Patrice Marzin

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Patrice Marzin

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Patrice Marzin lors d'un showcase de Gwennyn en 2013

Informations générales
Naissance 1957
Saint-Brieuc, Bretagne
Genre musical rock, musique celtique
Instruments Guitares
Années actives Depuis 1972


Patrice Marzin est un guitariste, compositeur, arrangeur et réalisateur artistique français de culture bretonne, né à Saint-Brieuc en 1957 et résidant à Quimper. Principalement reconnu pour être le guitariste de Gérard Manset depuis 1989 et avoir eté le guitariste et chef d'orchestre d'Hubert-Félix Thiéfaine de 1988 à 2000. Il accompagne la chanteuse Gwennyn depuis 2006.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un univers musical[modifier | modifier le code]

À 12 ans, émerveillé devant un groupe jouant Apache des Shadows, il décide d'apprendre la guitare et en achète une qu'il recouvre de fourrure[1]. Il suit alors les traces de son père Marcel, musicien qui chante en amateur dans les salles de patronages vers Toulon et chante même un duo avec Yves Montand. Au lycée Le Likès à Quimper, l'abbé Lavouenant prend sous son aile des élèves un peu indisciplinés et leur installe un local de répétition à condition qu'ils jouent à la messe de fin d'année[1].

Après être passé par le conservatoire pour apprendre le solfège ainsi que des bases de piano, il devient guitariste à l'âge de 15 ans, en entrant dans le groupe de rock bigouden Délire[2]. Avec eux il joue dans les bals de tous l'Ouest, jusqu'à Angers[1]. Suivront les collaborations avec Serge Cabon. En 2009, trente ans après leur séparation, Délire se reforme[2].

Enfant, il écoute de la musique classique, mais s'intéresse ensuite au rock d'Hendrix et des Stones. Pour ses sœurs, qui écoutent les Beatles et suivent la vague "yé yé" du milieu des années 1960, il est chargé d'enregistrer à la radio leurs groupes préférés[1]. Pour son jeu de guitare il est influencé par Jeff Beck. Plus tard il s'initie au jazz avec une passion pour John Coltrane et éprouve un goût pour le mélange des styles, à la manière de Massive Attack[3].

À la fin des années 1970, après un D.E.U.G. Musique et Sciences à la Faculté de Brest, il enseigne la musique et le français en lycée à Crozon durant trois années. Guitariste, notamment dans le groupe Carthage avec Mr. Tox (Xavier Géronimi), Philippe Maujard (quie créé ensuite Ubik) et Pat King (le chanteur de Délire) il choisit de quitter l'Éducation nationale après ses rencontres avec Jacky "Blet" Thomas et Michel Santangeli à Brest, puis avec Jacques Higelin à Plogoff lors des manifestations anti-nucléaires[1]. Il accompagne sur scène des artistes comme Michel Corringe (« ses tournées, c'était du délire côté public ! »)[4] et le chanteur breton engagé Gweltaz Ar Fur lors de leurs tounées en France et à l’étranger(Europe, Canada)[5]. En 2009 il accompagne à nouveau Gweltaz en studio et sur scène[5].

De 1983 à 1985, Patrice Marzin s'installe à Cardiff au Pays de Galles. Cela lui permet de se familiariser avec la langue de Shakespeare et de rencontrer des musiciens aussi bien du cru qu'internationaux. Il joue avec des artistes comme Bo Diddley et accompagne à l'époque Meic Stevens, poète gallois, puis plus tard, lors d'une longue tournée en Angleterre en 1999[6].

La chanson française[modifier | modifier le code]

De retour en France en 1985, il touche à la variété française en travaillant avec Hervé Villard (rencontré via Hilaire Rama, le bassiste du groupe installé en Bretagne) « avec l'Olympia en apothéose »[4], Bibie (Tout doucement, chanson écrite et composée par Jean-Paul Dréau), et d'autres... Il aime les mots et respecte les textes qu'il cherche à mettre en valeur[1]. Parallelement, il participe en Bretagne à des disques et accompagne Gérard Delahaye avant de s'installer à Paris. Le champ des possibilités s'agrandit : compositions musicales pour les revues de L'Alcazar et séances de studio. C'est lors d’une séance d'enregistrement en 1988 que Patrice rencontre Hubert-Félix Thiéfaine avec lequel il va collaborer durant une douzaine d'années pour de nombreux concerts et enregistrements. La première tournée, du disque Tour 88, dure deux ans pour 130 concerts. Son solo de guitare sur Les dingues et les paumés est résté en mémoire. Progressivement, il passe de second guitariste à chef d'orchestre pour la scène et arrangeur des morceaux. Dans l'intervalle, Patrice Marzin compose plusieurs musiques de films. Pour le film La bavure il obtient le premier prix au Festival du film policier de Cognac[4].

Pour la tournée « Bluesymental tour » de Thiefaine (150 dates) il est chargé de la direction de l'orchestre. À Los Angeles, il enregistre et participe aux arrangements de l'album Fragments d'hébétude de Thiefaine, ce qui lui permet de jouer, avec l'équipe internationale qui est là pour trois mois, entre autres le directeur artistique Chris Spedding et Waddy Watchel, futur guitariste des X-pensives Winos avec Keith Richard. Quelques couacs ternissent un peu l'ambiance et Patrice ne sera pas de la tournée suivante[7]. Il accompagne également Calvin Russel, rencontré avec Thiefaine aux Francofolies de La Rochelle en 1992, Jean-Phi Vergneau, Pascal Quirni, Gérard Manset et le groupe Lo Jo Triban lors d’une tournée aux Etats-Unis. Participant au « Tour de transe d'H.F.T. », il enregistre La tentation du bonheur et Le bonheur de la tentation dont il compose et arrange plusieurs titres.

La musique bretonne[modifier | modifier le code]

En 1988 puis 1994, il travaille avec les groupes Tassili et Taÿfa en compagnie de Farid Ait Siameur, chanteur berbère résidant au Pays bigouden, mélange de musiques celtiques et kabyle[8]. Puis, il repère « les jeunes » du groupe Ar Re Yaouank, crée par les frères Guichen. Il paufine leur album Breizh positive avec des reverbs, des effets, des guitares, qui lance le renouveau de la musique bretonne et des festoù-noz modernes « avec des lights et du gros son ! »[7]. En 1996, il participe au projet de musique celtique New Age Stone Age et enregistre des parties de guitare de l'album Les Chronovoyageurs. En 1997, il réalise la direction artistique sur plusieurs albums dont celui du guitariste breton Jean-Charles Guichen.

À la fin des années 1990, la tournée de Thiefaine de 140 dates passe par les grandes salles parisiennes (Bercy[9], l'Olympia, le Casino de Paris) et de province. Avec le chanteur Thierry Mutin, il enregistre, compose et arrange les morceaux aux cotés de Deep Forest et créer en 2001-2002 le groupe OZ avec un ex Deep Forest.

À partir des années 2000, ses prestations musicales sont davantage centrées sur la musique bretonne. En 2000, avec Fanch Danion du Hall de la Musique, il monte le studio d’enregistrement Le Hall à Quimper. En 2001, il remplace Jacques Pellen au sein du trio P.S.G. et joue donc avec Soïg Sibéril et Jean-Charles Guichen en concerts et en fest-noz. La formation sort un premier disque en 2003. À partir de 2001, il enchaine les séances de studio avec différents artistes et groupes bretons tels que Soïg Sibéril, Lors Jouin, Marcel Aubé, Boxty, Louis Bertholom[10] et réalise et arrange les albums La scène et Cardelectro de Red Cardell. Entre 2003 et 2008, il enregistre 25 albums, dont ceux de groupes quimpérois tels que les frères Guichen, Dremmwel[11], Honeymen, mais aussi Dan Ar Braz, Marthe Vassallo, Soïg Sibéril[7]... Parallèlement, il compose la musique de courts métrages et de publicités.

Entre 2003 et 2005, il accompagne sur scène et enregistre avec le groupe du sonneur David Pasquet[12] et, en 2006, participe à l'album Breudeur Ar Stered comme membre du « David Pasquet Group ». Il enregistre ses guitares sur les albums du mystérieux et emblématique Gerard Manset, du trompettiste Eric Le Lann (Origines), des bluesmen d'Honeymen, du chanteur-livreur Olivier Trévidy[13], d'Hervé Lesvenan, de la chanteuse camerounaise Nicole Obélé ou avec le Beg an Dorchenn Project, etc. Il est également guitariste du groupe Stabat Stable avec Jean-Luc Aimé.

Concert avec Gwennyn au festival de Cornouaille 2014

En 2006, il rencontre la chanteuse bretonne Gwennyn, dont il devient l'accompagnateur et le producteur artistique. Il cocompose et réalise les albums Mammenn en 2009 (Keltia Musique) et Kan an Tevenn (2011) qui obtient le grand prix du disque du Télégramme en 2012. Il contient notamment une chanson écrite par Gérard Manset "On dit le temps". Sur scène, en tournée en France, et à l'étranger (Allemagne, Espagne...) depuis 6 ans avec Gwennyn, son jeu instinctif prend toute sa force, notamment dans des morceaux comme "An Emzivadez" [7].

En 2012, il retrouve son ami chanteur des débuts dans Délire, pour lequel il enregistre et produit Arrange ton col. L'album, sur lequel il joue l'essentiel des instruments auprès de Pat King qui chante et écrit les textes, est annoncé en mai 2013 sur le label 3H productions.

Discographie[modifier | modifier le code]

avec Hubert-Félix Thiéfaine[modifier | modifier le code]

avec Gérard Manset[modifier | modifier le code]

  • 1989 : Matrice
  • 1991 : Revivre
  • 1994 : La Vallée de la paix
  • 1998 : Jadis et naguère
  • 2004 : Le Langage oublié
  • 2006 : Obok
  • 2008 : Manitoba ne répond plus

avec Gwennyn[modifier | modifier le code]

  • 2006 : En tu all (mixage) - (Prix Jeune artiste Produit en Bretagne 2007)
  • 2009 : Mammenn (compositions, écriture, arrangements)
  • 2011 : Kan an Tevenn - (Grand prix du disque du Télégramme 2011)
  • 2013 : Beo

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f ROK, p. 160
  2. a et b Gilles Carrière, « Délire. Le retour 30 ans après! », Le Télégramme,‎ 14 décembre 2009 (lire en ligne)
  3. Interview de David Starosta
  4. a, b et c Gérard Classe, « Patrice Marzin : la guitare des stars », Le Télégramme,‎ 16 avril 2002 (lire en ligne)
  5. a et b « Chanson. Gweltaz ar Fur enregistre son prochain album », Le Télégramme,‎ 27 novembre 2009 (lire en ligne)
  6. Armel Morgant, « PSG », dans La musique bretonne, les groupes à danser - l'Anthologie, vol. 2, 2006, Coop Breizh, p. 38
  7. a, b, c et d ROK, p. 161
  8. « Tayfa en concert au Triskell vendredi 10 mars », Le Télégramme,‎ 6 mars 2000 (lire en ligne)
  9. extrait du concert d'Hubert-Félix Thiefaine à Bercy
  10. Gérard Classe, « Louis Bertholom : l'instant privilège », Le Télégramme,‎ 30 mars 2004 (lire en ligne)
  11. Gérard Classe, « Nuit Glazig : les 20 printemps de Dremmwel », Le Télégramme,‎ 12 mai 2006 (lire en ligne)
  12. « Le David Pasquet Group invite à entrer dans la danse samedi », Le Télégramme,‎ 3 août 2005 (lire en ligne)
  13. Gérard Classe, « Trévidy : un nouvel album en préparation », Le Télégramme,‎ 14 avril 2005 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]