Parti de l'Istiqlal
| Parti de l'Istiqlal | |
Logo officiel |
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| Présentation | |
|---|---|
| Secrétaire général | Abdelhamid Chabat (depuis le 23 septembre 2012) |
| Fondation | 10 décembre 1943 par Ahmed Balafrej & les 58 signataires du manifeste de l'indépendance |
| Siège | |
| Presse écrite | Arabe : Al Alam Français : L'Opinion |
| Symbole | Balance[1] |
| Idéologie | Conservatisme Nationalisme |
| Affiliation internationale | Internationale démocrate centriste |
| Couleurs | rose, blanc |
| Site web | www.partistiqlal.org/ |
| Représentation | |
| Représentants |
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| Conseillers |
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| Ministres |
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Le Parti de l'Istiqlal (PI ; en arabe حزب الإستقلال, en français, « Parti de l'indépendance ») est le premier parti politique marocain, fondé pour obtenir l'Indépendance étatique du Maroc, et remplacer le protectorat colonial français par une monarchie constitutionnelle.
Il a été fondé le 10 décembre 1943 par Ahmed Balafrej, qui en est le secrétaire général fondateur, auquel succèderont Allal El Fassi qui prend le titre de « Zaim », puis M'hamed Boucetta, Abbas El Fassi et Abdelhamid Chabat.
Reconstruit au sortir de la seconde guerre mondiale par les vétérans de l'agitation nationaliste des vingt précédentes années, il est l'artisan de l'Indépendance du Maroc alors sous protectorat français. Parti nationaliste défenseur de l'Islam et du « Grand Maroc », il est le moteur principal dans les années 1950 de la réhabilitation d'une monarchie, compromise puis effacée par le protectorat français. Le retour du sultan Mohammed Ben Youssef exilé par les autorités françaises du Protectorat du Maroc est une des conditions qu'il pose en préalable à toute négociation avec la puissance occupante. La féroce répression exercée par les ultras coloniaux de 1952 à 1955 emprisonnant ou forçant à l'exil l'intégralité de ses cadres, laisse une situation intérieure de violence incontrôlable qui oblige rapidement l'occupant colonial à négocier les termes de son retrait. En 1956, il constitue le soutien principal bien que remuant du premier gouvernement marocain post-colonial.
Le parti a été le creuset de ceux qui feront après l'Indépendance les figures majeures de l'histoire du Maroc: Balafrej, son fondateur, Allal El Fassi, son idéologue, Ben Barka son organisateur, avant de s'en séparer, et ses généreux financiers qui, au risque de leur faillite personnelle en ont assuré la pérennité (Diouri, ou Laghzaoui).
Sommaire |
Historique[modifier]
Le congrès constitutif clandestin du parti de l'Istiqlal (Indépendance) a lieu le 18 décembre 1943 à Rabat. Ahmed Balafrej, amnistié par le nouveau gouvernement gaulliste né du débarquement anglo-américain de 1942, s'attache pendant cette année 1943 à rassembler les anciens cadres dirigeants du « Parti national », parti interdit en 1937. Surmontant divergences d'ordre souvent personnelles et obstacles organisationnels, le parti s'organise de manière verticale autour d'un secrétariat exécutif clandestin de quatre membres, dont Balafrej, nommé secrétaire général, fait partie, et de sections régionales à l'autonomie assez large regroupant les cellules locales de dix à quinze membres.
La première manifestation officielle du Parti est la diffusion publique du Manifeste de l'Indépendance le 11 janvier 1944, véritable programme du Parti, rédigé en étroite et clandestine collaboration avec le sultan Mohamed V, dont la teneur est simple: aucune négociation avec l'occupant colonial sans au préalable l'abolition du traité de Protectorat, Indépendance du Maroc rétablissant l'autorité du sultan Mohamed V dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle aux institutions dignes d'un État moderne.
Depuis cette date, l'action du parti de l'Istiqlal s'articule autour de trois axes fondamentaux: la défense de la légitimité, le défense de l'unité, la défense de la liberté.
La défense de la légitimité s'est manifestée tant par une campagne diplomatique auprès des instances internationales dès 1952, menée par Balafrej, pour exiger l'indépendance du Maroc, que l'appel à la solidarité arabe et islamique que Allal El Fassi lance du Caire le 20 août 1953. Elle s'est également traduite dans le combat mené par le parti de l'Istiqlal pour doter le pays d'une constitution démocratique (deuxième objectif du Manifeste du 11 janvier 1944), et finalement dans sa lutte pour la tenue d'élections libres et transparentes de façon à offrir au pays des institutions politiques crédibles et efficaces.
L'unité constitue également un objectif déclaré et permanent du parti de l'Istiqlal, objectif intimement lié à la lutte pour l'indépendance du Maroc qui ne pouvait se concevoir en dehors d'une large unité territoriale. Aussi, le parti a-t-il d'abord rejeté le découpage territorial établi par le Protectorat. Il a ensuite œuvré pour la récupération de l'ensemble des territoires marocains (appel de Allal El Fassi du 25 mars 1956), qu'ils soient du sud (Sidi Ifni, Tarfaya, Sahara occidental) ou encore du nord (Sebta et Mellilia et les îles méditerranéennes). Le parti de l'Istiqlal a également œuvré en faveur de l'unité de la nation marocaine en défendant "l'humanisme marocain" qui vise à sauvegarder l'identité nationale dans sa diversité culturelle (arabe, amazigh et africaine), et en luttant contre toutes formes de communautarisme. Il a également milité pour l'unité du mouvement national, lors de sa lutte pour l'indépendance, et pour l'unité des forces démocratiques à travers la création de la Koutla Nationale en 1970 puis de la Koutla Démocratique en 1992.
Enfin, la lutte pour la liberté a toujours constitué le point nodal du projet de l'Istiqlal. Ainsi en a-t-il été, concernant la garantie des libertés individuelles (promulgation du Dahir du 15 novembre 1958 relatif aux libertés publiques sous le gouvernement Balafrej), ou s'agissant du respect des droits de l'homme dans le monde arabe en 1971), ou encore de la défense de la liberté économique (promotion de l'initiative privée dans le cadre d'une économie mixte), mais également en ce qui concerne la libération des citoyens de l'analphabétisme, du chômage, de la pauvreté, de l'exclusion ainsi que la promotion des droits de la femme et de la famille (code du statut personnel, code de la famille...) qui constituent ainsi des préoccupations constantes dans l'action du parti.
À la suite de l'accession du Maroc à l'indépendance, l'Istiqlal, appelé à former un gouvernement, est aux prises à des querelles intestines, qui mènent à une scission, en 1960 : l'aile gauche de Mehdi Ben Barka se sépare alors du parti pour former l'UNFP, tandis que l'aile droite d'El Fassi et de Balafrej garde le nom d'Istiqlal. Ecarté du pouvoir en 1963, l'Istiqlal constitue un Front national, avec l'UNFP, pour donner davantage de poids à l'opposition politique. Le parti participe au gouvernement d'Ahmed Osman, devenant ainsi le second parti marocain.
En juin 2012, après la renonce de Adil Douiri à sa candidature, Abdelouahed El Fassi est devenu le seul candidat au poste du secrétaire général de l'Istiqlal[2]. Lors de la tenue du XVIe congrès national du parti fin juin 2012, Abdelhamid Chabat, maire-député de Fès, exprime son intention de se présenter à la présidence du parti, ceci pousse le comité exécutif à reporter l'élection du secrétaire général au 23 septembre 2012. C'est finalement Abdelhamid Chabat qui remporte la présidence du parti et succède à Abbas El Fassi, en recueillant 478 suffrages contre 458 à son rival Abdelouahed El Fassi[3].
Secrétaires généraux[modifier]
- Ahmed Balafrej, de 1943 à 1960 (17 ans).
- Allal El Fassi, de 1960 à 1974 (14 ans).
- M'hamed Boucetta, de 1974 à 1998 (24 ans).
- Abbas El Fassi, de 1998 à 2012 (14 ans).
- Abdelhamid Chabat, depuis 2012.
Représentation législative[modifier]
| Législatives | 1963 | 1970 | 1977 | 1984 | 1993 | 1997 | 2002 | 2007 | 2011 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nombre de sièges | 41/144 | 8/240 | 51/264 | 41/306 | 52/333 | 32/325 | 48/325 | 52/325 | 60/395 |
| Rang | 2e | 3e | 2e | 4e | 4e | 2e | 2e | 1e | 2e |
| Participation au gouvernement | oui | non | oui | non | oui | oui | oui | oui | oui |
Représentation au sein du gouvernement marocain[modifier]
Arrivé deuxième lors des dernières élections législatives de 2011, le parti compte six portefeuilles sur les trente-et-un constituant l'actuel gouvernement :
- Nizar Baraka, ministre de l'Économie et des Finances.
- Mohamed El Ouafa, ministre de l'Éducation nationale.
- Fouad Douiri, ministre de l'Énergie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement.
- Abdessamad Qaiouh, ministre de l'Artisanat.
- Abdellatif Maâzouz, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé des Marocains résidant à l'étranger.
- Youssef Amrani, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.
Notes et références[modifier]
- [PDF] « Arrêté du ministre de l'Intérieur no 2914-11 du 30 kaada 1432 (28 octobre 2011) fixant les symboles attribués aux listes de candidatures ou aux candidats appartenant aux partis politiques », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5992, 3 novembre 2011, p. 2386-2387 [texte intégral]
- L’Istiqlal prêt pour le grand lifting, Le Soir Échos, 05/06/2012
- Parti de l'Istiqlal : Hamid Chabat succède à Abbas El Fassi, Le Matin, 24/09/2012
Bibliographie[modifier]
- Issa Babana El Alaoui, la Dimension d'un Roi Hassan II, Ed. Fabert, Paris, 1999
- Issa Babana El Alaoui, Mohammed V, un Souverain d'exception, Ed. El qoba Zarqa, Marrakech, 2005