Parc du Grand-Blottereau

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Parc du Grand-Blottereau
Image illustrative de l'article Parc du Grand-Blottereau
Entrée de la colline de Suncheon.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Pays de la Loire
Commune Nantes
Quartier Doulon - Bottière
Superficie 19 ha
Caractéristiques
Essences Eucalyptus, grenadiers, oliviers, mimosas, canna
Lieux d'intérêts Château du Grand-Blottereau
Serres tropicales
Jardin coréen
Gestion
Propriétaire Ville de Nantes
Ouverture au public Oui
Lien Internet http://www.jardins.nantes.fr
Accès et transport
Tramway   1   (station : Mairie de Doulon)
Bus  12  (stations : Grand Blottereau et Gagnerie)
Localisation
Coordonnées 47° 13′ 41″ N 1° 30′ 31″ O / 47.2281, -1.50854947° 13′ 41″ Nord 1° 30′ 31″ Ouest / 47.2281, -1.508549  

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Le parc du Grand-Blottereau est un parc de Nantes, situé dans le quartier Doulon - Bottière, à l'est de la commune. Le parc proprement dit s'étend sur 19 ha dans le cadre d'un domaine municipal de 37,5 ha, ce qui en fait le plus grand parc de la ville.

Historique[modifier | modifier le code]

Le domaine épiscopal[modifier | modifier le code]

Depuis les invasions barbares au VIe siècle, la paroisse de Doulon dont fait partie le Grand-Blottereau, devient un domaine épiscopal, dont Harscoët Ier de Saint-Pierre, seigneur de Retz, s'appropriera une bonne part durant le XIe siècle. Il faudra la menace d'une excommunication, suite aux décisions du Concile de Rome en 1049, pour que Harscouët rétrocède Doulon aux évêques en 1104 (elle sera l'une des rares paroisses à être rendu à l'évêché nantais) et restera leur propriété jusqu'à la Révolution.

Mais les évêques, incapables de gérer leur biens, cèdent leurs domaines à des familles aisées, sous la pression du duc de Bretagne. Des seigneuries se créent alors, comme celles du « Grand-Blottereau  » et du « Petit-Blottereau » (qui se trouvait à proximité, au sud-ouest du parc, au bout de l'avenue du Petit-Blottereau). Elles s'étendent jusque sur la prairie de Mauves.

On sait que, durant la seconde moitié du XIIe siècle, la duchesse Constance de Bretagne possédait le manoir du Petit-Blottereau, puisque selon la légende, elle aurait été à l'origine de la fondation d'une chapelle, dédiée à Vierge Marie et baptisée « Notre-Dame de Toutes-Aides », pour accomplir le vœu fait lors d'une prière exaucée. La petite chapelle, reconstruite vers 1610, laissa la place à une nouvelle église édifiée à la fin du XIXe siècle[1]

La seigneurie du Grand-Blottereau[modifier | modifier le code]

En 1405, la seigneurie est la propriété de Robert de Sesmaisons, puis passe de 1428 à 1443, à Guillaume Baborin. Elle est anoblie en 1453 en faveur de Pierre Raboceau, secrétaire du duc de Bretagne. Elle devient ensuite la propriété de Pierre de Montigné en 1505, Jean du Ponceau (prévôt de Nantes) en 1560, Bertrand puis Guy Glé et Jeanne de Bouillé, seigneur et dame de La Costardaye en 1602.

En 1635, à Christophe Juchault de Lamoricière (ou Juchaud), président de la Chambre des comptes de Bretagne[2]. En 1741, Louis Christophe Juchault la revend pour 90 000 livres à l'armateur Gabriel Michel, directeur de la Compagnie des Indes.

Le château[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château du Grand-Blottereau.

Entre 1742 et 1747, celui-ci fait construire un château, dont l'auteur des plans nous est inconnu, mais furent très probablement attribués à tort à l'architecte parisien Jean-Baptiste Ceineray, qui était néanmoins trop jeune pour conduire un tel projet puisqu'il n'était âgé de seulement d'à peine 20 ans aux début des travaux[3].

En 1762, le domaine est revendu 160 000 livres à Guillaume Seigne, négociant, dont la famille est aussi présente dans les forges du pays de Châteaubriant. En 1823, suite à des successions, il appartient à Catherine Budan, épouse d'Augustin-Joseph Sioc'han de Kersabiec, maire de Doulon sous l'Empire, qui vend le château et le parc attenant à Louis-George Law de Lauriston (1773-1834) pour 110 000 francs[3].

En 1851, l'inauguration de la ligne ferroviaire venant de Paris marquant la limite sud du parc, isole celui-ci de la prairie de Mauves.

À la fin du XIXe siècle, le propriétaire est Thomas Dobrée (1810-1895), qui, étant sans héritier, fait d'Hippolyte Durand-Gasselin[4] (1839-1929, industriel et banquier, fils de l'architecte homonyme, 1806-1888) son légataire. Durand-Gasselin crée une serre tropicale sous la responsabilité de la chaire d'agronomie coloniale de l'École supérieure de commerce de Nantes. En 1905, il fait don du château à la ville de Nantes, moyennant l'obligation d'y créer un jardin exotique et un musée colonial[5].

Le domaine municipal[modifier | modifier le code]

En 1917, l'armée américaine y installe un hôpital militaire durant la Première Guerre mondiale.

En 1927, la ville y crée une nursery florale, le « fleuriste municipal », le lycée horticole en 1933, puis la pépinière municipale en 1957.

Durant l'entre-deux-guerres, les baraquements laissés vacants les américains sont occupés par des familles nécessiteuses.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le Grand-Blottereau héberge deux compagnies britanniques (une anglaise, une écossaise). Pendant l'occupation, les Allemands construisent un blockhaus à proximité du château.

À la Libération, des baraquements abritent des sinistrés des bombardements de Nantes, puis par la suite les rapatriés d'Algérie dès 1962. Quant au château, il abritera de 1945 à 1961, une « maison de l'Enfance » gérée par une association créée pour venir en aide aux enfants orphelins, dont les parents ont été fusillés, massacrés ou sont morts en déportation[5].

À la fin des années 1960, les collections du musée colonial sont transférées au musée du château des ducs de Bretagne. L'arrêté du 4 octobre 1966 classe le château comme monument historique[6].

En 1970, les serres tropicales sont reprises par la municipalité lors de la fermeture de la section agronomie de l'École de commerce.

Durant les années 1970, les baraquements furent détruit et les 80 familles qui les occupaient furent relogées dans les nouvelles cités HLM construites à l'époque. Ces démolitions permirent un agrandissement notable du parc qui atteignit alors sa taille actuelle[7].

Le domaine de nos jours[modifier | modifier le code]

Le SEVE[modifier | modifier le code]

Le parc accueille le « Service des Espaces Vert et de l'Environnement » (SEVE) de la ville de Nantes.

Le lycée horticole[modifier | modifier le code]

Il abrite également le lycée horticole Le Grand Blottereau, élément constitutif, avec le lycée et CFA Jules Rieffel, du pôle vert d'enseignement de la métropole nantaise. Le lycée horticole reçoit des collégiens en 3e agricole, et forme en productions horticoles et aménagement paysager (sauf BTS) des CAP, des baccalauréat professionnels et des BTS. Il reçoit aussi des classes d'éveil et des adultes en formation.

Le parc[modifier | modifier le code]

Le site est aménagé depuis plusieurs années selon un motif exotique, en lien avec la présence de serres tropicales. Il devrait accueillir à terme différents milieux des cinq continents. On peut y voir actuellement :

  • le jardin à la française (devant le château) ;
  • la rocaille méditerranéenne ;
  • le bayou américain ;
  • la bananeraie ;
  • le jardin coréen (colline de Suncheon) ;
  • le jardin au naturel, dont s'occupent les élèves du lycée horticole.

Les installations sportives[modifier | modifier le code]

Le parc comporte aujourd'hui deux terrains de football, cinq courts de tennis, une salle omnisports (gymnase Raphaël Lebel), un terrain de pétanque, deux terrains de basket-ball et un terrain de handball.

Images[modifier | modifier le code]

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La pépinière[modifier | modifier le code]

Le parc contient la pépinière municipale de Nantes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Groupe de recherche historique de Doulon, Du village à la ville, Doulon de la Révolution à la fin du 19e siècle, Editions ACL, Nantes, 1985, pages 43-44.
  • Elodie Laporte, Le Grand Blotterau, le Trianon nantais, Nantes, Association Nantes Renaissance,‎ 2012, 36 p.
  • Noël Guillet, Doulon : De l'indépendance à l'annexion - Cent ans de vie municipale, Nantes, Association Doulon-histoire,‎ 2000, 194 p. (ISBN 2-908289-19-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notre-Dame de Toutes-Aides sur « saintemarie-doulon.org »
  2. « Dictionnaire historique, géographique et topographique de Nantes et de l'ancien comté nantais » par J.F. Macé de Vaudoré - 1836
  3. a et b Du village à la ville..., page 43, note 12.
  4. Fiche d'Hippolyte Durand-Gasselin sur geneanet.org
  5. a et b Nantes Passion n°162 - Février 2006 - Pages 26 à 29
  6. « Classement du Grand-Blottereau », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 3 mars 2014.
  7. Doulon op. cit., p. 173