Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste

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Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste
Image illustrative de l'article Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Rahman Hosseinzadeh
Fondation août 2004
Idéologie Communisme-ouvrier
Couleurs rouge
Site web www.hekmatist.com

Le Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste (farsi : حزب کمونیست کارگری ایران-حکمتیست) est un parti politique iranien fondé en 2004. Il se réclame du communisme-ouvrier et, comme son nom l'indique, du marxiste iranien Mansoor Hekmat.

Origines[modifier | modifier le code]

En août 2004, une scission a éclaté au sein du Parti communiste-ouvrier d'Iran, lorsque l'un de ses dirigeants, Koorosh Modaresi, a annoncé qu'il quittait cette organisation[1], dont il était l'un des fondateurs[2]. Ses partisans ont aussitôt annoncé la fondation du Parti communiste-ouvrier d'Iran - hekmatiste (PCOI-H)[3], en référence au théoricien Mansoor Hekmat, décédé deux ans plus tôt. En 2006, il est rejoint par le Conseil révolutionnaire des jeunes socialistes d'Iran, qui prend le nom de Conseil révolutionnaire des socialistes d'Iran - Hekmatiste, conservant son existence autonome au sein du parti[4]. En Irak, le Parti communiste-ouvrier d’Irak et le Parti communiste-ouvrier du Kurdistan sont associés au Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste.

Implantation[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste indique disposer d'un « réseau extensif de militants communistes agissant de Téhéran à Bandar Abbas, Mashad, Isfahan, Shiraz, Tabriz et Sanandaj et autres villes importantes du Kurdistan, et en dehors d'Iran »[5].

Divergences avec le Parti communiste-ouvrier d'Iran[modifier | modifier le code]

Débats préalables à la scission[modifier | modifier le code]

En août 2002, c'est-à-dire juste après la mort de Mansoor Hekmat, Koorosh Modaresi soumet à la direction du Parti communiste-ouvrier d'Iran plusieurs documents de travail dans lesquels il discute des scénarios possibles après la chute de la république islamique d'Iran. Marqué par la désintégration de la société au Liban, en Yougoslavie, en Irak, il craint que ce type de « scénario noir » ne se développe en Iran. Il craint également, en cas de révolution, que les factions hostiles au communistes, notamment la droite monarchiste, les islamistes et les nationalistes Kurdes, qui ont une longue tradition de régler les problèmes politiques armes à la main, ne se livrent à une féroce répression. Tout en proposant, pour y faire face, de transformer le parti en organisation de masse, de développer les mouvements associés (notamment l'Organisation de libération des femmes) et de renforcer les forces armées du parti au Kurdistan. Il admet enfin la possibilité, après la chute du régime islamique - y compris son courant « réformiste » - de proclamer ou de participer à un gouvernement provisoire garantissant les libertés politiques. Il s'agit, pour lui, d'une question de stratégie pour la prise du pouvoir et la révolution socialiste, pas de principes intemporels[1].

En juillet 2003, éclatent d'importantes manifestations en Iran. Au sein du bureau politique, deux lignes s'affrontent. Hamid Taqvaee propose d'avancer le slogan « Vive les conseils ouvriers », tandis que Koorosh Modaresi, qui préside alors le parti, suggère « Vive la liberté ! Vive l'égalité ! A bas la république islamique ! ». Cette seconde ligne va l'emporter et permettre, selon ses partisans, de donner un rôle de premier plan au parti dans les manifestations, en Iran comme à l'étranger[1].

Ce débat se poursuit sur la question des organisations de masse. Contre le slogan « Vive les conseils ouvriers », Koorosh Modaresi argument de l'absence de ceux-ci dans la situation actuelle en Iran, et propose de faire évoluer le parti vers une organisation de masse capable d'influencer la société, plutôt que d'attendre la formation de celle-ci. En effet, Koorosh Modaresi considère qu'en Iran, le parti doit s'emparer du pouvoir au nom de la classe ouvrière, sans attendre d'être majoritaires ou de s'appuyer sur des conseils ouvriers, dans un conception qui se réfère ouvertement à Lénine. Il admet que la prise du pouvoir par les bolcheviks en 1917 est le résultat de l'action d'un minorité, dans une seule ville (Petrograd), dans une société polarisée par les slogans du parti. Pour lui, c'est un trait distinctif du communisme-ouvrier : « Nous n'attendons pas que la révolution arrive. Nous organisons la révolution »[1]. Il reproche donc à la fraction adverse une attitude attentiste, son manque de volontarisme, sa confiance excessive dans sa capacité à influencer la société iranienne par ses médias et particulièrement, par sa télévision[1].

Lors de la préparation du 4ème congrès du parti, Koorosh Modaresi, reconnaissant l'existence d'une lutte pour le leadership du parti, annonce qu'il ne se présentera pas au poste de président, et soutient la candidature de son principal contradicteur, Hamid Taqvaee, espérant par là préserver l'unité du parti. Par là suite, il reprochera celui-ci d'avoir couvert d'une rhétorique « superrévolutionnaire » une absence d'initiatives et d'analyse. Lors de la réunion du 20e plénum du comité central, la crise entre les deux courants s'aggrave. Hamid Taqvaee convoque un 5ème congrès, contre l'avis de la majorité du comité central. C'est ce qui provoque la scission, la faction de Koorosh Modaresi décidant de quitter le parti, entrainant plus de la moitié du comité central. Elle renonce, par ce départ, à réclamer les moyens techniques du parti - notamment la télévision et la radio[1].

Les débats préalables à la scission n'expliquent néanmoins pas totalement celle-ci. Koorosh Modaresi remarque que parmi les membres du nouveau parti, certains désapprouvaient ses orientations de 2003 et inversement[1]. Il suggère par ailleurs que le nombre de militants de part et d'autre serait égal, soit environ 2500 dans chacun des deux partis[1].

Les Gardes de la liberté[modifier | modifier le code]

Logo des Gardes de la liberté

Fin 2005, le Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste s'est doté d'une organisation armée en Iran, les Gardes de la liberté[6]. L’expérience est à mettre en parallèle avec celle des Forces de sûreté du Congrès des libertés en Irak.

Il ne s'agit pas de fonder un nouveau mouvement de guérilla, comme l'était dans les années 1980 Komala, dont bon nombre de dirigeants historiques sont aujourd'hui membres du PCOI-H. Au contraire, c'est une organisation armée clandestine basée dans les quartiers et dans les usines, avec des structures largement décentralisées, visant à l'armement de masse en vue d'une insurrection contre le régime islamique en Iran, ou d’être en mesure d’agir en cas d’invasion américaine.

Tout membre des Gardes de la liberté est de fait membre du PCOI-H, sauf s'il en fait la demande expresse. Cela laisse la possibilité au membre d'autres organisations de gauche d'en faire partie, et un appel a été lancé dans ce sens[7]. Le commandeur militaire des Gardes de la liberté est proposé au bureau politique par le secrétaire général, et travaille sous le contrôle du comité militaire du parti[7]

Koorosh Modaresi[modifier | modifier le code]

Koorosh Modaresi (farsi : کورش مدرسى), né le 4 avril 1951 à Sanandaj, est un homme politique iranien vivant en exil en Grande-Bretagne. Il est secrétaire général du Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste[8].

Koorosh Modaresi a participé au congrès de fondation du Parti communiste d'Iran[9] en 1983, puis fut l'un des quatre membres fondateurs du Parti communiste-ouvrier d'Iran en 1991[10], avant d'organiser la scission qui a menée à la création du Parti communiste-ouvrier d'Iran - Hekmatiste. Il est également membre du comité central du Parti communiste-ouvrier d'Irak[11], selon un principe adopté par les partis communistes-ouvriers d'élire des membres des organisations sœurs dans leurs instances dirigeantes.

En décembre 2009, Interpol a classé Koorosh Modaresi comme terroriste recherché, à la demande du parquet de Sanandaj [12]. Plusieurs organisations, en France et en Europe, protestent contre cette décision[13], en considérant qu'il s'agit d'une volonté de criminaliser l'activité politique, au détriment du droit d'asile.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]