Parc du Belvédère

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Parc du Belvédère
Image illustrative de l'article Parc du Belvédère
Vue de Tunis depuis les hauteurs du parc
Géographie
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Commune Tunis
Quartier Belvédère
Superficie 110 ha
Caractéristiques
Création XIXe siècle
Type Jardin à l'anglaise
Lieux d'intérêts Parc zoologique
Gestion
Lien Internet Association des amis du Belvédère
Localisation
Coordonnées 36° 49′ 21″ N 10° 10′ 24″ E / 36.8225, 10.1733336° 49′ 21″ Nord 10° 10′ 24″ Est / 36.8225, 10.17333  

Le parc du Belvédère (منتزه البلفيدير) est le plus grand parc de la ville de Tunis (Tunisie). Aménagé à la fin du XIXe siècle, il se situe au nord de la ville européenne.

Historique[modifier | modifier le code]

Tramway passant devant les grilles du parc
Casino du Belvédère vers 1900

Sa création est entreprise dès 1892 sur une colline couverte d'une ancienne oliveraie de 110 hectares[1].

Conçu par l'architecte-paysagiste Joseph Laforcade[2],[3], alors jardinier en chef de la ville de Paris, ce parc à l'anglaise se couvre progressivement de massifs, de bosquets et de pelouses[4]. Il est également parcouru de routes carrossables, d'allées cavalières et de sentiers piétonniers. Les plants sont fournis par le jardin d'essais de Tunis créé l'année précédente, les plantations étant achevées en 1897. Après quoi, il est fermé au public durant plus d'une décennie afin de permettre à la végétation de se développer dans des conditions optimales. Pour ajouter aux agréments, on y transfère une midha du souk El Attarine ainsi qu'un pavillon à coupoles d'un palais de La Manouba.

En septembre 1901, un casino de style néo-mauresque est ouvert à l'entrée du parc[4] et inauguré officiellement en 1910[1]. Entre 1963 et 1969 est aménagé un zoo dessiné par des architectes paysagistes de la ville de Cologne ; il comporte notamment un étang, des aires de jeux et une caféteria[1].

Le 15 janvier 2011, au lendemain de la fuite du président Zine el-Abidine Ben Ali lors de la révolution tunisienne, le conseil municipal de la capitale devait se réunir pour approuver le projet de cession du parc, réparti en trois lots, lesquels étaient destinés à accueillir des projets immobiliers au bénéfice de la famille de Leïla Ben Ali, femme du dictateur déchu.

Les projets prévoyaient de raser plusieurs bâtiments dont le siège de l'Association des amis du Belvédère, afin d'y construire cinquante chalets et un hôtel avec vue panoramique. Les évènements sauveront le parc de la spéculation immobilière[5],[6].

Descriptif[modifier | modifier le code]

Véritable oasis de fraîcheur en pleine ville, le parc a des proportions trompeuses. Si l'entrée ombragée de la place Pasteur évoque un simple jardin public, il s'agit en réalité d'un très vaste espace, traversé de routes que l'on peut parcourir à pied ou en voiture. Aménagé à flanc de coteau, ce parc harmonieusement fleuri est planté de nombreuses essences (pins, palmiers, ficus, eucalyptus, oliviers, etc.)[7].

Entrée du zoo
Bassin du parc

Lorsque la chaleur étouffe la ville, cette concentration de verdure est alors un véritable ballon d'oxygène. Le parc est également agrémenté de diverses installations[8].

Le zoo de Tunis qui abrite, sur une superficie de treize hectares, 155 espèces d'animaux[9] de la faune africaine : flamants roses, éléphants, lions, singes, chacals, ours à collier, etc. Environ un million de visiteurs le visitent chaque année, nombre qui s'accroît de manière constante[9]. Le parc comprend aussi un café de style andalou avec une terrasse et un lac artificiel peuplé de canards. À proximité sont installées des attractions pour les enfants et les marchands de glaces et de sucreries.

Le musée d'art moderne de Tunis permet de découvrir quelques artistes tunisiens contemporains. Il a trouvé refuge dans l'ancien casino.

Koubba[modifier | modifier le code]

Le haut du parc est coiffé d'un pavillon (koubba) de style arabo-andalou datant du XVIIe siècle. Appelé Kobbet El Haoua, il était jadis installé dans les dépendances d'un palais de La Manouba, qui abrite aujourd'hui le musée militaire national.

Le pavillon est composé d'une salle carrée avec abside recouverte d'une toiture d'où émergent quatre petites coupoles et une coupole centrale plus grande et côtelée. Les autorités du protectorat en font l'acquisition, le font démonter et remonter dans le parc où il vit une seconde jeunesse, déployant ses galeries, ses arcs de plâtre sculpté, ses colonnades, ses vitraux et ses panneaux de stuc ajouré. Il est un but de promenade et un havre de repos. De la terrasse, on jouit d'une vue superbe sur les frondaisons mais aussi sur le golfe de Tunis et le lointain Djebel Boukornine.

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) Historique du parc (Association des amis du Belvédère)
  2. (fr) Parc du Belvédère (Municipalité de Tunis)
  3. Imène Zhioua, « Les jardins publics en Tunisie : conditions ou conséquences de la construction de la ville sur le mode occidental ? », Actes du séminaire « Étapes de recherches en paysage », n°4, éd. École nationale supérieure du paysage, Versailles, 2002, p. 12
  4. a et b Paul Sebag, Tunis. Histoire d'une ville, éd. L'Harmattan, 1998, p. 354
  5. (fr) « Tunisie : les petits projets immobiliers de Leïla Ben Ali », Jeune Afrique, 16 février 2011
  6. « Tunisie-Ben Ali : Le parc du Belvédère a failli y passer », La Presse de Tunisie, 25 février 2011
  7. (fr) Faune et flore du parc (Association des amis du Belvédère)
  8. (fr) Arts et monuments du parc (Association des amis du Belvédère)
  9. a et b (fr) Jardin zoologique (Association des amis du Belvédère)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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