Paul Girot de Langlade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article homophone, voir Paul Girod.
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Paul Girot de Langlade (général)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Girot de Langlade.

Paul Girot de Langlade est un ancien haut fonctionnaire français né le 11 août 1946 à Meilhaud (Puy-de-Dôme). Après avoir été suspendu le 14 août 2009 par le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux de sa fonction de coordinateur local pour la Réunion des États généraux de l'Outre-mer[1] le temps d'une enquête sur de supposés propos racistes, il est placé d'office en position de retraite et radié du corps préfectoral le 11 septembre 2009[2].

Origines[modifier | modifier le code]

La famille Girot devient « Girot de Langlade » à la suite d'une alliance avec une Demoiselle Favard de Langlade, par une modification d'état civil qui n'est confirmée que des années plus tard, sous le Second Empire, par décret Impérial de 1863[réf. nécessaire].

Formation[modifier | modifier le code]

Diplômé d'état-major[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Controverses et affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Vaucluse[modifier | modifier le code]

Paul Girot de Langlade fait l'objet d'une première controverse en octobre 2002, suite à des propos tenus sur les gens du voyage, alors qu'il est préfet de Vaucluse[3]. Ces propos, tenus devant une caméra et diffusés à la télévision, lui valent d'être publiquement désavoué par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy[4] et d'être mis en examen pour « diffamation publique envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation ou une race », suite à une plainte du MRAP et de SOS Racisme. La juge rend un non-lieu à cause d'un défaut de procédure[5].

Indre-et-Loire[modifier | modifier le code]

Le 23 novembre 2006, alors qu'il est préfet d'Indre-et-Loire, La Nouvelle République du Centre-Ouest publie dans son édition papier et en ligne une interview lui prêtant certains propos quant aux gens du voyages : « il y en a trop sur le département. On a été trop laxiste pendant trop longtemps… Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance ». Parallèlement, le journal fait un article sur le sujet dans son blog, pour que les internautes laissent des commentaires.

Le MRAP porte plainte, et le 13 septembre 2007, Paul Girot de Langlade est condamné en première instance par la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris[6] à 2 000 euros d'amende pour « provocation à la discrimination à raison de l'origine ». Suite à cette condamnation, il est mis « hors cadre » (c'est-à-dire préfet sans affectation à un territoire)[7] et remplacé par Patrick Subrémon[8].

Parallèlement, Olivier Saint-Cricq, directeur de la Nouvelle République, est poursuivi pour des commentaires déposés par des internautes sur le blog du journal quant à cette affaire, la citation à comparaître le présentant comme « complice » des délits dont le préfet est suspecté[9]. En tant que responsable légal du blog, il est condamné à une amende de 1 000 euros avec sursis et à un euro symbolique de dommages-intérêts au MRAP[10].

Interjetant appel, Paul Girot de Langlade reçoit le soutien d'un très grand nombre de personnes dont l'ensemble des élus de droite et socialistes d'Indre-et-Loire et d'une grande majorité des élus des départements dont il a eu la charge[11]. Une pétition avec près de 2 000 signatures est remise fin 2007 au Président de la République par Yves Dauge (PS) et Philippe Briand (UMP), parlementaires d'Indre-et-Loire[12]

Il est finalement relaxé de toutes les charges pesant à son encontre par un arrêt de la 11e chambre de la Cour d'appel de Paris le 25 juin 2008[13]. L'arrêt de la Cour d'appel a été confirmé par la Cour de Cassation en novembre 2009[14].

Orly[modifier | modifier le code]

Selon un site réunionnais, le 31 juillet 2009, à l'aéroport d'Orly, il aurait déclaré à une employée de sûreté de la société Securitas : « on se croirait en Afrique (...) il n'y a que des Noirs ici » [15]. Le 4 août il fait l'objet d'une plainte de la part d'une agent de sûreté d'Orly. Les 11 et 12 août 2009 deux autres employés de la même société déposent plainte pour le même motif[16].Une enquête pour «injures publiques à caractère racial» est ouverte par parquet de Créteil le 11 août 2009[17]. Il est immédiatement suspendu le 14 août 2009 par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux de ses fonctions de « coordinateur local des états généraux de l'outre-mer pour l'île de la Réunion »[17]. Le préfet Paul Girot de Langlade avait terminé avec succés sa mission de responsable de l'organisation des États généraux et il avait passé le relais à Françoise Vergès, l'experte transversale, et avant de prendre l'avion pour rentrer à Paris.

Il affirme le 15 août 2009 sur France Inter : « Les comportements et les propos qu'on me fait tenir dans les médias depuis deux jours ne sont pas les miens et ne reflètent ni la réalité ni ma personnalité. Je n'ai toujours pas eu connaissance d'une plainte et je ne vois pas ce qu'on peut me reprocher » «Je m'étonne que des propos qui n'ont jamais été tenus soient véhiculés sans vérification approfondie» «L'hôtesse d'Air France qui m'accompagnait pour le transit à Orly entre deux avions, était indignée elle-même par le comportement de l'agent de sécurité et m'a présenté des excuses au nom de sa compagnie» «Je leur ai dit dépêchez-vous, de façon agressive, certes, mais c'est tout ce que je leur ai dit» «Il s'agit sans doute, pour moi, d'une manipulation en lien avec les deux procès qui ont été engagés à mon encontre par le Mrap, pour lesquels je vous rappelle il a été débouté à deux reprises».

L'hôtesse d'Air France confirme effectivement la version de Paul Girot de Langlade[16].

Le 27 août, Paul Girot de Langlade, dans un entretien au Parisien, estime que Brice Hortefeux a pu saisir l'occasion de cette affaire pour se donner, après son passage controversé au Ministère de l'Immigration, le bénéfice d'une posture non-raciste[18]Dans ce même entretien, Paul Girot de Langlade a estimé que le Ministre faisait peu de cas du principe de la présomption d'innocence. Tel a d'ailleurs été le cas car le Ministre n'a pas attendu une quelconque décision judiciaire pour engager d'autorité une procédure disciplinaire à l'encontre du Préfet qui a conduit à sa radiation, le 11 septembre 2009, du corps préfectoral et à sa mise à la retraite d'office

En réaction à ces sanctions prises dans ces conditions peu respectueuses du droit de la défense par le ministère de l'intérieur et en l'absence d'une confirmation des faits allégués dans les plaintes, un Comité de soutien est créé pour défendre Paul Girot de Langlade et le respect de la présomption d'innocence[19].

En juillet 2010, il est condamné pour injures raciales à 1 500 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Créteil[20]. Le procès vient en appel devant la Cour de Paris en mai 2011[21].Sa "culpabilité" est confirmée mais l'amende est sensiblement réduite et de surcroît assortie d'un sursis.

Le 16 février 2011, le président du Mrap, Mouloud Aounit, a été condamné pour avoir porté atteinte à la présomption d'innocence de l'ancien préfet Paul Girot de Langlade[22]. Au total, cette affaire ,dont la clarté n'est guère la marque ,aura surtout servi pour certains à se donner bonne conscience à peu de frais...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. «Un préfet suspendu après une plainte pour propos racistes», Le Parisien le 14 août 2009
  2. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021030828&dateTexte=&categorieLien=id
  3. Paul Girot de Langlade, article paru dans L'Humanité le 24 octobre 2002, disponible sur le site du journal, consulté le 9 juillet 2008
  4. Journal de 20 h de France 2 du 23 octobre 2002 disponible sur le site de l'INA, consulté le 28 juillet 2008
  5. Brève parue dans L'Humanité le 3 novembre 2004, disponible sur le site du journal, consulté le 28 juillet 2008
  6. L'affaire a été jugée à Paris et non à Tours, car le MRAP poursuivait par sa plainte le blog : Droit et Justice en ligne - Septembre 2007, article publié le 4 octobre 2007, sur le site zataz.com, consulté le 21 juillet 2008. Le MRAP voulait que l'affaire soit jugée par la XVIIe chambre correctionnelle car elle a l'habitude de statuer sur ce genre d'affaires (voir l'article de WebCitoyen.com citée en note).
  7. Le préfet Paul Girot de Langlade mis hors cadre, communiqué du MRAP du 26 septembre 2007, paru sur le site bellaciao.fr, consulté le 9 juillet 2008
  8. Chasse aux sorcières et Préfet rose : une affaire exemplaire et… lamentable !, article paru sur le blog de Valeurs actuelles le 3 octobre 2007, site consulté le 16 juillet 2008
  9. Le MRAP poursuit le blog de la Nouvelle République en justice, article paru le 3 avril sur le site WebCitoyen.com, site consulté le 28 juillet 2008.
  10. Les blogueurs français et la loi, article publié le 18 septembre 2007 sur infos-du-net.com, site consulté le 9 juillet 2008
  11. Dans la grande famille des maires : bonnes manières et petites manies, La Nouvelle République du Centre-Ouest - INDRE ET LOIRE - 28-11-2007)
  12. Le conseil municipal pour une convention avec Présence verte, La Nouvelle République du Centre-Ouest, Indre-et-Loire, 7 novembre 2007
  13. Gens du voyage : l'ancien préfet d'Indre-et-Loire relaxé article de La Nouvelle République, édition Indre-et-Loire du 26 juin 2008, disponible sur un blog consulté le 9 juillet 2008
  14. Crim. 10 novembre 2009, pourvoi n° 08-88484
  15. « Plainte contre le préfet Paul Girot de Langlade pour propos racistes», Pierrot Dupuy sur zinfos974.com le 6 août 2009
  16. a et b [1]
  17. a et b http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/08/17/le-derapage-d-un-prefet-entache-les-etats-generaux-de-l-outre-mer_1229189_0.html
  18. [2]
  19. [3]
  20. http://lci.tf1.fr/france/justice/2010-07/injures-racistes-1500-euros-d-amende-pour-un-ex-prefet-5906426.html
  21. http://lci.tf1.fr/france/justice/l-ex-prefet-girot-de-langlade-rejuge-pour-injures-racistes-6499795.html
  22. http://www.france24.com/fr/20110216-lancien-prefet-girot-langlade-fait-condamner-le-president-mrap