Parti de l'Istiqlal

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Parti de l'Istiqlal
حزب الإستقلال
Image illustrative de l'article Parti de l'Istiqlal
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Abdelhamid Chabat
(depuis le 23 septembre 2012)
Fondation Création du Comité d'action marocain par Allal Fassi en 1934, la dénomination Istiqlal est définitivement adoptée le 10 décembre 1943
par Ahmed Balafrej & les 58 signataires du manifeste de l'indépendance
Siège 4, rue Ibn Toumert, Rabat
Presse écrite Arabe : Al Alam
Français : L'Opinion
Symbole Balance[1]
Idéologie Conservatisme
Nationalisme
Affiliation internationale Internationale démocrate centriste
Couleurs rose, blanc
Site web www.partidelistiqlal.org/
Représentation
Représentants
60 / 395
Conseillers
55 / 270
Ministres
0 / 39

Le Parti de l'Istiqlal (PI ; en arabe حزب الإستقلال, en français, « Parti de l'indépendance ») est le premier parti politique marocain, fondé pour obtenir l'Indépendance étatique du Maroc, et remplacer le protectorat colonial français par une monarchie constitutionnelle.

La dénomination Istiqlal date de 1934, après la fondation du Comité d'action marocain par Allal Fassi. Le parti prend officiellement le nom de "Parti de l'Istiqlal le 10 décembre 1943 sous l'impulsion d'Ahmed Balafrej, qui en est le secrétaire général fondateur, auquel succèderont Allal El Fassi qui prend le titre de « Zaim », puis M'hamed Boucetta, Abbas El Fassi et Abdelhamid Chabat.

Reconstruit au sortir de la seconde guerre mondiale par les vétérans de l'agitation nationaliste des vingt précédentes années, il est l'artisan de l'Indépendance du Maroc alors sous protectorat français. Parti nationaliste défenseur de l'Islam et du « Grand Maroc », il est le moteur principal dans les années 1950 de la réhabilitation d'une monarchie, compromise puis effacée par le protectorat français. Le retour du sultan Mohammed Ben Youssef exilé par les autorités françaises du Protectorat du Maroc est une des conditions qu'il pose en préalable à toute négociation avec la puissance occupante. La féroce répression exercée par les ultras coloniaux de 1952 à 1955 emprisonnant ou forçant à l'exil l'intégralité de ses cadres, laisse une situation intérieure de violence incontrôlable qui oblige rapidement l'occupant colonial à négocier les termes de son retrait. En 1956, il constitue le soutien principal bien que remuant du premier gouvernement marocain post-colonial.

Le parti a été le creuset de ceux qui feront après l'Indépendance les figures majeures de l'histoire du Maroc: Balafrej, son fondateur, Allal El Fassi, son idéologue, Ben Barka son organisateur, avant de s'en séparer, et ses généreux financiers qui, au risque de leur faillite personnelle en ont assuré la pérennité (Diouri, ou Laghzaoui).

Historique[modifier | modifier le code]

[2]

Pendant les années 1930-1933, le Maroc connait un important soulèvement généralisés aux campagnes et aux villes. L'objet de ce soulèvement est l'opposition d'une écrasante majorité de la population au Dahir du sultan dit « Dahir berbère ». Ces événements participèrent à faire connaitre de nombreux dirigeants politiques dont les plus éminents sont Allal Fassi, Hassan Ouazzani et Ahmed Balafrej.

C'est en 1934 que le premier parti politique marocain prônant l'Istiqlal ou indépendance est créé. Il s'agit du Comité d'Action Marocain dont les dirigeants sont Allal El Fassi, Mohammed Hassan Ouazzani et Ahmed Balafrej. En 1937 à la suite du départ de Ouazzani, Allal El Fassi, et Ahmed Balafrej créent le parti National pour l'Isqtiqlal, connu sous le nom de Parti national.

Dès 1936-1937 les centres urbains et industriels du pays commencent à connaitre d'importants troubles politiques et manifestations du Mouvement national. À la suite de ces événements Allal El Fassi est exilé au Gabon. Le Parti national est interdit[3],[4].

Le congrès constitutif clandestin du parti de l'Istiqlal (Indépendance) a lieu le 18 décembre 1943 à Rabat. Ahmed Balafrej, amnistié par le nouveau gouvernement gaulliste né du débarquement anglo-américain de 1942, s'attache pendant cette année 1943 à rassembler les anciens cadres dirigeants du « Parti national », parti interdit en 1937. Surmontant divergences d'ordre souvent personnelles et obstacles organisationnels, le parti s'organise de manière verticale autour d'un secrétariat exécutif clandestin de quatre membres, dont Balafrej, nommé secrétaire général, fait partie, et de sections régionales à l'autonomie assez large regroupant les cellules locales de dix à quinze membres.

La plus importante manifestation officielle du Parti fût la diffusion publique du Manifeste de l'Indépendance le 11 janvier 1944, véritable programme du Parti, rédigé en étroite et clandestine collaboration avec le sultan Mohamed V, dont la teneur est simple: aucune négociation avec l'occupant colonial sans au préalable l'abolition du traité de protectorat, indépendance du Maroc rétablissant l'autorité du roi Mohammed V dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle aux institutions dignes d'un État moderne.

Depuis cette date, l'action du parti de l'Istiqlal s'articule autour de trois axes fondamentaux: la défense de la légitimité, le défense de l'unité, la défense de la liberté.

La défense de la légitimité s'est manifestée tant par une campagne diplomatique auprès des instances internationales dès 1952, menée par Balafrej, pour exig l'indépendance du Maroc, que l'appel à la solidarité arabe et islamique que Allal El Fassi lance du Caire le 20 août 1953. Elle s'est également traduite dans le combat mené par le parti de l'Istiqlal pour doter le pays d'une constitution démocratique (deuxième objectif du Manifeste du 11 janvier 1944), et finalement dans sa lutte pour la tenue d'élections libres et transparentes de façon à offrir au pays des institutions politiques crédibles et efficaces.

L'unité constitue également un objectif déclaré et permanent du parti de l'Istiqlal, objectif intimement lié à la lutte pour l'indépendance du Maroc qui ne pouvait se concevoir en dehors d'une large unité territoriale. Aussi, le parti a-t-il d'abord rejeté le découpage territorial établi par le Protectorat. Il a ensuite œuvré pour la récupération de l'ensemble des territoires marocains (appel de Allal El Fassi du 25 mars 1956), qu'ils soient du sud (Sidi Ifni, Tarfaya, Sahara occidental) ou encore du nord (Ceuta et Melilla et les îles méditerranéennes). Le parti de l'Istiqlal a également œuvré en faveur de l'unité de la nation marocaine en défendant "l'humanisme marocain" qui vise à sauvegarder l'identité nationale dans sa diversité culturelle (arabe, amazigh et africaine), et en luttant contre toutes formes de communautarisme. Il a également milité pour l'unité du mouvement national, lors de sa lutte pour l'indépendance, et pour l'unité des forces démocratiques à travers la création de la Koutla nationale en 1970 puis de la Koutla démocratique en 1992.

Enfin, la lutte pour la liberté a toujours constitué le point nodal du projet de l'Istiqlal. Ainsi en a-t-il été, concernant la garantie des libertés individuelles (promulgation du Dahir du 15 novembre 1958 relatif aux libertés publiques sous le gouvernement Balafrej), ou s'agissant du respect des droits de l'homme dans le monde arabe en 1971), ou encore de la défense de la liberté économique (promotion de l'initiative privée dans le cadre d'une économie mixte), mais également en ce qui concerne la libération des citoyens de l'analphabétisme, du chômage, de la pauvreté, de l'exclusion ainsi que la promotion des droits de la femme et de la famille (code du statut personnel, code de la famille…) qui constituent ainsi des préoccupations constantes dans l'action du parti.

À la suite de l'accession du Maroc à l'indépendance, l'Istiqlal, appelé à former un gouvernement, est aux prises à des querelles intestines, qui mènent à une scission, en 1960 : l'aile gauche de Mehdi Ben Barka se sépare alors du parti pour former l'UNFP, tandis que l'aile droite d'El Fassi et de Balafrej garde le nom d'Istiqlal. Écarté du pouvoir en 1963, l'Istiqlal constitue un Front national, avec l'UNFP, pour donner davantage de poids à l'opposition politique. Le parti participe au gouvernement d'Ahmed Osman, devenant ainsi le second parti marocain.

En juin 2012, après la renonce de Adil Douiri à sa candidature, Abdelouahed El Fassi est devenu le seul candidat au poste du secrétaire général de l'Istiqlal[2]. Lors de la tenue du XVIe congrès national du parti fin juin 2012, Abdelhamid Chabat, maire-député de Fès, exprime son intention de se présenter à la présidence du parti, ceci pousse le comité exécutif à reporter l'élection du secrétaire général au 23 septembre 2012. C'est finalement Abdelhamid Chabat qui remporte la présidence du parti et succède à Abbas El Fassi, en recueillant 478 suffrages contre 458 à son rival Abdelouahed El Fassi[3].

Le 12 mai 2013, le conseil national du parti de l'Istiqlal annonce son retrait de la coalition gouvernementale à la suite d'une réunion extraordinaire tenue à Rabat. Le début de cette crise politique commence en effet en septembre 2012, à la suite de l'élection de Abdelhamid Chabat à la tête du parti, il critique alors publiquement le bilan gouvernemental et appelle au retrait de ses six ministres partisans du gouvernement. Le roi, alors en voyage privé en France, depuis le 10 mai, obtient néanmoins, par téléphone, un ajournement de la décision des instances dirigeantes de l'Istiqlal[4]. Le 9 juillet 2013, cinq des six ministres istiqlaliens déposent officiellement leur démission au chef gouvernement[5], seul Mohamed Louafa refuse de mettre à exécution la décision de retrait du gouvernement prise par son parti et maintient son portefeuille à l'Éducation nationale[6], il est écarté par conséquent de son parti le 18 juillet 2013[7]. Le 15 juillet 2013, le parti déclare son passage à l'opposition et son rapprochement de l'Union socialiste des forces populaires (USFP)[8].

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

Représentation législative[modifier | modifier le code]

Évolution de l'Istiqlal depuis sa création en 1943
Législatures 1963 1970 1977 1984 1993 1997 2002 2007 2011 2011
Nombre de sièges 41/144 8/240 51/264 41/306 52/333 32/325 48/325 52/325 60/395 60/395
Rang 2e 3e 2e 4e 4e 2e 2e 1re 2e 2e
Participation au gouvernement oui non oui non oui oui oui oui oui non après retrait en juillet 2013

Représentation au sein du gouvernement marocain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Benkirane.

Arrivé deuxième lors des dernières élections législatives de 2011, le parti comptait six portefeuilles sur les trente-et-un constituant l'actuel gouvernement, avant de le quitter le 9 juillet 2013 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Arrêté du ministre de l'Intérieur no 2914-11 du 30 kaada 1432 (28 octobre 2011) fixant les symboles attribués aux listes de candidatures ou aux candidats appartenant aux partis politiques », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5992,‎ 3 novembre 2011, p. 2386-2387 (lire en ligne)
  2. a et b L’Istiqlal prêt pour le grand lifting, Le Soir Échos, 05/06/2012
  3. a et b Parti de l'Istiqlal : Hamid Chabat succède à Abbas El Fassi, Le Matin, 24/09/2012
  4. a et b La vie éco, « Crise de la majorité : qui sera le grand perdant ? », Ecopress.com,‎ 28 mai 2013
  5. Maroc: démission officielle des ministres de l'Istiqlal, rfi.fr, 10/07/2013
  6. Le Secrétariat général de l’Istiqlal suspend Mohamed El Ouafa de ses fonctions partisanes, lopinion.ma, 12/07/2013
  7. Mohamed Louafa, l’homme qui voulait rester ministre , libe.ma, 18/07/2013
  8. Istiqlal-USFP :Vers une alliance dans l'opposition, aufaitmaroc.com, 16/07/2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Issa Babana El Alaoui, la Dimension d'un Roi Hassan II, Ed. Fabert, Paris, 1999
  • Issa Babana El Alaoui, Mohammed V, un Souverain d'exception, Ed. El qoba Zarqa, Marrakech, 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]