Paul Hay du Chastelet

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Paul Hay du Chastelet (novembre 1592, Laval - 26 avril 1636), magistrat, orateur et écrivain français, fut Conseiller d'État sous Richelieu et fit partie de la première Académie française (fauteuil 20).

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de l'ancienne maison de Hay en Bretagne, il fut d'abord conseiller en 1616, puis avocat général au parlement de Bretagne en 1618[1], puis maître des requêtes en 1623 et enfin conseiller d'État en 1633. Chargé d'établir le Parlement de Béarn en 1621 à Pau, il exerça, en 1655, l'intendance de la justice dans l'armée royale, commandée par le roi Louis XIII en personne.

Son esprit le fit choisir pour être un des premiers membres de l'Académie française, et il fut le premier secrétaire de cette compagnie jusqu'à sa mort.

Magistrat intègre et habile orateur, il employa souvent son éloquence pour tâcher de sauver les victimes de la vengeance du cardinal de Richelieu, et il fut un de ceux qui intercédèrent avec le plus de chaleur en faveur du duc de Montmorency.

On cite de lui plusieurs bons mots. Un jour qu'il était avec M. de Saint-Preuil qui sollicitait la grâce de ce seigneur, et qu'il insistait lui-même de tout son pouvoir, le roi lui dit : « Je pense que M. du Chastelet voudrait avoir perdu un bras pour sauver M. de Montmorenci. » Il répondit : « Je voudrais, sire, les avoir perdus tous deux, car ils sont inutiles à votre service, et en avoir sauvé un qui vous a gagné des batailles et qui vous en gagnerait encore. » Le factum qu'il publia en faveur de Bouteville et de des Chapelles parut si éloquent et si hardi, que Richelieu lui reprocha que sa pièce semblait condamner la justice du roi : « Pardonnez-moi, répliqua du Chastelet, c'est pour justifier sa miséricorde, s'il en use en ce vers un des plus vaillants hommes de son royaume.»

Il prit la défense de François de Montmorency-Bouteville condamné pour ses duels à répétition.

Il était un des juges nommés au procès du maréchal de Marillac ; voulant fournir au maréchal un motif de le récuser, il écrivit contre lui une satire latine en prose rimée, mais son artifice fut découvert, et il fut lui-même privé de sa liberté pendant quelques jours[2]. Cette pièce curieuse se trouve dans le Journal du cardinal de Richelieu. Le premier ministre de Louis XIII aimait à s'entretenir avec du Chastelet dont il goûtait beaucoup l'esprit plein de feu ; mais comme il se défiait de la solidité de son jugement, il ne lui donna jamais d'emplois considérables. Un peu avant sa mort, il lui fit donner 40 000 écus ; aussi celui-ci, dans la plupart de ses ouvrages, fut-il un ardent propagandiste de Richelieu. On lui connaît de nombreux ouvrages en réponse à des libelles dirigés contre ce ministre par des partisans de la reine mère ou de Gaston de France.

Il inaugura le vingtième fauteuil de l'Académie française dont il fut le premier secrétaire (1634). Il est mort durant la campagne de Lorraine, troisième période de la guerre de Trente Ans, où il remplissait les fonctions d'intendant de justice.

Son frère est Daniel Hay du Chastelet, abbé et mathématicien. Son fils est Paul Hay du Chastelet, écrivain.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Entretiens des Champs Élysées (1631)[3];
  • Discours au Roi touchant les libelles faits conbtre le gouvernement de son état (1631) ;
  • Discours sur plusieurs Poincts importans, de l'Estat present des Affaires de France (s.l.n.d.)[4] ;
  • La première et la seconde savoisienne, où se voit comme les ducs de Savoie ont usurpé plusieurs Estats appartenans aux Rois de France : Comme les Rois de France en ont plusieurs pour cruels ennemis, voire tous ceux qui ont esté les plus proches dans leur Alliance : Comme l'Église en a receu de grandes offenses : les feintes propositions de Paix qui se faisoient à Paris, Lion, Suze, Pignerol, & ailleurs, pour tromper le Roy, faire perir des Armées, & assubjettir l'Italie, sans moyen de s'y pouvoir oposer ; & par conséquent la nécessité de cette dernière guerre. Plus, une Description-sommaire de tous les Princes de cette Maison, jusques à l'An 1630 (1630)[5] ;
  • L'innocence justifiée en l'administration des affaires adressée au Roy (1631)[6] ;
  • Observations sur la vie et la condamnation du maréchal de Marillac et sur le libelle intitulé : Relation de ce qui s'est passé au jugement de son procès en 1633 (1633) ;
  • Discours au Roy. Un plaidoyer en faveur de Richelieu.[7] ;
  • Discours d'état sur les écrits de ce temps, auquel est faite reponses à plusieurs libelles diffamatoires publiés à Bruxelles par les ennemis de la France (1635) ;
  • Recueil de diverses pièces pour servir à l'Histoire (1635, 1643, 1653)[8] ;
  • Avis aux absents de la Cour, pièce de cent cinquante vers, contre ceux qui avaient suivi la reine mère à Bruxelles ; on la trouve dans le recueil de Sercy ;
  • Satyre contre la vie de la Cour (faussement attribuée à Théophile) ;
  • Sature contre un magistrat ;
  • Prose impie contre les deux frères Marillac.

Maurice Vignes, professeur de sciences économiques à la Faculté de Dijon (lettre du 8 août 1903) suppose que les Observations sur la vie et la mort du maréchal d'Ornano, parues en 1643, doivent être attribuées à Paul Hay père, mort en 1636, parce que Paul Hay fils dit, dans la préface de son Du Guesclin (1666), que cet ouvrage est son coup d'essai. L'abbé Angot souligne que dans ce cas, il faut encore supposer que le Traité de l'éducation de Mgr le Dauphin paru en 1654, est aussi l'œuvre du père. M. Vignes ajoute que Paul Hay fils eut un frère, d'après une note inscrite par d'Hozier sur son exemplaire de l'Histoire de Du Guesclin, et par cette autre raison, que le privilège de cette histoire est au nom de Paul Hay, chevalier, tandis que le Traité de la politique civile est accordé à Monsieur P. H., marquis de C..

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Saulnier, Parlement de Bretagne, tome I., p. 485-495
  2. Peu après être sorti de prison, on le mena à la messe du roi, et comme ce prince non-seulement ne le regardait pas mais affectait de détourner la tête, du Chastelet, supposant qu'il était contrarié de voir un homme qu'il venait de maltraiter, s’approcha de Saint-Simon, et lui dit : « Je vous prie, monsieur, de dire au roi que je lui pardonne de bon cœur, et qu'il me fasse l'honneur de me regarder. » Le roi, auquel on rendit compte de cette naïveté, en rit beaucoup, et fit complimenta son auteur
  3. Ardent propagandiste de Richelieu, il dirige ce pamphlet contre les deux Marillac et se montre favorable à Henri de Schomberg et à Claude de Bullion. Henri IV aux Champs Élysées regrette de n'avoir pas vécu assez longtemps pour mettre Richelieu aux affaires.
  4. L'auteur examine sur un ton dithyrambique quelle a été la politique suivie depuis que Richelieu a été appelé au Ministère, et l'approuve entièrement.
  5. La première partie est d'Antoine Arnaud ; la seconde est attribuée, soit à Paul Hay du Chastelet, soit à Bernard de Rechignevoisin. Quel qu'il soit, l'auteur examine les manifestes du duc de Savoie, qui prétend avoir souvent exposé ses états pour le service de la France, et il étudie, dans ce but, en mettant des titres en marge pour que l'on puisse suivre son argumentation, l'histoire de la Savoie depuis les débuts. Il en arrive à conclure que ce pays a toujours été sauvé par la France et qu'il a empêché l'union de celle-ci avec l'Espagne.
  6. Auteur présumé. Texte en ligne
  7. Il s'agit sans doute d'un des pamphlets inspirés par Richelieu dans sa lutte contre Gaston par écrits interposés. On sait que chaque camp appointait des écrivains pour les soutenir par le biais des libelles. Richelieu employait essentiellement à cet usage Harlay de Sancy, Jean de Sancy et Hay du Chastelet. Ce dernier, que Richelieu appelait son lévrier, pourrait bien être l'auteur de ce texte flagorneur. Texte en ligne : [1]
  8. Toutes les pièces qui se trouvent dans ce volume ne sont pas de Hay du Chastelet, mais c'est lui qui les a recueillies et y a joint une préface qui est une apologie du Cardinal de Richelieu. Ce recueil est précédé d'une préface dans laquelle Hay du Chastelet expose son programme : offrir dans un même volume tout ce que l'autorité publique et le zèle des particuliers avaient déjà donné séparément pour la défense légitime de l'État et de ceux qui le servent. En réalité, cette préface contient autre chose : après avoir fait l'éloge du roi Louis XIII, l'auteur résume la biographie de Richelieu, dont il se montre un partisan zèlé. C'est dans le but de justifier celle-ci que le recueil a été composé. Il contient 63 pièces qui ne sont pas toutes dues à Hay ; elles sont à la fois pour et contre le gouvernement.

Sources partielles[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]