Paul Segond

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Paul Segond

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Professeur Segond
par Walery

Naissance 8 mai 1851
Paris (France)
Décès 27 octobre 1912 (à 61 ans)
Paris (France)
Domicile France
Nationalité Drapeau de France Français
Champs Chirurgie
Gynécologie
Institutions Hôpitaux de Paris
Faculté de médecine
Société de chirurgie de Paris
Académie de médecine
Diplôme Faculté de médecine
Renommé pour ses apports en gynécologie opératoire
ses études sur la fracture de Segond

Compléments

Gendre de Juliette Adam
Beau-père d’Ernest Fourneau
Grand-père de Jean-Claude Fourneau

Signature

Signature de Paul Segond

Paul Segond, chirurgien français, né à Paris en 1851 et mort dans la même ville en 1912, est l’un des fondateurs de la chirurgie obstétricale et de l’enseignement de la gynécologie à Paris.

La Carrière[modifier | modifier le code]

Paul Ferdinand Segond, fils de l’anatomiste Louis-Auguste Segond (1819-1908)[1], est né à Paris le 8 mai 1851. Premier au concours de l'externat de 1874, il est reçu interne des Hôpitaux dès l’année suivante. Déjà, il a manifesté son intérêt et ses dons pour la recherche médicale en donnant aux Annales de gynécologie une communication sur le poids des nouveau-nés. Reçu de nouveau premier, il est nommé aide d'anatomie à la faculté de médecine en 1877, et prosecteur l’année suivante. En 1880, il est reçu docteur en médecine et couronné par la Société de chirurgie et l'Académie des sciences pour sa thèse sur les abcès chauds de la prostate et le phlegmon périprostatique. En 1883[2], ayant soutenu une thèse sur la cure radicale des hernies, il devient professeur agrégé de chirurgie. Reçu la même année, encore une fois premier, au concours de chirurgien des Hôpitaux, il est nommé chef de clinique à l’hôpital de la Salpêtrière, avec le chirurgien Ulysse Trélat[3]. Promu en 1900 chirurgien en chef du même hôpital, il travaille parallèlement à la clinique Baudelocque. En 1905, il succède à Paul Tillaux à la chaire de médecine opératoire de la faculté et, en 1909, à Paul Reclus à celle de clinique chirurgicale, qu’il conserve jusqu’à sa mort en 1912.

L'Œuvre[modifier | modifier le code]

Appareil génito-urinaire et gynécologie[modifier | modifier le code]

Parmi les plus importantes des contributions de Segond, il faut compter celles qui relèvent de la chirurgie des organes génito-urinaires. Sa thèse de 1880 porte sur la prostate[4]. En 1884, il publie sur une pathologie de l’urètre[5] et, en 1887, sur l’ablation du rein[6]. En 1889, il décrit un « nouveau procédé de traitement chirurgical de l’exstrophie de la vessie »[7],[8].

D’autre part, et sous l’influence de Jules-Émile Péan, il se tourne vers les opérations gynécologiques et son principal apport dans ce domaine concerne l’hystérectomie par la voie vaginale[9], voie naturelle par laquelle Segond opère également des carcinomes et des myomes.

Fracture de Segond[modifier | modifier le code]

Fracture de Segond

Enfin, Segond est un des plus éminents spécialistes du genou au XIXe siècle en France. Reprenant les expériences d’Amédée Bonnet (1820-1858), il publie en 1879 une étude sur « les épanchements sanguins du genou par entorse »[10]. Observant un traumatisme qui porte aujourd’hui son nom, la « fracture de Segond », qui se produit par arrachement du bord antéro-latéral du plateau tibial et s’accompagne généralement d’une rupture du ligament croisé antérieur, il en décrit les autres signes cliniques et, à cette occasion, il signale l'existence d'une « bande nacrée », oubliée depuis lors, redécouverte en 2012 au CHU de Brest[11] et en 2013 à l'hôpital universitaire de Louvain (nl)[12], et renommée par ses nouveaux auteurs « ligament antéro-latéral »[13].

Éponymie[modifier | modifier le code]

Évideur de Segond

Segond ayant inventé ou perfectionné un très grand nombre de procédés opératoires, parmi lesquels l’« opération de Péan-Segond », il a tout naturellement créé aussi de nombreux instruments, auxquels son nom reste également attaché : aiguille, spatule, tracteur, érigne, pinces ou valve de Segond.

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Interne des hôpitaux (1875) ;
  • Prosecteur à la faculté de médecine (1878) ;
  • Docteur en médecine (1880) ;
  • Agrégé de la faculté de médecine (1883) ;
  • Chirurgien des hôpitaux (1883) ;
  • Chef de service du pavillon Osiris à l’hôpital de la Salpêtrière (1883) ;
  • Chirurgien en chef de l’hôpital de la Salpêtrière (1900)[14] ;
  • Secrétaire général de la Société de chirurgie de Paris, aujourd’hui Académie de chirurgie (1900-1905) ;
  • Professeur de médecine opératoire (1905) ;
  • Président de la Société nationale de chirurgie (1906) ;
  • Professeur de clinique chirurgicale (1909) ;
  • Membre de l’Académie de médecine (1909) ;
  • Officier de la Légion d’honneur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Appareil génito-urinaire[modifier | modifier le code]

  • 1880 : Des abcès chauds de la prostate et de la région périprostatique, Paris, G. Masson,‎ 1880 (lire en ligne).
  • 1881 : « Étude sur l'anatomie pathologique des rétrécissements de l'urèthre », Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 2e série, vol. 18, no 39,‎ 30 septembre 1881, p. 625-627 (lire en ligne), avec Édouard Brissaud.
  • 1885 : « Des avantages de l’incision périnéale dans le traitement des suppurations prostatiques et péri-prostatiques », Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie,‎ 1885.
  • 1886 : « Deux néphrectomies : L'une pour une hydronéphrose suppurée et l'autre pour un rein flottant douloureux : Guérison » (communication faite au congrès français de chirurgie, 2e session, octobre 1886).
  • 1889 : « Traitement chirurgical de l’exstrophie de la vessie : Note sur un nouveau procédé opératoire (communication faite au congrès français de chirurgie, 4e session, octobre 1889) », Annales des maladies des organes génito-urinaires,‎ avril 1890.
  • 1903 : Préface à Albert Katz, Le Traitement chirurgical de l'exstrophie de la vessie, Paris, G. Steinheil,‎ 1903 (lire en ligne), p. 5-8.

Gynécologie[modifier | modifier le code]

  • 1885 : « Note sur un cas d'imperforation congénitale de l’hymen », dans Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie.
  • 1888 : Traitement des fibromes utérins par la castration ovarienne.
  • 1892 : « De l'hystérectomie vaginale dans le traitement des suppurations péri-utérines », dans Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie.
  • 1893 : « Résultats éloignés de l'ablation des annexes de l'utérus dans les infections non néoplasiques de ces organes », dans Séances annuelles du Congrès français de chirurgie.
  • 1894 : « Nouveau procédé opératoire pour supprimer les fistules recto-vaginales chez les femmes dont le périnée est intact », dans Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie.
  • 1894 : « Sur l'hystérectomie vaginale dans l'ablation de certaines tumeurs annexes » (communication faite au Congrès français de chirurgie : 8e session, Lyon, 1894), Paris, Félix Alcan, 1895.
  • 1898 : « Traitement des grossesses extra-utérines » [rapport au Congrès périodique de gynécologie, d'obstétrique et de pédiatrie, 2e session, Marseille, octobre 1998], dans Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 3e série, vol. 3, pp. 997-1000 ; L. Maretheux, Paris (OCLC 492862168) ; réédition Nabu Press, février 2010 (ISBN 978-1-145-00897-7).

Divers[modifier | modifier le code]

  • 1879 : Recherches cliniques et expérimentales sur les épanchements sanguins du genou par entorse, Bureaux du Progrès médical,‎ 1879 (lire en ligne).
  • 1883 : Cure radicale des hernies, Paris, Typographie G. Chamerot (thèse présentée au concours de l'agrégation, section de chirurgie et d'accouchements),‎ 1883.
  • 1885 : « Gastrotomie pour rétrécissement infranchissable de l’œsophage », La Semaine médicale,‎ 22 avril 1885.
  • 1887 : « Kyste hépatique de la face convexe du foie traité et guéri par l’ouverture large de ses parois », Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie,‎ 1887.
  • 1888 : Valeur de la cure radicale des hernies,‎ 1888.
  • 1890 : Résection du nerf maxillaire supérieur et du ganglion sphéno-palatin par la voie temporale,‎ 1890.
  • 1894 : « Note sur l'anesthésie par le bromure d'éthyle », Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie,‎ 1894.

Participations[modifier | modifier le code]

  • 1885 : « Varicocèle », dans Sigismond Jaccoud (dir.), Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, vol. 38 [Vac-Vei], Baillière et fils,‎ 1885.
  • 1888 : « Tumeurs de l'ovaire », dans John Hashhurst (dir.), Encyclopédie internationale de chirurgie, vol. 7 : Organes génito-urinaires de l'homme et de la femme, Paris, Baillière et fils,‎ 1888, 908 p..
  • 1892 : « Chirurgie du foie », « Chirurgie des annexes de l'urètre », « Ovaires », « Trompes », « Ligaments larges », « Péritoine pelvien », dans Simon Duplay et Paul Reclus, Traité de chirurgie, Paris, G. Masson,‎ 1892.

Sur Paul Segond[modifier | modifier le code]

  • Marcel Baudouin, Le Voyage chirurgical de M. Paul Segond aux États-Unis en 1896, Institut international de bibliographie, Paris, 1897. (Notice consultée le 14 avril 2012.)
  • Émile Baudron, De l'hystérectomie vaginale appliquée au traitement chirurgical des lésions bilatérales des annexes de l'utérus (opération de Jules Émile Péan) : Étude basée sur les deux cents premières observations du docteur Paul Segond, Société d'éditions scientifiques, 1894. (Présentation consultée le 14 avril 2012.)
  • Edgar Bérillon[15], Paul Segond, avec un portrait de Segond en héliogravure par Waléry, 1903.
  • Philippe Colombet, Michel Allard, Vincent Bousquet, Christophe de Lavigne et Pierre-Henri Flurin, « L'Histoire de la chirurgie du LCA (ligament croisé antérieur) », sur Maîtrise orthopédique : Le Journal orthopédique sur le web (Lire en ligne. Consulté le 30 mars 2012.)
  • (en) Ole Daniel Enersen, « Paul Ferdinand Segond », sur A Dictionnary of Medical Eponyms (Lire en ligne. Consulté le 30 mars 2012.)
  • Clément Saudeux, « Biographie du professeur Paul Segond », illustrée d'une caricature pleine page (« Le Champion des poids lourds ») par E. Marin, Le Rictus : Journal humoristique médical, no 9, septembre 1910.
  • Philippe Segal, Émile Dehoux et Christophe Mensa, « La Fracture de Segond », dans Jacques Rodineau (dir.) et Gérard Saillant (dir.), Les Lésions isolées récentes du ligament croisé antérieur : Données actuelles, Paris, Masson,‎ 1998, 381 p. (ISBN 2-225-83668-X et 978-2-225-83668-8), p. 52-55.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris, membre de la Société de biologie, auteur d'un Traité d'anatomie générale : Théorie de la structure, embrassant les substances organiques et les éléments, les tissus, les membranes et les parenchymes, Paris, Librairie de Victor Masson,‎ 1954 (lire en ligne).)
  2. On peut noter pour l’anecdote que, cette même année 1883, Tourgueniev, quelques semaines avant sa mort, fut opéré en vain par Segond. (Voir Florence Montreynaud, « Les Dernières Années de Turgenev en France : Dix-neuf lettres inédites de Turgenev à des amis français », Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 13, no 1,‎ 1972, p. 55-56 (lire en ligne).)
  3. Né en 1828, mort en 1890, fils du médecin et homme politique français homonyme Ulysse Trélat (1795-1879).
  4. Des abcès chauds de la prostate et de la région périprostatique, op. cit.
  5. Étude sur l'anatomie pathologique des rétrécissements de l'urèthre, op. cit.
  6. « Deux néphrectomies », op. cit.
  7. « L’exstrophie de la vessie est une malformation complexe qui intéresse non seulement la vessie, mais aussi l’urètre, la paroi abdominale, la ceinture pelvienne, le périnée et les organes génitaux externes. » (« Exstrophie vésicale », sur Chirurgie pédiatrique.)
  8. « Traitement chirurgical de l’exstrophie de la vessie », congrès français de chirurgie, octobre 1889.
  9. Traitement des grossesses extra-utérines, op. cit.
  10. Progrès médical, 1879.
  11. (en) J. P. Vincent, R. A. Magnussen, F. Gezmez, A. Uguen, M. Jacobi, F. Weppe, M. F. Al-Saati, S. Lustig, G. Demey, E. Servien et P. Neyret, « The Anterolateral Ligament of the Human Knee: An Anatomic and Histologic Study », Knee Surg. Sports Traumatol. Arthrosc., vol. 20,‎ janvier 2012, p. 147-152 (DOI 10.1007/s00167-011-1580-3).
  12. (en) Steven Claes, Evie Vereecke, Michael Maes, Jan Victor, Peter Verdonk et Johan Bellemans, « Anatomy of the Anterolateral Ligament of the Knee », Journal of Anatomy, vol. 223, no 4,‎ octobre 2013, p. 321-328 (DOI 10.1111/joa.12087, lire en ligne).
  13. Norédine Benazdia, « Des chirurgiens découvrent une nouvelle partie du corps humain », Sciences-mag.fr,‎ 6 novembre 2013 (lire en ligne).
  14. « Grâce enfin à la générosité de M. le Dr Segond, chirurgien de la Salpêtrière, qui s’est chargé d’acheter lui-même des lits et un mobilier, la Salpêtrière possède aujourd’hui un pavillon de médecine opératoire, ou plutôt de gynécologie, digne de la science moderne et de l’opérateur auquel est confiée la direction du service chirurgical de cet hôpital. » (Marcel Baudouin, « Le nouveau pavillon Osiris à la Salpêtrière », dans Gazette médicale de Paris, 19 janvier 1901.)
  15. Edgar Bérillon (1859-1948), aliéniste, hypnotiste, disciple de Jules Liégeois, dissident de l'école de Charcot.