Parti humaniste (France)

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Logotype du Parti humaniste

Le Parti humaniste (écrit souvent à tort Parti Humaniste) est un parti politique français fondé en 1984 qui se décline[Quoi ?] également dans d'autres pays.

Origine[modifier | modifier le code]

Lancé par les membres du Mouvement humaniste, courant d'opinion internationaliste, le Parti humaniste s'est constitué dans une vingtaine de pays en 1984. Il se présente comme l'expression politique du Mouvement humaniste et de sa philosophie, le Nouvel humanisme, lui-même surgi en 1969 en Amérique latine autour des écrits de l'Argentin Mario Rodríguez Cobos, dit Silo.

En 1989, plus de quarante partis humanistes du monde se réunissent à Florence pour constituer l'« Internationale humaniste ». En 1999, est formée à Madrid la Régionale humaniste européenne.

Il n'a pas de lien idéologique ou organique avec le communisme, bien que les positions des deux courants se recoupent souvent.

Identité[modifier | modifier le code]

Positionnement[modifier | modifier le code]

Le projet de société du PH est un projet altermondialiste, anti-libéral et participatif.

Le PH rejette les OGM et soutient les faucheurs volontaires, demande la régularisation massive des étrangers en situation irrégulière, la libre circulation, le droit de vote et l'éligibilité pour tous les résidents, il soutient les logiciels libres, les services publics et le libre choix de sa médecine (y compris alternative et rejette les abus de psychotropes et les amphétamines données aux enfant dits hyperactifs), le désarmement nucléaire et la sortie complète de l'OTAN, le processus démocratique en Bolivie qui a porté Evo Morales au pouvoir…

Il prône la non-violence et de la désobéissance civile comme méthode d'action, tandis que son approche existentialiste encourage le développement personnel et l'ouverture spirituelle, revendiquant pour chacun le droit de vivre ses croyances et sa foi.

Valeurs[modifier | modifier le code]

Le PH place l'être humain concret au centre de ses valeurs et préoccupations.

Ses autres valeurs de références sont la liberté de conscience et de croyance, la non-violence, la valorisation de la diversité, le respect des minorités, la liberté de circulation et de migration sur toute la planète, le respect de l'environnement.

Très critique vis-a-vis des valeurs de compétition, d'individualisme et de paternalisme, il dénonce la violence économique organisée ainsi que les autres formes de violence (psychologique, raciale, sexuelle, religieuse…) et revendique l'héritage du Mahatma Gandhi, de Martin Luther King et de diverses références mondiales de la non-violence.

Ces valeurs révolutionnaires et utopiques lui ont souvent valu une image caricaturale hippy ou new age.

Symboles[modifier | modifier le code]

Son logo est le ruban de Möbius qui illustre l'intrication entre les aspects personnels et collectifs, « les deux faces » de la société. Le PH considère en effet impossible de transformer la société sans se changer soi-même, et inversement. Il est partiellement incliné à la façon du signe de l'infini, évoquant des aphorismes humanistes comme « apprendre sans limite », « l'être humain n'a pas de frontière » ou « l'Homme n'a pas terminé son évolution ».

Sa couleur est l'orange. C'est une couleur vive, qui évoque l'enthousiasme, mais qui n'a pas la violence du rouge. C'est aussi une couleur dont la signification, dans différentes cultures, se rapporte au sens du service, à l'engagement désintéressé. C'est encore l'alliance du jaune et du rouge, le spirituel et le terrestre.

Ses slogans principaux sont « L'Humain d'abord »[1], « Bien plus qu'un parti », « La rébellion non-violente » et « Le parti des jeunes, des femmes et des immigrés ».

Principales campagnes[modifier | modifier le code]

En France, c'est par une campagne de signatures pour dénoncer la montée alarmante du chômage, que le PH débute son action en 1984. Ainsi, en un mois, 2 millions de signatures sont récoltées et adressées au B.I.T. (Bureau international du travail).

En 1998, sa deuxième campagne phare en France se résumait par cette formule « En tant qu'être humain, je suis en situation régulière sur toute la planète ».

En 2005, le Parti humaniste se prononça contre le traité constitutionnel européen, proposant une véritable analyse thématique du traité[2].

Sa campagne actuelle est animée par tous les Partis humanistes, par le Mouvement humaniste sur toute la planète. Il s'agit d'une campagne pour le désarmement nucléaire, identifié comme urgence planétaire maximale, compte tenu de l'instabilité croissante de la situation géopolitique mondiale et du renouveau de la prolifération nucléaire. Cette campagne a notamment reçu le soutien de Noam Chomsky, Mikhaïl Gorbatchev, Tadatoshi Akiba, Mairead Corrigan Maguire, Reiner Braun, Alice Slater[3]

Inaperçu dans les médias français et sans grands moyens financiers, il n'a pourtant cessé de se présenter régulièrement devant les électeurs. Il n'a manqué aucun niveau d'élection, des cantonales aux européennes, sauf les présidentielles qui lui sont interdites par le principe des grands électeurs.

Il a présenté 75 candidats aux élections législatives de juin 2007.

Élections européennes de 2009[modifier | modifier le code]

source
Circonscription Tête de liste Voix Pourcentage
Nord-ouest Pas de liste 0 0,00 %
Ouest Pas de liste 0 0,00 %
Est Marie-Laurence Chanut 82 0,00 %
Sud-ouest Robert Raich 102 0,00 %
Sud-est Philippe Bariol 140 0,00 %
Massif Central-Centre Thérèse Neroud 341 0,03 %
Île-de-France Alain Ducq 626 0,02 %
Outre Mer Pas de liste 0 0,00 %
Total 1 291 0,00 %

Secte ou précurseur ?[modifier | modifier le code]

La nature du PH fait l'objet, en France et en Belgique, d'une polémique. En retour, les adhérents et sympathisants du PH dénoncent une discrimination, due notamment au fait que le PH serait en fait un « précurseur ».

À partir de 1995, le MH et le PH ont été cités dans plusieurs rapports parlementaires sur les sectes :

  • dans le rapport de 1995[4], le MH est classé parmi les 57 mouvements qui « présenteraient un danger » de « rupture de l'adepte avec l'environnement d'origine ». Il y est ainsi classé parmi les « groupes "alternatifs"[5] », précisant que sa vision de la transformation sociale « est axée sur la solidarité, la non-violence active, la non-discrimination, la lutte contre les monopoles, les coopératives, l'autogestion. »
  • dans le rapport de 1999 sur le financement des sectes[6], le financement du Parti humaniste via la loi de financement des partis est établi à un montant de 38.225 francs (5 827,36 €) en 1998 et un de 38.238 francs (5 829,35 €) en 1999.

En outre:

  • ceci est à mettre en lien avec une enquête parlementaire équivalente en Belgique concernant la Parti humaniste belge[7].

En réponse, les défenseurs du PH et du MH indiquent que :

  • en Amérique latine, où est apparu le Mouvement humaniste, le PH et le MH jouissent d'une certaine reconnaissance :
    • en 2005, la gauche antilibérale chilienne (PC, PH, MIR…)[8], réunie en un front commun, le « Juntos Podemos Más », a choisi un humaniste, Tomás Hirsch, comme candidat à la présidence du pays face à Michelle Bachelet.
    • en 2007, le Président bolivien Evo Morales a reçu et ouvert le second forum humaniste latino-américain à La Paz, terminant son discours d'ouverture par ces mots « Chers frères et sœurs visiteurs, bon séjour. Je voudrais connaître les conclusions de ce grand événement, pour mieux m’engager, et même en tant qu’humaniste, comme vous l’êtes tous ici, frères et sœurs. Merci beaucoup[9]. »
  • Présent en France depuis le début des années 1970, le Mouvement humaniste n'a subi aucune attaque de ce genre jusqu'à la formation du Parti humaniste.
  • Le Parti humaniste s'est porté partie civile dans un procès en diffamation contre la mairie du 19e arrondissement de Paris en 2004. Ce procès a été gagné en première instance en 2009, puis en appel en 2010, avec obligation de publication sur le site de la mairie du texte suivant : « Par arrêt en date du 12 mai 2010, la chambre 2-7 de la Cour d'Appel de Paris (chambre de la presse) a condamné Roger Madec et Colombe Brossel pour avoir publiquement diffamé l'association Parti humaniste à l'occasion de la réunion du 30 novembre 2004 associant le conseil d'arrondissement et le comité d'initiative et de consultation d'arrondissement consacrée aux dérives sectaires », et condamnation à rembourser les frais de justice.

Au sujet du rapport parlementaire, il répercute les différentes critiques énoncées envers cette commission, et note qu'il n'est pas cité par d'autres organismes chargés de la lutte contre les sectes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, l'Association pour la défense des valeurs familiales et de l’individu…)

Du fait de cette étiquette de secte, le PH et le MH ont subi diverses critiques, vécues par les membres et leurs familles comme sources de « graves préjudices » et d'un « isolement politique forcé » [10],[11], et retardant fortement son développement en France.

Le 27 juillet 2012, le Conseil économique et social des Nations Unies a reconnu Monde sans Guerres et sans Violence, un des organismes du MH, comme organisation consultative au niveau international. Ce qui lui permet de participer activement dans l'ECOSOC (conseil économique et social) et ses organes.

Toujours selon ses défenseurs, le style du PH serait d'ailleurs très proche de ce mouvement émergent que les sociologues appellent aujourd'hui les créatifs culturels. Son enracinement dans la non-violence, comme son respect des minorités spirituelles, qui furent tant décriés par de nombreuses organisations de gauche comme de droite, semblerait s'installer, au moins dans le discours, dans l'extrême gauche actuelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]