Paul de Flotte

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Paolo De Flotte ritaglio.jpg

Louis-François-René-Paul de Flotte dit Paul de Flotte né le 1er février 1817 à Landerneau et tué au combat de Pezzo à Solano (Calabre) le 22 août 1860, est un officier de marine, explorateur, inventeur, révolutionnaire et député français du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-François-René-Paul de Flotte naît le 1er février 1817 à Landerneau. Sa maison natale se situait rue de l'Amiral Romain Desfossées (aujourd'hui détruite). Il est le fils d'un officier d'artillerie, Bonaventure de Flotte, petit-fils de Paul de Flotte, chouan ; sa mère est la fille de l'amiral Boulainvilliers. La famille est originaire du manoir du Beuzidou en Saint-Urbain (Finistère).

Dès l’âge de onze ans, il entre à l'École militaire de La Flèche, puis au collège de Vendôme. Brillant, il est reçu premier à l'École navale et en sort numéro second. En novembre 1832, il embarque sur le vaisseau-école l'Orion où il aurait, semble-t-il, été contaminé par les sentiments violemment anticléricaux de ses camarades, au point de renier les traditions catholiques de sa famil­le. Au sortir de Navale, en novembre 1833, il embarque sur l'Astrée à destination d'Alger et des Antilles. Fin 1835, il passe sur la corvette de charge, la Dordogne, pour venir passer les examens d'élève de 1e classe. Il est promu en avril 1836. Il entame une carrière dans la Marine qui lui permet de prendre part, pendant une période de quatre ans (1836 à 1840) à deux expéditions importantes autour du monde :

Il passe quelques mois en famille, puis reprend la mer :

  • le 17 avril 1841, il repart pour les Antilles, sur la frégate la Reine blanche ;
  • le 11 mai 1842, il embarque sur le brick le Hussard ;
  • en octobre 1842, il repart pour les Antilles sur la frégate la Didon, et rentre à Brest le 27 février 1843 ;
  • il participe à une campagne sur les côtes occidentales d'Afrique, à bord de l’Alcyone ;
  • enfin, il est affecté sur la Didon.

Il obtient le grade de lieutenant de vaisseau en 1846.

Passionné de technique, il s'intéresse à l'hélice comme mode de propulsion des bateaux à vapeur, de préférence aux roues. Ses travaux lui valent d'être autorisé par le ministère de la Marine à séjour­ner à Paris pour suivre la construc­tion d'une machine. Il n'a pas enco­re trente ans et sa vie va prendre un nouveau cap.

Sur les barricades[modifier | modifier le code]

Monument à Solano

Attiré par la philosophie et bien­tôt par la politique, admirateur de Charles Fourier, membre d'un groupe litté­raire où l'on trouve Leconte de Lisle, Paul de Flotte est rapidement gagné aux idées révolutionnaires et même socialistes. Après l'abdi­cation de Louis-Philippe, en février 1848, il prend la parole dans des clubs révolutionnaires, où son éloquence fait merveille. Il refuse la lutte des classes par la violence et cherche à convaincre par sa pen­sée. Lors de l'insurrection de juin 1848, il est aux côtés des insurgés, ce qui lui vaut d'être déporté à Belle-Isle, en septembre de la même année.

Sa vie a définitivement basculé, et à sa libération en 1849, il revient à Paris et il est élu député socia­liste de la Seine à l'assemblée légis­lative. Le coup d'État met un terme à sa vie politique fran­çaise. L'assemblée dissoute, cer­tains de membres arrêtés, Paul de Flotte est expulsé du pays.

Après avoir séjourné deux ans en Belgique, il revient en France sous un faux nom, et travaille quelques années pour la compa­gnie des chemins de fer de l'État, avant d'être repris par le besoin de l'aventure.

En 1860, il démissionne pour aller retrouver Garibaldi, en Sicile lors de l'expédition des Mille. Après la conquête de cette île, Garibaldi lui confie le commandement d'une flottille qui doit débarquer des troupes à Solano, en Calabre. C'est là que Paul de Flotte trouve la mort, tué d'une balle en pleine tête le 22 août 1860. Il a 43 ans. Garibaldi lui rend hommage lors d'un discours mémorable et fait ériger un monument à sa mémoire. Paul de Flotte sera même le seul garibaldien étranger à se voir décerner, à titre posthu­me, la médaille des « Mille ».

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]