Paul Dardé

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Paul Dardé

Naissance 4 juillet 1888
Olmet
Décès 29 décembre 1963 (à 75 ans)
Lodève
Nationalité Français
Activités Sculpteur

Paul Dardé, né le 4 juillet 1888 à Olmet (Hérault) et mort à Lodève (Hérault) le 29 décembre 1963, est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Scolarisé à Lodève, Paul Dardé quitte l'école des Frères de cette ville, en 1902, au moment du Certificat d'études pour seconder son père, fermier au domaine de Belbézet, là où il est né, à Olmet, village proche de Lodève. Tout en assumant son travail d'ouvrier agricole, il lit beaucoup, dessine et commence à sculpter des blocs rocheux. Maître Martin, notaire à Lodève, remarque son travail et invite Max Théron, peintre et graveur, professeur de dessin au collège, à le rencontrer. Ce dernier lui enseigne les premières notions de dessin et de gravure et écrit des articles pour essayer de le faire connaître. De 1908 à 1913, il fait son service militaire à Montpellier où il obtient l'autorisation de suivre quelques cours à l'école des beaux-arts de cette ville. En 1912, il est admis dans l'atelier de Jean-Antoine Injalbert à l'École des beaux-arts de Paris qu'il abandonne assez rapidement. Il obtient une bourse d'étude en Italie. La même année, il entre dans l'atelier d'Auguste Rodin qu'il quitte cependant très rapidement.

Il préfère être seul et retourner à Lodève, où il monte un premier atelier, plutôt que d'accepter la proposition de succéder à Rodin dans son hôtel particulier. En 1914, il est engagé comme brancardier. Fortement atteint moralement, il est hospitalisé et restera toujours marqué par les horreurs de la guerre. En 1918, il épouse Alice Caubel de Lodève. Il expose au Grand Palais à Paris Éternelle douleur et le Grand faune (Grand Prix National des Arts 1920), sculptures qui lui assurent sa notoriété et lui valent des commandes comme celle d'un Laocoon par la Ville de Paris.

Il installe un nouvel atelier à Soubès, où il réalise en 1919 la commande du monument aux morts. Il poursuit cette activité avec sept autres monuments commémoratifs jusqu'en 1926 : Lodève, Clermont-l'Hérault, Lunel, Limoux, etc., tout en répondant à de nombreuses commandes.

Il peut alors installer son grand atelier près de Lodève en 1924 et il produit l'Homme préhistorique des Eyzies, et en 1927 la Cheminée monumentale. Il travaille autant sur des sculptures que sur des dessins, des gravures et sur la calligraphie. En 1928 il dessine les illustrations de Macbeth et 1930, celle de La Chanson de Roland. En 1931 il sculpte le Monument à Quinton ainsi que Thaïs, taillée dans un bloc de marbre racheté après la mort de Rodin. Mais il est obligé de subir la vente aux enchères de tous ses biens et passe alors une très mauvaise période, dont il se relève cependant en travaillant dans un autre atelier de Lodève, où il exécute le Christ aux outrages.

En 1936, dégoûté malgré tout de ses contemporains, il se réfugie à Saint-Maurice-Navacelles sur le Larzac où il commence la construction de son propre atelier, dont il est l'architecte. Il y réalise notamment le Monument à Emma Calvé, commandé par la ville de Millau, et de nombreuses autres œuvres sculptées : Grands conquérants, Grands musiciens, Personnages mythologiques (faunes, vénus), ainsi que des illustrations : Hamlet, Croisade des Albigeois, et surtout des dessins à la plume ou légèrement colorés.

En 1956, gravement malade, il est obligé de retourner à Lodève dans une petite maison de famille où il continue à travailler quelques ébauches et dessine de nombreuses figures. Il ne veut plus rien vendre, ne serait-ce que le moindre dessin, et doit vivre chichement d'une petite pension allouée par la ville.

En 1963, Paul Dardé meurt à Lodève.

En 1968, une équipe de jeunes étudiants nettoie son atelier, à Saint-Maurice-Navacelles, atelier laissé à l'abandon depuis sa mort. À la demande de sa veuve et encouragés par Joseph Michel, prix de Rome de gravure sur médaille, ils récupèrent les dessins et sculptures laissés en l'état depuis son décès et les lui remettent.

Ses œuvres sont conservées dans des musées à Tokyo, au musée d'Orsay à Paris, le musée national de Préhistoire des Eyzies, dans les collections du Mobilier National, où ornent des lieux publics comme le parc de Vizille.

L'association « Mémoire de pierres » s'efforce d'entretenir la mémoire de Paul Dardé et de favoriser la sauvegarde de son œuvre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« Je sculpterai non pas pour ce monde puant et civilisé, mais pour les solitudes… Où ? Vous le savez : je travaillerai, à l'avenir, pour le Larzac[3]. »

« Grâce à une résistance cérébrale… j'ai tenu tête à des manœuvres criminelles, j'estime pour moi que j'ai un grand devoir à accomplir - celui de venger les faibles qui n'ont pas pu se défendre et, malheureusement ont dû succomber dans des cas semblables. » Lettres ouvertes de Paul Darde, 1932, biographie de Christian Puech, page 144.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Puech, Paul Dardé, sculpteur, dessinateur de l'âme humaine, Montpellier,‎ 1992, 23.5 x 31 cm, 256 p. (ISBN 2-9504899-1-5, OCLC 29580883) première biographie, monographie, 1er tome du catalogue raisonné sur l'artiste. Biographie comprenant 500 reproductions et nombreux documents inédits.
  • Bernard Derrieu, Paul Dardé, sculpteur : 1888-1963 : Entretiens, éd. De La Jonque, 1985.
  • Jacqueline et Henri Vallat, Paul Dardé, sculpture, dessins et peintures, éd. Les presses du Languedoc/J. Guilhem, 1993.
  • Brigitte et Gilles Delluc, « À propos de la statue dite de Cro Magnon aux Eyzies », Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 117, p. 233-236, 2 pl.
  • Article de Christian Puech dans l'hebdomadaire L'Agglorieuse n°579 du mercredi 19 février 2014, page 8 : Paul Dardé, le sculpteur maudit, 50ème anniversaire de la mort de l'artiste

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. autres titres de l'œuvre : Tête aux serpents ; Tête de Prostituée ; Remords.
  2. Notice.
  3. 1931, lettre à Jean Girou

Liens externes[modifier | modifier le code]