Patte de l'insecte

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Les pattes d'un insecte sont du type uniramé parmi les pattes des arthropodes.
Elles sont toujours au nombre de six. C'est le caractère définissant la classe des hexapodes.

Les pattes sont toujours attachées au niveau des trois éléments du thorax, le prothorax, le mésothorax et le métathorax.

Il y a cinq segments par patte : la coxa, le trochanter, le fémur, le tibia et le tarse (lui-même divisé en articles).

Les pattes servent à la marche de l'insecte. Elles peuvent être porteuses d'organes de sens, permettant l'ouïe, le toucher, le goût.

Description[modifier | modifier le code]

Diagramme d'une patte d'insecte
Coxa 
La coxa, qui signifie hanche en latin, est le premier segment à la base des pattes des insectes directement relié au thorax.
Trochanter 
C'est le deuxième segment de la patte des insectes. C'est un segment de petite taille. Chez certains groupes d'insectes, comme les hyménoptères, il est divisé en deux.
Fémur 
C'est le troisième segment de la patte des insectes.
Tibia 
C'est le quatrième segment de la patte des insectes.
Tarse 
C'est l'appendice situé à l'extrémité du tibia, articulé et mobile. Il possède un certain nombre de parties, dénommées articles (et parfois tarsomères). En général, chez les insectes leur nombre est de deux à cinq, sauf chez quelques espèces aptérygotes et chez les larves d'holométaboles (ces dernières ont des tarses comprenant un seul article).

Voici le nom des différents articles :

  • Basitarse : il est rattaché au tibia et c'est le seul article à posséder des muscles.
  • Dactyle ou métaplanta.
  • Le troisième n'a pas reçu de nom particulier.
  • Allux.
  • Distitarse, dans certains groupes, le nombre de tarsoméres est important pour l'identification d'une famille, par exemple chez les scarabées (Coleoptera), ou d'une sous-famille chez certains diptères (mouches, par exemple chez les Cécidomyiidés).

Griffes[modifier | modifier le code]

Les griffes sur le tarse, peuvent également être présentes. Ce qui permet de considérer qu'il y a un sixième segment, appelé alors prétarse, qui consiste en les griffes et autres structures à la fin du tarse. Une structure lobée est appelée un arolium lorsqu'elle est située entre les griffes, comme dans le cas des orthoptères (sauterelles et criquets) ou les pulvilles (ou pulvillus) si elle est située à la base des griffes, comme chez les diptères (mouches). Ces structures servent habituellement à accroître l'adhérence sur diverses surfaces, comme chez les mouches, ou/et pour amortir une chute, comme lors d'un saut d'un criquet. L'empodium est une soie ou coussinet situé entre les pulvilles chez la mouche.

Autres dénominations[modifier | modifier le code]

On note parfois les pattes par des numéro en partant du prothorax en allant vers l'arrière : P1, P2, P3.

La terminologie des éléments thoraciques est aussi appliquée parfois aux segments de patte, et donne les mots mésofémur pour désigner le fémur de la seconde paire de pattes, et le protarse est le tarse de la première paire de pattes. En fonction des pattes, les segments portent des noms différents, ils sont parfois dénommés :

  • Sur la patte antérieure, portée sur le prothorax : profémur, protibia, protarse.
  • Sur la patte médiane, portée par le mésothorax : mésofémur, mésotibia, mésotarse.
  • Sur la patte postérieure, portée par le métathorax : métafémur, métatibia, métatarse.

Éperons[modifier | modifier le code]

Les pattes peuvent porter des pointes à divers endroits. On appelle ces pointes des éperons (éperon tibial).

Évolutions secondaires[modifier | modifier le code]

Les pattes peuvent s'être transformées en divers outils utiles aux insectes en fonction de leur mode de vie. Ces évolutions peuvent être apparues de façon indépendante dans plusieurs ordres par convergence évolutive.

Les pattes peuvent s'être transformées en crochets, comme par exemple chez les insectes vivants dans la fourrure des animaux, afin de leur permettre de s'accrocher aux poils.

Les pattes peuvent servir de piège pour attraper des proies volantes comme chez les libellules ou chez certaines mouches prédatrices, comme celles de la famille des empididés.

Pattes antérieures[modifier | modifier le code]

Les pattes antérieures peuvent s'être transformées en divers instruments.

Pattes fouisseuses[modifier | modifier le code]

On les trouve chez la courtilière qui vit en creusant des tunnels dans la terre.

Pattes ravisseuses[modifier | modifier le code]

Les pattes se sont transformées en crochets servant à attraper des proies. On trouve cette adaptation chez la mante religieuse (orthoptère), le mantispe commun (névroptère) ou la nèpe (hémiptère), qui ont tous des mœurs prédatrices.

Pattes postérieures[modifier | modifier le code]

Les pattes postérieures peuvent s'être transformées en divers instruments.

Pattes natatoires[modifier | modifier le code]

Ce sont des pattes qui servent de rame. Le tarse est frangé de poils formant la palette de la rame. On trouve cette adaptation chez des insectes aquatiques tels le dytique (coléoptère) ou la notonecte (hémiptère).

Pattes saltatrices[modifier | modifier le code]

Les pattes se sont développées en taille afin de permettre de faire de puissants bonds. On trouve cette adaptation chez la puce (siphonaptère), le criquet ou la sauterelle (orthoptères).

Schémas de pattes d'insectes selon leur spécialisation[modifier | modifier le code]

Type de pattes : 1-) Carabidae (courir) ; 2-) Criquet (sauter) ; 3-) Gryllotalpidae (creuser) ; 4-) Dytique (nager) ; 5-) Mantodea (saisir) ; 6-) Apis (genre) (porter)

Génétique[modifier | modifier le code]

Les expériences effectuées sur les drosophiles ont mis en évidence des gènes capables de transformer des antennes en pattes sur la tête. Ce gène s'appelle antennapedia.

Références[modifier | modifier le code]

  • Harbach, R. E. & K. L. Knight, 1980, Taxonomist's Glossary of Mosquito Anatomy, chez Plexus, Marlton, NJ
  • Richards, O. W. & R. G. Davies, 1977, Imm's General Textbook of Entomology, 10th ed. (2 Volumes), Chapman and Hall, London.

Articles connexes[modifier | modifier le code]