Paul Preuss (escalade)

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Paul Preuss

Paul Preuss, né le 19 août 1886 à Bad Aussee et mort le 3 octobre 1913 au Mandlkogel (massif du Dachstein), est un grimpeur autrichien, partisan de l'escalade sans corde et sans pitons et célèbre pour ses ascensions en solo.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'alpiniste[modifier | modifier le code]

Carrière alpine[modifier | modifier le code]

Bien que malingre quand il était enfant, il devient néanmoins un athlète accompli et un grimpeur de talent. Sa première ascension est celle du Trisselwand près d'Aussee : après plusieurs semaines à étudier la voie, il la réalise intégralement seul.

Recherchant à relever de nouveaux défis, il gravit en solitaire la face ouest du Totenkirchl en 1911, en seulement 2 heures et 45 minutes, incluant une variante pour le final. Durant sa carrière alpine, il accomplit plus de 1200 ascensions dans les Alpes orientales (dont 300 solitaires et 150 premières), notamment la face nord du Crozzon di Brenta (3 135 m) avec Paul Relly et la face est du Guglia di Brenta. Il traverse également de part en part le Kleine Zinne, réalisant les quatre voies qui existent à cette époque en une seule journée.

Pendant les étés 1912 et 1913, il se rend dans les Alpes occidentales, où sous la tutelle du grimpeur britannique Oscar Eckenstein il découvre les techniques de progression sur terrain glaciaire. Il entreprend alors une série d'ascensions autour du Mont Blanc, comme celle, directe, par le versant Brenva, ou encore les Grandes Jorasses par l'arête des hirondelles.

Sa conception de l'escalade[modifier | modifier le code]

Paul Preuss est farouchement opposé à l'emploi des techniques modernes d'escalade, des pitons et des mousquetons que Dülfer expérimente.

Preuss part du principe que si les pitons permettent d'affronter de nouvelles difficultés, ils entraînent par une utilisation excessive une certaine dévaluation des voies. L'application la plus extraordinaire de sa conception de l'escalade est l'ascension en solitaire du Campanile Basso sans corde et sans pitons.

Preuss publie plusieurs articles sur sa philosophie de l'escalade l'année précédant sa mort. Dans l'un de ceux-ci, « Künstliche Hilfsmittel auf Hochturen », il présente sa conception à l'aide de six « théorèmes », partant de l'axiome : « Un grimpeur ne devrait entreprendre que des projets qui sont en deçà de son plus haut niveau de compétence ».

Ces théorèmes (paraphrasés) sont :

  1. les capacités d'un grimpeur devraient toujours être supérieures à celles demandées par la voie entreprise ;
  2. on ne devrait escalader que des voies qu'on peut désescalader ;
  3. tout moyen d'assurage artificiel ne se justifie que dans de soudaines et extrêmes situations ;
  4. les pitons ne doivent être utilisés qu'en cas d'urgence et non comme aide lors d'une ascension ;
  5. la corde sert à faciliter l'escalade mais jamais comme seul moyen de rendre une ascension possible ;
  6. le principe de sécurité dérive d'une honnête estimation de ses capacités, pas de l'utilisation de moyens de progression artificiels.

Ski de montagne[modifier | modifier le code]

Paul Preuss est l'un des grands pionniers du ski de montagne et s'adjuge à ski grand nombre de premières comme celles du Grand Paradis et du Dreiherrnspitze (3 499 m).

L'accident tragique[modifier | modifier le code]

Preuss meurt en octobre 1913, après une chute de 300 mètres alors qu'il gravissait en solo la face nord du Mandlkogel.

Le scientifique[modifier | modifier le code]

Jeune, Paul Preuss s'était rendu en Allemagne pour suivre des cours à l'université de Munich et devint docteur en phytobiologie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]