Parti du centre d'Estonie

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Parti du centre
Eesti Keskerakond
Présentation
Président Edgar Savisaar
Fondation 12 octobre 1991
Siège Tallinn
Drapeau de l'Estonie Estonie
Groupe au Parlement européen Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe
Idéologie Centrisme
Social-libéralisme
Populisme
Affiliation européenne Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs
Couleurs Vert
Site web www.keskerakond.ee
Politique en Estonie
Image illustrative de l'article Parti du centre d'Estonie

Le Parti du Centre (Estonie) (en estonien, Eesti Keskerakond) est un parti politique estonien, de centre-gauche, fondé en 1991, peu après le recouvrement de l'indépendance de cet État, ce qui en fait le plus ancien parti politique estonien.

Fondé le 12 octobre 1991, sur la base du Front populaire de l'Estonie qui a dirigé le mouvement vers l'indépendance recouvrée entre 1988 et 1991, il a gagné les premières élections libres et démocratiques et dirigé alors le gouvernement. Trois mois après la restauration, le Premier ministre, Edgar Savisaar (1990-1992) et ses supporteurs décidèrent une réforme politique majeure qui a abouti au système multipartite actuel.

Il cherche à unir tous ceux qui recherchent une politique équilibrée et centriste, basée sur une économie libérale, comme une alternative aux idéologies marquées à droite ou à gauche. Le journal du parti est Seitse Paëva (Sept Jours) a été fondé en 1992.

Selon les sondages d'opinion, en décembre 2004, le Parti du Centre (PCE) serait actuellement le 2e parti le plus populaire en Estonie, avec 15 % de soutien (bien inférieur aux 25 % remportés lors des élections de 2003, premier parti).

Il est actuellement dirigé par Edgar Savisaar et compte environ 8 000 membres adhérents. Ayant remporté le plus grand nombre de voix (et la majorité relative) aux dernières élections du Riigikogu le 2 mars 2003 avec 28 députés, son groupe parlementaire passe à 20 députés, à la suite de la défection de huit députés en avril 2004. Il fait partie de l'opposition (au gouvernement démissionnaire de Juhan Parts) depuis 2003. Il n'est que second lors des élections législatives estoniennes de 2007, avec 26,1 % des voix et 29 députés (+ 1). Il remporte néanmoins les élections européennes de 2009, avec deux députés sur les six Estoniens.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Le PCE est accepté comme membre à part entière du parti ELDR (Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs) en juin 2003. En août 2003, lors du IXe congrès du PCE à Tartu, où l'accession de l'Estonie à l'Union européenne a été discutée, il a été le seul parti estonien à demander à ses adhérents de donner leur opinion sur le référendum d'adhésion. 1 165 délégués ont participé à ce congrès.

En décembre 2003, le secrétaire général du parti depuis 1991, Küllo Arjakas, a donné sa démission et a été remplacé par Me Kadri Must, secondée par : Ain Seppik (chargé des Finances) ; Olev Raju (chargé du Social), Mme Mailis Reps (Affaires internationales), Vladimir Velman (Minorités - russophone), Me Evelyn Sepp (Relations publiques).

En mars 2004, le parti décida de voter pour constituer la liste qu'il allait présenter aux premières élections au Parlement européen organisées en Estonie : 39,62 % des adhérents participèrent et désignèrent une liste de 12 candidats (6 députés au total représentent l'Estonie).

En avril 2004, huit députés (sur 28) quittent le groupe parlementaire du PCE et forment un groupe d'indépendants. Malgré cela, le groupe reste le principal groupe d'opposition au Riigikogu.

Le 13 juin 2004, avec le second meilleur score, le PCE obtient un député sur les 6 que compte l'Estonie au Parlement européen : c'est Mme Siiri Oviir (ancien ministre des Affaires sociales et députée de 1992 à 2004).

En octobre, la coalition entre le PCE et le Parti de la Réforme à Tallinn (conseil municipal) cesse.

Affaire K-kohuke[modifier | modifier le code]

K-kohuke.jpg

Pendant la campagne pour les élections municipales de 2005, une publicité verte pour la marque K de kohuke, un dessert à base de caillé typique aux pays baltes, apparaît sur les panneaux publicitaires dans le pays. La similitude frappante entre ces affiches publicitaires et le logo du Parti du centre, un K sur un fond vert, entraîne la saisie de la Commission électorale nationale. Celle-ci adopte, un mois après ces élections, une résolution par laquelle elle estime que cette publicité doit en effet être comptabilisée comme de la publicité politique en plein air, alors que celle-ci a été interdite pendant cette campagne. Toutefois, la commission estime qu'il est impossible de savoir si cette campagne publicitaire a affecté de façon significative les résultats du vote, et ne demande donc pas l'annulation des élections. Par contre, la commission anticorruption du parlement exige dès lors que le Parti du centre s'explique sur cinq paiements d'un montant total de 2,56 million de kroons (163 000 euro) qu'il a effectués au bénéfice de la firme de marketing Idea AD qui a réalisé ces publicités, et que le montant de ces publicités soit ajouté aux comptes de dépenses électorales du parti[1].

Relations avec la minorité russophone[modifier | modifier le code]

Un phénomène de vote russophone en faveur du Parti du centre a été constaté lors des élections législatives estoniennes de 2007. Il l'avait déjà été notamment lors des élections législatives de 2002[2]. Par ailleurs, le système électoral estonien permet d'exprimer la préférence pour un candidat sur une liste, et celles du Parti du centre comptent plusieurs candidats russophones, par exemple Eldar Efendijev, député depuis 2003, d'origine azérie, ministre de la Population et des Affaires ethniques en 2002-2003 (premier membre issu d'une minorité russophone dans un gouvernement estonien) et ancien maire de la ville de Narva, à majorité russophone[3],[4].

Le 15 décembre 2004, le PCE a signé un protocole de coopération avec le principal parti de Russie, Russie unie, ce qui lui a probablement permis de recueillir une part importante de l'électorat russophone, à tel point qu'aucun des deux partis ethniques russophones n'a obtenu de siège aux élections de 2007, pas plus qu'en 2003.

Dans la polémique sur le déplacement du « soldat de bronze » / « Monument des libérateurs de Tallinn », initiée le 10 janvier 2007 par le vote d'une nouvelle loi sur la protection des cimetières militaires, le PCE a adopté dès le départ une position modérée, s'opposant aux autres partis estoniens sur l'opportunité de déplacer le monument. L’ancien Premier ministre (1995-1997) Tiit Vähi, qui a affirmé avoir voté pour le Parti de la réforme lors des élections législatives de 2003, a déclaré pendant la campagne électorale qu’il donnerait sa voix au Parti du centre lors du prochain scrutin parce que « Quand on doit exhumer quelqu’un et l’enterrer de nouveau pour trouver des suffrages, on ne s’intéresse plus à l’Estonie »[5].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives estoniennes de 2011[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives estoniennes de 2011, le Parti du centre estonien obtient 23,3 % des suffrages. Il est avec 26 sièges au Riigikogu la deuxième force politique du pays.

Résultats du Parti du centre estonien aux élections législatives estoniennes de 2011[6]
Circonscription Nombre de voix Score en %
Première circonscription 17 072 32,4 %
Deuxième circonscription 28 440 40,0 %
Troisième circonscription 12 796 25,3 %
Quatrième circonscription 11 184 12,8 %
Cinquième circonscription 5 155 15,1 %
Sixième circonscription 4 747 16,7 %
Septième circonscription 20 363 54,5 %
Huitième circonscription 5 480 13,4 %
Neuvième circonscription 6 184 15,3 %
Dixième circonscription 7 106 15,5 %
Onzième circonscription 8 575 18,5 %
Douzième circonscription 7 022 17,4 %
Total 134 124 23,3 %

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]