Patrice de La Tour du Pin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Tour du Pin.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille de La Tour du Pin.

Patrice de La Tour du Pin

Naissance 16 mars 1911
Paris
Décès 28 octobre 1975
Paris
Langue d'écriture français

Le comte Patrice de La Tour du Pin (1911-1975) est un poète français du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendant direct du chef protestant René de La Tour du Pin Gouvernet du côté de son père et de Condorcet par sa mère, il est né le 16 mars 1911 à Paris de François de La Tour du Pin Chambly de La Charce (1878-1914), lieutenant au 298e régiment d'infanterie, et de Brigitte O'Connor (1880-1948). Son père est tué à la bataille de la Marne dès le début de la Première Guerre mondiale. Il grandira élevé par sa mère et sa grand-mère, avec sa sœur et son frère aîné, entre Paris et Bignon-Mirabeau dans le Gâtinais. Poète et mystique catholique discret, résolument non médiatique, il entra en dialogue avec tous les milieux de son temps, y compris la pensée athée.

Il fait ses études à Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine, puis au lycée Janson-de-Sailly, et entre à l'École libre des sciences politiques.

Il s'est fait particulièrement connaître à ce moment-là par la publication de Quête de joie à 19 ans. C'est Jules Supervielle, à qui il avait apporté son manuscrit, qui fit publier ce recueil dans La Nouvelle Revue française. La Quête de joie est publiée aux éditions de la Tortue en 1933. Dans ce recueil, c'est en particulier le poème Enfants de septembre qui le rendit célèbre. Puis paraissent aux éditions de Mirages dirigés par Armand Guibert L'Enfer (1935) et Le Lucernaire (1936). Il commença aussi à publier des poèmes qu'il rassemblera en la Somme de poésie : Le Don de la Passion en 1937 dans le Cahiers des poètes catholiques, les Psaumes en 1938 chez Gallimard, La Vie recluse en poésie en 1938 chez Plon, Les Anges en 1939 chez Monomotapa à Tunis…

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut fait prisonnier dès le 17 octobre 1939 et est interné à l'Oflag IV-D. Il resta en Allemagne trois ans. Chaque jour de sa captivité, il continuait à rédiger ses poésies (qui deviendront la première partie de la Somme); ce fut la période de sa vie la plus productive, au cœur même de l'enfermement. À son retour, il épousa sa cousine Anne de Bernis, et continua à publier la Somme de poésie.

Après la guerre, il vécut avec sa femme Anne et ses quatre filles au Bignon. Il continue à travailler discrètement sur la Somme qui ne sera publiée dans son entier en trois volumes qu'en 1981-1983.

Il s'installe en 1963 à Paris où il publie le Petit Théâtre crépusculaire, le début du troisième tome de la Somme de poésie.

Il a joué aussi, on le sait peu, un grand rôle dans la rédaction d'une traduction de la Bible pour la liturgie catholique francophone, après la décision de Vatican II d'utiliser les langues vernaculaires pour la messe. Il participera particulièrement à partir de 1964 à la rédaction des psaumes dans le cadre de la Commission liturgique de traduction. Il a aussi rédigé un grand nombre des premiers chants liturgiques postconciliaires pour la liturgie catholique du bréviaire en langue française, mis en musique pour beaucoup par Didier Rimaud et Joseph Gelineau. Son chant le plus remarqué reste sans conteste Amour qui planait sur les eaux (cote SECLI KP72-1). Ses chants se prêtent mieux au milieu monastique, mais il n'est pas rare de les entendre aussi lors des assemblées dominicales.

Il publie encore en 1970 Une lutte pour la vie (pour lequel il reçoit le Grand prix catholique de littérature) et en 1974 Psaume de tous les temps, psaumes de sa propre composition. Il meurt à Paris le 28 octobre 1975.

Les œuvres[modifier | modifier le code]

Études sur Patrice de La Tour du Pin[modifier | modifier le code]

  • Colloque Patrice de La Tour du Pin, tenu à la Sorbonne le 21 et 22 novembre 1981, sous la direction d'Yves-Alain Favre, A.-G. Nizet, 1983
  • Patrice de La Tour Du Pin : La quête de joie au cœur d'Une somme de poésie, actes du colloque au Collège de France, 25-26 septembre 2003, réunis par Isabelle Renaud-Chamska, éd. Droz, Genève, 2005
  • Approches de l’incommunicable, par Albert Béguin, Esprit no 128, 1946 (p. 881-888)
  • Patrice de La Tour du Pin, quêteur du Dieu de joie, par Jacques Gauthier, éd. Médiaspaul & éd. Paulines, 1987
  • La Théopoésie de Patrice de La Tour du Pin, par Jacques Gauthier, éd. Bellarmin, Montréal / éd. du Cerf, Paris, 1989
  • Paradigme biblique et expérience poétique: l'exemple de Patrice de La Tour du Pin, ^par Marie-Josette Le Han, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon, 2006
  • L’univers singulier de Patrice de La Tour du Pin, par Daniel Leuwers, La Nouvelle Revue Française, 355, juillet-août 1982 (p. 159-163)
  • Les Anges sauvages : la quête de joie de Patrice de La Tour du Pin, par Luca Pietromarchi, éd. Champion, Paris, 2001 (p. 300 ; textes et études, vol. 37)
  • Eloge de "La Quête de Joie" - Babelio, 26/8/12 - Joellesence.

Quelques citations[modifier | modifier le code]

«Tout homme est une histoire sacrée.»

«Notre base n'est pas la poésie, notre base est l'homme… Que deviendrait le chant loin des hommes, que signifie le plan propre à la poésie ? à quoi sert-il de s'aventurer sur le prétendu plan de l'art pur, sinon pour acquérir certaines richesses techniques et pour explorer sans vraiment coloniser ? que veut dire cette pureté ? Vous qualifiez les domaines avec des termes qui ne conviennent qu'aux âmes ; et l'amour inclinera vers le froid… Quoi que vous fassiez dans votre œuvre, vous vous faites vous-mêmes. Vous avez tracé des allées intérieures où vous vous êtes engagés… Quoi que vous fassiez, vous aurez appliqué ces heures de votre vie, vous aurez nuancé votre éternel…»

«Tous les pays qui n'ont plus de légende
Seront condamnés à mourir de froid…» (La Quête de Joie, p. 25)

«Dieu ne demande pas l'impossible, il le donne.»

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice de La Tour du Pin - Promotion 1928, notice nécrologique in Bulletin de Sainte-Croix de Neuilly, numéro de Pentecôte 1976, p. 92-94.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]