Paul Guillaume (marchand d'art)

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Paul Guillaume par Amedeo Modigliani

Paul Guillaume (Paris, 1891 - Paris, 1934) est un marchand et collectionneur d’art moderne. La majeure partie de sa collection est présentée à Paris, au Musée de l'Orangerie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il découvre et il est l'un des premiers à organiser des expositions d'art africain qu'il présente d'abord dans son garage à Montmartre puis dans sa galerie à Paris. Son ami Guillaume Apollinaire, rencontré en 1911, lui fait connaître le Tout-Paris artistique. Ainsi dans sa galerie parisienne, il présente et vend les œuvres des peintres Chaïm Soutine et surtout Amedeo Modigliani qui peint plusieurs portraits de lui. Pendant la guerre il expose la peinture «métaphysique» de Chirico sur la scène du Vieux Colombier, tout en exposant dans sa galerie rue de Miromesnil, Derain, Picasso, Matisse, Van Dongen. Il épouse en 1920 l'aventurière Juliette Lacaze (1898-1977)[1] qu'il surnomme Domenica. En 1922, il conseille et fournit en tableaux Albert Barnes, ce richissime Américain qui créé près de Philadelphie la fondation qui porte son nom .

Après sa mort prématurée la collection d’œuvres d’art de Paul Guillaume est modifiée par son épouse Domenica, remariée en 1938 avec l'architecte Jean Walter dont elle a été la maîtresse pendant la maladie de Paul Guillaume. La collection est achetée par l’État, sous réserve d’usufruit, avec la participation des Amis du Louvre. La succession de cette collection est à l'origine de l'« affaire Lacaze » : les dispositions testamentaites de Paul Guillaume ayant prévu que si Domenica n’avait pas d’enfant de lui, une fondation en serait héritière, elle simule alors une grossesse, obtient un certificat de grossesse et finalise son stratagème en adoptant un enfant, nommé Jean-Pierre Guillaume, grâce à Marcelle Riembault[2].

En 1959, Jean-Pierre Guillaume accuse le Dr Maurice Lacour, amant de Domenica, et son frère Jean Lacaze de complot visant à l'assassiner. Lacour est condamné à la prison. L'entregent et la fortune de Domenica lui évite l'inculpation mais la collection Walter-Guillaume (16 Cézanne, 23 Renoir, 5 Modigliani, 12 Picasso, 10 Matisse, 27 Derain et 22 Soutines, estimée à plus d'un milliard de dollars) est finalement cédée à l'État. Mais la collection n’intègre définitivement les murs de l’Orangerie des Tuileries qu’après la mort de Domenica en 1977, bien que son mari Jean Walter devenu milliardaire ait déposé une plainte réclamant des dommages et intérêt suite à la préemption de l’État[3]. Elle est présentée depuis 1984 au Musée de l'Orangerie, en compagnie des "Nymphéas" de Claude Monet.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Sculpture nègre et l'Art moderne, Paul Guillaume, éditions Toguna.
  • Florence Trystram , La Dame au grand chapeau, l’histoire vraie de Domenica Walter Guillaume, Paris, Flammarion, 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.liberation.fr/culture/2010/02/10/domenica-dans-ses-basses-oeuvres_609015
  2. L'affaire Lacaze
  3. (en) John Richardson, « Crimes of the art », sur Vanity Fair,‎ mars 2001

Lien externe[modifier | modifier le code]