Patrimoine naturel

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La notion de patrimoine naturel associe principalement deux notions :

  1. la notion de « patrimonialité » qui évoque une notion de valeur intrinsèque et un besoin de conservation, voire de gestion restauratoire.
  2. la notion de nature, éventuellement déclinée en :
- nature vivante (avec un principe de naturalité) ;
- nature minérale et fossile (sous forme de richesses faunistiques, floristiques, fongistiques patrimoine géologique, paléontologique[1], puits de carbone, etc.) ;
- nature en tant qu'élément du paysage, également marqué par l'homme et donc aussi élément du patrimoine historique et culturel.

Dans l'acception générale, le patrimoine naturel, est comme le patrimoine culturel et architectural, un bien commun, mais encore relativement épargné par l'empreinte de l'Homme, à gérer « en bon père de famille » et à léguer aux générations futures. Mais au lieu d'avoir été construit par l'Homme il résulte de l'évolution et parfois des interactions entre l'homme et la nature. Ce patrimoine est aussi une somme de ressources naturelles (avec l'idée que le tout est plus que la somme des parties) pour des "titulaires" qui sont l'ensemble des espèces vivantes, dont l'humanité fait partie, et pour les générations futures. À la différence du patrimoine géologique, historique, architectural, etc, mais comme une partie du patrimoine culturel, il comprend aussi ce qui auto-entretien ces ressources, la biodiversité et ses capacités intrinsèques d'auto-entretien et d'évolution adaptative en l'occurrence). Une composante du patrimoine naturel (l'information portée par le génome par exemple, ou les services écosystémiques qu'il génère peut être considéré comme patrimoine immatériel. Elle est souvent intégrée dans le bien commun, mais fait aussi l'objet d'appropriation et privatisation (Voir : Marchandisation du vivant).

Histoire et évolution de la notion de patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Elle s'est notamment formalisée autour d'une volonté de conserver les grands paysages et espaces nord américains et leur caractère sauvage (« wilderness ») au XIXe puis au XXe siècle, mais la notion s'est étendue, incluant par exemple un patrimoine écopaysager, informationnel et adaptatif contenu dans le patrimoine génétique. Certains le considèrent même comme un capital à valoriser, dont les intérêts pourraient être exploités dans le futur.

Le patrimoine naturel est un des éléments de plus en plus pris en compte pour le classement sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. On cherche à produire des indices synthétiques et universels[2] permettant l'évaluation environnementale et la comparaison, en tenant compte du contexte biogéographique et de l'écopotentialité du milieu évalué.

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

C'est dans cette région du monde, autour du concept de Wilderness, que les grands parcs nationaux et d'autres types d'aires protégées se sont développés, dès le XIXe siècle. De nombreux organismes, Agences, ONGE et publications, dont le George Wright FORUM (journal de l'association George Wright Society, dont les publications, depuis 1981, sont exclusivement dédiées aux questions touchant les parcs, aires protégées et sites patrimoniaux culturels) existent. Il existe en Amérique du Nord une abondante littérature scientifique et non scientifique relative au patrimoine naturel.

En France[modifier | modifier le code]

Définition de patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Le patrimoine naturel est pour le système français de comptabilité « l’ensemble des biens dont l’existence, la production et la reproduction sont le résultat de l’activité de la nature, même si les objets qui le composent subissent des modifications du fait de l’Homme[3] » (INSEE, 1986).
Il est maintenant approché dans les Comptes de la nation et exploré, cartographié et évalué via l'INPN (Inventaire national du patrimoine naturel) sous l'égide du Muséum (MNHN). Des parcs naturels (Parc du Mercantour (France) et Parc delle Alpi Marittime en Italie) ont officiellement démarré l’Inventaire biologique généralisé sous l'égide de l' European Distributed Institute of Taxonomy (EDIT).

Sauf exception, les composantes environnementales externes à la nature, telles que l’environnement urbain (bruit, urbanisme), ou industriel (déchets, pollution de l’air) ne sont donc pas intégrées dans le patrimoine naturel, même s'ils le modifient fortement et ont parfois aussi une composante patrimoniale (friches industrielles par exemple). Face à la régression d'une part importante de la biodiversité extraordinaire et ordinaire, mais aussi au problème des espèces invasives, les notions de nature banale et de biodiversité ordinaire tendent néanmoins à prendre de l'importance, dans les zones urbaines notamment.

Depuis peu (avec les lois Grenelle I et Grenelle II dans le droit de l'environnement national, la question de l'environnement nocturne, dégradé par la pollution et diverses nuisances associées

Notion d'intérêt patrimonial[modifier | modifier le code]

Des habitats naturels et des espèces dits d' intérêt patrimonial sont listées par pays et par régions ou par sites (Parcs, réserves, etc.) dans le cadre des inventaires naturalistes, certaines pouvant aussi être des espèces-clé, plus ou moins menacées. Ces données sont en France notamment utilisées pour établir ou mettre à jour les inventaires ZNIEFF, ZICO, la Stratégie de création d'aires protégées (SCAP) ou encore pour cartographier et mettre en œuvre la trame verte et bleue nationale.

Patrimoine géologique[modifier | modifier le code]

Un sous-ensemble particulier du patrimoine naturel est le patrimoine géologique, qui inclut la richesse en fossiles d'un site, et peut justifier dans de nombreux pays (dont en France) la création d'une réserve naturelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ex En France, pour le Code de l'environnement, Modèle:On entend par inventaire du patrimoine naturel l'inventaire des richesses écologiques, faunistiques, floristiques, géologiques, minéralogiques et paléontologiques Article L411-5 (Modifié par LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - art. 124) Code de l'Environnement
  2. Chevalier, R. (2009). Essai de mise au point d’indices synthétiques et universels de valeur patrimoniale et de banalisation de la flore. Exemples d'application dans le département du Loiret (2009) Nogent sur Vernisson, CEMAGREF.
  3. Sylvie Guichard-Anguis et Stéphane Heritier, Le patrimoine naturel : Entre culture et ressource, L’Harmattan, coll. « Géographie et cultures » (no 66),‎ 2009, 149 p. (ISBN 978-2-296-08066-9, ISSN 1165-0354, lire en ligne), p. 15

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]