Parti national Awami

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Parti national Awami

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Logo officiel

Présentation
Fondation 1986
Dirigeant Asfandyar Wali Khan
Fondateur Abdul Wali Khan
Représentation
Députés
1 / 342
Sénateurs
12 / 104
Représentation régionale
Députés du Penjab
0 / 371
Députés du Sind
0 / 168
Députés de Khyber Pakhtunkhwa
6 / 124
Députés du Balouchistan
1 / 65
Orientations
Idéologie socialisme, pro-pachtounes
Couleurs rouge
Informations
Siège Islamabad, Pakistan
Site web www.awaminationalparty.org

Le Parti national Awami (en anglais : Awami National Party ; ANP) est un parti politique pakistanais de gauche et séculier. Il soutient les minorités pachtounes du Pakistan, et trouve principalement ses électeurs dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. Fondé en 1986, il est présidé par Asfandyar Wali Khan, et son vice-président est Haji Muhammad Adeel. Petit parti, il a notamment dirigé de 2008 à 2013 l’exécutif de la province de Khyber Pakhtunkhwa.

Prédécesseur[modifier | modifier le code]

Le Parti national Awami est l’héritier du défunt Parti national démocratique (en), lui-même héritier du parti national Awami fondé en 1971 après la sécession du Bangladesh.

Il fut présidé de 1968 à 1975, puis de 1986 à 1990 par Khan Abdul Wali Khan[1], qui devint chef de l’opposition à l’Assemblée nationale, et qui était le fils de Khan Abdul Ghaffar Khan (1890-1988), lui-même dirigeant des Khudai Khidmatgar (en) (litt. « Servants de Dieu », surnommés les « Chemises rouges » ou Surkhposh), un mouvement pachtoune « religieux, nationaliste et progressiste »[2], luttant de façon non-violente contre la colonisation.

L’ANP défendait une position démocrate-socialiste et laïque, et fut interdit à deux reprises : d’abord interdit en 1971 sous la dictature de Muhammad Yahya Khan, en raison de l’aide apportée aux militants bengalis contre la répression militaire pakistanaise[1], il fut légalisé à l’issue d’un accord avec le gouvernement pakistanais et de la levée de l’état de siège en 1972 par le président Zulfikar Alî Bhutto, fondateur du Parti du peuple pakistanais (PPP) et successeur de Khan, forcé à la démission suite à la défaite militaire. Trois ans plus tard, Bhutto décrétait à nouveau l’ANP illégal.

Celui-ci détenait alors la majorité dans la province de la Frontière-du-Nord-Ouest et celle du Baloutchistan. Mais en 1973, dans un climat de tensions politique, Alî Bhutto dissout l’assemblée du Baloutchistan, accusant l’ANP de velléités séparatistes. Ceci mena à d’intenses manifestations de la part de l’ANP et à l’arrestation de plusieurs de ses cadres dirigeants (dont Ataullah Mengal, le Baloutche Ghaus Bux Bizenjo et Khair Bakhsh Marri[1]). Après l’assassinat, le 8 février 1975, d’Hayat Sherpao (en), gouverneur de la Frontière-du-Nord-Ouest et cofondateur du PPP, Bhutto accusa l’ANP de l’attentat et fit interdire celui-ci. Cinquante-deux membres du parti furent inculpés dans le cadre du procès d’Hyderabad (en), au cours duquel la Cour suprême accusa l’ANP de séparatisme. Les conditions du procès sont aujourd’hui largement contestées. En tout état de causes, la rupture politique désormais irrémédiable entre ces deux partis de gauche, le PPP et l’ANP, a poussé Bhutto à s’appuyer davantage sur l’armée pour gouverner, signant l’influence politique grandissante de cette dernière, qui allait se renforcer avec le coup d’État de 1977 du général Zia-ul-Haq.

Alors que la majorité des cadres était emprisonné, Sherbaz Khan Mazari (en) créa en 1976 le Parti national démocratique comme héritier du parti dissout. En 1981, celui-ci s’intégra au Mouvement pour la restauration de la démocratie exigeant la levée de la loi martiale. Cinq ans plus tard, l’actuel Parti national Awami était créé.

Depuis 2008[modifier | modifier le code]

Le Parti Awami est majoritaire de 2008 à 2013 dans l’Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa, l’une des quatre assemblées provinciales du Pakistan[3]. Le parti a alors formé une coalition avec le Parti du Peuple Pakistanais pour diriger le gouvernement local de la province, et Ameer Haider Khan Hoti devient ministre en chef.

Depuis les législatives de février 2008, il dispose de 13 des 342 sièges de l’Assemblée nationale.

En avril 2009, un comité de l’ANP vote une résolution saluant l’accord signé entre le gouvernement fédéral et le Tehrik-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi (TNSM), mouvement wahhabite qui réclame l’application de la charia. L’ANP considérait en effet qu’il s’agissait-là d’une étape dans le rétablissement de l’ordre dans la « division » de Malakand, qui inclue le district de Swat (Khyber Pakhtunkhwa), située au cœur des affrontements entre l’armée et les talibans pakistanais. L’ANP regrettait alors que le gouvernement retarde l’application de la réglementation Nizam-e-Adl, promulgué le 13 avril 2009 et qui établissait la charia dans ce district[4]. Le parti se réjouit néanmoins du succès des opérations militaires qui seront menées ensuite contre les islamistes armés.

Malgré ces quelques concessions n’entamant pas par ailleurs l’hostilité générale de l’ANP vis-à-vis des mouvements islamistes, le parti a été la cible de plusieurs attentats liés au conflit dans les régions tribales, dont :

Lors des législatives de 2013, le parti Awami remporte environ 1 % des voix, passant de 13 députés en 2008 à un seul à l'Assemblée nationale en perdant plus d'un tiers de ses électeurs. Ameer Haider Khan Hoti est le seul député élu, dans la première circonscription de Mardan. À l'Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa, sa province d'origine, il subit également une défaite, passant de 48 sièges à 6.

Tableau des résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections Voix
(échelle nationale)
% de suffrages
(échelle nationale)
Nombre de sièges à
l’Assemblée nationale
Nombre de sièges à
l’Assemblée de Khyber Pakhtunkhwa.
Législatives de 1988 409 555 2,1 % 2 10
Législatives de 1990 73,635 0,3 % 6 23
Législatives de 1993 97 541 0,5 % 3 18
Législatives de 1997 357 002 1,9 % 10 32
Législatives de 2002 1 % 0 7
Législatives de 2008 704 811 2,0 % 13 48
Législatives de 2013 453 057 1,0 % 1 6

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Khan Abdul Wali Khan: His Fathers Shadow?, nécrologie de Khan Abdul Wali Khan, Chowk, 25 janvier 2006.
  2. Cesar P. Pobre, History of Political Parties in Pakistan (1947-1958), chap. II, p. 71 sq. (citation p. 73), thèse d’histoire soutenue en avril 1970 à l’université de Karachi, mis en ligne sur un site gouvernemental pakistanais.
  3. a et b Nadia Blétry, Pakistan : le parti nationaliste Awami visé par un attentat, RFI, 6 avril 2010.
  4. ANP demands direct signing by President, The Nation, 13 avril 2009.

Lien externe[modifier | modifier le code]