Patrick Peyton

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Patrick Peyton, né le 9 janvier 1909 en Irlande et mort le 3 juin 1992, est un prêtre catholique, membre de la congrégation de Sainte-Croix, fondateur de la Croisade de la famille du rosaire et serviteur de Dieu. Il est également connu sous le nom de Prêtre du Rosaire.

Patrick Peyton est le fondateur du mouvement Family Rosary Crusade lancé après la Seconde Guerre mondiale. Durant la Guerre froide, entre 1958 et 1965, cette campagne était financée et utilisée par la CIA afin de lutter contre l'influence gauchiste en Amérique Latine.

Le père Peyton organisait des meetings monstres dans des villes clés du monde et utilisait une communication de masse considérable notamment à l'aide de célébrités d'Hollywood du moment qui promouvaient son mouvement du rassemblement des familles grâce à la prière sous la Famille Rosaire. Peyton était une figure populaire et charismatique en Amérique Latine et aux Philippines où il promouvait la Rosaire et était connu pour son fort accent irlandais.

Patrick Peyton créa le fameux slogan :

« La famille qui prie ensemble restent ensemble. Un monde de prière est un monde en paix. »

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Le père Peyton est né sous le nom de Patrick Joseph Gillard-Peyton dans le Comté de Mayo, en Irlande. Il est le fils de John Peyton et Mary Gillard de Rathreedane.

Il était le sixième enfant d'une famille de quatre filles et cinq garçons. Il vivait dans une petite cabane sur des terres rocailleuses de 5.66 hectares au pied des Ox Mountains. La famille Peyton était une famille d'agriculteurs catholique irlandaise profondément religieuse. Plus tard, des membres de la famille émigrèrent aux États-Unis.

Peyton était un des enfant ayant le privilège d'aller à l'école. Il fut envoyé à Bonniconlon chez des membres apparentés à la famille de sa mère pour étudier dans une école dirigée par Tadhg O'Learly à Bofield.

En tant que jeune garçon, Patrick était rebelle et à certains moments défiait l'autorité ce qui en conséquence l'entraîna à décrocher l'école. En dépit de sa jeunesse rebelle, il demeura proche de sa famille, respectueux de ses parents, et très religieux. À l'adolescence il envisageait de devenir prêtre. Des recruteurs religieux comme les pères Capuchins et Redemptorist visitèrent Carracastle à la recherche de jeunes hommes voulant suivre le clergé.

Son envie de poursuivre une vocation fut mise de côté pendant quelques années. Au lieu de cela il aida sa famille à gagner leur vie et à entretenir la ferme lorsque son père tomba malade. Pour les aider, certaines de ses sœurs aînées qui étaient déjà en Amérique leur envoyait de l'argent pour les aider. En 1927, ses sœurs en Amérique informèrent Patrick et son frère aîné Thomas, qu'ils pouvaient naviguer aux États-Unis pour les rejoindre à Scranton, en Pennsylvanie. Le 13 mai 1928 les frères Peyton appareillèrent.

Les frères arrivèrent à Ellis island, à New-York, après un voyage de dix jours.Voyageant dans l'entrepont, le jeune Peyton qui n'avait jamais quitté son pays fut effrayé par le prestige des riches irlandais qui étaient dans les cabines de loisirs sur le pont. Les deux jeunes hommes prirent le train de New-York à la Pennsylvanie et vécurent chez leur sœur déjà mariée Nellie, qui travaillait en tant que femme de ménage pour le procureur de l'époque. Nellie avait déjà parlé au Monsignore Paul Kelley de la Cathédrale de St. Stanislaus et de l'inclinaison de son frère à poursuivre la vocation sacerdotale. Monsignore Kelley demanda à Nelly de ramener son frère cadet Patrick à la cathédrale dès son arrivée. En juin 1928 avec aucune chance de trouver un travail, Patrick rencontra enfin Monsignor Kelley qui lui offrit un travail de sacristain. À cette époque Peyton déclarait qu'un sacristain n'était qu'un autre nom pour désigner un concierge.

Rencontre avec la Sainte Croix[modifier | modifier le code]

Peyton accepta l'emploi avec hésitation mais sa présence quotidienne à la cathédrale raviva son envie de poursuivre une vocation dans le clergé. Monsignor Kelley insista pour que Patrick complète son éducation avant d'être admis ans le noviciat. Lui et son frère aîné Thomas poursuivirent leur vocation religieuse tout en travaillant à la cathédrale. Pendant l'été 1929, le père Pat Dolan de la Congrégation de la Sainte- Croix vint à la cathédrale à Scranton à la recherche de nouveaux séminaristes. En 1932, Patrick et son frère intégrèrent officiellement le séminaire principal de la Congrégation de la Sainte-Croix, à Notre Dame dans l'Indiana.

Après avoir complété leur études secondaires dans une école de Sainte-Croix, Patrick fut admis dans le séminaire Moreau à l'Université de Notre Dame en 1932. Patrick poursuivit ses études et obtint une licence de lettres. Il se démena dans plusieurs matières mais grâce à une large mémoire il remplit les conditions d'admissibilités. Patrick était excellent en Philosophie. Le père Cornelius Haggerty, un professeur d'éthique, fournissait des conseils au jeune séminariste. En tant qu séminariste, Patrick voulait devenir un père de la Sainte-Croix de par l'attention portée à la Sainte Famille par l'ordre, et leur focalisation pour l'obéissance et la conscience. Patrick appréciait également la disponibilité de l'ordre pour toutes instructions provenant de l'Église Catholique, ainsi que l'atmosphère familiale au sein de la Congrégation.

La dévotion pour Marie[modifier | modifier le code]

Father Patrick Peyton présenta de nombreuses émissions télévisées à l'étranger pour promouvoir le Rosaire, où une image de la peinture de Bartolomé Esteban Murillo, Our Lady of the Rosary, était toujours présentée en arrière -plan. Huile sur toile. Museo del Prado, Espagne.

En octobre 1938, la santé de Patrick se dégrada lorsqu'il commença à cracher du sang. Pendant des mois il ignora ses hémorragies jusqu'à ce qu'au moment où il n'arrivait plus à se concentrer sur son travail. Pendant la nuit du 6 février il fut emmené à l'Hôpital de la Providence. Les médecins découvrirent un étape avancée de Tuberculose sur le haut du lobe de poumon droit. Au départ, Patrick était déprimé et craignit que ce ne fut la fin de sa jeune vie. Sa sœur Nellie se déplaça de Scranton jusqu'à Notre Dame et lui apporta les neuvaines de la Mère Bénie. Nellie lui rappela l'amour interminable de la Mère Bénie et comment sa famille vécurent une vie de prières, spécialement le Rosaire. Le père Cornelius Haggerty était aussi influant dans cette étape de la vie de Patrick, l'encourageant à tout laisser aux mains de Dieu et à chercher la main de la Sainte Vierge Marie. Les médecins découvrirent que les tâches dans ses poumons avaient disparus.

Il fit immédiatement ses valises et partit pour le Holly Cross College à Washington D.C pour compléter sa théologie et faire ses derniers vœux. En mai 1941, une dispense spéciale du Vatican autorisa Patrick à être ordonné prêtre, mais il devait compléter ses études après avoir été sujet à une maladie grave. Le 15 juin, Patrick et son frère Thomas furent finalement ordonné à la Basilique du Sacré Coeur à l'Université de Notre Dame, en tant que membres de la Congrégation de la Sainte-Croix.

Une vie de croisades[modifier | modifier le code]

La guerre en Europe faisant rage, et une autre en ébullition, le Révérend Père Patrick Peyton, CSC fut attribué de léger devoirs après avoir complété sa théologie. Sa première mission fut de devenir l'aumônier des Frères de la Sainte-Croix de la Vincentian Institute à Albany, à New-york.

D'Albany, la mission du Père Peyton commença par des lettres d'appel aux Évêques, à la communauté catholique et même au non-chrétiens, soutenant l'importance des familles à prier le Family Rosary en pleine guerre. Le père Peyton gagna des points pour sa mission qui consistait à rapprocher les familles, spécialement après la guerre.

En utilisant la radio, les films, la publicité et plus tard la télévision, et grâce à l'aide de célébrités, d'artistes et de publicitaires, le Père Peyton fut un des pionniers de l'utilisation du mass media pour propager l’évangélisme.

Il sera également un des premiers à conduire des meetings publics pour amener les familles à prier le Rosaire en tant qu'unité. Ces séries de meeting de Rosaire auxquels des millions de personnes assistèrent devint l’événement le plus important où on se souvient du Père Peyton. Selon l'historien Hugh Wilford, "Peyton lui-même était profondément conscient de la dimension politique de sa mission, proclamant avec fierté dans une radiodiffusion de 1946, "Le Rosaire est l'arme offensive qui détruira le communisme_le grand mal qui cherche à détruire la foi" (The Mighty Wurlitzer: How the CIA Played America[Cambridge and London: Harvard University Press, 2008], p. 187).

Ces rassemblements de Rosaire, ces croisades, furent reproduite dans différent diocèses avec des participants de plus en plus nombreux, conduisant Père Peyton à travers le monde. De Bruxelles, en Belgique, à Madrid, en Espagne, traversant l'Asie, de Manille, aux Philippines, au sud de l'équateur, de la Nouvelle-Zélande à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et dans de nombreuses ville d'Amérique du Sud comme Lima, Rio de Janeiro au Brésil.

Avec l'aide d'un publicitaire non-catholique, Père Peyton rendit populaire le slogan "La famille qui prie ensemble reste ensemble"

Héritage[modifier | modifier le code]

Avec une Guerre froide menaçant de nouveau un monde en paix, le Père Peyton contribua beaucoup à la promotion des prières, gagnant le cœur de nombreux dirigeants et non-chrétiens, rendant visible les messages de la Sainte Vierge Marie, y compris la reconnaissance du Vatican, du Pape Pius XII au Pape Jean Paul II. Ses efforts à travers la tumultueuse période de l'histoire de l'humanité au 20e siècle lui rapporta le titre de "Prêtre du Rosaire".

La polémique harcela Père Peyton à travers son ministère étant donné que certains l'accusaient d'être un agent pour les services de renseignements américain lors de ses missions en Amérique Latine. Aujourd'hui il est reconnu que le Père Peyton autorisait ses Croisades de Rosaire en Amérique Latine pour être financé, et dans une certaine mesure elles étaient dirigées par l'Agence Centrale du Renseignement qui souhaitait combattre les mouvements politiques gauchistes en Amérique Latine. Cette connexion arriva à travers celles du Père Peyton jusqu'à J.Peter Grace, l'arrière petit-fils du fondateur de W.R Grace and Company, une société multinationale avec des intérêts dans le transport, le sucre et les exploitations minières en Amérique du Sud. Le Père Peyton l'avait rencontré en 1946 lors d'un voyage transatlantique. Grace, qui était également impliqué dans d'autres opérations frontale de la CIA, écrivit à John Moore, le président du Conseil en Stratégie, et les deux hommes prirent contact avec Allen Dulles. Dulles rencontra Grace plus tard à la Maison Blanche, dans le bureau du Vice Président Richard Nixon qui exprima de l'enthousiasme. La CIA décidait pendant plusieurs années où les rassemblements devaient avoir lieu, et les fonds de la CIA furent dépensés au Chili, au Brésil au Venezuela et en Colombie, jusqu'à ce que le supérieur provincial de Peyton découvrit les fonds secret de Théodore Hesburgh, le président du conseil d’administration de l'Université de Notre Dame, en octobre 1964. Le Vatican pris plus d'un an pour obliger Père Peyton à abandonner son financement par la CIA [1]

D'autres accusaient Père Peyton d'avoir un style de vie ostentatoire aux côtés d'artistes Hollywoodiens qui l'aidaient à promouvoir sa mission, mais Père Peyton maintenu qu'il n'avait jamais sollicité de fonds pour son ministère, et que les plus aisés avaient été plus que généreux en faisant volontairement don d'une partie de leur fortune au nom de la Sainte Mère.

Père Patrick Peyton est décédé paisiblement un Rosaire à la main, dans une très petite pièce le 3 juin 1992 à Los Angeles en Californie. Ses restes furent emmené au cimetière de la Sainte-Croix sur les terrains du Stonehill College,] à Easton dans le Massachusetts.

Avant sa mort, Père Peyton avait continué à travailler sur ce qui allait être le dernier grand meeting du Rosaire. Le 8 décembre 1992 au Rizal Park à Manille dans les Philippines, le Cardinal Archevêque Jaime Sin mena les célébrations pour la Célébration du Jubilé d'Or de la Family Rosary Crusade. À ce moment-là, le Cardinal Archevêque de Los Angeles, Roger Mahony fut envoyé en tant que Papale connexe pour le compte du Pape Jean Paul II. Parmi les catholiques Philippins, le Père Patrick Peyton est rappelé pour son émission télévisée du dimanche dans laquelle il promouvait le Rosaire et la Dévotion Mariale, ainsi que son fameux slogan. Peyton encourageait aussi de nombreuses entreprises à commencer à faire et à vendre de grande quantité de chapelets pour la grande distribution, lesquels il donna gratuitement aux philippins appauvris vivant dans les taudis.

Sainteté[modifier | modifier le code]

Le Cardinal Sean Patrick O'Malley fit une déclaration formelle pour la reconnaissance de la sainteté du Père Peyton, le 1er juin 2001, quelques jours après avoir reçu l'approbation de la Congrégation pour les causes des saints du Vatican. La déclaration engagea le processus pour déterminer la sainteté du Père Peyton, qui lui rapporta par la même occasion le titre vénéré de "Serviteur de Dieu".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hugh Wilford, The Mighty Wurlitzer: How the CIA Played America [Cambridge and London: Harvard University Press, 2008], p. 182–96 .
  • Patrick Peyton, CSC, All For Her: An Autobiography of Father Patrick Peyton, CSC, Family Theater Publications, Hollywood California,‎ 1967, revised 1996
  • "Fifty Golden Years of the Family Rosary Crusade in the Philippines (1951-2001)" written by Father James B. Reuter, SJ; Gennie Q. Jota; Dean M. Bernardo, edited by Stella J. Villegas 2001 Family Rosary Crusade Foundation, Inc. © 2001
  • Wilford, Hugh. The Mighty Wurlitzer: How the CIA Played America. Cambridge and London: Harvard University Press, 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Plamondon, Le voltigeur de Notre-Dame, le père Patrick Peyton, c.s.c, 1957.
  • (en) Richard Gribble, American apostle of the family rosary: the life of Patrick J. Peyton, New York, Crossroad Publications, 2005.
  • (en) Jeanne Gosselin Arnold, A man of faith : Father Patrick Peyton, C.S.C., his life, mission, and message, Hollywood, Calif, Family Theater,‎ 1983 (ISBN 978-0-960-88360-8 et 0-960-88360-6).
  • (en) Christina G. Long, Father Patrick Peyton, C.S.C.: The Rosary Priest, Family Rosary, 14 pages, s.d.
  • (en) Josephine Darang, « Rosary Crusade's Father Peyton named Servant of God », Philippine Daily Inquirer, 30 juin 2002.
  • (en) Dexter R. Matilla, « Fr. Peyton sculpture by Joey Velasco to be unveiled in Ireland », Philippine Daily Inquirer, 27 avril 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]