Paul Azan

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Le General Paul Azan en 1936

Paul Jean-Louis Azan, né à Besançon le 22 janvier 1874, fils de Joseph Gilles Ulysse Azan, capitaine adjudant major, originaire de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et de Marie-Louise Card, originaire de Lons-le-Saunier (Jura). Marié à Paris (XVIe) le 16 avril 1912 avec Henriette Bouley, puis le 10 septembre 1920 à Paris (XVIe) avec Françoise Preveraud de La Boutresse. Décédé à Lons-le-Saunier le 14 août1951)[1]. Général et historien français. Il dirigea de 1928 à 1933 le Service historique de l'armée. Il a reçu le Grand prix de l’empire français pour l’ensemble de son œuvre.

Issu d’une vieille famille franc-comtoise, petit-fils d’un officier ayant servi à la Légion en Espagne, il s’intéresse aux belles lettres et se lie avec Jean de Tinan.

Le militaire et l'historien[modifier | modifier le code]

Azan Paul-Jean-Louis. Général de corps d'armée. Cote SHD : 13 Yd 859.

Arme : Infanterie.

Grades :

  • 07/12/28 général de brigade.
  • 20/03/33 général de division.
  • 01/05/40 rang et appellation de général de corps d'armée (en 2e section). Commandant de corps d'armée

Il entre à Saint-Cyr. Sous-lieutenant au 2e régiment de zouaves, à sa sortie de l’école, il est affecté dans un petit poste de la frontière marocaine. Il emporte ses auteurs grecs et latins afin de pouvoir passer successivement sa licence et son doctorat ès lettres avec une thèse très remarquée : « Hannibal dans les Alpes ». C’est là sa première œuvre d’historien et non, à coup sûr, la moins curieuse ni la moins documentée. Il n’en faut pas davantage pour attirer l’attention sur le jeune officier, qui est muté en 1902, à la section historique de l’armée.

Il mène en parallèle deux carrières : les armes et la publication et signe alors divers articles de tactique. Il met à profit sa récente expérience nord-africaine pour préconiser dans « Recherche d’une solution de la question algérienne », l’abandon de la funeste doctrine de l’assimilation, et des méthodes nouvelles plus appropriées au pays et à la race.

Lieutenant, il écrit « Sidi Brahim » en 1905. C’est l’histoire de l’épopée des chasseurs d’Orléans, au mois de sept. 1845. Ce petit marabout perdu dans le bled oranais entré dans la légende beaucoup plus que dans la véritable histoire. Le lieutenant Azan remonte hardiment aux sources, vérifie les moindres faits comme les moindres dates, dégage les responsabilités, exalte la bravoure des chefs, dont certains ont trouvé dans une mort glorieuse l’absolution de leurs erreurs. Il fait aussi la part de l’héroïsme des modestes soldats. L’ouvrage est couronné par l’Académie française.

Promu capitaine à la suite d’une mission d’études en Espagne, il est affecté sur les confins algéro-marocains, séjourne à Aïn Sefra auprès de Lyautey et, à son retour, dans un rapport présenté au ministre, suggère de créer une marche frontière, face au Maroc. Ce rapport est imprimé sous ce titre : « la Frontière algéro-marocaine au début de 1907 ». La même année, il retrace l’histoire de la vielle unité dans laquelle son grand-père a servi : « La Légion étrangère en Espagne (1835-1839) ».

Il prend part à la campagne contre les Beni Snassen et, en 1908, il est détaché au corps expéditionnaire du général d’Amade. Revenu en métropole, en garnison à Autun, il met à jour ses notes et impressions dont la réunion forme les « Souvenirs de Casablanca ». En août 1914, il rejoint la métropole.

Après un court passage dans un état-major d’armée, il prend le commandement d’une compagnie d’un régiment d’infanterie du 20e corps. Il est blessé, une première fois, sur l’Yser. Nommé chef de bataillon, il est de nouveau blessé lors de l’offensive en Artois de mai 1915. Il doit quitter le champ de bataille. Dans sa chambre d’hôpital, il rédige les règles du combat telles qu’il les conçoit après les rudes expériences de Belgique et de Neuville-Saint-Vaast. Non publié cet essai n’a pas été mis dans le commerce. Le texte multi copié est très largement répandu et servira de base au règlement officiel de 1920.

Remis de ses blessures, il est d’abord instructeur à la VIe armée sous les ordres de Fayolle, puis de Mangin. Il est ensuite désigné, avec le grade de lieutenant-colonel, comme chef d’une mission d’information que le gouvernement envoie aux États-Unis au printemps de 1917. Cette mission est chargée de former des officiers de réserve américains, à l’université d’Harvard. Il écrit successivement deux volumes : « The War of positions » et « The Warfare of to day », fait des conférences à Boston, au Lowell Institute, voyage dans tout le sud du pays et reçoit le titre de docteur ès lettres honoris causa de la grande université américaine, avec dans la citation qui résume ses mérites, cet éloge si expressif, en quatre mots : « Every inch a soldier », soldat de la tête aux pieds).

Au lendemain de l’armistice de 1918, chef d’état-major du général Franchet d’Esperey, ses fonctions l’amènent à Constantinople, en Asie Mineure, en Thrace méridionale, puis, il accompagne le général Nivelle aux États-Unis.

Devant faire un temps de commandement, il est affecté au 6e régiment de tirailleurs algérien à Tlemcen. Dans cette ville de culture musulmane, il se lie avec de multiples arabisants et avec des indigènes lettrés. Utilisant d’anciennes notes, il en profite pour achever « l’expédition de Fez », qui paraît avec une introduction du maréchal Lyautey et une préface du général Moinier. Il publie également une biographie d’Abd el-Kader.

Avec son régiment, il est engagé dans la guerre du Rif contre Abd el-Krim. Revenu en France, il y suit les cours du Centre des hautes études militaires à « l’École des maréchaux » puis revient en Afrique comme commandant par intérim de la 1re brigade d’infanterie, à Tunis. Chef du service historique de l’armée en juin 1928, il y reçoit ses étoiles et reste cinq ans à la tête de ce service.

L'académicien[modifier | modifier le code]

Il est accueilli par le maréchal Lyautey à l’académie des sciences coloniales en 1930. Avant l’ouverture de l’exposition coloniale de 1931, il fait sortir, à la demande de Lyautey, les 21 volumes des « Armées françaises d’outre-mer ». Promu divisionnaire il met la dernière main à « Conquête et pacification de l’Algérie » Œuvre majeur qui rend un vibrant et légitime hommage à l’armée d’Afrique où la Légion et ses « Légionnaires » entrent dans une grande part. Nommé commandant supérieur des troupes de Tunisie en 1934, il remet son épée au fourreau en 1936.

L’écrivain garde la plume. Grand prix littéraire de l’Algérie, grand prix Gobert, l’Académie le couronne en 1944 en lui accordant le Grand Prix de l’Empire français.

Décorations[modifier | modifier le code]

Françaises :

  • Légion d'honneur : Chevalier (30/12/14), officier (24/10/15), commandeur (21/12/26), grand officier (20/12/35)
  • Croix de guerre 1914-1918 avec 2 palmes
  • Croix de guerre des TOE avec 1 palme
  • Médaille interalliée dite de la Victoire
  • Médaille coloniale avec agrafe de vermeil "Maroc 1925-1926"
  • Médaille commémorative du Maroc avec agrafes "Casablanca" "Oudjda"
  • Médaille commémorative de la Grande Guerre


Décorations étrangères importantes :

  • Italie : Officier de l'Ordre de la Couronne
  • Royaume-Uni : Distinguished Service Order
  • Tunisie : Officier (21/11/05) puis grand officier (10/03/29) du Nicham Iftikhar
  • Maroc : Officier du Ouissam Hafidien (12/06/13)

Postes[modifier | modifier le code]

  • 28/06/28-20/03/33 chef du service historique de l'état-major de l'Armée
  • 20/03/33-08/12/34 adjoint au commandant supérieur des troupes de Tunisie
  • 08/12/34-22/01/36 commandant supérieur des troupes de Tunisie
  • 22/01/36 placé dans la section de réserve
  • 01/05/40-01/07/40 chargé du recrutement, de l'organisation et de l'instruction des militaires norvégiens rassemblés sur le territoire français

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives Municipales de Besançon, 1E 792, n°82 - http://memoirevive.besancon.fr/ark:/48565/a0112904179378ORep4/1/30

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annibal dans les Alpes, Paris, 1902
  • Les premières mitrailleuses (1342- 1725) P., Chapelot et Cie, 1907
  • L’Émir Abd-el-Kader 1808-1883, Hachette , 1925
  • Les Belges sur l'Yser. Avec 18 photographies et 6 cartes. P., Berger-Levrault, 1929
  • Conquête et pacification de l'Algérie, Paris, 1930
  • L'expédition d'Alger 1830, Plon, 1930
  • Les Armées françaises d'Outre-mer : conquête et pacification de l'Algérie - Villain et Bar (Impr.), 1931
  • L'Armée d'Afrique de 1830 à 1852. Paris, Plon, 1936
  • La Légion étrangère en Espagne, 1835-1839. Paris, Henri Charles-Lavauzelle (1938). 757 pages
  • L'Empire Français, Flammarion, 1943
  • Argentine. Terre promise Hachette 1943 – Recueil de voyage.
  • Argentine terre promise, Hachette , 1946
  • Franchet d'Esperey, Flammarion, Paris, 1949, 309 pages
  • Cahier du Centenaire de l’Algérie Tome IV
  • Bugeaud et l’Algérie - Par l’épée et par la charrue
  • Récits d’Afrique. Sidi-Brahim. P., Charles-Lavauzelle
  • Souvenirs de Casablanca, Paris, 1912, Hachette et Cie.

Sources[modifier | modifier le code]