Parti travailliste israélien

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Parti travailliste
Ha‘Avoda
העבודה
Image illustrative de l'article Parti travailliste israélien
Logo officiel
Présentation
Président Isaac Herzog
Fondation 1968
Siège Tel-Aviv-Jaffa
Drapeau d’Israël Israël
Positionnement Centre-gauche
Knesset
15 / 120
Idéologie Social-démocratie, Troisième voie, Sionisme travailliste
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs Rouge
Site web www.havoda.org.il/

Le Parti travailliste israélien (hébreu : מפלגת העבודה הישראלית, Mifleget HaAvoda HaYisraelit) est un parti politique israélien de centre-gauche, couramment appelé HaAvoda (hébreu : העבודה). C'est un parti sioniste social-démocrate, membre de l'Internationale socialiste et membre observateur du Parti socialiste européen. Le Parti travailliste israélien est fondé en 1968 par la fusion du Mapaï, de l'Akhdut HaAvoda et du Rafi. Jusqu'en 1977, tous les Premiers ministres d'Israël sont membres du mouvement travailliste[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Un parti politique dominateur (1968–1977)[modifier | modifier le code]

Les fondations de la formation du Parti travailliste israélien furent bâties peu après les élections législatives de 1965, lorsque le Mapaï, le plus grand parti politique de gauche du pays, fit alliance avec l'Akhdut HaAvoda. Cette alliance fut une tentative du Mapaï de récupérer la perte prévisible de voix qu'entrainerait la défection de huit représentants à la Knesset (soit un cinquième du groupe) conduit par David Ben Gourion afin de former un nouveau parti, le Rafi, pour protester contre l'échec du Mapaï à approuver une modification du système de représentation au suffrage proportionnel du pays.

L'alliance, appelée Alignement (ou Alignement travailliste) remporta 45 sièges aux élections, et fut capable de former un gouvernement de coalition avec le Parti national religieux, le Mapam, les Libéraux indépendants, les Travailleurs d'Agoudat Israel, Progrès et Développement et Coopération et Fraternité. Après le début de la Guerre des Six Jours, le Rafi et le Gahal rejoignirent la coalition.

Le 23 janvier 1968, le Mapaï, l'Akhdut HaAvoda et le Rafi (à l'exception de David Ben Gourion qui créa la Liste nationale en protestation) fusionnèrent en une seule entité : le Parti travailliste israélien. Le 28 janvier 1969, le parti s'allia avec le Mapam, sous le nom d'Alignement.

Comme plus grand courant au sein de l'Alignement, le Parti travailliste en vint à le dominer. Le Mapam quitta l'alliance lors de la 8e session de la Knesset (suivant les élections de 1973), mais y retourna peu après.

Opposition et retour (1977-2001)[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 1977, le Parti travailliste passa pour la première fois dans l'opposition. Il échoua à reprendre le pouvoir quatre ans plus tard, mais après les élections de 1984, il fut capable de rejoindre le gouvernement d'union nationale avec le Likoud, le poste de Premier ministre tournant entre les deux partis.

Le Mapam quitta à nouveau l'alliance durant la 11e session de la Knesset, fâché par la décision de Shimon Peres de former un gouvernement d'unité nationale avec le Likoud. Bien que les Libéraux indépendants aient fusionné avec l'Alignement dans les années 1980, ils n'avaient pas de représentants à la Knesset à ce moment.

Le 7 octobre 1991, l'Alignement cessa d'exister, tous ses courants fusionnant au sein du Parti travailliste. À ce moment, le gouvernement du Likoud faisait face à de nombreux problèmes économiques, d'assimilation des immigrants en provenance de l'ex-Union soviétique, diplomatiques avec le gouvernement américain de George Bush et des divisions internes. Mené par Yitzhak Rabin, le Parti travailliste remporta les élections législatives de 1992, et constitua un gouvernement avec le Meretz et le Shass.

Le rôle du Parti travailliste devint pour une grande part lié au controversé processus d'Oslo, basé sur le principe de la « terre pour la paix ». Les Accords d'Oslo conduisirent à un vote de confiance devant la Knesset, que le gouvernement remporta avec 61 votes contre 50 (8 abstentions). De nombreux représentants à la Knesset issus des partis du gouvernement refusèrent de le soutenir, mais d'un autre côté, les partis arabes vinrent le soutenir. En raison de l'absence de constitution en Israël, le gouvernement put mettre en œuvre les accords avec une marge étroite.

La décision d'Yitzhak Rabin d'avancer les pourparlers de paix avec les Palestiniens jusqu'à signer les Accords d'Oslo conduisit à son assassinat par Yigal Amir en 1995. Shimon Peres décida la tenue d'élections anticipées en 1996 pour obtenir un mandat lui permettant de faire avancer le processus de paix. Cependant, son projet échoua : bien que le Parti travailliste remporta une majorité de sièges lors de l'élection pour la Knesset, il perdit les élections pour le poste de Premier ministre face à Benyamin Netanyahou après une vague d'attentats-suicides par le Hamas. Benyamin Netanyahou et le Likoud purent ainsi former un gouvernement.

Sa coalition se désagrégeant, Benyamin Netanyahou décida de la tenue d'élections anticipées en 1999. Ehud Barak remporta les primaires au sein du Parti travailliste, et fut nommé candidat du parti au poste de Premier ministre. Dans le même temps, le parti conclut une alliance électorale avec le Meimad et le Gesher nommée Un Israël. Ehud Barak remporta l'élection au poste de Premier ministre, l'alliance remportant dans le même temps les élections législatives, mais avec seulement 26 sièges.

Ehud Barak forma tout d'abord une coalition de 75 membres avec le Shass, le Meretz, l'Yisrael Ba'aliyah, le Parti national religieux et le Yahadut Hatorah. La présence des partis religieux (PNR, Shass et Yahadut Hatorah) provoqua des tensions avec le Meretz laïc, qui quitta la coalition après un désaccord avec le Shass sur l'autorité du vice-ministre de l'Éducation. Les autres partis quittèrent la coalition avant le Sommet de Camp David.

Le déclin ? (depuis 2001)[modifier | modifier le code]

À la suite des émeutes d'octobre 2000 et de la Seconde Intifada, Ehud Barak démissionne de son mandat. Il perd ensuite l'élection extraordinaire du Premier ministre en 2001 face à Ariel Sharon du Likoud. Cependant, le Parti travailliste reste au sein de la coalition d'Ariel Sharon, ce dernier ayant formé un gouvernement d'unité nationale avec le Likoud, le Parti travailliste, le Shass, l'Yisrael Ba'aliyah et le Yahadut Hatorah, et obtient deux portefeuilles ministériels majeurs : Shimon Peres est nommé ministre des Affaires étrangères, et Binyamin Ben-Eliezer, ministre de la Défense. Le Parti travailliste soutient l'opération Rempart, menée en avril 2002 contre les Palestiniens en Cisjordanie. Après les critiques dures émises à l'encontre de Shimon Peres et Binyamin Ben-Eliezer, qualifiés de « marionnettes » d'Ariel Sharon et soupçonnés de ne pas soutenir le processus de paix, le Parti travailliste quitte le gouvernement en 2003.

Avant les élections législatives de 2003, Amram Mitzna remporte les primaires du parti, et conduit la liste lors de ce scrutin, avec une plate-forme électorale comprenant le retrait unilatéral de la Bande de Gaza. Le parti subit une défaite, ne remportant que 19 sièges (son plus bas historique), tandis que le Likoud mené par Ariel Sharon en remporte 38 (puis passe à 40 après que l'Yisrael Ba'aliyah ait fusionné au sein de son parti). En conséquence, en raison de l'opposition interne, Amram Mitzna démissionne de la présidence du parti[2] et est remplacé peu après par Shimon Peres. Bien qu'il ne fait pas partie de la coalition de droite originelle, Ariel Sharon invite le Parti travailliste à rejoindre le gouvernement afin d'étayer le plan de désengagement (politique prônée par Amram Mitzna qu'il avait vilipendée auparavant) après que l'Union nationale et le Parti national religieux aient quitté le gouvernement.

Le 8 novembre 2005, Shimon Peres est remplacé à la tête du parti par le chef du syndicat de gauche Histadrout Amir Peretz lors d'un scrutin interne. Le Parti travailliste avait délaissé son héritage socialiste au fil des ans en faveur des élites économiques et financières. Cet héritage faisait alors partie de son passé, et le parti avait abandonné son rôle de défenseur des défavorisés aux partis de droite et religieux[3]. Amir Peretz annonce son intention de recentrer le parti autour de ses valeurs traditionnelles et quitte la coalition gouvernementale, obligeant à Ariel Sharon à démissionner et à convoquer de nouvelles élections qui ont lieu en 2006. Juste avant ces élections, le paysage politique est redessiné : Ariel Sharon et la majorité des représentants à la Knesset du Likoud, avec une partie des représentants du Parti travailliste (y compris Shimon Peres), et d'autres provenant d'autres partis encore, forment un nouveau parti, Kadima. Le parti travailliste rejoint le gouvernement dirigé par Ehud Olmert de Kadima, Amir Peretz ayant le portefeuille de la Défense. La principale demande à la coalition et promesse de campagne du Parti travailliste est l'augmentation du salaire minimum[4].

Le 28 mai 2007, un scrutin interne pour la direction du parti voit Ehud Barak et Ami Ayalon battre Amir Peretz qui ne prend que la troisième place. Lors du deuxième tour (rendu nécessaire, puisque ni Ehud Barak ni Ami Ayalon n'obtiennent 40 % des suffrages), Ehud Barak est réélu président du parti. Malgré le fait qu'il ait indiqué qu'il retirerait le parti du gouvernement à moins qu'Ehud Olmert démissionne[5], Ehud Barak reste au gouvernement comme ministre de la Défense.

Avant les élections législatives de 2009, le Parti travailliste et le Meimad mettent un terme à leur alliance, le Meimad concourt finalement sur une liste commune avec le Mouvement vert (qui ne passe pas le seuil électoral). Plusieurs membres du parti le quittent, comme Ami Ayalon et Efraim Sneh (qui fonde Yisrael Hazaka). Le Parti travailliste est alors réduit à 13 sièges, en faisant le 4e parti derrière Kadima, le Likoud et Israel Beytenou.

Analysant la chute de ce qui fut le parti dominant de la politique israélienne, Efraim Inbar du Begin-Sadat Center for Strategic Studies en relève plusieurs facteurs. En délaissant son identification à la fondation et à la construction de l'État d'Israël, symbolisée par un soutien à la conscription et la colonisation de la Terre d'Israël, le Parti travailliste perd la majeure partie de son assise électorale. Abandonner le symbole sioniste que constitue Jérusalem en affichant la volonté d'en céder une partie aux Palestiniens est une erreur désastreuse. Lorsque les valeurs cosmopolites et individualistes font leur chemin au sein du parti, il s'éloigne de l'éthique collectiviste qui fut cruciale et qui reste largement répandue en Israël. Des facteurs démographiques jouent aussi contre le Parti travailliste, comme l'augmentation de la population séfarade, ainsi que l'arrivée des nouveaux immigrants russes juifs qui votent massivement pour d'autres partis. Essayer de capter les électeurs arabes israéliens nuisit à l'image du parti sans apporter de résultat concret[3].

La division de 2011[modifier | modifier le code]

Le 17 janvier 2011, le chef du parti, Ehud Barak, déçu des résultats de son soutien à la coalition, particulièrement sur le processus de paix, quitta le Parti travailliste avec 4 autres représentants à la Knesset afin de fonder un nouveau parti « centriste, sioniste et démocratique », Indépendance. Ce départ conduisit tous les ministres travaillistes du gouvernement à démissionner. Le 22 septembre, l'ancienne journaliste Shelly Yacimovich, qui fait de la question sociale sa priorité, est élue présidente du parti, avec 54 % des voix contre l'ancien dirigeant et ministre de la Défense, Amir Peretz. Elle est ainsi la première femme, depuis Golda Meir, à prendre la direction de la formation travailliste. Elle est battue en novembre 2013 par Isaac Herzog qui devient le nouveau président du parti[6].

Principes politiques[modifier | modifier le code]

Passés[modifier | modifier le code]

Article principal : Mapaï (parti politique).

Le prédécesseur du Parti travailliste, le Mapaï, était issu du mouvement socialiste Poale Zion et adhérait à l'idéologie du sionisme social promue par Nahman Sirkin et Dov-Ber Borochov. Sous la direction de David Ben Gourion (des années 1930 aux années 1950), le Mapaï se focalise sur les objectifs sionistes, le plus urgent étant à l'époque la fondation d'un foyer national pour les Juifs.

Après la fondation de l'État d'Israël, le Mapaï s'engagea dans la construction d'une nation : création de Tsahal (et démantèlement des autres groupes armés), création de nombreuses colonies, établissement de plus de 1 000 000 immigrants juifs et désir affiché d'unir les habitants d'Israël dans une nouvelle culture israélienne juive et sioniste (idéologie connue sous le nom de « melting pot » (hébreu : כור היתוך)).

Le Parti travailliste (ou plutôt son prédécesseur) fut donc plus « faucon » dans les questions de sécurité et de défense qu'aujourd'hui. Durant les années où le mouvement travailliste fut aux affaires, Israël participa à la crise de Suez (ou guerre du Sinaï de 1956 pour les Israéliens), à la Guerre des Six Jours et à la Guerre du Kippour.

Actuellement[modifier | modifier le code]

Ces dernières années (jusqu'en 2005), le Parti travailliste devint un parti centriste. Il n'était plus considéré comme socialiste ou socio-démocrate (bien qu'il reste membre de l'Internationale socialiste) mais avait une plate-forme centriste, similaire à la Troisième voie du Parti travailliste britannique sous Tony Blair. La politique économique d'Israël étant âprement débattue même au sein des partis principaux, son application dépend plus des services publics que des idéologies politiques. Néanmoins, la politique économique menée par le Parti travailliste ne différa pas significativement de celle de son rival, le Likoud[réf. souhaitée].

Concernant le conflit israélo-palestinien, le parti travailliste connaît des oppositions internes. Certains (comme Amram Mitzna, Avraham Burg, Yuli Tamir) soutiennent les négociations de paix avec les Palestiniens et prônent le démantèlement des colonies israéliennes dans les territoires occupés. Ils critiquent pour la plupart la tactique militaire actuelle utilisée contre les Palestiniens, principalement les « assassinats ciblés » des chefs terroristes. En 2003, le parti a d'ailleurs connu un schisme lorsque ses anciens membres Yossi Beilin et Yael Dayan ont créé un nouveau et éphémère petit parti qui s'est associé par la suite au Meretz. Certains à l'instar de Shimon Peres et Binyamin Ben-Eliezer militent en faveur de négociations avec les Palestiniens à condition de l'arrêt du terrorisme et du remplacement de l'actuel gouvernement palestinien par un gouvernement « non-violent qui serait en faveur de la paix ». Ils soutiennent l'érection de la barrière de séparation israélienne dont l'objectif est d'empêcher les attentats en Israël, ainsi qu'un retrait unilatéral des territoires occupés par Israël. Ils sont néanmoins en faveur d'une « guerre contre le terrorisme », et donc en faveur des « assassinats ciblés ». Ils souhaitent la mise en place d'un gouvernement d'Union nationale avec le Likoud à la condition que le gouvernement promeuve le processus de paix et le retrait des colonies.

En novembre 2005, Amir Peretz, dirigeant de Une Nation qui avait fusionné dans le Parti travailliste, fut élu président du parti en battant Shimon Peres. Sous Amir Peretz, et spécialement lors de la campagne électorale de 2006, le parti prit un tournant idéologique, mettant les questions sociales et économiques en haut de ses préoccupations, et plaidant pour une approche socio-démocrate modérée (comprenant une hausse du salaire minimum et des prestations sociales), en contraste net avec la politique néolibérale conduite par l'ancien ministre des Finances Benyamin Netanyahou.

En 2006, plusieurs membres du Parti travailliste quittèrent le parti pour rejoindre le groupe centriste Kadima, comme Shimon Peres, Haim Ramon, et Dalia Itzik.

Les média internationaux décrivent le Parti travailliste comme de centre-gauche, socio-démocrate et pacifiste.

Chefs du parti[modifier | modifier le code]

Autres membres éminents[modifier | modifier le code]

Parmi les autres membres notables du parti, on peut citer :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The Labor Party Jewish Virtual Library.
  2. (en) « Mitzna's resignation speech », Ynet.co.il,‎ 20 juin 1995 (consulté le 25 avril 2010).
  3. a et b (en) Efraim Inbar, « The Decline of the Israel Labor Party », Perspectives 70,‎ 23 février 2009.
  4. (en) « Kadima, Labor talks 'making progress' », Jerusalem Post,‎ 16 avril 2006 (consulté le 3 mai 2011).
  5. (en) « Israel party votes to oust leader », BBC News,‎ 29 mai 2007 (consulté le 3 mai 2011).
  6. (en) "Drama in Labor party: Herzog beats Yachimovich for chairmanship", Yedioth Ahronoth, 22 novembre 2013
  7. (en) Attila Somfalvi, « Labor chooses temporary chairman », Ynetnews,‎ 23 janvier 2011 (consulté le 9 février 2011)
  8. « Shelly Yacimovitch élue présidente du parti travailliste israélien », Le Monde,‎ 21 septembre 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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