Parler (famille)

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Marques de tâcheron et blasons des membres de la famille Parler.

La famille Parler (tchèque : Parléř) est une famille de tailleurs de pierre, sculpteurs et maîtres d'œuvre originaires de Schwäbisch Gmünd qui a créé ou participé à la création d'œuvres importantes d'art et d'architecture gothiques dans tout l'Europe, parmi lesquels les premiers bustes de la Renaissance, la cathédrale de la Sainte-Croix (de) de Schwäbisch Gmünd, la cathédrale Saint-Guy de Prague et le Pont Charles de Prague, l'église Saint-Sébald de Nuremberg, l'église Sainte-Barbe de Kutná Hora en République tchèque, la tour de l'Hôtel de Ville à Cracovie, la cathédrale d'Ulm, la cathédrale Notre-Dame de Fribourg et la cathédrale de Bâle. L'influence de leur œuvre est considérable, et on parle de l'apport du style « parlérien » en Souabe, en Bohême ou à Strasbourg[1].


La famille[modifier | modifier le code]

Tous les membres de la famille ne sont pas identifiés avec certitude par manque de documents écrits[1], et les rapports de parenté ne sont pas toujours clairs. Les Parlier utilisent, comme signe d'identification ou marque de tâcheron une ligne brisée, parfois doublée, formée de deux équerres, appelé le « Parlerhaken » (le « crochet de Parler »)[1].

Le premier membre connu de la famille Parler[1] est Heinrich Parler l'Ancien (de) (1), aussi appelé Heinrich von Gmünd der Ältere (vers 1300–1387), d'ailleurs peut-être originaire de Cologne. Il a dirigé la construction de la Cathédrale de la Sainte-Croix de Schwäbisch Gmünd. Une inscription sur le buste de Peter Parler dans le triforium de la cathédrale de Prague, datant de 1378-1380 le nomme « de colonia magister de gemunden in suevia », donc il est peut être originaire ou avoir travaillé à Cologne ou à Gmünd.

Les représentants les plus importants de la famille sont ses fils Johann et Peter. Le premier, Johann Parler l'Ancien (de), appelé Johann von Gmünd (2), est maître d'œuvre à la cathédrale de Fribourg depuis 1354, et à la cathédrale de Bâle depuis 1356. Deux autres membres de la famille sont peut-être ses fils ; il s'agit de Michael (3), maître d'œuvre à la cathédrale de Strasbourg, et de Heinrich (4), architecte du margrave Jobst de Moravie. Tous deux s'appelaient autant « von Freiburg » que « von Gmünd » et avaient des sceaux presque identiques.

L'autre fils de Heinrich Parler l'Ancien, le plus connu peut-être est Peter Parler (5), qui est l'architecte de la cathédrale de Prague. La filiation est certifiée par l'inscription déjà mentionnée sur son buste dans le triforium, mais aussi par mes régistres de la municipalité de Prague, où il est plusieurs fois nommé « von Gmünd ». Peter est marié deux fois.

Du premier mariage sont issus deux filles et trois fils, dont deux sont architectes. Le premier est Wenzel Parler (de) (6), né vers 1360 et formé à Prague; il travaille avec son père dans les années 1390 à la construction de la tour Sud de la cathédrale Saint-Guy. En 1397 il est appelé à Vienne, en Autriche, comme maître d'œuvre à la cathédrale Saint-Étienne et traille là aussi sur la tour Sud. Il est sollicité dès 1401 pour rejoindre l'équipe du chantier de la cathédrale de Milan, mais meurt à Vienn en 1404 avant d'avoir pu rejoindre Milan. L'autre fils architecte est Johann Parler le Jeune (de) (7).

Du deuxième mariage, contracté entre 1380 et 1382, sont issus deux fils, dont l'un, appelé Johann (Janco) (8) est également tailleur de pierres et a probablement travaillé à Zagreb.

Un certain Michael, né Schwäbisch Gmünd, est mentionné à Prague en 1383 comme « frater germanus magistri Petri nove fabrice ecclesie Pragensis » et est donc un frère de Peter. Il travaillait en 1359 sur le chantier de l’abbaye cistercienne de Zlatá Koruna (de), et en 1383 à Prague. Aucun document écrit existe[1]. Trois autres architectes, actifs sur le chantier de la cathédrale d'Ulm, dont les noms sont Heinrich Parler l'Ancien, Michael et Heinrich Parler le Jeune ne semblent pas s'identifier avec les maîtres éponymes[1]. Le Heinrich Parler l'Ancien de la cathédrale d'Ulm dont la reconstruction commence en 1877 est peut-être le Heinrich von Gmünd, si ce dernier est bien décédé en 1387 et non pas vers 1370[1].

  • (1) Heinrich Parler l'Ancien (de) (vers 1300 - 1387), aussi Heinrich von Gmünd.
    • (2) Johann Parler l'Ancien (de), (vers 1330- après 1359), aussi Johann von Gmünd fils de Heinrich Parler.
      • (3) Michael Parler (de), (1350 - 1387 ou 1388), aussi Michael von Gmünd ou Michael von Freiburg fils de Johann Parler.
      • (4) Heinrich von Gmünd ou Heinrich von Freiburg (après 1350 - ?) fils de Johann Parler.
    • (5) Peter Parler (tchèque : Petr Parléř), fils de Heinrich Parler, frère cadet de Michael Parler

Le nom[modifier | modifier le code]

Le nom « Parler » est attesté seulement depuis Peter Parler, mais il est largement répandu pour les membres de la famille. Il dérive du mot Parlier (de) du moyen haut-allemand qui désigne, dans les chantiers du Moyen Âge, un chef de chantier ou contremaître qui parle au nom de compagnons du chantier de construction, qui est donc l'interlocuteur entre les artisans et les commanditaires; on rencontre les termes « parlerius » ou « parlerus », des mots latinisés dérivés du mot français « parler ». Michael Parler est ainsi nommé « lapicida dictus parler »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Max Bach, « Die Parler und ihre Beziehungen zu Gmünd », Repertorium für Kunstwissenschaft, Berlin et Stuttgart, Spemann, vol. 23,‎ 1900, p. 377-387
  • Ingeborg Dorchenas, « Parler », dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL), vol. 6, Herzberg, Bautz,‎ 1993 (ISBN 3-88309-044-1), col. 1543–1554.
  • Alfred Klemm, « Die Familie der Meister von Gmünd und ihre Zeichen », Korrespondenzblatt des Gesamtvereins der deutschen Geschichts- und Altertumsvereine, vol. 42,‎ 1894, p. 9-15 (lire en ligne)
  • (de) Alfred Klemm: Parler, dans: Allgemeine Deutsche Biographie (ADB). Volume 25, Duncker & Humblot, Leipzig 1887, p. 177-182
  • Anton Legner, Die Parler und der schöne Stil 1350-1400, Cologne, Verlag Stadt Köln,‎ 1978. (Ouvrage en trois volumes édité à l’occasion de l'exposition du Musée Schnütgen à la Kunsthalle de cologne.)
  • Barbara Schock-Werner, « Parler », dans Neue Deutsche Biographie, vol. 20, Berlin, Duncker & Humblot,‎ 2001 (lire en ligne), p. 69–74
  • Marc Carel Schurr, Die Baukunst Peter Parlers, Ostfildern, Jan Thorbecke Verlag,‎ 2003, 208 p..

Liens externes[modifier | modifier le code]