Parti communiste de l'Union soviétique

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Parti communiste
de l'Union soviétique
(ru) Коммунисти́ческая па́ртия Сове́тского Сою́за
Image illustrative de l'article Parti communiste de l'Union soviétique
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Présentation
Fondateur Vladimir Ilitch Lénine
Fondation POSDR (1898-1903)
POSDR(b) (1903-1918)
PCR(b) (1918-1925)
PCP(b) (1925-1952)
PCUS (1952-1991)
Disparition 29 août 1991
Siège Moscou, Drapeau de l'URSS Union soviétique
Devise « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »
Organisation de jeunesse Komsomol,
Pionniers
Journal officiel Pravda
Idéologie Communisme,
Socialisme,
Marxisme, puis
Marxisme-léninisme,
Patriotisme,
Stalinisme (jusqu'en 1956)
Affiliation internationale 1919-1943 : Internationale communiste
1947-1956 : Kominform
Adhérents 19 487 822 (1989)
Couleurs Rouge
Représentation
Députés (1989)
1 957 / 2 250

Le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) (en russe : Коммунисти́ческая па́ртия Сове́тского Сою́за ou КПСС) était le seul parti politique autorisé dans l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) entre 1925 et 1989.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

En mars 1898 à Minsk, un congrès qui rassemble neuf délégués[1] issus d'« Unions de lutte » de plusieurs villes de l'Empire russe (Pétersbourg, Moscou, Kiev, Iekaterinoslav) ainsi que du Bund fonde le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR)[2]. Vladimir Oulianov, futur Lénine, alors en exil à Chouchenskoié en Sibérie, ne peut assister à la réunion fondatrice. Le comité central élu lors du congrès est rapidement arrêté. Cette réunion est considérée comme le « premier congrès » du Parti.

En 1903, le congrès se tient d'abord à Bruxelles, puis doit déménager à Londres, à la suite à de pressions diplomatiques russes : c'est pourquoi il est appelé le « congrès de Bruxelles-Londres ». Le parti se divise entre bolcheviks (c’est-à-dire « majoritaires»), partisan de l'action violente, et mencheviks (« minoritaires »), plus modérés ; le désaccord ira croissant et le clivage s'accentue jusqu'à la Révolution. En janvier 1912, le parti bolchevik se constitue en « Parti ouvrier social-démocrate (bolchevik) de Russie».

Au cours de la révolution russe, le parti bolchevique prend le pouvoir politique lors de l’insurrection du 7 novembre 1917. Il prend le nom de « Parti communiste (bolchevik) de Russie » en mars 1918. Le droit de fraction est interdit en 1921, des courants minoritaires continuent à exister (Opposition de gauche de Léon Trotski, etc.) mais leurs militants sont progressivement exclus et réprimés.

L'Union soviétique[modifier | modifier le code]

L'Union soviétique est proclamée en décembre 1922. En 1923, le parti devient officiellement le seul parti légal. Il devient le « Parti communiste (bolchevik) de l’URSS » en décembre 1925, et enfin le PCUS en octobre 1952[3]. Le PCUS détenait l'ensemble du pouvoir économique et exerçait une dictature de parti unique, jusqu'en 1989 où les partis politiques ont été autorisés.

Le média principal du PCUS était la Pravda. La jeunesse communiste était organisée dans le Komsomol.

En août 1991, le Comité d'État pour l'état d'urgence (Государственный Комитет по Чрезвычайному Положению, ГКЧП, prononcé « GuéKaTchéPé »), un comité composé de certains hauts fonctionnaires du Parti, des chefs de l'Armée, du KGB et du Ministère de l'Intérieur, tente et manque un coup d’État contre le président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev. Celui-ci quitte alors la direction du parti. Quelques jours après, par décret du président russe Boris Eltsine, le PCUS est dissout et interdit.

La Russie postsoviétique[modifier | modifier le code]

Après la dissolution du PCUS, les différents partis communistes qui existaient dans 14 des 15 républiques socialistes soviétiques se transforment, pour la plupart, en partis socialistes ou sociaux-démocrates (ceux des anciens membres qui n'adhérèrent pas à cette évolution créèrent des partis fidèles à l'idéologie communiste), tandis que les communistes russes se sont regroupés au sein du Parti communiste de la Fédération de Russie qui se considère comme héritier du PCUS.

Depuis 1993, les anciens partis issus du PCUS, ou qui s'en réclament, constituent une organisation supranationale baptisée l'Union des partis communistes - Parti communiste de l'Union soviétique.

Dénominations du parti[modifier | modifier le code]

Durant son histoire le PCUS prend plusieurs dénominations successives. Les dénominations en russe sont transcrites en alphabet cyrillique et en alphabet latin. Elles sont les suivantes :

  • Parti ouvrier social-démocrate de Russie, POSDR, 1898-1903
Росси́йская Социа́л-Демократи́ческая Рабо́чая Па́ртия, РСДРП
Rossiiskaïa Sotsial-Demokrastitcheskaïa Rabotchaïa Partiia, RSDRP
  • Parti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchevik), POSDR(b), 1903-1918
Росси́йская Социа́л-Демократи́ческая Рабо́чая Па́ртия (большевико́в), РСДРП(б)
Rossiiskaïa Sotsial-demokrastitcheskaïa Rabotchaïa Partiia (bol'chevikov), RSDRP(b)
  • Parti communiste de Russie (bolchevik), PCR(b), 1918-1925
Росси́йская коммунисти́ческая па́ртия (большевико́в), PKП(б)
Rossiiskaïa Kommounistitcheskaïa Partiia (bol'chevikov), RKP(b)
  • Parti communiste pansoviétique (bolchevik), PCP(b), 1925-1952
Всесоюзная коммунистическая партия (большевико́в), ВКП(б)
Vsesoiouznaïa Kommounistitcheskaïa Partiia (bol'chevikov), VKP(b)
  • Parti communiste de l'Union soviétique, PCUS, 1952-1991
Коммунисти́ческая Па́ртия Сове́тского Сою́за, КПСС
Kommounistitcheskaïa Partiia Sovetskogo Soiouza, KPSS

Organisation[modifier | modifier le code]

À la base, les membres du parti était regroupés au sein de leurs lieux de travail (usine, kolkhoze, administration, établissement d'enseignement, , etc.) ou de leurs lieux de résidences (village ou immeuble collectif), dans des organisations primaires dont le nombre était de 414 000 au 1er janvier 1981, et qui nécessitaient un minimum de trois membres actifs pour être constituées. Ces organisations de base, dont la structure interne variait en fonction de ses effectifs, avait pour missions : le recrutement de futurs membres, l'organisation de la propagande et l'agitation de masse, ainsi que le contrôle des administrations locales. L'organe exécutif (comité ou bureau) était élu chaque année à la réunion du compte rendu qui clôturait les activités de l'année passée et se constituait d'un secrétaire assisté de secrétaires adjoints[4].

Au-dessus de ces organisations de base, le parti était organisé dans des cadres territoriaux : ville, arrondissement, région (oblast), république socialiste soviétique. L'existence de différents partis communistes au sein de chacune des Républiques fédérées (hormis le RSFS de Russie qui ne possédait pas de parti propre, ses membres étant directement affiliés au PCUS) donnait au parti une structure de type fédérale[4].

Au sommet, de cette pyramide les structures étaient supervisées par des organes de décision qui étaient (en 1989) :

Congrès du PCUS
Le rassemblement des délégués du Parti se tient tous les cinq ans à la fin de la période. Officiellement, c'est l’instance suprême du Parti.
Comité central du PCUS
Institution centrale dirigeante du Parti entre chaque congrès. Il conduit la politique quotidienne du parti et du gouvernement. Du Comité central émanent le Politburo et le Secrétariat, organes dirigeants.
Politburo du Comité central du PCUS
Le Bureau politique - ou Politburo - du Comité central est le centre exécutif du PCUS.
Secrétariat du Comité central du PCUS
Institution de direction du Comité central. Il est présidé par le Secrétaire général ou le Premier secrétaire. Sous Staline, le Secrétariat est devenu un organe décisionnel.

Dirigeants du PCUS[modifier | modifier le code]

Secrétariat[modifier | modifier le code]

nom du au poste
Vladimir Ilitch Oulianov « Lénine » 26 octobre 1917 3 avril 1922 Président du Conseil des Commissaires du Peuple (Sovnarkom),
dirigeant informel des bolcheviks, jusqu’à la création du poste de secrétaire général du parti
Joseph Vissarionovich Djougachvili « Staline » 3 avril 1922 16 octobre 1952 [5] secrétaire général
Gueorgui Malenkov 5 mars 1953 14 mars 1953 secrétaire, par intérim
Nikita Khrouchtchev 14 mars 1953 14 octobre 1964 Secrétaire, par intérim, jusqu’au 13 septembre 1953,
puis premier secrétaire
Léonid Brejnev 14 octobre 1964 10 novembre 1982 Premier secrétaire jusqu’au 29 mars 1966,
puis secrétaire général à partir du 8 avril 1966
Iouri Andropov 12 novembre 1982 9 février 1984 secrétaire général
Konstantin Tchernenko 13 février 1984 10 mars 1985 secrétaire général
Mikhaïl Gorbatchev 10 mars 1985 24 août 1991 secrétaire général
Vladimir Ivachko 24 août 1991 29 août 1991 secrétaire, par intérim

Politburo[modifier | modifier le code]

Le Politburo est mis en place en novembre 1917 : c'est cette instance (de cinq membres titulaires dans les premières années) qui dirige le parti, et donc l'État russe. Les premiers titulaires sont Lénine, Kamenev, Trotsky, Staline et Krestinsky. Aucun membre des fractions oppositionnelles du parti (Opposition ouvrière, Groupe du centralisme démocratique (Timofeï Sapronov), Groupe ouvrier de Gabriel Miasnikov) n'a été membre de cette instance. Après la mort de Lénine, les opposants à Staline en sont progressivement exclus : Kamenev en 1925, puis Trotsky et Zinoviev en 1926.

En 1953, 19 de ses 33 membres entrés en fonction jusqu'en 1949 étaient morts dans des circonstances non naturelles. Le premier bureau politique comportait huit membres (cinq titulaires et trois suppléants), seuls deux sont décédés de mort naturelle et en liberté, les six autres ayant été tués par le régime stalinien :

Congrès du PCUS[modifier | modifier le code]

De 1898 à 1907 : Congrès du POSDR.

Num. Date Lieu
1er 1 [14] mars 1898 - 3 [16] mars 1898 Minsk, Empire russe
2e 17 [30] juillet 1903 - 10 [23] août 1903 Bruxelles (Belgique) et Londres (Royaume-Uni)
3e 12 [25] avril 1905 - 27 avril [10 mai] 1905 Londres (Royaume-Uni)
4e 10 [23] avril 1906 - 25 avril [8 mai] 1906 Stockholm (Suède)
5e 30 avril [13 mai] 1907 - 19 mai [1er juin] 1907 Londres (Royaume-Uni)
6e 26 juillet [8 août] 1917 - 3 [16] août 1917 Moscou, Empire russe
7e 6 mars 1918 - 8 mars 1918 Moscou, RSFS de Russie
8e 18 mars 1919 - 23 mars 1919 Moscou, RSFS de Russie
9e 29 mars 1920 - 5 avril 1920 Moscou, RSFS de Russie
10e 8 mars 1921 - 16 mars 1921 Moscou, RSFS de Russie
11e 27 mars 1922 - 2 avril 1922 Moscou, RSFS de Russie
12e 17 avril 1923 - 25 avril 1923 Moscou, URSS
13e 23 mai 1924 - 31 mai 1924 Moscou, URSS
14e 18 décembre 1925 - 31 décembre 1925 Moscou, URSS
15e 2 décembre 1927 - 19 décembre 1927 Moscou, URSS
16e 26 juin 1930 - 13 juillet 1930 Moscou, URSS
17e 26 janvier 1934 - 10 février 1934 Moscou, URSS
18e 10 mars 1939 - 21 mars 1939 Moscou, URSS
19e 5 octobre 1952 - 14 octobre 1952 Moscou, URSS
20e 14 février 1956 - 25 février 1956 Moscou, URSS
21e 27 janvier 1959 - 5 février 1959 Moscou, URSS
22e 17 octobre 1961 - 31 octobre 1961 Moscou, URSS
23e 29 mars 1966 - 8 avril 1966 Moscou, URSS
24e 30 mars 1971 - 9 avril 1971 Moscou, URSS
25e 24 février 1976 - 5 mars 1976 Moscou, URSS
26e 23 février 1981 - 3 mars 1981 Moscou, URSS
27e 25 février 1986 - 6 mars 1986 Moscou, URSS
28e 2 juillet 1990 - 13 juillet 1990 Moscou, URSS

Membres du Parti[modifier | modifier le code]

Carte de membre du PCUS en 1989.

Les procédures d'adhésion au parti sont fixées lors du 23e congrès en 1966. Ainsi, un candidat à l'affiliation devait avoir 18 ans révolus et présenter les recommandations de trois membres actifs du parti qui devaient eux-mêmes être affiliés depuis au moins cinq ans et connaitre le candidat depuis au moins un an dans le cadre d'une activité sociale ou professionnelle commune. De plus, les candidats de moins de 23e ans ne pouvaient adhérer au parti que par l'intermédiaire du Komsomol (l'organisation de la jeunesse communiste) en présentant une recommandation du Comité d'arrondissement ou de ville de l'organisation. Après un « stage » d'une année, l'admission du candidat en tant que membre à part entière du parti se décidait en assemblée plénière de l'organisation de base (la « cellule »), à la majorité des deux tiers des membres présents et rentrait en vigueur après ratification par le Comité d'arrondissement ou de la ville du parti. L'adhésion se faisait nécessairement à titre individuel. Cette période de stage, permettait au candidat de prendre connaissance des programmes et des statuts du parti[6].

Tout manquement à la discipline et à la morale au sein du parti était puni par une échelle de sanctions allant du simple « avertissement » au « blâme sévère avec inscription sur la fiche de contrôle de l'adhérent », en passant par le « blâme », le « blâme sévère » et « blâme avec inscription sur la fiche de contrôle de l'adhérent »[6].

Effectifs du parti (1919-1991)[modifier | modifier le code]

Année Nombre de membres
1919 150 000
1920 611 000
1926 1 080 000
1930 1 600 000
1933 3 500 000
1935 1 900 000
1937 2 300 000
1939 1 900 000
1940 3 400 000
1945 5 760 000
1965 11 700 000
1986 19 000 000

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P.C. (b) de l'U.R.S.S. 1949, p. 25
  2. (en) http://www.marxists.org/archive/zinoviev/works/history/ch01.htm
  3. « (lien) » (version du 8 décembre 2006 sur l'Internet Archive)
  4. a et b Lesage 1983, p. 29
  5. Archie Brown, The Rise and fall of communism, Vintage Books,‎ 2009 (ISBN 978-0061138799), p. 231
  6. a et b Lesage 1983, p. 41

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Histoire du Parti communiste /bolchévik/ de l'U.R.S.S : Précis rédigé par une commission du Comité central du P.C.(b) de l'U.R.S.S, Moscou, Éditions en langues étrangères,‎ 1949 (1re éd. 1938), 408 p.
  • Pierre Broué, Le Parti bolchévique - histoire du PC de l'URSS, Éditions de Minuit, 1963.
  • Boris I. Nicolaevski, Les dirigeants soviétiques et la lutte pour le pouvoir : essai, Paris, Collection : Dossiers des Lettres Nouvelles, Denoël, 1969.
  • Leonard Bertram Schapiro, De Lénine à Staline : Histoire du Parti communiste de l'Union soviétique, Gallimard, 1967, 696 p.
  • Rudolf Schlesinger, History of the Communist Party of the USSR, Past and Present, Bombay, Orient Longman, 1977, 485 p.
  • Michel Lesage, Les institutions soviétiques, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1983, 128 p. (ISBN 978-2-13-037893-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]