, Imprimeries d’Éditions Provençales,‎ , Page 9 p.
  5. Ambroise Roux-Alphéran, Les Rues d'Aix, 1846, « rue de la Verrerie »
  6. « Aix. Le petit Versailles de Provence », Victor Battaggion, in Historia, juin 2010, n⁰ 762, p. 62.
  7. a et b Maurice Pezet, La Provence et l'amour, éd. F. Sorlot/F. Lanore, Paris, 1984, p. 121.
  8. a et b Évocation du vieil Aix-en-Provence, op. cit., p. 246.
  9. a, b et c M. Com-Escalle, « L'Académie protège le pavillon Vendôme », in Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, divers auteurs, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, p. 193, 194.
  10. Évocation du vieil Aix-en-Provence, op. cit., p. 244.
  11. a et b « Carte archéologique de la Gaule : Aix-en-Provence, pays d'Aix, val de Durance », 13/4, Fl. Mocci, N. Nin (dir.), Paris, 2006, Académie des inscriptions et belles-lettres, ministère de l'Éducation nationale, ministère de la Recherche, ministère de la Culture et de la Communication, maison des Sciences de l'homme, centre Camille-Jullian, ville d'Aix-en-Provence, communauté du pays d'Aix, p. 305.
  12. Robert Ambard, Note sur le parc du pavillon Vendôme, 1974.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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