Parti d'action nationaliste

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Milliyetçi Hareket Partisi
Image illustrative de l'article Parti d'action nationaliste
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Présentation
Leader Devlet Bahçeli
Fondation 8 février 1969
24 janvier 1993
Siège 128 Avenue Ceyhun Atıf Kansu, Balgat, Ankara
Députés
52 / 550
Municipalités (2009)
506 / 2 919
Idéologie nationalisme, conservatisme, idéalisme, laïcité, panturquisme[1]
Couleurs rouge, blanc
Site web www.mhp.org.tr

Le Parti d’action nationaliste ou (Milliyetçi Hareket Partisi ou MHP en turc) est un parti politique turc, d'idéologie nationaliste-idéaliste, fondé en 1969 par Alparslan Türkeş.

Après avoir été au gouvernement de 1999 à 2002 au cours de la coalition avec le DSP de Bülent Ecevit et l'ANAP de Mesut Yılmaz, le parti quitte le parlement turc avant de le réintégrer lors des élections de 2007 avec 71 députés.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation du parti[modifier | modifier le code]

Le MHP tient ses racines d'un ancien parti nationaliste, le Cumhuriyetçi Köylü Millet Partisi (« Parti national républicain et paysan » en français), qui change de nom le 9 février 1969 au cours d'un congrès se déroulant dans la ville d'Adana ; l'ancien emblème du parti, la Balance de Thémis, est également remplacé par les trois croissants sur un fond rouge, alors que l'emblème de la section des jeunes du MHP devient un loup entouré par un croissant sur fond rouge. Alparslan Türkeş, fondateur du MHP, définit les « neuf lumières » (Dokuz Işık en turc) de la doctrine du parti : nationalisme, idéalisme, moralisme, socialisme, scientisme, paysanisme[Quoi ?], libéralisme, réformisme et industrisme[Quoi ?].

De 1969 jusqu'à son interdiction (1980)[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1973, le parti n'obtient pas les résultats espérés. Les différents revers subis lors des élections législatives de 1969 et de 1973 (respectivement 3,02 % et 3,38 %) ont été imputés à la politique panturquiste défendue par Alparslan Türkeş, qui n'a pas trouvé d'écho dans la société turque[2]. De plus, Alparslan Türkeş est le colonel qui a annoncé à la radio turque le début du coup d'État militaire de 1960 qui aura pour conséquence la mort par pendaison d'Adnan Menderes, premier ministre à l'époque, et très apprécié des turcs.

Le Milli Selamet Partisi de Necmettin Erbakan et le Demokratik Parti de Ferruh Bozbeyli régnaient alors sur la scène politique de l'époque avec une idéologie conservatrice musulmane ; Alparslan Türkeş décide alors de s'éloigner des idées de Nihal Atsız, c'est-à-dire un nationalisme turc laïc, et de se rapprocher d'une politique qu'il décrira comme « le corps de notre politique est le nationalisme turc, et son âme est l'Islam ». Ce nationalisme « Islam-Turc » a permis au parti de s'ouvrir à l'Anatolie conservatrice. Le MHP récolte les fruits de cette nouvelle politique lors des élections législatives et municipales de 1977 au cours desquelles le parti multiplie par deux ses scores des précédentes élections. Sa politique conservatrice va également lui permettre de s'implanter dans des villes où les minorités kurdes et zazas sont importantes, et remporter par la même occasion la mairie de Bingöl en présentant un candidat d'origine kurde[2].

Durant son interdiction (1981-1993)[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État de 1980, suite à un arrêté publié le 16 octobre 1981, le MHP est interdit comme tous les autres partis politiques du pays. Le 7 juillet 1983, les cadres du parti décident de fonder le Muhafazakâr Parti (« Parti conservateur » en français) qui prendra le nom de Milliyetçi Çalışma Partisi (« Parti nationaliste et travailliste » en français) en novembre 1985.

La renaissance du MHP (1993)[modifier | modifier le code]

Le 27 décembre 1992, et malgré l'avertissement de certains cadres du Milliyetçi Çalışma Partisi, le parti se dissout et reprend le nom de Milliyetçi Hareket Partisi le 24 janvier 1993 lors d'un congrès.

Emblème[modifier | modifier le code]

L'emblème, proche du drapeau ottoman de 1517 à 1844[réf. souhaitée], représente trois croissants sur un fond rouge. Un signe de ralliement des membres du MHP et en général des Loups gris est un signe de la main, où l'index et l'auriculaire sont levés, les autres doigts se rejoignant vers l'avant, pour former la tête d'un loup.

Scores aux élections[modifier | modifier le code]

Bureaux du MHP à Iğdır
Score aux élections législatives
date vote (nombre) vote (%) nombre de députés
12 octobre 1969 274 225 3,02 % 1/450
14 octobre 1973 362 208 3,38 % 3/450
5 juin 1977 951 544 6,42 % 16/450
24 décembre 1995 2 301 343 8,18 % 0/550
17 avril 1999 5 606 634 17,98 % 129/550
3 novembre 2002 2 629 808 8,35 % 0/550
22 juillet 2007 5 001 869 14,27 % 71/550
12 juin 2011 5 585 513 13,01 % 53/550
Score aux élections municipales
date vote (nombre) vote (%) nombre de mairie
9 décembre 1973 133 089 1,33 %
11 décembre 1977 819 136 6,62 %
27 mars 1994 2 239 117 7,95 % 118
18 avril 1999 5 401 597 17,17 % 499
28 mars 2004 3 372 249 10,45 % 248
29 mars 2009 6 683 600 16,27 % 490

Possibles relations[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui le MHP n'est officiellement impliqué dans aucune procédure montrant ses relations avec les services turcs (MIT) ou les services secrets étrangers (CIA, Mossad), mais le fait que beaucoup de criminels des années 1980 (tels Abdullah Çatlı, Mehmet Ali Ağca, Haluk Kirci et Oral Çelik) soient issus de leur milieu (Ülkü Ocaklari) montre qu'il y a une possible relation.

En 1978, l'adjoint du Procureur d'Ankara, Doğan Öz avait préparé un rapport sur les relations entre MHP et les services secrets, et avait pour intention d'ouvrir un procès dans les mois suivants. Doğan Öz a été assassiné par Ibrahim Çiftçi, alors qu'il montait dans sa voiture. Par conséquent le procès n'avait pas pu être ouvert et sa femme S.Öz avait remis ce fameux rapport au Premier ministre de l'époque ; Bülent Ecevit.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]