Patrouille (scoutisme)

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La patrouille, appelée également équipe chez les guides[1] ou dans les mouvements ayant souhaité abandonner le terme de patrouille, est l'unité de base du scoutisme notamment à l'âge préadolescent ou adolescent.

Plusieurs patrouilles réunies forment une unité souvent appelée une troupe chez les garçons, ou compagnie chez les guides ou éclaireuses mais le terme unité est également utilisé.

Composition[modifier | modifier le code]

La patrouille comprend 6 à 8 membres de même sexe. C'est le lieu de l'enseignement des jeunes par les jeunes. La patrouille unitaire est dirigée par un chef de patrouille (CP ou CE pour les guides) qui est assisté d'un second de patrouille (SP ou SE pour les guides). Le rôle de CP est couramment désigné en France sur les uniformes par deux bandes blanches encadrant son insigne de promesse sur la poche gauche de la chemise (une bande à travers l'insigne pour le second). Les termes de CP et second peuvent être remplacés par d'autres termes dans certains mouvements.

Organisation[modifier | modifier le code]

Chaque membre de la patrouille ou patrouillard a, au sein de la patrouille, une responsabilité, un poste d'action précis (infirmier, trésorier, intendant, etc.). Grâce à sa cohésion et son organisation, la patrouille se caractérise par l'autonomie. La plupart des activités scoutes se déroulent en patrouille et à son initiative : exploration, jeux, services, week-ends, activités diverses. Au local elle dispose d'un coin de patrouille.

Comme la patrouille est une unité d'action autonome et effective, elle possède un organe de prise de décision : le conseil de patrouille. Dans beaucoup de mouvements la patrouille a un caractère permanent et est propriétaire de son matériel de camp, gère son budget et organise périodiquement des activités et des sorties de patrouille.

Esprit de patrouille[modifier | modifier le code]

Au-delà de sa permanence sur plusieurs années, l'esprit de cohésion de la patrouille classique est suscité et encouragé par de nombreux moyens. Ces moyens peuvent être :

  • Le nom de la patrouille. Deux couleurs sont associées à l'animal choisi, ainsi le noir et rouge pour la patrouille du Loup. Le matériel peut être ainsi repéré par deux traits de peinture etc.par
  • Le staff est le nom donné au bâton de bois décoré, surmonté du fanion aux couleurs de l'animal-emblème de la patrouille. L'emblème peut également être peint sur la tente.
  • Les flots, aux couleurs de la patrouille, sont portés après la promesse et sont le signe extérieur d'appartenance à une patrouille.
  • La patrouille possède aussi un cri de patrouille et parfois une devise, un saint patron, un chant, une prière...

Les différentes dénominations selon le mouvement scout d’appartenance[modifier | modifier le code]

Selon le mouvement, l'unité (unité de garçons, unité de filles, unité coéduquée), le type de scoutisme (terrestre, marin…) la patrouille peut porter d'autres dénominations :

  • Patrouille (garçons SUF, AGSE, ENF, EEUdF, FEE, certaines unités SGDF)
  • Clan (filles EEUdF)
  • Équipe (filles SUF, ENF)
  • Équipage (EEDF, SGDF branche 11-14 ans)
  • Chez les scouts marins, la patrouille prend le nom d'équipage, en principe seulement lorsqu'elle arme une embarcation, et chez les scouts alpins de |’ AGSE), elle prend le nom de cordée.

Patrouille libre[modifier | modifier le code]

Une patrouille libre (ou PL) est une patrouille entièrement autonome et détachée de toute unité locale. Cependant, une patrouille libre n’est pas laissée à elle-même, mais placée sous l’autorité d’un chef permanent du mouvement, dans le cas du réseau national, ou d’un chef bénévole mais éloigné dans le cas de certains réseaux locaux (assez rares). Le CP est le responsable immédiat des éclaireurs qui composent la patrouille. Les patrouilles libres sont rattachées à un réseau de patrouilles libres, dirigé par des chefs habilités. Elles se réunissent lors de certains week-ends, mais le grand rassemblement est le camp d'été où toutes les patrouilles sont présentes et encadrées par la maîtrise du réseau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lancement des Raiders scouts par Michel Menu chez les Scouts de France permet de multiplier ces projets. En effet, pour devenir Raiders, les candidats à l'investiture devaient obtenir le badge "Missionnaire" qui devait les encourager à répandre l'Évangile et le scoutisme autour d'eux.

Une fois le candidat investi « raider », après une année comme Chef de patrouille au sein d'une troupe raider, le Chef de Troupe lui lançait un dernier défi : partir créer sa propre patrouille hors de la Troupe, dans un village des environs avec les jeunes du coin ! C'était le dernier acte missionnaire du raider avant sa montée au Clan.

Dans l'enthousiasme général de l’après guerre, des centaines de patrouilles se sont ainsi fondées dans les quatre coins de France et ont largement contribué à la hausse historique des effectifs des SDF de 1951 à 1963 : elles étaient autonomes grâce à l'expérience du CP, souvent un raider qui organisait seul son année. Ces patrouilles s'autogéraient, avec l'appui matériel d'une troupe voisine : on les appela les patrouilles libres !

Toutes les PL n'avaient pas des raiders à leur tête (ce n'était pas une obligation) : certaines ont été créées par des bandes de copains dont l'un des membres avait été scout, par exemple. La combinaison raider et patrouille libre permit au scoutisme de se répandre dans des milieux plus populaires et/ou plus ruraux mais échoua dans les grands ensembles.

Les scouts des patrouilles libres SDF portaient tous un foulard noir, couleur des corsaires, des flibustiers scouts comme le rappelait Michel Menu. Ce foulard noir fut très vite connu et reconnu : les patrouilles libres atteignaient un niveau technique et scout de qualité grâce notamment à un esprit de bande très développé. Des camps nationaux eurent lieu dans les années 1950 et permirent de regrouper les patrouilles libres ne pouvant partir en camp ou se rattacher à une troupe structurée.

En 1954, le camp de Combrit rassembla 1 000 foulards noirs. Plusieurs patrouilles libres sur une région formaient un « réseau » qui se réunissait pour partir en camp.

Les Éclaireurs de France (EDF) connurent une initiative analogue, les foulards verts[2]. Il y eut aussi le réseau Bayard et les patrouilles isolées des Éclaireurs unionistes, les cravates vertes des Guides de France (lancées à partir de 1954, les équipes libres des GDF sont plus de 400 en 1960[3]) et les clans libres de la Fédération française des éclaireuses (FFE).

Réseaux actuels[modifier | modifier le code]

En France, la notion de patrouille libre existe toujours dans certains mouvements de scoutisme traditionnel. En pratique c’est le plus souvent un adulte, tuteur ou référent géographiquement proche, qui prend contact avec l’association et « suit » le petit groupe en démarrage. Au plan national ces patrouilles libres sont regroupées en réseau ou suivies par un chef du mouvement spécialement et exclusivement affecté à la coordination de ces patrouilles.

Ainsi, l'AGSE a le Réseau de l'Araignée et l'Alauda qui regroupent toutes les patrouilles libres de France (respectivement éclaireurs et guides).

Chez les SUF, la notion de patrouilles libres existe également, elles sont reliées et animées par le détonateur patrouille libre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sauf par exemple à l'Association des guides et scouts d'Europe, où le terme masculin est aussi employé.
  2. Voir notamment la Bibliothèque de travail (BT) n°391, 22 janvier 1958.
  3. Jean Peyrade dans Scouts et guides de France, éditions Fayard, 1961. Page 155.