Parti social-démocrate de Finlande

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(fi) Suomen Sosialidemokraattinen Puolue
(sv) Finlands Socialdemokratiska Parti
Image illustrative de l'article Parti social-démocrate de Finlande
Logo officiel
Présentation
Président Antti Rinne
Fondation 1899
Siège Saariniemenkatu 6
00530 Helsinki
Vice-présidents Antti Lindtman
Sanna Marin
Krista Kiuru
Secrétaire Reijo Paananen
Positionnement Centre gauche
Idéologie Social-démocrate, social-libéralisme
Affiliation européenne PSE
Affiliation internationale Internationale socialiste
Adhérents 46 100
Couleurs Rouge
Site web http://www.sdp.fi/
Présidents de groupe
Diète nationale Antti Lindtman
Parlement européen Gianni Pittella (S&D)
Représentation
Députés
34 / 200
Députés européens
2 / 13

Le Parti social-démocrate de Finlande (en finnois: Suomen Sosialidemokraattinen Puolue, SDP ; en suédois : Finlands Socialdemokratiska Parti) est un parti politique finlandais, social-démocrate, fondé en 1899. Il est membre du Parti socialiste européen et de l'Internationale socialiste.

À l'instar du Parti du Centre (Kesk, libéraux) et du Parti de la Coalition nationale (Kok, conservateurs), le SDP a été l'un des grands partis finlandais du XXe siècle et est longtemps resté la principale force politique finlandaise. Par conséquent, il a assuré à de nombreuses reprises l'exercice du pouvoir depuis les années 1960 et reste un partenaire incontournable dans les négociations post-électorales présidant à la formation des coalitions gouvernementales.

Par ailleurs, de 1982 à 2012, le SDP a systématiquement réussi à faire élire son candidat à la présidence de la République, Mauno Koivisto en 1982 et 1988, Martti Ahtisaari en 1994, Tarja Halonen en 2000 et 2006.

Lors de sa création, et jusqu'au premier conflit mondial, le SDP va s'imposer comme le premier parti de Finlande, réunissant à lui seul entre 30 % et 47 % des voix à compter de l'instauration du suffrage universel. Néanmoins, comme la plupart des partis socialistes et sociaux-démocrates, il fait l'objet d'une scission au début des années 1920 entre sociaux-démocrates et communistes tenants de la ligne dictée par le Komintern.

Durant l'entre-deux-guerres, le SDP accepte les règles du jeu démocratique, mais demeure écarté du gouvernement, qu'il n'intégrera que pendant le conflit, dans le cadre d'une « Union nationale ». Son audience électorale se stabilisera alors autour de 20-25 % et reste ancrée depuis à cet étiage.

Le SDP compte aujourd'hui 46 100 adhérents, son président est Antti Rinne, ministre des Finances.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

D'inspiration marxiste, le SDP est créé en 1889 sous le nom de Parti ouvrier de Finlande et ne prendra son nom actuel qu'en 1893. Son audience au sein de la population finlandaise va rapidement croître, mais il demeure une force politique extra-parlementaire jusqu'à l'instauration du suffrage universel en 1906. Lors de ces premières élections, il parvient à obtenir plus de 40 % des voix et s'impose comme le premier parti du pays.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le parti est exsangue à la fin de la guerre civile de 1918, marquée par la victoire des « blancs ». La majeure partie de ses responsables sont en effet alors décédés, prisonniers ou en exil à Moscou. Qui plus est, comme la majeure partie des mouvements socialistes à l'époque, le SDP est l'objet de profondes division entre marxistes-léninistes souhaitant l'adhésion au Komintern (qui quittent le SDP pour fonder le SKP, cette nouvelle formation étant rapidement interdite en Finlande) et tenants d'une ligne social-démocrate et réformiste, conforme à l'action menée avant-guerre.

Lors des élections de 1919, sous l'égide de Väinö Tanner, conserve cependant ses positions en emportant 80 des 200 sièges du parlement. Mais, au cours des années suivantes, la division entre SDP et SKP se fait sentir plus clairement en termes de résultat.

Durant la majeure partie de l'entre-deux-guerres, la méfiance des formations modérées et conservatrices à son égard conduiront le SDP à demeurer le principal parti d'opposition, ne participant qu'épisodiquement au gouvernement au cours de l'année 1926.

Il ne sera totalement réintégré dans le jeu politique qu'après le déclenchement du second conflit mondial, durant la guerre d'hiver, sous la présidence de Kyösti Kallio.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À l'issue de la Guerre de Continuation (1941-44), l'URSS contraint la Finlande à légaliser l'existence du SKP, sous le nom de SKDL (Ligue démocratique du peuple de Finlande) et les années d'après-guerre seront marquées à gauche par une féroce compétition entre communistes et sociaux-démocrates, au cours de laquelle le SDP choisira de soutenir avec les partis « bourgeois », une ligne privilégiant avant toute chose la défense de la démocratie parlementaire et de la souveraineté finlandaise dans une stricte neutralité à l'égard des blocs et à l'opposé de la ligne du parti communiste, ce qui conduit à l'exclusion de ce dernier du cabinet ministériel et entraine de vives critiques de l'URSS à l'égard du SDP.

En 1956, Karl-August Fagerholm, candidat du SDP, perd l'élection présidentielle avec seulement deux voix de retard sur le chef agrarien Urho Kekkonen. Il réussit néanmoins quelques mois plus tard a former un gouvernement minoritaire avec le soutien des conservateurs du Parti de la Coalition nationale (KOK) et de petits partis situés au centre de l'échiquier politique. Néanmoins, la pression soviétique à l'égard du Cabinet Fagerholm conduira celui-ci à la démission en 1958, au profit d'un retour des agrariens au pouvoir.

La réorganisation du parti à la suite de cet épisode conduit au retour à sa tête de Väinö Tanner, d'une courte majorité; tandis que l'aile gauche pro-soviétique groupée autour de l'ancien président du parti Emil Skog décide de faire scission et de fonder le TPSL (Union social-démocrate des Travailleurs et des petits Agriculteurs), mouvement éphémère dont les membres choisiront de revenir au bercail dans les années 1960, ou de rejoindre le SKP.

La participation au pouvoir[modifier | modifier le code]

Ancien logo du SDP.

Ce n'est qu'en 1966, en période de détente internationale et après le départ de Tanner, que le SDP obtint le feu vert officieux de l'URSS pour participer au gouvernement, ce qu'il fit en participant alternativement aux coalitions menées par le KESK (agrariens, centristes) et le KOK (conservateurs). Puis en 1972, pour la première fois (à l'exception de l'intermède Fagerholm), le SDP prend durablement la tête du gouvernement dans le cadre d'une alliance avec le KESK, sous l'égide de Kalevi Sorsa (1972-75, 1975-79, 1982-85) et de Mauno Koivisto (1979-82), puis réussit à faire élire ce dernier à la présidence.

Par la suite, le SDP participe au gouvernement du conservateur Harri Holkeri, avant de se retrouver rejeté dans l'opposition entre 1991 et 1995, lorsque les frères ennemis du centre-droit, le KESK et KOK, alliés à de petites formations centriste parviennent à reformer un gouvernement exclusivement composé de formations « bourgeoises ». Cependant, cette période post-guerre froide sera essentiellement marquée par le processus d'adhésion à l'Union européenne, sur le principe duquel sociaux-démocrates, centristes et conservateurs ont des positions qui convergent.

À l'occasion des élections législatives de , le SDP retrouve son statut de force dominante et son président Paavo Lipponen devient Premier ministre de Finlande. Il constitue alors une « coalition Arc-en-ciel » qui réunit également le Kok, l'Alliance de gauche (Vas), la Ligue verte (Vihr) et le Parti populaire suédois (SFP). Cette alliance durant sept ans, la Vihr se retirant en 2002 à la suite de la décision de construire un réacteur EPR.

Le scrutin parlementaire de voit les libéraux d'Anneli Jäätteenmäki ravir la première place aux sociaux-démocrates avec à peine six mille trois cents voix et deux sièges d'avance. Le SDP reste cependant au gouvernement, Lipponen étant pour sa part désigné président de la Diète nationale. En , son héritier et secrétaire général du parti, Eero Heinäluoma, lui succède à la présidence de la formation.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Ancien logo du parti.

Lors des élections législatives de 2007, le SDP doit se contenter de 21,4 % des suffrages et 45 députés sur 200 à la Diète nationale, arrivant en troisième position, ce qui constitue son plus mauvais résultat depuis quarante-cinq ans.

Conformément à la tradition parlementaire finlandaise, qui veut que les deux grands partis arrivés en tête forment la coalition majoritaire aux dépens du troisième, les sociaux-démocrates se retrouvent dans l'opposition au nouveau gouvernement de centre-droit de Matti Vanhanen. Le , à seulement 32 ans, la députée Jutta Urpilainen prend la succession de Heinäluoma en défaisant l'ancien ministre Erkki Tuomioja au congrès du parti.

Si les élections législatives d' marquent un nouveau recul avec 19,1 % des voix et 42 sièges, le SDP remonte à la troisième place des formations politiques. Le nouveau Premier ministre conservateur Jyrki Katainen reforme alors la « coalition Arc-en-ciel », Urpilainen devenant ministre des Finances, Tuomioja ministre des Affaires étrangères et Heinäluoma président de la Diète nationale.

Lors des élections européennes de 2014, le SDP est arrivé quatrième avec 12,31% des suffrages exprimés et a ainsi remporté deux sièges au Parlement européen.

Membres notables[modifier | modifier le code]

Premiers-ministres[modifier | modifier le code]

Présidents de la République[modifier | modifier le code]

Commissaires européens[modifier | modifier le code]

  • Erkki Liikanen : Budget, Personnel et Administration (1995-1999), Entreprises et Société de l'information (1999-2004)

Autres membres notables[modifier | modifier le code]

Dirigeants[2][modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Députés Votes Rang Gouvernement
1907
80 / 200
329 946 37,03 % 1er
1908
83 / 200
310 826 38,40 % 1er
1909
84 / 200
337 685 39,89 % 1er
1910
86 / 200
316 951 40,04 % 1er
1911
86 / 200
321 201 40,03 % 1er
1913
90 / 200
312 214 43,11 % 1er
1916
103 / 200
376 030 47,29 % 1er
1917
92 / 200
444 670 44,79 % 1er Opposition
1919
80 / 200
365 046 37,98 % 1er Opposition
1922
53 / 200
216 861 25,06 % 1er Opposition
1924
60 / 200
255 068 29,02 % 1er Opposition, Tanner
1927
60 / 200
257 572 28,30 % 1er Opposition
1929
59 / 200
260 254 27,36 % 2e Opposition
1930
66 / 200
386 026 34,16 % 1er Opposition
1933
78 / 200
413 551 37,33 % 1er Opposition
1936
83 / 200
452 751 38,59 % 1er Opposition, Cajander III
1939
85 / 200
515 980 39,77 % 1er Ryti I, Ryti II, Rangell, Linkomies, Hackzell, Urho Castrén, Paasikivi II
1945
50 / 200
425 948 25,08 % 1er Paasikivi III, Pekkala
1948
54 / 200
494 719 26,32 % 1er Fagerholm I, Opposition
1951
53 / 200
480 754 26,52 % 1er Kekkonen II, Kekkonen III, Opposition
1954
54 / 200
527 094 26,25 % 1er Opposition, Kekkonen V, Fagerholm II, Opposition
1958
48 / 200
449 536 23,12 % 2e Fagerholm III, Opposition,
1962
38 / 200
448 930 19,50 % 3e Opposition
1966
55 / 200
645 339 27,23 % 1er Passio I, Koivisto I
1970
52 / 200
594 185 23,43 % 1er Karjalainen II
1972
55 / 200
664 724 25,78 % 1er Passio II, Sorsa I
1975
54 / 200
683 590 24,86 % 1er Miettunen II, Opposition, Sorsa II
1979
52 / 200
691 512 23,89 % 1er Koivisto II, Sorsa III
1983
57 / 200
795 953 26,71 % 1er Sorsa IV
1987
56 / 200
695 331 24,14 % 1er Holkeri
1991
48 / 200
603 080 22,12 % 2e Opposition
1995
63 / 200
785 637 28,25 % 1er Lipponen I
1999
51 / 200
612 963 22,86 % 1er Lipponen II
2003
53 / 200
683 223 24,47 % 2e Jäätteenmäki, Vanhanen I
2007
45 / 200
594 194 21,44 % 3e Opposition
2011
42 / 200
561 558 19,10 % 2e Katainen, Stubb
2015
34 / 200
490 102 16,5 % 4e

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Eurodéputés Votes Rang Groupe
1996
4 / 16
482 577 21,45 % 2e PSE
1999
3 / 16
221 836 17,86 % 3e PSE
2004
3 / 14
350 525 21,16 % 3e PSE
2009
2 / 13
292 051 17,54 % 3e S&D
2014
2 / 13
212 781 12,31 % 4e S&D

Élections municipales[modifier | modifier le code]

Année Conseillers Votes
1945 2 100 265 689
1950 377 294 25,05 %
1953 449 251 25,53 %
1956 424 977 25,42 %
1960 2 261 414 175 21,10 %
1964 2 543 530 878 24,75 %
1968 2 351 540 450 23,86 %
1972 2 533 676 387 27,05 %
1976 2 735 665 632 24,82 %
1980 2 820 699 280 25,50 %
1984 2 830 666 218 24,70 %
1988 2 866 663 692 25,23 %
1992 3 130 721 310 27,08 %
1996 2 742 583 623 24,55 %
2000 2 559 511 370 22,99 %
2004 2 585 575 822 24,11 %
2008 2 066 541 187 21,23 %
2012 1 729 487 924 19,6 %

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

indirectes
Année Candidat Electeurs Votes
1925 Väinö Tanner 79 165 091 26,6 %
1931 Väinö Tanner 90 252 550 30,2 %
1937 95 341 408 30,7 %
1950 64 343 828 21,8 %
1956 K.A. Fagerholm 72 442 408 23,3 %
1962 Rafael Paasio 36 289 366 13,1 %
1968 Urho Kekkonen 55 315 068 15,46 %
1978 Urho Kekkonen 74 569 154 23,2 %
1982 Mauno Koivisto 144 1 370 314 43,1 %
1988 Mauno Koivisto 128 1 175 209 39,36 %
directes
Année Candidat Votes
1988 Mauno Koivisto 1 513 234 48,90 %
1994 Martti Ahtisaari 1    828 038
2 1 723 485
1 25,9 %
2 53,9 %
2000 Tarja Halonen 1 1 224 431
2 1 644 532
1 40,0 %
2 51,6 %
2006 Tarja Halonen 1 1 397 030
2 1 630 980
1 46,3 %
2 51,8 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]