Passacaille

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La passacaille — on trouve aussi le nom italien passacaglia ou passagaglia — , est un genre musical pratiqué aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Initialement, la passacaille est une danse populaire d'origine espagnole qui remonte à la Renaissance. Transplantée dans d'autres pays d'Europe, elle y devient une danse prisée par la noblesse. C'est alors une pièce de grandes proportions, à trois temps, lente et solennelle, basée sur la répétition et la variation d'un thème avec basse obstinée. Le mot passacaglia vient des mots espagnols ou italiens passa et calle. En effet, la passacaille apparaît dans les bateaux où les marins, pour oublier l'effort, chantaient les mêmes notes en litanie. Arrivés au port ils échangeaient leurs chants avec les autres marins d'où le nom passacalle et ensuite passacaille.

À ce stade de son évolution, elle devient indiscernable de la chaconne, car les noms semblent interchangeables selon les compositeurs : Louis Couperin intitule une de ses pièces « chaconne ou passacaille » ; François Couperin fait de même dans sa première suite pour viole (passacaille ou chaconne) et semble éviter le problème en nommant une de ses compositions pour clavecin L'amphibie ; selon Mattheson, la chaconne est plus lente que la passacaille mais d'Alembert dit le contraire, etc.

Ces deux pièces sont construites selon trois procédés qui peuvent se combiner :

  • le rondeau (un refrain répété entre des couplets variés) ;
  • la variation mélodique ou rythmique ;
  • la basse obstinée (motif thématique répété à la basse qui peut parfois passer aux voix supérieures dans la passacaille).

La passacaille, comme la chaconne est utilisée de façon occasionnelle dans la suite de danses, dont elle est presque toujours la pièce finale. Elle est également souvent utilisée, en France, comme morceau final des pièces lyriques importantes : tragédies lyriques, opéras-ballets.

Ce procédé sera plus ou moins abandonné pendant près d'un siècle et demi, avant de refaire une apparition grandiose dans le dernier mouvement de la 4e Symphonie de Johannes Brahms. Ce dernier n'appela pas explicitement ce mouvement passacaille, mais utilisa un motif de basse obstinée trouvé dans la cantate n°150 de Bach : Nach dir, Herr, verlanget mich. Ce motif traverse tout l'orchestre durant l'intégralité du mouvement sans interruption, mais sans pour autant être le thème principal.

Pour être complet, il faut signaler que, en Angleterre, au XVIIe siècle, le ground est une forme assez similaire à la passacaille et à la chaconne. Ces trois formes (ground, passacaille, chaconne) reposent sur le principe de l'ostinato, basse obstinée qui répète indéfiniment le même dessin sur lequel les autres parties construisent diverses variations. On trouve un merveilleux exemple de ground dans l'Aria de Didon et Énée de Purcell.

Durant le XXe siècle, la passacaille est à nouveau abondamment employée.

Quelques passacailles remarquables[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Hors de la musique classique, le groupe anglais Pink Floyd a utilisé la passacaille dans le morceau A saucerful of Secrets lors de l'enregistrement de son deuxième album en 1968, l'album du même nom A saucerful of Secrets.