Pavillon Madame

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Pavillon Madame
Nom local Château de Montreuil
Période ou style néoclassique
Type château
Architecte Vigneux, Jean-François-Thérèse Chalgrin
Début construction 1774
Fin construction 1780
Propriétaire initial Durand de Monville
Destination initiale habitation
Propriétaire actuel Lycée privé Sainte-Geneviève
Destination actuelle école
Coordonnées 48° 48′ 11.71″ N 2° 09′ 20.42″ E / 48.8032528, 2.1556722 ()48° 48′ 11.71″ Nord 2° 09′ 20.42″ Est / 48.8032528, 2.1556722 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Versailles

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pavillon Madame

Le Pavillon Madame (dit aussi château de Montreuil ou du Grand Montreuil), qui se trouve à Versailles dans le département des Yvelines et la région d'Île-de-France, fut aménagé à la fin du XVIIIe siècle par l'architecte Chalgrin pour servir de résidence à la Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence, femme de « Monsieur », frère de Louis XVI et futur Louis XVIII.

Si le domaine a été morcelé, subsistent aujourd'hui le pavillon lui-même, qui fait partie depuis 1913 du lycée privé Sainte-Geneviève, ainsi qu'un remarquable pavillon de musique construit en 1784.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le quartier de Montreuil, rattaché officiellement à Versailles en 1787, a été construit sur les terres d'un monastère fondé par Saint Germain, évêque de Paris au VIe siècle, et transféré aux Célestins à la fin du XIVe siècle. Louis XIV fit ouvrir l'avenue de Paris, partant du Château, qui divisa le village en deux parties : le Petit Montreuil au Sud et le Grand Montreuil au Nord où des courtisans acquirent des domaines. Louis XV devint entièrement propriétaire de Montreuil en 1748 et racheta les dernières terres des Célestins.

S’y installèrent entre autres le Docteur Lemonnier, médecin des enfants de Louis XVI et Madame Élisabeth, sœur du roi.

Le 9 octobre 1776, le prince de Montbarrey, maréchal de camp, fut parmi les premiers à acquérir à Montreuil une assez modeste maison, construite vers 1774 pour Durand de Monville, huissier ordinaire de la Chambre du Roi, au milieu d'un verger d'un hectare environ, planté de 600 arbres fruitiers[1], par un architecte nommé Vigneux.

En 1780, le prince de Montbarrey, ayant déplu à Marie-Antoinette, est disgracié et exilé dans son château près de Besançon. Il vend son pavillon d'habitation et son jardin à la comtesse de Provence, qui projette d'y installer sa résidence principale à l'écart du tumulte de la Cour.

Par l'intermédiaire d'Imbert de Lattes, la princesse fait l'acquisition de la propriété pour la somme de 30 000 livres et étend son domaine par l'acquisition de dix-sept jardins et divers bâtiments avec meubles et effets mobiliers. Le parc s’étend désormais sur plus d’une douzaine d’hectares[1].

Le pavillon d'habitation est agrandi et transformé intérieurement par l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin, premier architecte et intendant des bâtiments du comte de Provence depuis 1775.

L’entrée de la propriété se situe à l’angle des rues de l'École-des-Postes et Champ-Lagarde. Une allée en sable conduit à la cour d’honneur du Pavillon. À droite se dressent les écuries, les remises, la melonnière et le potager. Derrière le Pavillon s’étend un vaste parc paysager à l'anglaise aménagé sous la direction de Chalgrin. L'eau est acheminée depuis la butte Montbauron par une conduite en cuivre. On y trouve un bois de sycomores, d'ormes et de frênes, une rivière agrémentée de trois îles, une pelouse vallonnée, une montagne, ainsi que de nombreuses fabriques : chaumière, hameau, pavillon chinois octogonal, belvédère et temple de Diane, destinés à rivaliser avec le Hameau de la Reine de Trianon.

Un remarquable pavillon de musique de forme hexagonale est construit en 1784 par Chalgrin ainsi qu'une célèbre laiterie, dont le rattachement au domaine est toutefois contesté[2].

La plupart des fabriques sont détruites pendant et après la Révolution, durant laquelle le domaine est saisi comme bien national.

Vendu le 10 avril 1794, il est séparé en deux lots :

  • Le pavillon de musique est acheté par la famille du bijoutier Mellerio qui le fait agrandir en 1820 de deux ailes édifiées par l'architecte Jean-Jacques-Marie Huvé. Puis, après plusieurs mutations, cette partie du domaine est adjugée à Alfred Chauchard, fondateur des Grands Magasins du Louvre, qui en 1902, donne le terrain à une société immobilière qui y crée 105 lots et les attribue aux employés les plus méritants de son entreprise. Au milieu de ce lotissement, dit parc Chauchard, subsiste le pavillon de musique.
  • Quoique considérablement remanié, le pavillon d'habitation est toujours en place et fait partie depuis 1913 du lycée privé Sainte-Geneviève.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vincent Adeline, « Le domaine de Madame, comtesse de Provence », sur http://www.detouraversailles.com,‎ 4 février 2008 (consulté le 16 janvier 2010)
  2. Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Ile-de-France, Paris, Hachette,‎ 1992, 768 p. (ISBN 2-01-016811-9), p. 706

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Lesort, « Le Pavillon de Madame à Montreuil », Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, vol. A15,‎ 1913, p. 132-149 (ISSN 11582677, lire en ligne)