Parti démocratique de Côte d'Ivoire

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Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA)
Image illustrative de l'article Parti démocratique de Côte d'Ivoire
Logo officiel
Présentation
Président Henri Konan Bédié
Fondation
Siège Treichville (Abidjan), immeuble Étoile du Sud
Idéologie Libéralisme, conservatisme, houphouëtisme, radicalisme
Affiliation internationale Rassemblement démocratique africain (RDA)
Couleurs orange, vert
Site web pdcirda.org
Assemblée nationale Assemblée nationale
Représentation
Députés
77 / 255

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ancien parti politique communiste français pour « l’émancipation du peuple noir »[1] dans l’Union française de 1946 à 1958 puis dans la Communauté française, est depuis le un parti politique de Côte d’Ivoire de droite et de centre-droit d’inspiration libérale. Le PDCI est membre du Rassemblement démocratique africain depuis sa création par Félix Houphouët-Boigny en 1946, succédant au Syndicat agricole africain (SAA).

Il est le parti unique depuis l’indépendance en 1960 jusqu’en 1990, dirigé par le président Houphouët-Boigny. Il reste au pouvoir après les premières élections multipartistes, organisées en 1990. Après sa mort, Félix Houphouët-Boigny, est remplacé par Henri Konan Bédié en 1993. Après une campagne électorale féroce et des débats juridiques, et à la suite du coup d’État militaire dirigé par le général Robert Guéï, il est évincé du pouvoir. Aux élections législatives de 2000, il est le premier parti politique du pays, avec 94 sièges sur 225 mais reste un parti d’opposition.

Les organes de presse proches du PDCI-RDA sont : Le Nouveau Réveil, Le Rebond, Le Dialogue et la National Plus — après avoir été longtemps Le Démocrate.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines (XVeXXe siècle)[modifier | modifier le code]

Origine profonde : l’esclavage (XVeXIXe siècle)[modifier | modifier le code]

À l’initiative du prince Henri le Navigateur, les Portugais João de Santarém et Pedro Escobar découvrent le littoral ivoirien en 1470-1471 et jusqu’à la fin du XVIe siècle, les seuls Européens présents sur le littoral ivoirien sont portugais[2]. Ils seront rejoints à la fin du XVIe siècle par les Hollandais, puis au XVIIe siècle par les Français et les Anglais[3],[4]. Dès le XVIe siècle s’établit dans le cadre de la Première mondialisation un commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, mis en place pour assurer la distribution d’esclaves noirs aux colonies du Nouveau Monde (continent américain), pour approvisionner l’Europe en produits de ces colonies et pour fournir à l’Afrique des produits européens et américains. Ainsi s’établit la traite négrière.

Contexte : la colonisation (XIXeXXe siècle)[modifier | modifier le code]

L’abolition de l’esclavage intervient le dans les colonies françaises. Dès lors la France conforte sa puissance économique en réalisant la colonisation d’une majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale. L’autorité française commence à s’instaurer dans l’ensemble du pays au moyen d’un système de quadrillage hiérarchisé qui comprend les villages, les cantons, les subdivisions et les cercles. Elle établit des liens de subordination à travers l’instauration de l’impôt de capitation, la prestation gratuite de travail (travail forcé), le service militaire obligatoire, l’application d’un code de l’indigénat et l’exercice d’une justice indigène[5].

Malgré quelques résistances dans l’Ouest forestier (siège de Daloa en 1906[6], guerre de Bonoua en 1894 et 1895[7],[6], siège de Man en 1908[6], siège de Sémien en 1911)[6] ou chez les Akan du Sud (attaques des postes d’Agboville et d’Adzopé en 1910)[6] en 1920 toutes les rébellions sont vaincues impliquant l’élimination physique de chefs de la résistance et d’importantes populations locales[6].

Une nouvelle économie s’installe progressivement fondée sur l’exploitation des paysans ivoiriens, de 1905 à 1930 se développent des exploitations agricoles privées et notamment des plantations de café et de cacao à partir de 1930.

En dehors du domaine économique, des ivoiriens se mobilisent sur les champs de bataille en Europe et en Afrique du Nord. Puis dès juin 1940 de nombreux volontaires ivoiriens se rangent aux côtés du général Charles de Gaulle dans la Résistance.

Syndicat agricole africain (1944–1946)[modifier | modifier le code]

À la suite des exploitations physiques des ivoiriens dans le cadre de la traite négrière puis de la colonisation, le médecin-planteur Félix Houphouët-Boigny fonde le [8], le Syndicat agricole africain (SAA) dont il devient le président. Regroupant les planteurs africains mécontents de leur sort[9], le SAA, anticolonialiste et antiraciste[10], revendique de meilleures conditions de travail, une hausse des salaires et l’abolition du travail forcé[8]. Le fondateur explique lui-même :

« On parle de la naissance de notre mouvement, le PDCI-RDA. En fait, tout est parti du Syndicat agricole africain. En 1932, je vous l’ai dit, j’étais jeune médecin à Abengourou. Et devant la détresse des cultivateurs de l’Indénié, je me suis permis, avec l’accord du Gouverneur d’alors, Bourgine, d’inviter mes compatriotes à faire la grève de la vente du cacao. J’ai écrit un article de presse intitulé, On nous a trop volés. Cri d’indignation de Felix Houphouet-Boigny  »

Ce syndicat rencontre rapidement le succès et reçoit l’appui de près de 20 000 planteurs[8], ce qui déplait fortement aux colons qui vont jusqu’à porter plainte contre Houphouët[11]. L’écho de ce syndicat est tel qu’il se rend, début 1945, à Dakar pour expliquer la démarche du SAA au gouverneur général de l’AOF, Pierre Cournarie[8].

Après des mois de luttes pour En octobre 1945, Houphouët est projeté sur la scène politique : le gouvernement français organise l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, l’autre les autochtones[8]. Houphouët se présente; grâce à son action syndicale, il est élu au premier tour avec plus de 1 000 voix d’avance[12]. Malgré cette victoire, l’administration coloniale décide d’organiser un second tour, le , qu’il remporte avec 12 980 voix sur 31 081 suffrages exprimés[12].

Période française (1946–1960)[modifier | modifier le code]

Naissance du PDCI et du RDA[modifier | modifier le code]

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, le , l’idée de la reconnaissance du peuple africain au même titre que les citoyens de la métropole émerge dans l’élite africaine constituée entre autres de Félix Houphouet-Boigny, Modibo Keïta ou encore Léopold Sédar Senghor. Alors qu’existe déjà le Parti du Congrès de Jawaharlal Nehru en Inde depuis 1885 ou encore le Néo-Destour en Tunisie depuis 1934, Houphouet-Boigny transforme, avec l’aide des Groupes d’études communistes d’Abidjan, le SAA en Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI)[13]. À la suite du Congrès de Bamako organisé par Houphouet-Boigny et Modibo Keita du 18 au 21 octobre 1946, une fédération de partis politiques africains est fondée, dénommée le Rassemblement démocratique africain (RDA) dont le PDCI fait partie.

Selon le site officiel du PDCI-RDA :

« Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire dit PDCI, né du Syndicat agricole africain de Côte d’Ivoire, fidèle reflet des aspirations profondes de nos masses a pour mission, dans le cadre du Rassemblement Démocratique Africain d’affirmer au niveau de la Côte d’Ivoire la personnalité africaine. Il s’assigne en conséquence pour but de promouvoir une politique de bien-être, de paix, de neutralité absolue et de coopération internationale dans l’égalité, la tolérance, la solidarité et la dignité »

Représentation démocratique[modifier | modifier le code]

Le parti unique (1960–1990)[modifier | modifier le code]

Le PDCI face au multipartisme (1990–2000)[modifier | modifier le code]

Lors de l’élection présidentielle ivoirienne de 1990, le président sortant, Félix Houphouët-Boigny est élu contre Laurent Gbagbo avec 81,68 % des voix. Il décède cependant le . Henri Konan Bédié, président de l’Assemblée nationale, est investi président. Il est élu lors de l’élection présidentielle ivoirienne de 1995 contre Francis Romain Wodié avec 96,44 % des voix. Il met en place le concept d’ivoirité, qui permet d’écarter Alassane Ouattara. Mais, à la suite du mécontentement de la population ivoirienne, il est déposé le par un coup d’État militaire et Robert Guéï prend le pouvoir. Le parti ne pourra pas être représenté à l’élection présidentielle ivoirienne de 2000.

PDCI : nouveau parti d’opposition (depuis 2000)[modifier | modifier le code]

Candidats à l’élection présidentielle depuis 1990[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Son combat est d’abord celui de la libération de l’homme noir, celui de la justice, de la dignité, de la liberté et du Bien-être. » selon le site officiel du PDCI-RDA
  2. Plusieurs fleuves et lieux du littoral ivoirien doivent leur nom à cette époque : San Pedro, Sassandra, Fresco.
  3. Kipré 1992, p. 46–48.
  4. Rougerie 1978, p. 283.
  5. Rougerie 1978, p. 394–395.
  6. a, b, c, d, e et f Kipré 1992, p. 73–74.
  7. Rougerie 1978, p. 291.
  8. a, b, c, d et e Ellenbogen 2002, p. 26–31
  9. Bernard Nantet, « Félix Houphouët-Boigny », dans Encyclopédie Universalis, édition 1999.
  10. « Houphouët-Boigny 1re partie » (9 avril 2005), émission de France-Inter « Rendez vous avec X »
  11. Houphouët, un combat : le parcours politique
  12. a et b Biographies des députés de la IVe République : Félix Houphouët-Boigny, sur le site de l’assemblée nationale française.
  13. Samir Amin et Bernard Nantet, « Côte-d’Ivoire », dans Encyclopédie Universalis, édition 1999.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alice Ellenbogen, La succession d’Houphouët-Boigny : entre tribalisme et démocratie, Paris, L’Harmattan,‎ 2002, 173 p. (ISBN 978-2-7475-2950-1)
  • Pierre Kipré, Histoire de la Côte d'Ivoire, Éditions AMI,‎ 1992
  • Gabriel Rougerie, L'Encyclopédie générale de la Côte d'Ivoire : le milieu et l'histoire, vol. 1, Abidjan, Paris, Nouvelles éditions africaines,‎ 1978 (ISBN 2-7236-0542-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]