Parti communiste d'Italie

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Parti communiste d'Italie
(it) Partito Comunista d’Italia
Image illustrative de l'article Parti communiste d'Italie
Logo officiel
Présentation
Secrétaires généraux Nicola Bombacci
Amadeo Bordiga
Antonio Gramsci
Palmiro Togliatti
Fondation 21 janvier 1921
Disparition 5 novembre 1926
Siège Milan (Italie)
Scission Parti socialiste italien
Parti successeur Parti communiste italien
Journal officiel L'Unità
Idéologie Communisme, marxisme
Affiliation internationale Komintern
Couleurs Rouge
Représentation
Députés (1924)
19 / 535
Détail de la première carte du PCd'I, 1921.

Le Parti communiste d'Italie (Partito Comunista d’Italia en italien) est un parti politique italien qui a existé pendant cinq ans, de 1921 à 1926. Bien que son expérience politique fasse partie de l'histoire du Parti communiste italien avec lequel parfois on le confond, il fut une entité différente.

Mis hors la loi par le régime fasciste italien de Benito Mussolini, son existence cessa lors du congrès clandestin de Lyon (1926), l'organisation en exil continua sous l'autre dénomination (Parti communiste italien) sous la direction d'un groupe qui se référait à Moscou.

La création[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste d'Italie sous l'impulsion déterminante d'Amadeo Bordiga et de la fraction communiste abstentionniste, nait à Livourne le 21 janvier 1921 de la scission du Parti socialiste italien à cause de la fraction communiste qui s'est formée en son sein deux ans auparavant mais dont les origines remonte à 1912. La fraction avait déjà adhéré à la Troisième Internationale, scission communiste née en 1919 de la Deuxième Internationale, lors du deuxième congrès à Saint-Pétersbourg au cours duquel elle participe à la rédaction des règles d'admissions.

La scission est provoquée par le refus du congrès de Livourne d'expulser du parti la composante réformiste comme le demande le IIe congrès de l'internationale communiste. Le groupe turinois l'Ordine Nuovo adhère au nouveau parti ainsi que le courant « culturaliste » mené par Antonio Gramsci et Angelo Tasca.

À peine plus d'un ans après, le PSI se scinde une nouvelle fois ce qui fait sortir le courant réformateur pour donner naissance à un nouveau parti, le Parti socialiste unitaire. Après quoi, en 1923, il y a des tentatives de réunification entre ce qui reste du PSI et le PCd'I qui n'aboutissent pas en raison de la répression du régime fasciste et des résistances des courants extrêmes à l'intérieur de chaque parti. Seul un groupe dénommé « dei terzini » entre dans le nouveau parti après avoir reconnu le rôle de l'Internationale et dont le chef est Fabrizio Maffi.

Le nom du parti[modifier | modifier le code]

L'Internationale communiste est à l'époque structurée, selon une conception soutenue par Lénine, comme parti unique mondial, d'où la dénomination complète de « Parti communiste d'Italie, section de l'Internationale communiste ».

Cette dénomination perdure jusqu'en 1943, quand est dissoute l'Internationale communiste, mais au moins depuis 1924-1925 la dénomination PCI apparaît dans les documents du nouveau parti. La nouvelle dénomination avec l'adjectif national apparaît en particulier après la mort de Lénine, car les partis deviennent une fédération de partis communistes nationaux.

Le programme[modifier | modifier le code]

N'étant qu'une section territoriale de l'Internationale communiste, le PCd'I adopte le même programme, la même conception du parti et la même tactique adoptée au IIe congrès de Moscou (1920). Le programme officiel, rédigé en dix points, débute par celui de la nature intrinsèquement catastrophique du système capitaliste et termine par celui de l'extinction de l'État. Il est calqué sur le modèle que Lénine a ébauché pour le parti russe.

Les dix points qui constituent le programme officiel du Parti communiste d'Italie

  1. Dans l'actuel régime capitaliste se développe un contraste toujours plus important entre les forces productives et les rapports de production, donnant naissance à l'antithèse des intérêts et à la lutte des classes entre le prolétariat et la bourgeoisie dominante.
  2. Les actuels rapports de production sont protégés par le pouvoir de l'État bourgeois, qui créé sur le système représentatif de la démocratie, constitue l'organe pour la défense des intérêts de la classe capitaliste.
  3. Le prolétariat ne peut briser, ni modifier le système des rapports capitalistes de production d'où dérive son exploitation, sans l'abattement violent du pouvoir bourgeois.
  4. L'organe indispensable de la lutte révolutionnaire du prolétariat est le parti politique de classe. Le Parti Communiste, en réunissant en soi la partie la plus avancée et consciente du prolétariat, unit les forces des masses travailleuses, il a le rôle de diffuser dans les masses la conscience révolutionnaire et de diriger dans le déroulement de la lutte le prolétariat.
  5. La guerre mondiale, causée par les incurables contradictions du système capitaliste qui produisirent l'impérialisme moderne, a ouvert la crise de désintégration du capitalisme dans laquelle la lutte de classe ne peut que se résoudre en un conflit armé entre les masses travailleuses et le pouvoir des États bourgeois.
  6. Après la destruction du pouvoir bourgeois, le prolétariat ne peut s'organiser en classe dominante qu'avec la destruction de l'appareil social bourgeois et avec l'instauration de sa propre dictature, c'est-à-dire en basant la représentation élective de l'État sur la seule classe productive et en excluant de tout droit politique la classe bourgeoise.
  7. La forme de représentation politique de l'État prolétarien est le système des conseils de travailleurs, ouvriers et paysans, présents dans la révolution russe, commencement de la révolution prolétarienne et première réalisation stable de la dictature prolétarienne.
  8. La nécessaire défense de l'État prolétarien contre toutes les tentatives contre-révolutionnaires peut être garantie seulement en enlevant à la bourgeoisie et aux partis adversaires à la dictature prolétarienne tous moyens d'agitation et de propagande politique, et avec les organisations armées du prolétariat pour repousser les attaques internes et externes.
  9. Seul l'État prolétarien pourra prendre toutes les mesures nécessaires à l'intervention dans les rapports de l'économie sociale qui permettrons le remplacement du système capitaliste par la gestion collective de la production et de la distribution.
  10. Par effet de cette transformation économique et des transformations résultantes dans toutes les activités de la vie sociale, la division de la société en classe s'éliminant, la nécessité de l'État politique s'éliminera aussi, l'engrenage de celui-ci se réduira progressivement à celui de la rationnelle administration des activités humaines.

Un nouveau concept de parti[modifier | modifier le code]

Dans deux articles de 1921, un concept est développé qui affirme que l'organe du parti n'est pas une simple partie de la classe prolétarienne mais une structure au delà des classes, déjà adapté à une société sans classe. La révolution n'est pas un problème de forme d'organisation mais de force. Du point de vue de l'organisation, le parti devrait abandonner la démocratie élective, la hiérarchie interne, et fonctionner « organiquement » comme un organisme biologique, à savoir une cellule et des organes différenciés qui participent ensemble à un tout.

Dans les premières années de la vie du PCd'I, il n'y a pas de « secrétaire », le chef reconnu, par la fraction et le parti, est Amadeo Bordiga (courant de gauche). À la tête des courants minoritaires, il y a Angelo Tasca (droite) et Antonio Gramsci (centre).

Les forces[modifier | modifier le code]

En 1922, au second congrès, le parti recense 43 000 inscrits, notamment après l'arrivée de la Fédération de la jeunesse socialiste qui sort du PSI presque au complet. Le parti adopte une structure souple, composé d'un Comité centrale de seize membres :

La droite de Tasca n'est pas représentée alors que du centre il reste seulement Gramsci, compte tenu que l'autre représentant de l'Ordine Nuovo, Terracini, est classé dans la gauche. La structure de base est composée de fédérations provinciales, sections locales, groupes syndicaux et organisation clandestine (Ufficio Primo) pour la lutte contre les bandes armées fascistes. Selon le rapport du Comité central du IIe congrès (1922), lors des votes dans les chambres du travail, les motions présentées par les communistes récoltent presque 600 000 voix.

Organes de presse du PCd'I :

Organes de presse avec diffusion régionale :

Le tournant bolchévique[modifier | modifier le code]

En 1923 plusieurs responsables du parti, dont Amadeo Bordiga, sont arrêtés par la police et jugés pour complot contre l'État. En cette occasion, le travail de l'Internationale communiste se mobilise pour révoquer la gauche et confier le parti à la minorité du centre aligné sur les positions de Moscou.

En 1924-1925, l'Internationale communiste lance la campagne de « bolchévisation » qui oblige chaque parti à se conformer à la discipline et aux directives de Moscou. En mai 1924, une conférence clandestine des dirigeants du parti se tient à Côme : sur 45 secrétaires de fédération, 35 dont le secrétaire de la Fédération des jeunesses votent pour la gauche de Bordiga, 4 pour le centre de Gramsci et 5 pour la droite de Tasca.

En 1926, au congrès de Lyon, le centre reçoit presque toutes les voix des congressistes, en l'absence de la plus grande partie des délégués de la gauche dans l'incapacité de se déplacer en raison des contrôles des fascistes et du manque de soutien des mouvements clandestins. Un recours auprès de l'Internationale communiste contre l'évidente manœuvre est sans effet. Le PCd'I comme l'a conçu celle qui va s'appeler la gauche communiste cesse d'exister. L'organisation alignée sur l'Internationale « bolchévisée » continue avec une nouvelle structure et un nouveau groupe de dirigeants.

La gauche communiste continue son action en exil, son organe de presse est Bilan - Bulletin théorique mensuel de la Fraction italienne de la Gauche Communiste.

En 1926, Bordiga et Gramsci sont arrêtés et envoyés en confinement à Ustica. En 1927, Palmiro Togliatti est élu secrétaire à la place de Gramsci qui entre temps a été emprisonné.

En 1930, Bordiga est exclu du Parti avec l'accusation de trotskisme.

En 1943, Staline dissout la IIIe Internationale et les membres du PCd'I en exil à Moscou, lel 15 mai, transforme le nom en Parti communiste italien. Il réapparaît en Italie sous ce nom, et après la chute du fascisme, il devient un parti parlementaire et le premier parti en nombre d'inscrit et de résultats électoraux parmi ceux de la gauche parlementaire italienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) La nascita del Partito Comunista d'Italia (Livorno 1921), ed. L'Internazionale, Milan 1981.
  • (it) La lotta del Partito Comunista d'Italia (Strategia e tattica della rivoluzione, 1921-1922), ed. L'Internazionale, Milan 1984.
  • (it) Il partito decapitato (La sostituzione del gruppo dirigente del P.C.d'It., 1923-24), L'Internazionale, Milan 1988.
  • (it) La liquidazione della sinistra del P.C.d'It. (1925), L'Internazionale, Milan 1991.
  • (it) Partito Comunista d'Italia, Secondo Congresso Nazionale - Relazione del CC, Reprint Feltrinelli, 1922,
  • (it) Paolo Spriano, Storia del Partito Comunista Italiano, vol. I Da Bordiga a Gramsci, Einaudi, 1967.
  • (it) Franco Livorsi, Amadeo Bordiga, Editori Riuniti, 1976.
  • (it) Luigi Cortesi, Le origini del PCI, Laterza 1972.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]