Pari Ehrlich-Simon

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Le pari Ehrlich-Simon est un célèbre pari établi entre l'économiste Julian L. Simon et l'écologue Paul R. Ehrlich en 1980 au sujet de la raréfaction des ressources dans la décennie suivante.

Principe et historique[modifier | modifier le code]

Simon pensait que le prix des matières premières devrait diminuer tandis qu'Ehrlich pensait au contraire qu'il devrait augmenter compte tenu de leur raréfaction.

Simon proposa donc à Ehrlich de choisir cinq métaux dont le prix devrait, selon lui, augmenter. Si, à la date convenue, le prix ajusté à l'inflation de ces métaux avait effectivement augmenté, Simon s'engageait à verser la différence combinée. Dans le cas contraire, ce serait à Ehrlich de payer.

Ehrlich choisit le cuivre, le chrome, le nickel, l'étain et le tungstène. À la date fatidique, en 1990, il apparut que le prix des cinq ressources a baissé au cours de la décennie. Ayant perdu le pari, Ehrlich envoya un chèque de 576,07 $ à Simon.

Alan Weisman dans son ouvrage Compte à Rebours (2014) revient sur ce pari (p. 392) : « Ehrlich perdit son pari n'ayant pu anticiper la récession globale qui fit baisser la demande des métaux industriels dans les années 1980. Le résultat de ce pari devint une manne publicitaire pour les adeptes d'un capitalisme effréné. »

Suites[modifier | modifier le code]

évolution du prix du cuivre entre 1986 et 2011.

Depuis, le prix de toutes ces matières a considérablement augmenté du fait de leur surexploitation : le cuivre et le tungstène font même partie des Matières premières minérales critiques. À long terme, l'histoire tend donc à donner plutôt raison à Ehrlich.

Alan Weisman écrit aussi ceci : « Depuis le tournant du millénaire, plusieurs économistes - et le magazine londonien The Economist - ont souligné que Ehrlich ne s'était trompé que sur la date : quelques années plus tard, ses amis et lui auraient gagné leur pari. Ehrlich aurait gagné un autre pari qu'il avait proposé à Simon : il affirmait que quinze indicateurs environnementaux - température globales, concentrations de CO2, état des terres arables, forêts, spermatogenèse humaine, etc. - se dégraderaient en une décennie. Simon avait refusé ce pari »

Voir aussi[modifier | modifier le code]