Parti unioniste (Canada)

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Le Parti unioniste fut formé en 1917 au Canada par des députés qui appuyaient le "gouvernement d'union" formé par le premier ministre Sir Robert Borden durant la Première Guerre mondiale.

En mai 1917, le premier ministre conservateur Borden propose au chef libéral Sir Wilfrid Laurier la formation d'un gouvernement d'unité nationale (ou gouvernement de coalition) afin d'imposer la conscription et gouverner pour la durée de la guerre. Laurier rejette cette proposition à cause de l'opposition des députés québécois, craignant également que le nationaliste Henri Bourassa pourrait tirer profit de la situation, étant donné l'opposition quasi-universelle des Canadiens français à la conscription.

À défaut d'une coalition avec Laurier, Borden forme le 12 octobre 1917 un gouvernement d'union avec un conseil des ministres composé de 12 conservateurs, 9 libéraux et indépendants, et 1 "travailliste". (Pour représenter la classe ouvrière, Borden nomme au cabinet le sénateur conservateur Gideon Decker Robertson, qui avait été nommé au Sénat en janvier et avait des liens avec l'aile conservatrice du mouvement ouvrier grâce à sa profession de télégraphiste. Toutefois, Robertson était un Tory et n'était pas membre d'aucun parti socialiste ou travailliste.

Borden déclenche alors une élection pour décembre 1917 sur la question de la conscription (voir aussi : Crise de la conscription (1917)), se présentant sous la bannière du Parti unioniste composé des conservateurs de Borden, des députés indépendants et des membres du Parti libéral qui avaient quitté le caucus de Laurier afin d'appuyer la conscription.

Les partisans du gouvernement de Borden se présentent aux élections en tant qu'unionistes, tandis que certains libéraux favorables au gouvernement d'union préfèrent l'étiquette "libéral-unioniste".

Cette tactique déchire le Parti libéral : ceux qui ne se joignent pas au Parti unioniste briguent les suffrages en tant que "Laurier-libéraux". L'élection se solda par un balayage au profit de Borden.

Borden tenta de maintenir l'existe du Parti unioniste après la guerre. Lorsque Arthur Meighen lui succède en 1920, il le rebaptise "Parti libéral et conservateur national" dans l'espoir de rendre permanent la coalition. Les unionistes n'avaient jamais officiellement formé un parti unique, et ne disposaient pas de l'infrastructure d'un parti officiel. Meighen espérait changer cette situation.

Au cours de l'élection fédérale canadienne de 1921, la plupart des libéraux-unionistes ne se joignent pas à ce parti, et se présentent simplement sous la bannière libéral avec à leur tête le nouveau chef, William Lyon Mackenzie King. Une poignée seulement retiennent l'appellation "libéral-unioniste" ou se joignent au parti rebaptisé de Meighen. Parmi les libéraux-unionistes importants qui se sont joints aux conservateurs, nommons Hugh Guthrie et Robert Manion.

Suivant la défaite du gouvernement de Meighen, le Parti libéral et conservateur national change de nouveau son nom pour devenir le Parti libéral-conservateur du Canada. On continue toutefois à l'appeler simplement "Parti conservateur".

Durant la Seconde Guerre mondiale, les conservateurs tentent de s'opposer au gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King lors de l'élection fédérale canadienne de 1940 en proposant un "gouvernement national" dans les mêmes lignes que le gouvernement unioniste de la guerre précédente. Ils se présentent aux élections sous la bannière du "Parti du gouvernement national", mais ne réussissent pas à répéter le succès du Parti unioniste et ne parviennent pas a entamer la majorité parlementaire de King.

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