Patrona Halil

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Patrona Halil
Horpeşteli Arnavut Halil
Portrait de Patrona Halil par Jean-Baptiste van Mour
Portrait de Patrona Halil par Jean-Baptiste van Mour

Naissance
Argos Orestiko
Décès 25 novembre 1730
Constantinople
Origine Albanie
Allégeance Empire ottoman

En 1730, Patrona Halil (? à Argos Orestiko (en) - 25 novembre 1730 à Constantinople) fut l'instigateur d'une révolte populaire qui remplaça le sultan Ahmed III par Mahmud Ier et mit fin à l'ère des tulipes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Albanais originaire de la Macédoine, il devint janissaire, et après avoir rejoint une rébellion à Niš et en avoir dirigé une à Vidin en 1720, se rendit à la capitale. Il est connu pour s'être engagé dans de petits trafics et métiers, par exemple avoir travaillé comme préposé dans un hammam. Il passait la plupart de son temps dans les bars à vin ((tr) meyhane) de Galata. On le nommait Horpeşteli Arnavut Halil d'après son lieu de naissance et sa nationalité, mais ses compatriotes albanais le nommaient Patrona (Vice-amiral).

Rébellion[modifier | modifier le code]

Événements de la rébellion de Patrona Halil, tableau de Jean-Baptiste van Mour

Les émeutiers déposèrent et emprisonnèrent Ahmed III. Pendant des semaines après la révolte, l'empire fut entre les mains des insurgés. Patrona Halil conduisit le nouveau sultan à la Mosquée Eyüp Sultan pour la cérémonie d'intronisation où ce dernier fut ceint de l'épée d'Osman. Patrona apparaissait devant le sultan jambes nues et dans son vieil uniforme de soldat ordinaire. La plupart des officiers principaux furent déposés et remplacés par des sbires du rebelle, qui avait servi dans les janissaires. Un boucher grec, Yanaki, qui avait fait crédit à Patrona et lui avait même prêté de l'argent, fut ainsi nommé hospodar de Moldavie par le Divan. Yanaki ne prit jamais son poste.

Chute[modifier | modifier le code]

Le Khan de Crimée aida le grand vizir, les muftis et les aghas des janissaires à réprimer la rébellion. Patrona fut tué en présence du sultan après un conseil durant lequel il avait réclamé une déclaration de guerre à la Russie (25 novembre 1730). Son ami grec, Yanaki, et 7 000 de ses partisans furent exécutés. La jalousie avec laquelle les officiers janissaires le considéraient, et leur volonté de participer à sa chute facilitèrent les efforts des partisans de Mahmud Ier pour mettre fin à la rébellion.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (tr) Reşat Ekrem Koçu, Patrona Halil, Istanbul, Koçu Yayınları,‎ 1967, 176 p.
  • (en) Robert W. Olson, « The Esnaf and the Patrona Halil Rebellion of 1730: A Realignment in Ottoman Politics? », Journal of the Economic and Social History of the Orient, vol. 17, no 3,‎ septembre 1974, p. 329-344

Notes[modifier | modifier le code]