Paul Vautrin

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Paul Vautrin, né à Tragny en 1876, et mort à Metz le 21 septembre 1938, est un homme politique français, maire de Metz de 1924 à 1938, et conseiller général.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Originaire des pays de la Seille, fils d’un paysan et commerçant, il naît en 1876. Il est d’abord instituteur pendant 4 années après des études à l’École normale de Saint-Avold puis de Metz, avant de s’établir comme commerçant à Strasbourg puis à Metz où il est directeur commercial puis gérant du café de la Lune, situé non loin de l’hôtel de ville, place de la Cathédrale, lieu de rendez-vous des militants francophiles pendant la période allemande.

Mandats[modifier | modifier le code]

Élu conseiller municipal de Metz en 1914, membre du « Bloc lorrain », il est réélu après la guerre et devient adjoint puis premier adjoint. Il est élu maire de Metz le 17 juin 1924 et le reste jusqu’à sa mort le 21 septembre 1938. Si en 1929 sa liste ne l’a emporté qu’au second tour, elle est en revanche élue dans son intégralité en 1935.

Il est conseiller général du canton de Metz-III depuis 1919 et vice-président du conseil général en 1936. En 1932, il s’est porté candidat aux sénatoriales mais il n’a pas été retenu par l’URD.

Engagements civiques et politiques[modifier | modifier le code]

Il est membre de l’association des « Malgré-nous » de Metz[1], présidée par Paul Durand - par ailleurs journaliste et rédacteur en chef du « Lorrain » depuis 1929[2] -, comme d’ailleurs son adjoint à la municipalité Gabriel Hocquard, futur maire de Metz, ainsi que 5 autres conseillers municipaux messins, ou bien encore le chanoine Ritz.

Catholique pratiquant[3], il est proche de l’Action catholique lorraine, mouvement civique de défense religieuse en Moselle fondé en 1924 et affilié à la Fédération nationale catholique, et assiste aux assemblées générales du groupement présidé par Émile Boiteux.

Il appartient à l’Union républicaine lorraine, qui devient l’URD en 1929. Il est actionnaire de la société L’imprimerie du journal Le Lorrain, aux côtés de son directeur le chanoine Ritz, de plusieurs membres de la famille de Wendel et d’élus comme Jules Wolff ou Robert Schuman.

Membre des Jeunesses patriotes, il est un républicain national hostile à la gauche et au communisme surtout. Il est partisan à la fin des années 1920 du rapprochement de l’URL d’avec la Fédération républicaine et son chef le député de Nancy Louis Marin. Il s’est toujours montré partisan de l’union des « nationaux » et a soutenu les ligues, les Jeunesses patriotes et les Croix-de-feu. En 1936, il est l’un des fondateurs et coprésident du Front lorrain. Il précise d’ailleurs la nature, les buts et le programme de ce rassemblement en décembre 1936 dans la presse[4]. Il ne fait toutefois pas partie du comité exécutif du Front lorrain, enfin mis en place en 1937. Il est proche du PNRS ainsi que du Parti social français : il est présent à ses réunions les plus importantes à Metz jusqu’à sa mort survenue à Metz, le 21 septembre 1938.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • De Quelques aspects des impôts locaux du point de vue communal, conférence faite à l’Hôtel de ville de Metz, le 23 avril 1931, imprimerie du journal Le Lorrain, Metz, 1931 ;
  • Paul Vautrin, maire de Metz. Dix années de vie municipale, 1924-1934, imprimerie du journal Le Lorrain, Metz, 1934

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002
  • Thibaut de la Corbière, Les maires de Metz, Metz, Ed. Serpenoise, 1995
  • Paul Durand, Le visage des nôtres, 30 ans de petite histoire messine et lorraine 1920-1950, Metz, Ed. Le Lorrain, 1953
  • François Roth, Le temps des journaux ; presse et cultures nationales en Lorraine mosellane 1860-1940, Metz-Nancy, Ed. Serpenoise-P.U.N., 1983
  • François Roth, La Lorraine annexée ; Étude sur la Présidence de Lorraine dans l’Empire allemand (1870-1918), Thèse d’État, Université de Nancy II, 1976
  • http://www.lexpress.fr/region/fid-egrave-les-messins_480296.html

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Association des mutilés et soldats lorrains, sous-titrée « les malgré-nous », fondée en 1920 par Paul Durand et affiliée à l’Union départementale des associations d’anciens combattants et victimes de guerre, fondée en 1934. Elle regroupe des anciens combattants mosellans incorporés dans l’armée allemande pendant la grande Guerre.
  2. Paul Durand (1895-1970) est un militant catholique patriote, qui s’est enthousiasmé pour Le Faisceau puis pour les ligues des années 1930. Membre et propagandiste des Croix-de-feu puis du Parti social français et du Front lorrain, il rompt en 1938 avec le PSF, suite à la mort de Paul Vautrin et à une élection municipale partielle qui a suivi car elle a provoqué des tensions entre les élus en place et le PSF. Il est élu conseiller municipal de Metz en novembre 1938. Il est après la guerre adjoint au maire en 1945 puis de 1953 à 1970.
  3. "Le Lorrain", 5-10-1932
  4. Le Messin, 9-12-1936