Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu

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Lac Glacé du Marboré, Pic orientaux et plus hauts sommets (Mont Perdu et Pic du Cylindre) du massif du Mont-Perdu
Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu
Image illustrative de l'article Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu
Cirque de Soaso et massif du Mont-Perdu
Catégorie UICN II (parc national)
Identifiant 893
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté Communauté autonome d'Aragon
Province Province de Huesca
Coordonnées 42° 38′ 50″ N 0° 00′ 07″ E / 42.64710834, 0.00197259 ()42° 38′ 50″ Nord 0° 00′ 07″ Est / 42.64710834, 0.00197259 ()  
Superficie 156,08 km2
Création 16 août 1918

Géolocalisation sur la carte : Province de Huesca

(Voir situation sur carte : Province de Huesca)
Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu

Le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu (en espagnol : Parque nacional de Ordesa y Monte Perdido) est un parc naturel situé dans la partie pyrénéenne de la province de Huesca, communauté autonome d'Aragon, en Espagne. Le parc et sa zone périphérique s'étendent sur les communes de Torla, Broto, Fanlo, Tella-Sin, Puértolas et Bielsa.

Création[modifier | modifier le code]

Le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu a été créé le 16 août 1918 par un décret royal qui déclarait Parc National la vallée d'Ordesa sur une superficie de 2 175 ha. Le 13 juillet 1982, un nouveau décret royal décide d'englober la vallée de Niscle, la gorge d'Escuain et le massif du Mont-Perdu depuis les pics de Gabiétous jusqu'au Port Neuf de Pinède. Le territoire du parc est alors étendu à 15 608 ha avec une zone périphérique de 19 697 ha et son appellation devient « Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu »[1]. Il est inclus en 1997[réf. nécessaire] dans la réserve de biosphère Ordesa-Vignemale déclarée par l'UNESCO et, depuis le 6 décembre 1997, dans l'ensemble Pyrénées-Mont Perdu inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, au double titre de « paysage naturel » et de « paysage culturel »[2].

Description[modifier | modifier le code]

Vallée d'Ordesa depuis le sentier des Chasseurs
Chemin dans le parc


Le parc est surmonté au Nord par le massif des Trois Sœurs (Tres Sorores en espagnol, Tres Serols en aragonais) constitué par le Mont-Perdu (3355 mètres), le Cylindre (3 327 m) et le Soum de Ramond (3260m). Plusieurs autres pics autour du Mont Perdu dépassent la barre symbolique des 3000 mètres, comme le Marboré, le Taillon, le Petit et le Grand Astazou, les pics des Gabiétous, la Tour et le Casque. Ces sommets parsèment la crête frontière entre l'Espagne et la France, crête que vient trancher abruptement la Brèche de Roland.

Depuis le point culminant qu'est le Mont Perdu, une série d'impressionnantes vallées glaciaires descendent en éventail. Les canyons d'Ordesa et de Niscle sont parmi les plus grands et les plus profonds d'Europe[2]. Le plus emblématique est le canyon d'Ordesa qui fut à l'origine du parc : sous ses immenses murailles ocres qui s'ouvrent vers l'ouest, les eaux du rio Arazas forment des successions de splendides cascades. Non moins belles sont les trois autres vallées : les falaises spectaculaires du canyon de Niscle (cañon de Aniscle) dominent le rio Bellos dans sa course vers le sud ; les gorges d'Escuain (garganta de Escuain) où le rio Yaga s'écoule vers le sud-est ; dans la dissymétrique vallée de Pinède (ou de Pineta), des falaises vertigineuses sur un versant, des épaulements plus doux de l'autre, escortent la Cinca vers l'est[1].

On peut signaler à proximité, bien qu'ils n'appartiennent pas au parc, la vallée de Bujaruelo à l'ouest et, situé de l'autre côté de la frontière, le cirque de Gavarnie, un spectaculaire cirque glaciaire qui possède la cascade la plus haute d'Europe (400 m de chute verticale).

Le dénivelé entre les zones montagnardes et les zones basses du parc est d'environ 2600 m (750 mètres à Niscle et 3355 mètres pour le Mont Perdu). Les zones les plus élevées du parc (altitudes supérieures à 2000 m) sont extrêmement arides car les eaux pluviales sont rapidement enfouies sous terre à cause du système karstique. En conséquence, il y a peu de cuvettes lacustres, le lac glacé de Tuquerouye étant le seul lac de dimensions assez importantes. Les eaux ressurgissent plus bas[1] et les fonds des vallées sont couverts d'une végétation dense où dominent le hêtre et l'épicéa, auxquels succède le pin noir lorsqu'augmente l'altitude.

Il existe encore un glacier permanent sur la face nord du Mont Perdu mais il est en régression.

Géologie[modifier | modifier le code]

L'orographie du parc doit son originalité à la prédominance de la roche calcaire : le massif des Trois Sœurs est le plus grand massif calcaire d'Europe[réf. nécessaire]. Ces roches sédimentaires accumulées au fond de la mer à l'ère primaire (principalement calcaire mais aussi flysh, marnes et grès) furent au début de l'ère tertiaire soulevées, plissées et déportées. La nappe calcaire des « Sierras intérieures », dont le massif des Trois Sœurs, constituée d'empilements de strates de calcaire grèseux, glissa vers le Sud. Elle disparaît dans le synclinal du Haut-Aragon et réapparaît dans la Sierra de Guara. Ces glissements provoquèrent des empilements de plis et des renversements de couches : en haut du massif, des calcaires anciens se retrouvent au-dessus de calcaires plus récents. Le pli couché de Torla en est une trace évidente[1].

A l'ère quaternaire, l'érosion glaciaire sculpta les roches calcaires. Elles donna au paysage cet aspect très affirmé de cirques et de vallées glaciaires en U, comme on peut le voir dans les vallées d'Ordesa ou de Pinède. La transformation karstique et l'érosion par ruissellement vinrent s'ajoutent à l'érosion glaciaire, créant de multiples grottes, avens, gorges, combes, dolines, etc. Ainsi dans le canyon de Niscle et la garganta d'Escuain, la partie haute est un cirque glaciaire alors que la partie basse s'encaisse entre des gorges profondes. Cette région contient quelques-unes des plus longues et plus profondes cavités naturelles du monde.

Flore[modifier | modifier le code]

Jusqu'à une altitude de 1500-1700 mètres, on trouve de nombreux bois de hêtres (Fagus sylvatica), sapins (Abies alba), de pins sylvestres (Pinus sylvestris), de chênes (Quercus subpyrenaica), avec une présence limitée de bouleaux (Betula pendula), de frênes (Fraxinus excelsior), de saules (Salix eleagnos), de noisetiers (Corylus avellana), alors qu'à l'étage supérieur, jusqu'à 2000 m domine le pin noir (Pinus uncinata). Le sous-bois jusqu'à 1800 m est dominé par le buis (Buxus sempervirens). Sur les prairies d'altitude (entre 1700 et 3000 mètres) domine la fétuque, ainsi que de nombreuses endémiques, notamment la dioscorea des Pyrénées (Borderea pyrenaica), ou d'autres comme l'edelweiss (Leontopodum alpinum), qui est devenue le symbole du parc.

Faune[modifier | modifier le code]

L'espèce emblématique du parc était le bouquetin des Pyrénées, dont la sous-espèce pyrénéenne (Capra pyrenaica pyrenaica) a disparu en 2000 malgré les efforts de préservation. Les autres espèces présentes sont l'isard (Rupricapra rupricapra), la marmotte, le sanglier et le desman des Pyrénées (Galemys pyrenaicus). Les rapaces sont aussi abondants, tels l'aigle royal, le vautour fauve, le faucon, le grand-duc, des chouettes, vautour percnoptère et quelques gypaètes. On peut aussi citer le coq de bruyère et la perdrix des neiges.

Mesures de protection[modifier | modifier le code]

La protection du parc s'applique à la faune, à la flore, aux minéraux et à l'espace aérien : il est interdit de survoler le parc à moins de mille mètres du sol. Le bivouac n'est autorisé pour les randonneurs qu'autour des refuges de Goriz et de San Vincenda et près du lac de Tuquerouye. Autour du parc se situe une zone de protection et d'influence où seules sont autorisées les activités traditionnelles en rapport avec les objectifs du parc[1].

Personnalités liées au parc[modifier | modifier le code]

De nombreux personnages célèbres sont tombés sous le charme de ces lieux. Certains ont contribué à faire connaître ces paysages et à les protéger, tels les pyrénéistes Henry Russell, Franz Schrader, Louis Ramond de Carbonnières, Lucien Briet, Lucas Mallada (es) ou Soler i Santaló.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean Paul Pontroué, Parc National d'Ordesa et du Mont Perdu, Randonnées Pyrénéennes,‎ 1994
  2. a et b Pyrénées-Mont Perdu, liste du patrimoine mondial de l'UNESCO

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Paul Pontroué, Parc National d'Ordesa et du Mont Perdu, Randonnées Pyrénéennes,‎ 1994 (ISBN 2-905521-84-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]