Pas d'armes

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Le pas d'armes est un sport médiéval de chevalerie. Au XVe siècle, se développe dans plusieurs cours européennes une manière originale de combattre courtoisement dénommée pas d’armes. La spécificité de ce nouveau genre d’affrontement réside dans la dimension théâtrale et majestueuse des confrontations et dans leur organisation selon une réglementation et un protocole de défi précis. À la manière d’un simulacre de situation militaire, le pas d'armes est un exercice de joute consistant à défendre un « pas » ou passage contre quiconque relève le défi. Inspirés par les héros des romans arthuriens, les participants obéissent à la fiction de défendre et d’attaquer une place, un pont ou une croisée de chemins contre tout venant1. Il suffit à un chevalier de toucher de sa lance les armes arborées par le gardien du pas pour que l’affrontement courtois soit provoqué. L’objectif du chevalier est de rompre des lances sur son adversaire ou d’échanger avec lui un nombre déterminé de coups d’épée ou de hache. Loin des tournois semi-improvisés des XIIe et XIIIe siècles, les pas d’armes relèvent d’une organisation mûrement réfléchie et anticipée. Le pas d'armes donna également l'occasion de créer de véritables spectacles narrant les exploits de Roland ou de Richard Cœur-de-Lion notamment. Nombreux à la cour de Castille (Passo de la Fuerte Ventura, 1428), Passo Honroso, 1434), à la cour de Bourgogne comme le Pas de l'Arbre Charlemagne[1], à Marsannay le 11 juillet 1443[2], Pas de l'Arbre d'or, 1468, à celle du roi René (Pas de la Pastourelle ou de la Bergère, en 1449 à Tarascon)...à celle de France (Nancy, 1445), chaque pas d'armes permet à un champion de mettre en évidence ses qualités de jouteurs comme au Pas de la Fontaine aux Pleurs, tenu de 1449 à 1450, à Chalon-sur-Saône, qui est l'occasion pour le chevalier bourguignon Jacques de Lalaing de s'illustrer contre des adversaires venus de différentes cours européennes. D'autres pas d'armes se tiennent au XVIe siècle, comme à Binche (Belgique) en 1549.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://www.confreriegourmets-bourgogne.fr/pages/tournoi-legendaire
  2. Blanc Odile. Les stratégies de la parure dans le divertissement chevaleresque. In: Communications, 46, 1987. Parure pudeur étiquette. pp. 49-65.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annette Lindner, L'influence du roman chevaleresque français sur le pas d'armes, Publications du Centre Européen d'Études Bourguignonnes, no 31, 1991.
  • Evelyne van den Neste, Tournois, joutes, pas d'armes dans les villes de Flandre à la fin du Moyen Âge (1300-1486), Paris, École des Chartes, 1996.
  • Jean-Jules Jusserand, Les sports et jeux d'exercice dans l'ancienne France, Paris, 1901 (réed. Paris-Genève, Champion - Slatkine, 1986), chapitre « Joutes et Pas d'armes », p. 98-155.
  • Sébastien Nadot, Joutes, emprises et pas d'armes en Castille, Bourgogne et France. 1428-1470, thèse soutenue à l'EHESS Paris le 28 avril 2009.
  • Sébastien Nadot, Rompez Les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Age, éditions Autrement, Paris, 2010, 224 p.
  • Sébastien Nadot, Le spectacle des joutes. Sport et courtoisie à la fin du Moyen Âge, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2012.