Parti libéral mexicain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La Junta Organizadora (1910)
Regeneración du 23 septembre 1911.

Le Parti libéral mexicain (Partido Liberal Mexicano) ou PLM est un parti anarchiste fondé en 1906 par Ricardo Flores Magón et son frère Enrique ainsi que par Juan Sarabia, Antonio I. Villarreal, Librado Rivera, Manuel Sarabia, Rosalío Bustamante, en opposition au gouvernement de Porfirio Díaz.

Création[modifier | modifier le code]

Le 1er juillet 1906, le Parti libéral mexicain, publie son « manifeste-programme »[1] diffusé à 500000 exemplaires[2] :

  1. Dans les écoles primaires, le travail manuel devra être obligatoire.
  2. Les maîtres de l'enseignement primaire devront être mieux payés.
  3. Les ejidos et des terres en friches seront restituées aux paysans.
  4. Fondation d'une banque agricole.
  5. Les étrangers ne pourront acquérir des biens immobiliers, sauf s'ils acquièrent la nationalité mexicaine.
  6. La journée de travail sera de huit heures et le travail des jeunes enfants sera interdit.
  7. Un salaire minimum devra être fixé, tant à la ville qu'à la campagne.
  8. Le repos dominical sera considéré comme obligatoire.
  9. Les magasins de vente (tiendas de raya) seront abolis sur tout le territoire.
  10. Il devra être accordé des pensions de retraite et des indemnités pour les accidents de travail.
  11. Une loi devra être édictée pour garantir les droits des travailleurs.
  12. La race indigène devra être protégée.

Ces principes font aujourd'hui partie de la législation mexicaine[3].

Influence[modifier | modifier le code]

Malgré ses moyens limités la junte du PLD est à l’origine d’à peu près toutes les tentatives insurrectionnelles qui ont lieu, entre 1906 et 1909, pour renverser le régine de Diaz.

De février à juin 1911, il contrôle avec l'aide de nombreux étrangers la quasi-totalité de la Baja California, et notamment les villes de Tijuana, Mexicali, et Tecate.

Avant la Révolution mexicaine, le PLM est le premier et le plus puissant mouvement d’opposition au despotisme de Porfirio Díaz, et ce, malgré les difficultés de l’exil. Tant par la propagande de Regeneración, hebdomadaire dont la parution atteint, à certaines époques, les vingt et un mille exemplaires, que par l’agitation provoquée par les soulèvements armés et les grèves, il participe à l’affaiblissement du régime en créant un climat d’instabilité, propice à l’émergence d’autres mouvements contestataires[4].

Le PLM, organisation dirigée par des libertaires, participe à la création du mouvement ouvrier organisé, bien avant l’introduction du marxisme au Mexique. Il agit alors comme une force structurante, et ses revendications servent de base idéologique à celles formulées avant, pendant et même après la révolution par les travailleurs. Les grèves, fruit, entre autres, du travail du parti, permettent au prolétariat de prendre conscience des vraies causes de sa misère : une exploitation effrénée, soutenue par un régime qui la considère indispensable au développement du pays. Le surgissement d’une forte opposition de la classe ouvrière naissante est d’ailleurs un autre élément contribuant à la déstabilisation du régime de Porfirio Díaz[4].

Pendant la guerre civile, par son attitude idéologique et révolutionnaire, le PLM contribue à radicaliser les événements et à orienter, en partie, la révolution vers ses propres perspectives. Les revendications ouvrières et paysannes qu’il exprime sont alors intégrées à de nombreux manifestes et programmes émanant des autres camps[4].

Le PLM est soutenu par l'écrivain féministe mexicain Andrea Villarreal en exil au Texas.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ricardo Flores Magón, Itinéraire, Une vie une pensée, n°9/10, 1er semestre 1992, 104 pages illustrées, couverture en ligne, texte intégral.
  • Pier Francesco Zarcone, Les anarchistes dans la révolution mexicaine, Anarkismo, 3 mars 2005, texte intégral en espagnol, traduction en français.
  • (en) Ricardo Flores Magón, Dreams of Freedom : A Ricardo Flores Magón Reader, Ak Press, 2005, ISBN 1904859240
  • (es) Javier Torres Pares, La revolucion sin frontera: El Partido Liberal Mexicano y las relaciones entre el movimiento obrero de Mexico y el de Estados Unidos, 1900-1923, Ediciones y Distribuciones Hispanicas, 1990, ISBN 9683610994
  • (es) Juan Gomez-Quinones, Sembradores: Ricardo Flores Magon y el Partido Liberal Mexicano: A Eulogy and Critique, 1973, Chicano Studies Center Publications, ISBN 0895510103

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Texte intégral du manifeste-programme, Jesus Silva Herzog, La Révolution mexicaine, FM/petite collection Maspero, Paris, 1977, (ISBN 2-7071-0191-5), page 54.
  2. OLT, « Ricardo Flores Magón », sur labouchedefer.free.fr,‎ 10 octobre 2007.
  3. Ricardo Flores Magón, Itinéraire, Une vie une pensée, n°9/10, 1992, présentation en ligne.
  4. a, b et c David Doillon, Ricardo Flores Magón et le magonisme : itinéraire et trajectoire, À contretemps, n°22, janvier 2006, texte intégral.