Paul Féval

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Paul Féval

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Caricature par Étienne Carjat (lithographie).

Nom de naissance Paul Henry Corentin Féval
Activités Commis de banque
Naissance 29 septembre 1816
Rennes
Décès 7 mars 1887 (à 70 ans)
Paris 7e
Langue d'écriture Français
Genres Roman feuilleton

Œuvres principales

Paul Henry Corentin Féval est un écrivain français, né le 29 septembre 1816 à Rennes[1] et mort le 7 mars 1887 à Paris 7e.

Son œuvre, composée de plus de 200 volumes dont de nombreux romans populaires édités en feuilleton, eut un succès considérable de son vivant, égalant celle d’Honoré de Balzac et d’Alexandre Dumas.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les jeunes années[modifier | modifier le code]

Paul Henry Corentin Féval naît le 29 septembre 1816 à trois heures et demie du soir dans l'Hôtel de Blossac, rue du Four-du-Chapitre à Rennes[1]. Son père, royaliste et chrétien, originaire de Troyes appartient à la petite magistrature, il est conseiller à la Cour royale de la ville[2]. Sa mère, Jeanne-Joséphine-Renée Le Baron, est Bretonne de la région de Redon, et petite-fille du jurisconsulte Henri François Potier de La Germondaye. La famille est nombreuse (cinq enfants) et les revenus sont insuffisants[3]. En 1826, à l'âge de 10 ans, Paul entre comme interne au collège royal de Rennes (aujourd'hui, lycée Émile-Zola). Son père meurt l'année suivante[4].

En troisième, au plus fort des troubles révolutionnaires de 1830, il affiche au collège des opinions monarchistes, déclenche des bagarres. Le proviseur le prie d'aller se calmer à la campagne[5]. Il passe quelques mois chez son oncle, le comte Auguste de Foucher de Careil, au château de la Forêt-Neuve, en Glénac[6]. Le séjour va le marquer profondément. Des conspirateurs s'assemblent la nuit au château, on fond des balles. Paul laisse son imagination s'enfiévrer, il ne rêve que batailles et massacres. Il entend des légendes macabres à la veillée[7], parcourt les landes, erre entre les marais, s'enfonce dans les brouillards, recueille des récits de la bouche d'anciens chouans de 1793[8]… Il revient à Rennes en janvier 1831, et entre en classe de seconde. Il obtient son diplôme de bachelier en 1833[9].

Il oriente ses études vers le droit. Il passe sa licence à l’université de Rennes et devient avocat en 1836[10]. Mais il abandonne rapidement cette profession, après une plaidoirie malheureuse[11]. Au mois d'août 1837, il s'installe à Paris[12] comme commis chez un oncle banquier, mais le monde de la banque et du commerce ne lui convient pas. Son oncle le chasse parce qu'il ne travaille pas. Il songe à la littérature, tout en exerçant des petits métiers qui assurent mal sa subsistance. Ses premiers écrits sont refusés par les éditeurs.

Les débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Des recommandations l’introduisent dans les milieux catholiques et royalistes, le Club des phoques est le premier texte publié en 1841 dans la Revue de Paris. Son talent est remarqué par des éditeurs de journaux tels La Législature et le Courrier français. Anténor Joly, directeur de L’Époque, lui passe commande d'un texte de même inspiration et de facture similaire aux Mystères de Paris d'Eugène Sue, transposés en des Mystères de Londres. Mais le résultat n'est pas publiable en l'état et Paul Féval doit procéder à une réécriture intégrale. La publication commence en 1843 sous le pseudonyme de sir Francis Trolopp. Le succès populaire est immédiat : il y a vingt rééditions, la renommée de l’auteur est faite.

La carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Paul Féval, carte postale F. Château

La carrière littéraire est engagée, suivent d’autres romans-feuilletons : Le Capitaine Spartacus, Les Chevaliers du Firmament, Le Loup Blanc. Féval qui est un conservateur ressent durement la Révolution française de 1848 : par ses écrits, n'a-t-il pas contribué à réveiller la conscience politique du peuple, et lancé un mouvement qu’il réprouve. Il décide donc de réorienter sa production dans une direction plus neutre, et poursuit ses publications. 1857 est l’année où sort Le Bossu ou le Petit Parisien, roman auquel on l'associe encore de nos jours.

En 1854, il épouse la fille de son médecin, Marie Pénoyée. Le couple aura huit enfants. Paul Féval fils évoquera la rencontre et le mariage de ses parents :

« Un jour, alors qu'il se sentait accablé, il se rendit au cabinet médical d'un homéopathe, le docteur Pénoyée. Ce dernier le prit un peu à sa charge et s'évertua à le guérir de sa dépression nerveuse. Le médecin avait une fille de vingt ans, Marie Pénoyée. Si le premier garantissait les soins du corps, la seconde permit les soins du cœur. En 1854, Marie offrit sa main au futur père de ses huit enfants. L'un d'eux naquit en 1860 et porta le prénom et le nom de son écrivain de père. »

En 1863, il rencontre son homologue britannique Charles Dickens, avec lequel il noue des liens d'amitié. En 1870, au moment de la défaite et de la Commune de Paris, il quitte Paris pour revenir à Rennes, quelque temps. En 1876, il renoue ostensiblement avec la foi catholique, après un deuxième échec à l'Académie française et des problèmes financiers dus à une popularité émoussée.

Féval s'est essayé à la plupart des types de roman : le roman de cape et d'épée avec Le Bossu, Le Cavalier Fortune, Le Capitaine fantôme, le mystère urbain avec Les Mystères de Londres, Les Habits noirs, les récits bretons La Belle étoile, La Première Aventure de Corentin Quimper, le fantastique avec La Vampire, Le Chevalier Ténèbre. Il s'est aussi essayé au théâtre et même à l'histoire politique et judiciaire.

Se revendiquant breton, il utilisa abondamment les thèmes de la chouannerie et des luttes politiques précédant l'annexion de la Bretagne. En 1879 parut chez l'éditeur Victor Palmé, le recueil de nouvelles Chouans et Bleus soigneusement revues et corrigées depuis leurs parutions en feuilletons dans des périodiques : Le Petit Gars, Le Docteur Bousseau, Le Capitaine Spartacus et La Mort de César.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Au début des années 1880, il est sujet à des crises d’hémiplégie et il est recueilli par les frères de Saint-Jean-de-Dieu, à Paris. Quasi oublié dans ses dernières années, il va les consacrer à remanier son œuvre dans un sens plus conforme à la morale catholique. Il meurt le 7 mars 1887 au 19 rue Oudinot, Paris 7e. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Grand Prix Paul-Féval[modifier | modifier le code]

En 1984, la Société des gens de lettres, en hommage au romancier, qui a présidé l'institution en 1867, a créé le Grand Prix Paul-Féval de littérature populaire à l'initiative de Suzanne Lacaille, arrière-petite-fille de l'auteur.

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ressources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

L’œuvre de Paul Féval étant maintenant dans le domaine public, certains romans peuvent être téléchargés légalement et gratuitement aux adresses suivantes (liste non-exhaustive) :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Archives municipales de Rennes, Registre des naissances (1816), cote 2E24, p. 177-178. Acte de naissance en présence de Jean Nicolas Féval, Brice Marie Varin, et René Arnaud.
  2. J. Baudry, La Jeunesse de Paul Féval à Rennes (1816-1837), Rennes, Plihon, 1938, p. 18.
  3. Eugène de Mirecourt, Paul Féval, Emmanuel Gonzalès, coll. « Les contemporains », Paris, Havard, 1855, p. 13.
  4. J. Baudry, op. cit., p. 22.
  5. Eugène de Mirecourt, op. cit., p. 6 et 7.
  6. J. Baudry, op. cit., p. 24. Auguste de Foucher de Careil est l'époux de Caroline, la fille aînée de Robert Surcouf. Il achète le domaine en 1825, et fait reconstruire le château l'année suivante. « Étymologie et histoire de Glénac », sur infobretagne.com.
  7. Eugène de Mirecourt, op. cit., p. 8-10.
  8. J. Baudry, op. cit., p. 24 et 25.
  9. J. Baudry, op. cit., p. 25.
  10. J. Baudry, op. cit., p. 30.
  11. Eugène de Mirecourt, op. cit., p. 14-16. « Les biographes de Féval ont raconté à ce sujet toutes sortes de fantaisies et lui-même a romancé la chose. » J. Baudry, op. cit., p. 31.
  12. J. Baudry, op. cit., p. 31.