Paul Lazarsfeld

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Paul Felix Lazarsfeld

Naissance 13 février 1901
Vienne, Autriche
Décès 30 août 1976 (à 75 ans)
Newark
Nationalité Drapeau de l'Autriche Autriche - Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession

Paul Felix Lazarsfeld (Vienne, Autriche le 13 février 1901 - 30 août 1976) est un sociologue américain, d'origine autrichienne. Il est particulièrement connu pour l'importance de ses travaux sur les effets des médias sur la société et pour l'utilisation de techniques d'enquêtes pour la collecte d'information, mais aussi pour sa contribution au développement de la sociologie électorale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à l'université de Vienne où il obtient un Ph.D en mathématiques appliquées en 1925. Encore étudiant, Lazarsfeld milite pour le socialisme, il est l'un des admirateurs de Victor Adler et l'ami de son fils Friedrich Adler. Lorsqu’il rencontre les Bülher, un couple de psychologues, et fonde un institut de psychologie sociale appliquée à Vienne, il aspire clairement à mettre ses connaissances mathématiques au profit du combat social. De même,lorsqu’il vient à côtoyer les membres de l'Institut für Sozialforschung – plus tard appelé "École de Francfort", avec lesquels il aura de vives discussions.

Parmi les membres de l'École de Francfort, on peut mentionner les noms de Max Horkheimer, de Theodor Adorno, d'Herbert Marcuse, d'Erich Fromm. Plusieurs membres de cette école émigrèrent aux États-Unis pour éviter la répression nazie et contribuèrent, entre autres, au développement d'une théorie critique de la communication en Amérique du Nord.

Lazarsfeld émigre lui aussi aux États-Unis en 1933 et occupe le poste de directeur du Centre de la recherche sur la radio à l'université Princeton. Arrivé aux États-Unis, l’ancien activiste marxiste cesse ses activités militantes. Plusieurs interprétations ont été avancées pour expliquer le désengagement si spontané de Lazarsfeld, l’une d’elle étant que lucide, il ne voyait pas d’échos possibles à l'idée marxiste aux États-Unis à cette époque. Lazarsfeld se déclare lui-même être « un marxiste en congé ».

En 1940, son laboratoire est transféré à l'université Columbia où il est renommé "Bureau pour la recherche sociale appliquée". Il obtient un poste au département de sociologie de l'université Columbia où il demeure jusqu'en 1970.

Lazarsfeld a publié de nombreux écrits parmi lesquels The People's Choice (1944), Radio Listening In America (1948), Voting (1954). Paul F. Lazarsfeld est mort dans le New Jersey (États-Unis) en 1976.

Ses travaux portèrent sur l'influence qu'exercent les médias sur la décision des électeurs, ce qui lui permit de développer sa célèbre « Two step flow theory »[1]. Ce modèle d'influence postule que les médias n'ont pas d'influence directe sur les électeurs, mais qu'ils structurent en revanche les perceptions des leaders d'opinion qui eux possèdent une très forte capacité d'influence.

Il s'intéressa aussi à l'impact de la radio sur son auditoire. Il fut à la fois un observateur rigoureux de l'influence croissante des médias sur notre existence et un critique averti de leurs abus.

Aux États-Unis, le système universitaire américain est tel que Lazarsfeld se retrouve plus ou moins contraint de vendre ses recherches à des organismes privés. L'utilité pratique immédiate de la sociologie empirique de Lazarsfeld lui offrit de nombreux débouchés dans les administrations, les entreprises, et même à l'O.S.S. (Operation Strategic Studies), ancienne C.I.A.

Les recherches qu’il entreprend ne sont donc pas le fruit du hasard puisque ce sont ses clients qui les choisissent en fonction de leurs besoins. Lazarsfeld se sert tout de même de ces études pour développer ses analyses, mais le financement privé de ses recherches a évidemment une influence sur les questions qu’il se pose, et même semble-t-il sur la façon qu’il a d’y répondre. Lazarsfeld prétend alors éviter toute subjectivité en se réfugiant dans la méthode. Il abandonne alors totalement le cadre de la théorie critique (c’est l’objet du conflit entre lui et Adorno), et s’en tient à la stricte collecte des données empiriques. Il se contente alors de décrire le social sans trace de préjugés subjectifs, ni spéculation théorique.

La thèse principale de sa sociologie des médias se distingue vivement des théories marxistes de l'École de Francfort. En effet, Lazarsfeld pense que l'influence des Médias dépend des opinions prééxistantes et du réseau de relations interpersonnelles du récepteur, ainsi que de son champ social. Le récepteur est donc davantage sensible aux opinions qui lui sont proches. Ainsi, un émetteur ne réussirait pas à changer l'opinion de son récepteur si celle-ci est déjà opposée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Über die Berechnung der Pendelbewegung des Merkur aus der Einsteinischen Gravitationstheorie. Wien: Selbstverlag 1925, 10 Blatt. Zugleich phil. Diss. Wien 1925.
  • Statistisches Praktikum für Psychologen und Lehrer. Mit einem Geleitwort von Charlotte Bühler. Mit 45 Abbildungen im Text. Jena: G. Fischer 1929, VIII, 180 S.
  • (avec Marie Jahoda et Hans Zeisel) Les Chômeurs de Marienthal. Traduit de l'allemand par Françoise Laroche, Les éditions de Minuit (1981).
  • (mit Arthur W[illiam] Kornhauser) The techniques of market research from the standpoint of a psychologist. (Presented at the Institute of management meeting, Hotel Pennsylvania, May 24, 1935.) New York: American Management Association [1935] (= Institute of management series. Institute of management. 16.), 24 S.
  • (mit Samuel A[ndrew] Stouffler) Research memorandum on the family in the depression. With the assistance of A[bram] J. Jaffe. Prepared under the direction of the Committee studies in social aspects of the depression. New York: Social Science Research Council [1937] (= Bulletin Social Science Research Council (U.S.). 29. / Studies in the social aspects of the depression. 3.), x, 221 S. Umschlagtitel: The family in the depression.
  • (mit Frank Stanton) Radio and the printed page. An introduction to the study of radio and its role in the communication of ideas. (1st edition.) New York: Duell, Sloan, and Pearce 1940 (= History of broadcasting, radio to television.).
  • (Herausgeber mit Frank N[icholas] Stanton) Radio research, 1941. New York: Duell, Sloan, and Pearce 1942 (= Essential books.), 333 S.
  • Radio research. Volume 2: 1942-1943. New York: Arno Press 1979 (= Perennial works in sociology.), xvi, 599 S. Reprint.
  • (mit Bernard R[euben] Berelson und Hazel Gaudet) The people’s choice: How the voter makes up his mind in a presidential campaign. New York: Duell, Sloan, and Pearce 1944, vii, 178 S.
  • (mit Harry Field) The people look at radio. Report on a survey conducted by the National Opinion Research Center, University of Denver, Harry Field, director. Analyzed and interpreted by the Bureau of Applied Social Research, Columbia University, Paul F. Lazarsfeld, director. Chapel Hill: The University of North Carolina Press [1946], ix, 158 S.
  • The psychological and sociological implications of economic planning in Norway. (This project was outlined and gotten under way by Paul F. Lazarsfeld.) Oslo: Universitet [1948], 120 S. (Maschinschrift hektografiert).
  • What is sociology? Oslo: Universitetets studentkontor 1948, 20 S. (Maschinschrift hektografiert).
  • (mit Patricia L[ouise] Kendall) Radio listening in America. The people look at radio – again. Report on a survey conducted by the National Opinion Research Center of the University of Chicago, analyzed and interpreted by Paul F. Lazarsfeld and Patricia L. Kendall of the Bureau of Applied Social Research, Columbia University, a second survey sponsored by the N[ational] A[ssociation of] B[roadcasters]. New York: Prentice-Hall 1948, v, 178 S.
  • (mit Frank N[icholas] Stanton) Communications research, 1948-1949. (1st edition.) New York: Harper & Brothers 1949 (= Publications of the Bureau of Applied Social Research, Columbia University.), xviii, 332 S.
  • (mit Samuel A[ndrew] Stouffer, Louis Guttman, Edward A[llen] Suchman, Shirley A. Star und John A. Clausen) Measurement and prediction. Princeton, N.J.: Princeton University Press 1950 (= Studies in social psychology in World War II. IV.), x, 756 S.
  • (Herausgeber mit Robert K[ing] Merton) Continuities in social research. Studies in the scope and method of "The American soldier". Glencoe, Ill.: The Free Press 1950, 255 S.
  • (Hg.) Mathematical thinking in the social sciences. Glencoe, Ill.: The Free Press 1954, 444 S.
  • (mit Elihu Katz) Personal influence. The part played by people in the flow of mass communications. A report of the Bureau of Applied Social Research, Columbia University. Glencoe, Ill.: The Free Press 1955 (= Foundations of communications research. 2.), xx, 400 S.
  • (Herausgeber mit Morris Rosenberg) The language of social research. A reader in the methodology of social research. Glencoe, Ill.: The Free Press 1955, xiii, 590 S.
  • (mit Wagner Thielens jr.) Academic mind. Social scientists in a time of crisis. With a field report by David Riesman. (A report of the Bureau of Supplies Social Research, Columbia University.) Glencoe, Ill.: The Free Press 1958 (= The Academic profession.), xiii, 460 S.
  • (mit Robert A[lan] Dahl und Mason Haire) Social science research on business. Product and potential. New York: Columbia University Press 1959, 185 S.
  • (mit Lawrence R[obert] Klein und Ralph W[infred] Tyler) The behavioral sciences. Problems and prospects. Three papers. Boulder, Col.: University of Colorado, Institute of Behavioral Science 1964, 40 S.
  • (mit Raymond Boudon) Le vocabulaire des sciences sociales. Concepts et indices. Paris: Mouton 1965 (= Maison des sciences de l’homme, Paris. Méthodes de la sociologie. 1.), 309 S.
  • (Herausgeber mit Neil W. Henry) Readings in mathematical social science. Chicago: Science Research Associates 1966, 371 S.
  • (Herausgeber mit William H[amilton] Sewell und Harold L. Wilensky) The uses of sociology. New York: Basic Books [1967], xi, 902 S.
  • The use of panels in social research. Oslo: Universitet 1968, 10 Blatt.
  • (mit Neil W. Henry) Latent structure analysis. Boston: Houghton, Mifflin 1968, ix, 294 S.
  • Am Puls der Gesellschaft. Zur Methodik der empirischen Soziologie. (Deutsch von Helga und Philipp Schwarzer.) Wien–Frankfurt–Zürich: Europa Verlag 1968 (= Europäische Perspektiven.), 184 S. Mit einem Vorwort von Gertrude Wagner.
  • Qualitative analysis. Historical and critical essays. Boston: Allyn and Bacon 1972, xvii, 457 S. Mit Beiträgen von James S[amuel] Coleman, Raymond Boudon und C[harles] Wright Mills.
  • Main trends in sociology. (Originally published as Chapter 1 in Main trends of research in the social and human sciences, Part 1, Mouton / UNESCO 1970.) New York–London: Harper & Row 1973 (= Harper torchbooks. 1781. / Sociology.), 115 S.
  • (mit Jeffrey G. Reitz und Ann K. Pasanella) An introduction to applied sociology. New York: Elsevier 1975, vii, 196 S.
  • Eine Episode in der Geschichte der empirischen Sozialforschung, dans: Paul Lazarsfeld, Talcott Parsons, Edward Shils: Soziologie – autobiographisch. Drei kritische Berichte zur Entwicklung einer Wissenschaft. Préface par Heinz Hartmann. (Traduction des contributions de Talcott Parsons et Edward Shils par Modeste zur Nedden Pferdekampf, de la contribution de Paul F. Lazarsfeld par Heinz Hartmann.) Stuttgart: Enke 1975, X, 232 S.
  • On social research and its language. Edited and with an introduction by Raymond Boudon. Chicago–London: The University of Chicago Press 1993 (= The heritage of sociology.), vii, 333 S.

Voir également[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rémy Rieffel, Sociologie des médias, Ellipses,‎ 2005, 223 p. (ISBN 2-7298-2445-6), p. 164

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]