Pashko Vasa

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Pashko Vasa Shkodrani (1825-1892), dit "Vasa Pacha" ou "Wassa Pacha", Albanais catholique de Shkodër, exerce diverses fonctions officielles au sein de l'Empire ottoman, notamment gouverneur de la province autonome du Mont-Liban de 1883 à 1892. Il meurt à Beyrouth le 29 juin 1892, et ses restes sont rapatriés à Shkodër en 1978.

Bien qu'incontestablement une grande figure du réveil national albanais au XIXe siècle, Pashko Vasa est également revendiqué par certains comme d'ascendance aroumaine, ce qui reflète la complexité des identités ethnonationales balkaniques : beaucoup de klephtes (bandits de grand chemin), figures de l'historiographie nationale grecque, sont ainsi revendiqués comme d'ascendance albanaise, l'un n'empêchant d'ailleurs pas l'autre.

De 1843 à 1847, il travaille pour le consulat britannique à Shkodër (ville du nord de l'actuelle Albanie), il apprend ou parfait son apprentissage de l'italien, du français, du turc et du grec. En 1847-1849 il séjourne en Italie, où il participe aux insurrections révolutionnaires anti-autrichiennes à Venise en mai 1849. Il est ensuite expulsé, en tant que sujet ottoman, vers Constantinople où il vit d'abord dans la pauvreté avant de s'engager dans la fonction publique, à l'ambassade ottomane de Londres, puis dans une mission ottomane en Bosnie-Herzégovine (1863-1864), à Alep (Syrie actuelle) en 1867, à Varna (Bulgarie actuelle) en 1879, à Beyrouth (Liban actuel) en 1883.

En 1877, il fait partie des fondateurs du "Comité central pour la défense des droits du peuple albanais", et en 1878 de la Ligue de Prizren. Il écrit peu après (1878-1880) le célèbre poème nationaliste, O moj Shqypni (O Albanie, pauvre Albanie)[1], prônant l'unité nationale albanaise au-delà des différences religieuses:

Vous, Albanais, vous vous entre-tuez,
En cent partis vous êtes divisés;
L'un se dit musulman, l'autre chrétien,
L'un se dit Turc, l'autre Latin,
Celui-ci Grec, cet autre Slave,
Mais vous êtes tous frères, mes pauvres.
Prêtres et hodjas vous ont abrutis
(...)
Faisons, comme des frères, un serment commun,
Ne regardons ni vers l'église ni vers la mosquée,
La foi de l'Albanais est l'albanité !

Il défend un projet d'autonomie locale d'une province ottomane regroupant tous les albanophones, et non un État albanais indépendant comme le prône plus tard Sami Frashëri, autre grande figure du nationalisme albanais.

Il a également écrit :

  • La mia prigionia, episodio storico dell’assedio di Venezia, Constantinople 1850 ;
  • Bosnie et Hercegovine pendant la mission de Djevdet Effendi, Constantinople 1865 ;
  • Esquisse historique sur le Monténégro d'après les traditions de l'Albanie, Constantinople, 1872 ;
  • Rose e spine, Constantinople 1873 ;
  • L'alphabet latin appliqué à la langue albanaise, Constantinopole 1878 ;
  • La vérité sur l'Albanie et les Albanais, Paris 1879 ;
  • Grammaire albanaise à l'usage de ceux qui désirent apprendre cette langue sans l'aide d'un maître, Londres 1887 ;
  • Bardha de Témal, scènes de la vie albanaise, Paris 1890 (publié sous le pseudonyme Albanus Albano).

Référence[modifier | modifier le code]

  1. O moj Shqypni, ca. 1878, translated from the Albanian by Robert Elsie, and first published in English in History of Albanian literature, New York 1995, vol. 1, p. 265-267, extraits traduits en français