Parc national de Grand Teton
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| Parc national de Grand Teton Grand Teton National Park Catégorie II de la WCPA (Parc national) |
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| Emplacement | Wyoming / |
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| Ville proche | Jackson | |
| Coordonnées | ||
| Superficie | 1 254,5 km2[1] | |
| Création | 26 février 1926 | |
| Visiteurs/an | 2 485 987[1] (en 2008) | |
| Administration | National Park Service | |
| Site web | Grand Teton National Park | |
Situé au nord-ouest du Wyoming, le parc national du Grand Teton protège des paysages de montagnes et une faune diverse. Au centre du parc se situe la chaîne du Teton dont le principal sommet atteint 4 198 mètres (13 770 pieds). Sept lacs à moraines et une centaine de lacs alpins se trouvent dans la région. On rencontre fréquemment des élans, des cerfs et des bisons dans le parc. Les ours noirs sont communs dans les secteurs forestiers, alors qu'on observe de temps en temps des grizzlys dans la partie nord du parc. On peut observer plus de 300 espèces d'oiseaux, notamment des rapaces.
Sommaire |
[modifier] Géographie
Le parc est situé au nord-ouest de l'État du Wyoming dans une région montagneuse faisant partie des montagnes Rocheuses. Le parc est situé à une dizaine de kilomètres au sud de l'immense parc national de Yellowstone. Entre les deux parcs se trouve le parc John D. Rockefeller Jr. Memorial Parkway qui fut créé pour former un écosystème continu comprenant les deux parcs nationaux. Le parc est délimité par la Forêt nationale de Caribou-Targhee à l'ouest et par celle de Bridger-Teton à l'est. Le parc est situé à plus de 400 km au nord de la ville de Salt Lake City et à 150 km à l'est d'Idaho Falls. La petite localité de Jackson est située à l'entrée méridionale du parc.
[modifier] Relief
La topographie du parc est essentiellement caractérisée par le massif montagneux de Teton Range. Le massif recouvre toute la partie occidentale du parc tandis que la partie orientale se caractérise par la vallée de Jackson Hole où s’écoule la rivière Snake[2]. Le sommet du parc, le Grand Teton, culmine à 4 197 m soit plus de 2 000 m au-dessus de la rivière Snake[2]. Le mont Owen, qui culmine à 3 940 m, est la deuxième montagne en terme de hauteur alors qu’une dizaine de montagnes dépassent les 3 600 m[3]. Le massif de Grand Teton est long d'environ 65 km pour une largeur variant de 10 à 15 km. La vallée de Jackson Hole, dont l'altitude moyenne dépasse les 2 000 m, s'étend sur 89 km dans une direction nord-sud sur une largeur moyenne de 21 km[4]. L'est de la vallée est délimitée par le massif de Gros Ventre Range qui culmine à 3 572 m[5].
La majorité des lacs ont été creusé il y a plusieurs milliers d’années par des glaciers. Le plus grand lac du parc, le lac Jackson a lui été étendu par la construction d’un barrage à l'emplacement d'un plus petit lac naturel[6]. Chaque année, les montagnes reçoivent une couche de neige de près de 4,5 m ce qui favorise la présence de glaciers. L’épaisseur de la couche de glace atteint par endroits 1 000 m. Les principaux glaciers portent les noms de Schoolroom, Teton, Middle Teton et Skillet[7].
[modifier] Climat
Avec des altitudes minimales proches de 2 000 m et des altitudes maximales dépassant les 4 000 m, le climat dans la région du parc national est de type montagnard (Köppen, type H)[8],[9].
Les précipitations les plus faibles sont relevées durant les mois d'été. Sur une année, il tombe en moyenne entre 600 et 700 mm d'eau, ce qui est relativement faible pour des montagnes aussi élevées. Cela s'explique par l'éloignement du parc par rapport aux océans[10].
Dans les vallées, il est possible d'avoir des précipitations neigeuses entre le mois de septembre et le mois de juin. Néanmoins, les chutes de neige sont surtout concentrées entre le mois de novembre et le mois de mars. Il peut ainsi tomber une épaisseur d'environ 4,5 m de neige durant toute une année. Les précipitations en haute altitude sont toutefois plus importantes[11].
Les Rocheuses sont très sensibles au réchauffement climatique planétaire qui a débuté au 20e siècle. Depuis 1992, un centre de recherche de l'institut de surveillance géologique des États-Unis étudie ces changements et notamment l'impact du réchauffement sur la fonte des glaciers et sur les incendies de forêts. Les variations du type de végétation en altitude, les débits et les températures des cours d'eau, les gaz atmosphériques et les niveaux d'ozone sont relevés et analysés. Les données recueillies, confrontées à celles d'autres lieux de mesure de par le monde, permettent d'établir des corrélations entre ces modifications climatiques à l'échelle du globe[12].
| Mois | Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Record des températures maximales (°C) | 11,0 | 16,0 | 17,0 | 23,0 | 28,0 | 33,0 | 33,0 | 33,0 | 31,0 | 26,0 | 18,0 | 12,0 | 33,0 (2003) |
| Températures maximales moyennes (°C) | -3,1 | 1,0 | 5,0 | 9,0 | 14,0 | 21,0 | 26,0 | 25,0 | 20,0 | 13,0 | 3,0 | -3,0 | 11,0 |
| Températures minimales moyennes (°C) | -17,0 | -16,0 | -11,0 | -6,0 | -1,0 | 3,0 | 6,0 | 5,0 | 1,0 | -3,0 | -9,0 | -15,0 | -5,0 |
| Record de température minimale (°C) | -47,0 | -53,0 | -42,0 | -33,0 | -15,0 | -8,0 | -5,0 | -7,0 | -14,0 | -24,0 | -43,0 | -46,0 | -53,0 (1933) |
| Moyennes mensuelles de précipitations (mm) | 81,8 | 60,2 | 56,9 | 50,8 | 58,9 | 38,9 | 34,3 | 32,3 | 35,6 | 40,4 | 73,2 | 75,9 | 639,2 |
| Moyennes mensuelles de précipitations neigeuses (cm) | 112,8 | 76,2 | 52,3 | 23,6 | 7,1 | 0,3 | 0,0 | 0,0 | 1,3 | 11,2 | 64,0 | 99,6 | 448,3 |
[modifier] Hydrographie
Le parc est situé à l’ouest du Continental Divide. Cette ligne de partage des eaux sépare le bassin hydrographique des cours d’eau se jetant dans l’Océan Pacifique de ceux se jetant dans l’Océan Atlantique. La rivière Snake, la principale rivière du parc, prend sa source au nord du parc dans le parc national de Yellowstone. Il s’agit du principal affluent du fleuve Columbia qui termine sa course dans l’Océan Pacifique[13]. La rivière Snake, qui tire son nom de son tracé sinueux (littéralement Rivière Serpent), est longue de 1 673 km[14]. Elle entre dans le parc au niveau de l’important lac Jackson avant de s’écouler dans la vallée de Jackson Hole à l’est du massif de Grand Teton[13]. Le lac Jackson couvre une superficie de103,4 km2 pour une profondeur maximale de 134 m[4].
Situé au nord-est du parc, le Two Ocean Lake (littéralement lac aux deux océans) tire son nom d’une ancienne croyance erronée qui disait que le Continental Divide passait au milieu du lac. Les géographes ont par la suite prouvé l’erreur mais son nom est resté[13].
[modifier] Géologie
Les roches des montagnes, âgées de 2,5 à 2,7 milliards d'années, sont faites de granite et de gneiss. Le gneiss du parc est en fait un mélange de sables et de cendres volcaniques qui se sont accumulées au fond d'un océan avant de se transformer en roche sous l'effet de la pression et de la température du sous-sol. Le granite, une roche magmatique plus résistante, se forme de son côté lorsque la lave volcanique se refroidit et se durcit[15],[16].
Il y a près de 500 millions d'années, des roches sédimentaires se sont accumulées au fond d'une mer intérieur tout en recouvrant les anciennes couches de roches d'origines volcaniques. Ces roches sont parfois porteuses de fossiles d'animaux marins issus de coquillages, d'algues ou de trilobites[17].
Il y a environ 70 millions d'années, la mer se retire alors même que des plaques tectoniques s'entrechoquent à l'ouest du continent nord américain ce qui a pour conséquence de former les montagnes Rocheuses[16]. Le massif de Teton Range se forme plus particulièrement il y a 10 à 13 millions d'années[15],[17]. L'apparition du massif est causé par l'apparition de points chauds au nord de la région. Ces points chauds, qui perforent et déforment la croûte terrestre en formant des failles, sont localisés au nord-ouest du parc et dans la région du Yellowstone où subsistent toujours de nombreux geysers[16]. Le côté occidentale de la faille se soulève pour former le massif de Grand Teton tandis que le côté oriental s'enfonce pour former la vallée de Jackson Hole[16]. Le soulèvement met ainsi à jour les anciennes roches granitiques. Durant la période, la région subit de nombreux tremblements de terre violents (magnitude 7,5 sur l'échelle de Richter). Il y a deux millions d'années, alors que le climat de la terre est glacial, d'énormes glaciers descendent du haut plateau de Yellowstone et érodent la vallée de Jackson Hole. De petits glaciers en provenance des montagnes du massif de Grand Teton rejoignent l'énorme glacier de la vallée qui y dépose des moraines[15].
[modifier] Milieu naturel
Le parc national de Grand Teton, tout comme le proche parc national de Yellowstone et les forêts nationales de Gallatin, Custer, Caribou-Targhee, Bridger-Teton et de Shoshone, appartient au Greater Yellowstone Ecosystem, un écosystème protégé recouvrant plus de 72 000 km2[18],[19]. Cette immense zone protégée permet aux animaux de se mouvoir facilement dans ce qui est un des derniers écosystèmes tempérés intacts de la planète[19].
Plus de mille espèces de plantes poussent dans le parc et ses environs. Elles se répartissent au sein des quatre biotopes que sont les zones humides, la zone arbustive des vallées, la forêt et la zone alpine[20].
[modifier] Faune
61 espèces de mammifères vivent dans le parc. Les grands herbivores sont représentés par l'Élan (Alces alces), le Bison (Bison bison), le Wapiti (Cervus elaphus), le Cerf hémione (Odocoileus hemionus), le Mouflon canadien (Ovis canadensis) et l'Antilope d'Amérique (Antilocapra americana). Les prédateurs sont le Grizzli (Ursus arctos horribilis), l'ours noir (Ursus americanus), le Puma (Felis concolor), le Lynx (Felis lynx), le Loup (Canis lupus) et le Coyote (Canis latrans). Les petits mammifères sont représentés par l'Écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), , le Tamia mineur (Tamias minimus), le Glouton (Gulo gulo), la Marmotte à ventre jaune (Marmota Flaviventris) et le Castor canadien (Castor canadensis). Six espèces de chauves-souris sont recensées dont la Petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus) et la chauve-souris cendrée (Lasiurus cinereus)[21],[22].
La majorité des oiseaux sont des migrateurs qui ne restent dans le parc que durant trois à six mois pour éviter les hivers rigoureux. Bien que certains oiseaux s'accommodent de plusieurs biotopes, d'autres sont plutôt adaptés à un des quatre biotopes du parc[23]. Le milieu alpin accueille ainsi le Cassenoix d'Amérique (Nucifraga columbiana), le Roselin à tête grise (Leucosticte tephrocotis), le Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys). Les milieux aquatiques et ripariens sont attractifs pour la Bernache du Canada (Branta canadensis), le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) , le Bruant de Lincoln (Melospiza lincolnii) et la Paruline des buissons (Oporornis tolmiei). La zone arbustive accueille le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus), le Bruant vespéral (Pooecetes gramineus), le Bruant de Brewer (Spizella breweri) et le Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus). La forêt de conifères attire le Moucherolle à côtés olive (Contopus cooperi), la Paruline à croupion jaune (Dendroica coronata), le Roitelet à couronne rubis (Regulus calendula), la Mésange de Gambel (Poecile gambeli), le Bruant familier (Spizella passerina) et le Junco ardoisé (Junco hyemalis)[23]. Le Colibri calliope (Stellula calliope), qui apprécie les fleurs de l'Ipomopsis aggregata, est le plus petit oiseau d'Amérique du Nord. Le Cygne trompette (Cygnus buccinator), dont le couple reste fidèle à vie, est quant à lui la plus grande sauvagine du continent nord-américain[24].
Les amphibiens sont des animaux à sang froid qui ne peuvent pas autoréguler leur température corporelle comme les mammifères. Les températures froides limitent donc le nombre d'espèces présentes dans le parc. Le Grenouille maculée de Columbia (Rana luteiventris), Rainette faux-grillon boréale (Pseudacris maculata), Crapaud boréal (Bufo boreas), Salamandre tigrée à éclaboussures (Ambystoma mavortium), Grenouille léopard (Rana pipiens) et le Ouaouaron (Rana catesbeiana) ont été recensées dans le parc mais il semblerait d'après les services du parc que la Grenouille léopard ait totalement disparu de la région. Les amphibiens peuplent surtout les lacs situés au fond de la vallée où ils se nourrissent d'insectes et servent de nourriture à quelques oiseaux[25],[26].
Les reptiles, peu nombreux tout comme les amphibiens, sont représentés par les serpents non venimeux que sont la Couleuvre de l'Ouest (Thamnophis elegans vagrans), la Couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis fitchi) et le Boa caoutchouc (Charina bottae). Le seul lézard commun dans le parc est le Lézard de Sagebrush (Sceloporus graciosus graciosus)[27],[26].
Les étendues d'eau sont peuplées par neuf espèces locales dont la Truite à gorge coupée de la rivière Snake (Oncorhynchus clarki behnkei), le Naseux moucheté (Rhinichthys osculus), Catostomus ardens, Rhinichthys cataractae, Prosopium williamsoni, Catostomus platyrhynchus, Cottus bairdii et Prosopium williamsoni. Sept espèces de poissons ont été introduites dans le parc dont la Truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), l'Omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), l'Ombre Arctique (Thymallus arcticus), Catostomus platyrhynchus et Gila atraria. Catostomus platyrhynchus se nourrit d'algues alors que la Truite à gorge coupée se nourrit d'insectes. Gila atraria apprécie tout particulièrement les eaux calmes et chaudes des lacs de la vallée tandis que Prosopium williamsoni apprécie les eaux froides des torrents de montagne. Les poissons sont à la base de la nourriture de nombreux oiseaux et de mammifères[28].
[modifier] Flore
La zone arbustive est une zone rocheuse peu humide et recouverte en grande partie par l’Artemisia tridentata. Les zones humides, situées entre autres à proximité de la rivière Snake et de ses affluents, sont colonisées par le peuplier Populus angustifolia et différents saules. La forêt est située à l’écart des zones humides mais sur un sol de bien meilleure qualité que celui de la zone arbustive rocheuse. Elle est essentiellement composée de conifères. Finalement, la zone alpine se confine en altitude au delà de la limite des arbres. Elle est peuplée par des petites plantes résistantes aux conditions rigoureuses de haute montagne (vent, neige, rayons UV, sol pauvre)[20].
Les conifères sont très présents dans le parc. Le Pin tordu (Pinus contorta) apprécie les zones où des incendies se produisent régulièrement. Ses cônes sérotiniques ne s’ouvrent en effet que lorsqu’ils sont léchés par les flammes. Le Pin à écorce blanche (Pinus albicaulis) produit de nombreuses graines appréciées par les oiseaux, les petits mammifères et les grizzlis[29].
La forêt de conifères est surtout composée de l’Épicéa d'Engelmann (Picea engelmannii), du Sapin subalpin (Abies lasiocarpa), du Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii) et de l’Épicéa bleu (Picea pungens). Les deux premiers conifères peuvent pousser jusqu’à des altitudes proches de 3 000 mètres tandis que les autres apprécient plus le fond des vallées[30]. Les feuillus apprécient plutôt les zones proches des rivières comme le Populus angustifolia et le Peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) qui se teignent en jaune et orange durant l’automne[29].
Certains arbustes jouent un rôle important grâce à leurs baies qui permettent à de nombreux animaux comme les ours et les oiseaux de constituer des réserves pour passer l’hiver. Parmi ceux-ci se trouvent le Sureau noir (Sambucus nigra), le Chèvrefeuille involucré (Lonicera involucrata), le framboisier sauvage, la ronce à petites fleurs (Rubus parviflorus) et la symphorine (Symphoricarpos albus)[29].
La floraison des fleurs a en général lieu de mai à septembre. La période sans gelée est en effet très brève (environ 60 jours dans la vallée de Jackson Hole) ce qui oblige une floraison rapide. La zone arbustive des vallées se colorent avec Ipomopsis aggregata et de « Pinceaux indiens ». L’Épilobe en épi (Chamerion angustifolium), des aconits et l’orchidée Calypso (Calypso bulbosa) apprécient les zones humides proches des forêts. Le Myosotis des alpes (Myosotis alpestris), le Polemonium viscosum et le Silène acaule (Silene acaulis) sont présents dans les zones alpines[31].
Les fougères apprécient particulièrement les zones humides et ombragées des forêts. Elles se disséminent grâce au vent qui emporte leurs spores. Le genre le plus commun dans le parc est Pteridium. Son feuillage vert devient orangé en automne. La Athyrium filix-femina est une espèce également présente dans les zones boisées. Par contre, la Cryptogramma crispa apprécie les zones rocheuses plus sèches[32].
Le parc abrite plus de 100 espèces de graminées présentes dans tous les biotopes du parc. Ces plantes sont essentielles pour l’alimentation de nombreux herbivores et insectes. Elles permettent aux oiseaux de fabriquer leurs nids et empêchent l’érosion des sols dans cette région où les précipitations sont abondantes. Parmi les espèces se trouvent la fléole des Alpes (Phleum alpinum), le Pâturin des prés (Poa pratensis), Festuca idahoensis, Calamagrostis rubescens, Agrostis scabra et Danthonia intermedia[33].
Les lichens jouent également un rôle essentiel. Ils sécrètent en effet un acide qui attaque les roches. Les poussières de roches qui apparaissent forment un sol de meilleure qualité pour les plantes. Très résistants, ils sont présents jusque dans les zones alpines. Les lichens constituent une partie de l’alimentation de plusieurs mammifères dont le Mouflon canadien (Ovis canadensis)[sss] et servent pour la fabrication des nids de nombreux oiseaux. Absorbant facilement la pollution de l’air, ce sont d’excellents indicateurs de la qualité de l’air[34].
Le parc accueille également des mousses, des sphaignes et des hépatiques. Ces organismes préhistoriques sont les descendants des premiers végétaux à avoir colonisé la terre ferme. Contrairement aux autres plantes qui se nourrissent en captant les nutriments à partir de racines, ces végétaux captent les nutriments directement sur leurs tissus externes. Ils sont présents dans des milieux très humides où ils permettent de stabiliser et d’enrichir les sols. Cela permet ensuite à d’autres espèces de s’implanter[35].
Les marais sont recouverts par des Nénuphars et des Massettes. Parfois naturels ou parfois construits par des castors (Castor canadensis), ils tempèrent et filtrent les eaux tout en offrant une partie de l’alimentation des Élans (Alces alces)[36].
[modifier] Histoire
[modifier] Amérindiens
La première période humaine, dénommée « période archaïque », débute il y a environ 11000 ans pour s'achever vers 500 après JC[37]. Les premiers habitants de la région pratiquent la chasse, la pêche et la cueillette. En fonction des saisons, ils se déplacent plus ou moins en altitude pour suivre l'apparition de plantes en se nourrissant de leurs fruits ou de leurs bulbes. Les archéologues ont découvert des outils et d'anciens foyers permettant de démontrer leur nomadisme en fonction des saisons. Durant l'hiver, ces paléo-amérindiens quittent le parc pour rejoindre des contrées plus clémentes à l'ouest. Les ossements découverts dans le parc indiquent également que ces chasseurs suivent la migration des grands herbivores comme le Bison. Du pollen fossilisé de l'époque indique que le climat de la zone était plus froid qu'au XXIe siècle, que les glaciers sont bien plus bas dans la vallée et que la flore est en grande partie de type alpine[38].
Les paléo-amérindiens utilisent des propulseurs pour chasser. Ces propulseurs ressemblent à ceux utilisés à d'autres endroits par la Culture Clovis. L'obsidienne, une pierre d'origine volcanique, est très présente dans la région. Ressemblant à du verre, elle est alors très recherchée dans le but d'en faire des outils tranchants[38]. Au fil des millénaires, les outils s'améliorent, les pointes des propulseurs s'affinent et la population augmente. Les tipis transportables apparaissent également durant cette période[39]. La période qui commence vers 500 après JC pour s'achever vers 1500 se nomme « Dernière période préhistorique ». Cette période se caractérise par des innovations techniques importantes par rapport à la période archaïque. L'arc à flèches remplacent le propulseur ce qui modifie totalement les techniques de chasse. La poterie en stéatite fait également son apparition durant cette période. Elle a pour but de stocker et de cuire la nourriture. La population devient moins nomade que précédemment mais contrairement à certains peuples du sud-ouest des États-Unis (Anasazis), ceux-ci ne pratiquent pas l'agriculture et ne deviennent pas totalement sédentaires[37]. Ce n'est qu'après 1500 que les Amérindiens acquièrent des chevaux apportés par les premiers Européens. Ces derniers, qui sont à la recherche de métaux précieux et de fourrures, arriveront avec des armes à feu et modifieront considérablement les systèmes économiques et culturels de la région[37]. Lorsque les premiers Européens arrivent dans la région du parc, il rencontre quelques Amérindiens, habillés de peaux d'animaux et armés d'arcs ornementés. Ils se nourrissent de baies, de poissons et de gibier. Ils se déplacent en famille en quête de nourriture et se font aider par des chiens domestiqués. Ils sont issus de la tribu des Shoshones et se font plus particulièrement dénommer Tukudika. Les Européens leurs donnent également le nom de Mangeurs de moutons. Au début du XIXe siècle, la grande région entourant le parc accueille deux à trois mille Shoshones qui se répartissent en groupes de 100 à 200. En été, les groupes se séparent en familles de 10 à 30 individus mais ils se réunissent pour la chasse saisonnière de Bisons qui débute en automne en vue de constituer des réserves pour passer l'hiver. Les Shoshones seront par la suite placés dans des réserves par les américains[39].
[modifier] Européens
Les historiens pensent que le premier homme blanc à avoir visité la région est le trappeur et mountain man John Colter. Il aurait emprunté la vallée dès 1807-1808 mais il n'existe pas de preuve irréfutable. Une pierre de lave avec la mention "Colter – 1808" est découverte par un habitant en 1931 dans la région du parc mais les scientifiques qui l'ont étudiée ne sont pas certain que la mention remonte réellement à cette époque[40].
Les historiens sont par contre certains que l'expédition d'Astor est passée dans la région du parc en 1811 et 1812. Cette expédition avait pour but de trouver un chemin pour atteindre l'embouchure du fleuve Columbia au départ de la ville de Saint-Louis mais aussi de développer le commerce des fourrures dans le nord-ouest. C'est également à cette époque que des voyageurs Canadiens français travaillant pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest nomment les montagnes "Trois Tétons" suite à la forme de trois montagnes[40]. Le commerce des fourrures culminent dans les années 1830 avant de disparaître dans les années 1840. Les animaux devenaient rares à cause de la chasse intensive et les acheteurs en Europe devenaient plus rares car la mode de la fourrure était passée et remplacée par celle de la soie[40].
Par la suite, les États-Unis étendent leurs territoires de plus en plus à l'ouest comprenant les richesses potentielles de toutes ces contrées peu connues. De nombreuses expéditions commandées par le gouvernement commencent à cartographier et étudier ces régions jusque la fin du XIXe siècle[41]. Après la ruée vers l'or en Californie vers 1850, de nombreux prospecteurs en quête de richesse cherchent de nouveaux gisements aurifères dans toutes les Rocheuses. Dans les années 1860, la région du parc est pour la première fois prospectée mais les paillettes dorées découvertes ne permettent pas d'envisager de devenir riche. D'autres prospecteurs passent ensuite dans la vallée sans beaucoup plus de chance ce qui permet à la région de garder son calme[42]. Les premiers colons s'installent dans la région dans les années 1880
Suite à une loi américaine de 1862 (Homestead Act of 1862), chaque personne âgée de plus de 21 ans avait le droit d'obtenir un terrain de 160 acres (environ 65 hectares) en échange d'y habiter et de le cultiver au moins pendant cinq ans. Le terrain est légué après cette période en échange de 15 dollars. Les premiers colons s'installent dans la région dans les années 1880. En 1888, la vallée de Jackson Hole était peuplée de 20 hommes, deux femmes et un enfant. La région attire peu de personnes car le climat local est bien plus difficile que dans d'autres contrées. Les habitants sont essentiellement des éleveurs de bétail qui collectent du fourrage en été pour nourrir leurs bêtes durant l'hiver. La taille des troupeaux est ainsi limitée car les quantités de foin à entreposer sont énormes pour pouvoir survivre aux longs hivers[43]. Dès le début du XXe siècle, certains habitants trouveront dans le tourisme un nouveau débouché économique. La région sauvage devient en effet reconnue pour la chasse et la pêche et les habitants deviennent des guides pour les touristes[42],[44].
[modifier] Création du parc
Alors qu'en 1872 le proche parc national de Yellowstone devient sans difficulté le premier parc national au monde, la population locale s'opposent durant plusieurs décades à la création du parc national de Grand Teton[45].
Dès 1897, le responsable du proche Yellowstone propose d'étendre son parc vers le sud en englobant la partie nord de la vallée de Jackson Hole en vue de protéger la migration des troupeaux de Wapitis[45]. En 1898, le responsable de l'USGS propose également d'y adjoindre le massif de Teton Range. Leurs souhaits ne sont pas acceptés par le Congrès américain. Le National Park Service est fondé en 1916 dans le but de promouvoir les idées provenant des parcs nationaux du pays[45]. En 1917, ce service rédige un rapport qui met comme priorité essentielle l'extension du parc. Des sénateurs locaux s'opposent toutefois au projet car une partie de la zone est utilisée par des éleveurs de moutons. Les employés locaux des services des forêts avaient également peur de perdre de leur influence car contrairement à une forêt nationale, il est interdit d'exploiter les ressources forestières au sein d'un parc national[45].
Les défenseurs du parc parviennent à convaincre une partie de la population locale des bénéfices d'un tel projet et le 26 février 1929, le président américain Calvin Coolidge signe la loi qui crée le parc (388,5 km2) qui englobe le massif de Teton Range et six lacs[45]. Le désir d'étendre le parc dans la vallée de Jackson Hole continue à faire son chemin. Pour y parvenir, les partisans décident de racheter des terres privées. Le richissime homme d'affaires John Davison Rockefeller Junior commence à s'impliquer dans ce projet en rachetant 141,6 km2 de terres pour une somme d'environ 1,4 million de dollars[45]. La population locale était hostile à ce rachat et au fait que ces terres soient ensuite ajoutées au parc existant. Les problèmes économiques locaux dans les années 1920 obligent plusieurs fermiers à vendre leurs terres. Un sénateur local tente en 1934 d'ajouter les terres achetées au parc national mais sa demande est à nouveau rejetée. Néanmoins, le 15 mars 1943, le président Franklin Delano Roosevelt use de son autorité présidentielle pour créer le monument national de Jackson Hole (894,4 km2) suite aux menaces de Rockfeller de revendre les terres si le gouvernement n'acceptait pas son don pour en faire un parc national[45]. La population locale proteste vigoureusement en arguant que le monument allait détruire l'économie de la région. Un parlementaire local du Congrès fait une demande de suppression du monument acceptée par le gouvernement mais refusée par un veto présidentiel[45]. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale, que les opposants aux parcs se font de moins en moins nombreux. En effet, les premiers touristes commencent à visiter la région en y apportant de nouveaux revenus[45]. Ce n'est que le 14 septembre 1950, alors que l'opposition s'est estompée, que les terres du monument national sont ajoutées à celles du parc national suite à l'accord du président Harry S. Truman. Le parc dispose enfin de l'écosystème complet connu au XXIe siècle[45].
Depuis 1972, le parc est relié au parc national de Yellowstone par le John D. Rockefeller, Jr. Memorial Parkway. Ce parc, en l'honneur du généreux donateur, offre ainsi un lien naturel préservé et continu entre les deux parcs nationaux[4].
[modifier] Gestion et administration
Le parc national est géré par le service national des parcs (National Park Service) qui dépend du ministère de l'intérieur américain. Ce service national dispose d'un budget annuel total de 2 361 milliards de dollars (2005) et doit gérer au niveau national plusieurs zones protégées dont la superficie totale avoisine les 340 000 km2[46].
Le parc national de Grand Teton et le John D. Rockefeller Jr. Memorial Parkway sont tous deux gérés par le service national des parcs. En 2008, le budget des parc était proche de 10 millions de dollars pour une équipe proche de 200 équivalents temps plein[47]. Ce budget sert essentiellement à payer le personnel présent dans le parc et à rénover ou améliorer des routes ou certains bâtiments. Parmi ses actions, le personnel s'occupe d'accueillir et d'informer les visiteurs du parc. Il lutte également contre la prolifération d'espèces invasives et suit de très près l'évolution des populations d'espèces menacées. Les infrastructures et les bâtiments historiques sont entretenus et restaurés tandis que les sites archéologiques sont protégés et étudiés[4].
Le rôle du service national des parcs est de préserver et de protéger les ressources naturelles et culturelles. Le Congrès des États-Unis lui conféra le titre d'agence fédérale lors de la ratification du National Park Service Organic Act le 25 août 1916[48]. Selon cette loi, la mission du service est de promouvoir et de réguler l'utilisation des parcs nationaux en protégeant les paysages, la vie sauvage et les sites historiques en vue de les laisser intacts pour les générations futures[49]. La chasse, l'exploitation minière et forestière ainsi que la collecte de ressources naturelles et culturelles sont illégales dans le parc. L'exploration et l'exploitation de pétrole ou de gaz sont également interdites.
[modifier] Tourisme
Le parc, célèbre pour ses paysages montagneux et sa faune sauvage, attire plus de deux millions de touristes chaque année. En 2008, le parc national de Grand Teton est classé neuvième en nombre de visiteurs sur les 58 parcs nationaux du pays. Le plus visité est celui des Great Smoky Mountains avec 9 044 010 visiteurs et le second est le Grand Canyon avec 4 425 314[1]. Le parc, accessible uniquement par la route, est ouvert tout au long de l'année mais certaines infrastructures et zones du parc sont fermées de l'automne au printemps[50].
Les visiteurs sont invités à garder des distances de sécurité suffisantes avec les grands animaux du parc tels que l'ours, l'élan ou bien encore le bison. Il est également interdit de nourrir les animaux car ils pourraient avoir des difficultés pour survivre en hiver en perdant l'habitude de trouver par eux-mêmes leur nourriture[22].
[modifier] Accessibilité
Le plus proche aéroport international est situé à Salt Lake City soit à plus de 400 km au sud. Il n'existe pas de transport public menant au parc et la route est par conséquent le seul moyen pour s'y rendre. L'importante voie routière Interstate 15 suit le côté occidental du parc mais celui-ci n'est accessible que par de plus petites routes. Le parc possède trois entrées (nord, sud et est). La route 191 relie le nord au sud du parc et des navettes gratuites relient les différents points d'intérêts dans le parc. Les véhicules et les cyclistes sont uniquement autorisés sur les routes tandis que les piétons sont autorisés sur différents sentiers de randonnée.
[modifier] Infrastructures
L'hébergement et la restauration est possible dans le parc dans plusieurs hôtels mais également dans la ville voisine de Jackson[51]. Pour pouvoir accueillir du public, les hôtels privés dans le parc doivent disposer de concessions fournies par les services du parc. Le parc dispose également de plusieurs campings. Le parc dispose de plus de 310 km de sentiers de randonnée[51]. Certains sentiers peuvent être effectués en moins d'une heure tandis que d'autres demandes parfois plusieurs jours. Les randonnées, qui demandent de dormir à la belle étoile, nécessitent l'obtention d'un permis. Des embarcations sont en location à divers endroits du parcs et des excursions en bateaux sont proposées sur certains lacs. La nage est autorisée bien que les eaux soient en général froides et qu'il n'y a pas de surveillance[51]. Les autres activités pratiquées dans le parc sont l'observation de la nature, la photographie, les randonnées à cheval, l'escalade, la pêche (besoin d'un permis) et le ski de fond[52].
[modifier] Environs
L'attraction principale au nord de Grand Teton est le parc national de Yellowstone qui met en lumière de nombreuses curiosités géologiques et environnementales. Au sud se trouve également un refuge national pour élans (National Elk Refuge).
[modifier] Galerie
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Élan (orignal) dans le parc du Grand Teton |
[modifier] Annexes
[modifier] Bibliographie
- (fr) Les parcs de Yellowstone et du Grand Teton, dans National Geographic France, n°50, novembre 2003
[modifier] Liens externes
[modifier] Notes
[modifier] Notes et références
- ↑ a b c (en) Statistiques des parcs, 2009, National Park Service. Consulté le 6-07-2009
- ↑ a b (en) Montagnes, 2009, National Park Service. Consulté le 6-07-2009
- ↑ (en) Sommets du Teton Range, 2009, Peakbagger. Consulté le 6-07-2009
- ↑ a b c d (en) Plan stratégique du parc, 2009, National Park Service. Consulté le 8-07-2009
- ↑ (en) Massif Gros ventre range, 2009, Peakbagger. Consulté le 8-07-2009
- ↑ (en) Lacs, 2009, National Park Service. Consulté le 6-07-2009
- ↑ (en) Glaciers, 2009, National Park Service. Consulté le 6-07-2009
- ↑ (fr)Pierre Pagney, Les climats de la Terre, Masson, 1976, p. 65.
- ↑ (en)World Climates after Köppen-Geiger. Consulté le 1-03-2008
- ↑ a b (en) Relevés météorologiques, 2009, Weather.com. Consulté le 9-07-2009
- ↑ a b (en) Relevés climatiques à Moose (Wyoming) entre 12/1958 et 12/2001., 2009, National Park Service. Consulté le 9-07-2009
- ↑ (en)Fagre Daniel, « Global Change Research A Focus on Mountain Ecosystems », U.S. Geological Survey, Northern Rocky Mountain Science Center. Consulté le 1-03-2008
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- ↑ (en) Les pionniers, 2009, National Park Service. Consulté le 8-07-2009
- ↑ (en) Histoire, résumé, 2009, National Park Service. Consulté le 8-07-2009
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- ↑ (fr)Présentation du NPS, National Park Service, Département de l'intérieur américain. Consulté le 04-03-2008
- ↑ (en)National Park Service Hosts Listening Session in Helena, National Park Service, Département de l'intérieur américain. Consulté le 04-03-2008
- ↑ (en)Designation of National Park System Units, National Park Service. Consulté le 06-03-2008
- ↑ (en)The National Park System, Caring for the American Legacy, National Park Service, U.S. Department of the Interior. Consulté le 04-03-2008
- ↑ (en)Ouverture du parc, National Park Service. Consulté le 10-07-2009
- ↑ a b c (fr) Informations pratiques., 2009, National Park Service. Consulté le 9-07-2009
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