Paul Auster

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Paul Auster

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Paul Auster, septembre 2008

Autres noms Paul Benjamin
Activités Romancier
Naissance 3 février 1947 (67 ans)
Newark, New Jersey, Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue d'écriture Anglais américain
Distinctions Prix Médicis étranger
Prix Prince des Asturies

Paul Auster est un écrivain américain né le 3 février 1947 à Newark, New Jersey, aux États-Unis. Une partie de son œuvre évoque la ville de New York, notamment le quartier de Brooklyn où il vit. D'abord traducteur de poètes français, il écrit des poésies avant de se tourner vers le roman et à partir des années 1990 de réaliser aussi quelques films.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Paul Auster, juifs, nés aux États-Unis sont originaires d'Europe centrale. Très tôt au contact des livres par l'intermédiaire de la bibliothèque d'un oncle traducteur, Paul Auster commence à écrire à l'âge de 12 ans, peu avant de pratiquer le baseball, thème présent dans nombre de ses romans. De 1965 à 1967, il est étudiant à l'université Columbia (littératures française, italienne et anglaise). Il commence à traduire des auteurs français (Jacques Dupin et André du Bouchet) et découvre Paris. Il y retourne en 1967 après avoir échappé à la guerre du Viêt Nam, veut faire du cinéma, rate le concours d'entrée de l'IDHEC. Il écrit des scénarios pour des films muets qui ne se concrétiseront pas, mais qui serviront plus tard dans Le Livre des illusions.

Commence alors une dizaine d'années de difficultés. Paul Auster écrit des articles pour des revues, débute les premières versions du Voyage d'Anna Blume et de Moon Palace, travaille sur un pétrolier, revient en France pour un séjour de trois ans (1971-1974) où il vit de ses traductions (Mallarmé, Sartre, Simenon), et écrit des poèmes et des pièces de théâtre en un acte.

En 1979, alors qu'il vient de divorcer et a tenté en vain de faire publier, sous le pseudonyme de « Paul Benjamin », un roman policier (intitulé : Fausse Balle), la mort de son père lui apporte un petit héritage qui le remet à flot et qui lui inspire L'Invention de la solitude. L'Art de la faim est publié en 1982, en 1985 c'est un recueil en prose, Espaces blancs, suivi bientôt de Effigies et Murales en 1987, Fragments du froid et Dans la tourmente en 1988 et Disparitions en 1993.

Paul Auster commence enfin à être reconnu comme un écrivain majeur. De 1986 (sortie de Cité de verre) à 1994 (Mr. Vertigo), il publie des romans majeurs comme Moon Palace et Léviathan. Il revient alors au cinéma, en adaptant avec le réalisateur Wayne Wang sa nouvelle Le Noël d'Auggie Wren. Smoke et Brooklyn Boogie sortent en salle en 1995. Paul Auster réalisera lui-même Lulu on the Bridge (1997) qui sera mal accueilli par la critique.

Marié, puis séparé de l'écrivaine Lydia Davis, il s'est remarié en 1981 avec une autre romancière, Siri Hustvedt. Il a deux enfants également artistes, le photographe Daniel Auster et la chanteuse Sophie Auster.

Exégèse[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Paul Auster se situe dans le mouvement du post-modernisme.

Il est par excellence l'écrivain du hasard et de la contingence. Il traque au quotidien les bifurcations issues d'événements apparemment anodins. C'est ce que racontent La Musique du hasard, et surtout Léviathan dans une exceptionnelle scène centrale. Son style en apparence très dépouillé, travaillé au fil de ses œuvres poétiques, cache une architecture narrative complexe, faite de digressions exagérées, mais toujours pertinentes, d'histoires dans l'histoire et de trompe-l'œil (Le Noël d'Auggie Wren). Il décrit aussi la perte, la dépossession, le rapport à l'argent, l'errance (dans Moon Palace, le personnage principal se nomme symboliquement Marco Stanley Fogg[1]) Il s'interroge aussi sur l'identité, notamment dans la Trilogie new-yorkaise où l'un des personnages (qui n'est pas le narrateur) porte son nom, dans Léviathan, dont le narrateur a ses initiales (Peter Aaron) et rencontre une femme nommée Iris (anagramme du prénom de sa propre épouse Siri), ou dans La Nuit de l'oracle et Dans le scriptorium, dans lequel un personnage porte le nom de Trause (anagramme d'Auster).

Œuvres[modifier | modifier le code]

(l'année correspond à l'édition en français)

Fictions
Essais, mémoires, autobiographies
Scénarios, théâtre
Poésie
  • Espaces blancs, éditions Unes (1985)
  • Murales, ill. Maurice Rey, éditions Unes (1987)
  • Effigies, ill. Maurice Rey, éditions Unes (1987)
  • Fragments du froid, éditions Unes (1988)
  • Dans la tourmente, éditions Unes (1988)
  • Disparitions, ill. Maurice Rey, coédition Editions Unes / Actes Sud (1993)
Autres

Filmographie[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Dans Léviathan, Paul Auster s'est très largement inspiré de la vie et des habitudes de Sophie Calle pour créer le personnage de Maria, une artiste. Par la suite Sophie Calle s'est inspirée du personnage de Maria. Dans la série de photographies Double jeu, elle se met en scène à « la manière de Maria ».
  • L'écrivain a également écrit Instructions personnelles pour Sophie Calle afin d'améliorer la vie à New York (parce qu'elle me l'a demandé...), une série de conseils à suivre afin que la fiction rejoigne la réalité.
  • Le pianiste français Stéphan Oliva a construit son album Coïncidences à partir de l'œuvre de Paul Auster, en créant une véritable « musique de livre ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marco pour Marco Polo ; Stanley pour Henry Morton Stanley ; Fogg pour Phileas Fogg, héros du roman Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne : une référence au voyage.
  2. Paul Auster décoré par la France à New York sur le site de France 3.
  3. Paul Auster décoré par Bertrand Delanoë sur le site de L'Express du 11 juin 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Chareyre-Méjan et Guillaume Pigeard de Gurbert, « Ce que Paul Auster n’a jamais dit. Une logique du quelconque », dans L’Œuvre de Paul Auster. Approches et lectures plurielles (Actes du colloque « Paul Auster » à Aix-en-Provence), Actes Sud, Arles, 1995, p. 176-184.
  • Gérard de Cortanze, Le New York de Paul Auster, Les Éditions du Chêne-Hachette Livre, 1996, (ISBN 978-2-7024-8874-4).
  • Paul Auster, Gérard de Cortanze, La solitude du labyrinthe, Actes Sud, 1999, (ISBN 978-2-7427-1032-4).
  • François Gavillon, Paul Auster, gravité et légèreté de l'écriture, Presses Universitaires de Rennes, 2000.
  • (de) Steffen Sielaff, Die postmoderne Odyssee. Raum und Subjekt in den Romanen von Paul Auster. Univ. Diss., Berlin 2004.
  • (en) Carsten Springer, Crises. The works of Paul Auster. Lang, Frankfurt am Main u.a. 2001, (ISBN 978-3-631-37487-0).
  • (es) Eduardo Urbina, La ficción que no cesa: Paul Auster y Cervantes. Vigo: Editorial Academia del Hispanismo, 2007.
  • (en) Auteurs variés, Special edition on Paul Auster. Critique. 1998 Spring; 39(3).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]