Paul Passy

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Paul Passy

Naissance
Versailles
Décès
Bourg-la-Reine
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession Linguiste
Activité principale Promoteur du protestantisme social
Ascendants
Famille

Paul Édouard Passy (né le à Versailles et mort le à Bourg-la-Reine) est un linguiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille qui s'est illustrée au XIXe siècle dans la politique et les sciences, il est le fils du lauréat du prix Nobel de la paix, Frédéric Passy. Il fonde en 1886 l'Association phonétique internationale, qui regroupait à l'origine des professeurs de langue et participe à l'élaboration de l'Alphabet phonétique international. Phonéticien brillant et anticonformiste, partisan d'une réforme radicale de l'orthographe ("orthographe simplifiée"), il marque de son enseignement l'École Pratique des Hautes Études (EPHE, Sorbonne).

Paul Passy est considéré comme une des figures de proue du christianisme social français[1]. En 1906, il participe à la création de l’Union des socialistes chrétiens. Puis il crée en 1909 près de Fontette (Aube) la colonie de Liéfra (Liberté, Égalité, Fraternité) qui fonctionne selon la « loi de Moïse ». Basée sur les principes du socialisme chrétien et du collectivisme, la terre, propriété collective inaliénable, est exploitée en commun. Cette colonie disparaît à la veille de la Première Guerre mondiale.

Protestant convaincu, soucieux de conversion et d'éthique évangélique, très proche du pasteur Ruben Saillens, Paul Passy rallie durant une quinzaine d'années les églises baptistes, dans lesquelles il s'investit comme auteur, prédicateur, évangéliste. Dans L'Echo de la Vérité, journal des baptistes français, il souligne: "Moi qui suis depuis longtemps socialiste et révolutionnaire sans restriction, je ne peux que me réjouir de voir des chrétiens, en nombre grandissant, entrer dans la même voie. (...) Mais si on venait à donner dans l'Église, plus d'importance ou autant d'importance à la question sociale qu'à celle de la conversion individuelle, alors ça ne serait plus de la fidélité, mais de l'apostasie"[2].

Quelques années plus tard, tout en restant protestant, il quitte le baptisme, déçu par les divisions internes qu'il y a observées.
Dans ses Souvenirs d'un socialiste chrétien, il écrira: "Sans doute j’ai rencontré chez les Baptistes plus de fidélité doctrinale, une vie religieuse plus intense, plus de zèle pour le salut des âmes, que par exemple chez les protestants réformés. Mais d’autre part, j’ai été péniblement impressionné par des rivalités de personnes et de partis, atteignant parfois une acuité extraordinaire, donnant lieu à des accusations extravagantes et servant de prétexte à des scissions absurdes. Somme toute, j’ai été amené à penser qu’il devait y avoir quelque chose d’erroné dans le principe même de ces Églises'[3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Baubérot, Le retour des huguenots, La vitalité protestante, 19e-20e siècle, Paris-Genève, Cerf-Labor et Fides, 1985, chapitre 2, Les socialismes chrétiens du christianisme social, p. 129 à 179.
  2. Paul Passy, éditorial de L'Echo de la Vérité, n°1, janvier 1900, p.3-4, cité dans Sébastien Fath, Une autre manière d'être chrétien en France, socio-histoire de l'implantation baptiste (1810-1950), Genève, Labor et Fides, 2001, p.960.
  3. Paul Passy, Souvenirs d’un Socialiste chrétien, 1ère partie, Clamart, Je Sers, 1930, p.4.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élémans (sic) d'anglais parlé, Paris : Didot, s.d. [1]
  • L'instruction primaire aux États-Unis: rapport présenté au ministre de l'Instruction publique, Paris : Delagrave, 1885. [2]
  • Sons du français, Paris : Firmin Didot, 1887.
  • Étude sur les changements phonétiques et leurs caractères généraux, Paris : Firmin-Didot, 1891. (Thèse pour le doctorat présentée à la Faculté des lettres de Paris) [3]
  • Le français parlé; morceaux choisis a l'usage des étrangers avec la prononciation figurée, Leipzig : O.R. Reisland, 1892 (Lire en ligne, réédition 1897)
  • avec Franz Beyer : Elementarbuch des gesprochenen Französisch, Cöthen :Schulze, 1893. [4]
  • Abrégé de prononciation française, phonétique et orthoépie, avec un glossaire des mots contenus dans le français parlé, Leipzig : O.R. Reisland, 1897. [5]
  • avec Hermann Michaelis : Dictionnaire phonétique de la langue française, complément nécessaire de tout dictionnaire français, Hannover C. Meyer, 1897. réédition 1914. [6]
  • avec Henri Laudenbach et Georges Delobel: De la méthode directe dans l'enseignement des langues vivantes, Paris : A. Colin, 1899.
  • Choix de lectures françaises phonétiques, Coethen : O. Schulze, 1900. [7]
  • Petite phonétique comparée des principales langues européennes, Leipzig : B.G. Teubner, 1906. [8]
  • Lectures françaises phonetiques, Cambridge :W. Heffer, 1918. [9]
  • Conversations françaises, en transcription phonétique avec traductions anglaises, London : University of London Press, 1920. [10]
  • Souvenirs d'un socialiste chrétien, Issy-les-Moulineaux : Je Sers, 1930. 2 vol. [1930-1932].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Galazzi, E., 1987, Paul Passy. La fonetica al servizio dell'insegnamento delle lingue, Scula e Lingue Moderne, 1/2, 15-18.
  • Galazzi, E., 1992, 1880-1914. Le combat des jeunes phonéticiens : Paul Passy, Cahiers Ferdinand de Saussure, 46, 115-129.
  • Baubérot, J., 1993, Paul Passy - Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, sous la direction de Jean-Marie Mayeur et Yves-Marie Hilaire, volume 6 : Les protestants, Paris : Beauchesne, [11]
  • Galazzi, E., 1995, Phonétique/Université/Enseignement des langues à la fin du XIXe siècle, Histoire Épistémologie Langage, 17/I: 95-114. [12]
  • Bergougnoux, G., 2003, Lectures et critiques [13]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]