Parc de la Ciutadella

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Parc de la Citadelle
Parc de la citadelle
Parc de la citadelle
Présentation
Nom local Parc de la Ciutadella
Période ou style Modernisme catalan
Date de construction Exposition universelle de 1888
Destination initiale Citadelle militaire, puis lieu de l'Exposition universelle de 1888
Destination actuelle Jardin public
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Région Catalogne Catalogne
Province Province de Barcelone
Localité Barcelone
Localisation
Coordonnées 41° 23′ 17.2″ N 2° 11′ 15.06″ E / 41.388111, 2.1875167 ()41° 23′ 17.2″ Nord 2° 11′ 15.06″ Est / 41.388111, 2.1875167 ()  

Géolocalisation sur la carte : Barcelone

(Voir situation sur carte : Barcelone)
Parc de la Citadelle

Le Parc de la Ciutadella est un parc situé dans le centre de Barcelone. Il fut construit sur les terrains laissés par une citadelle détruite en 1868 et qui lui donnent son nom pour l'exposition universelle de 1888.

Il est situé dans la vieille ville de Barcelone entre la gare de France, l'Arc de Triomphe et la Ville olympique entre les rues Pujades, Picasso et Wellington. Il possède 10 entrées et s'étend sur 60 hectares dont une partie est occupée par le zoo de Barcelone.

Il garde une certaine ressemblance avec les jardins du Luxembourg parisien et abrite le parlement de Catalogne et un musée d'Art Moderne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Plan de Barcelone en 1806 avec la Ciutadella intégrée dans les murailles.

La Ciutadella, d'où le parc tire son nom, était une citadelle bâtie au début du XVIIIe siècle par Philippe V d'Espagne à la suite de la guerre de succession.

Le 11 septembre 1714, après 13 mois de siège Barcelone tombait sous la coupe du roi Philippe V. Pour maintenir la ville sous contrôle il fit construire cette citadelle – ou forteresse – qui était alors la plus grande d'Europe. Elle suivait les techniques alors en vigueur de forteresse avec une architecture en étoile à la mode de Vauban. Elle fut conçue comme une des infrastructures militaire destinées à dominer la ville et était notamment complétée par le château de Montjuïc.

Elle fut construite par l'ingénieur militaire flamand Joris Prosper Van Verboom, entre 1716 et 1718 sur des terrains alors occupés par le quartier de la Ribera qui ne fut déménagé à la Barceloneta que trente ans plus tard. Pour ces travaux, plus de 1200 maisons furent arasées, 4500 personnes furent déplacées sans indemnisation, un couvent fut détruit et le fleuve Rec Comtal fut dévié.

Destruction de la citadelle[modifier | modifier le code]

Pour la population barcelonaise, la forteresse devint le symbole d'un gouvernement central oppressif. Elle fut partiellement détruite lors d'une révolte en 1841 puis reconstruite à la suite de la répression qui s'en suivit, sur ordre de Marie Christine de Bourbon, puis donnée à la ville par le général Prim.

Finalement, il fut complètement démoli lors de la Révolution de 1868. La Tour de Saint Jean, prison militaire situé sur la place d'arme et symbole du pouvoir fut abattue. Il ne resta de la citadelle qu'une chapelle (l'actuelle paroisse Castrense), le palais du gouverneur aujourd'hui occupé par le collège Verdaguer et l'arsenal transformé et qui accueille le parlement de Catalogne

Exposition universelle de 1888[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Exposition universelle de 1888.
Le Château des trois dragons, actuel musée de zoologie et œuvre de Lluís Domènech i Montaner.

Lors de l'Exposition universelle de 1888 le maire Francesc Rius i Taulet chargea Josep Fontserè de l'urbanisation des terrains vagues de la citadelle pour ouvrir la ville au monde international.

Fontserè projeta d'amples jardins pour le repos des barcelonais affirmant que « les jardins sont aux villes ce que les poumons sont au corps humain ». Il s'inspira d'autres jardins européens ceux de William Rent en Angleterre, d'André Le Nôtre en France, et de villas à Rome et Florence. Il ajouta aux espaces verts une place centrale, des chemins, une fontaine monumentale, deux lacs artificiels, un petit bois, divers éléments ornementaux ainsi que des édifices annexes et des infrastructures aux alentours telles que le marché du Born, des abattoirs, un pont en fer au-dessus de la ligne de chemin de fer et de petites maisons de service[1].

Fontserè raconta sa collaboration avec le jeune Antoni Gaudí, qui intervint sur la cascade monumentale, un des points centraux du parc. Gaudí réalisa la partie hydraulique et dessina une grotte artificielle sous la cascade. Cette dernier est orné d'une quantité de sculptures réalisées par les meilleurs sculpteurs sur fer forgé de l'époque : La Cuadriga de l'Aurore, de Rossend Nobas, la naissance de Venus, de Venanci Vallmitjana dont le fronton fut réalisé par Francesc Pagès i Serratosa ; La sculpture Amphitrite, est de Josep Gamot; celle de Neptune et de Léda, sont de Manel Fuxà; Danaé, est de Joan Flotats. Rafael Atché réalisa les quatre Griffons qui crachent de l'eau par la bouche dans la partie inférieure du monument.

Différents bâtiments furent construits pour l'exposition et ont été conservés : le restaurant (connu sous le nom de château des trois dragons) œuvre de Lluís Domènech i Montaner de style néogothique annonçant déjà le modernisme catalan et l'Hibernaculum de Josep Amargós entièrement réalisées en fer et verre, le Musée de géologie Martorell d'Antoni Rovira i Trias et l'umbraculum de Josep Fontserè.

En 1888, Barcelone accueillit l'Exposition Universelle où elle prit place dans le parc de la Ciutadella. Pour marquer l'entrée de l'exposition, il fut décidé de construire l'Arc de Triomphe de Josep Vilaseca i Casanovas.

Le parc[modifier | modifier le code]

1 Cascade monumentale
2 Kiosque à musique
3 Le Mamouth
4 lac artificiel
5 Aux volontaires catalans
6 Parlement de Catalogne
7 Desconsuelo
8 Lycée-collège Verdaguer
9 Église de la citadelle
10 Statue équestre au Général Prim
11 Entrée du zoo
12 La dame au parapluie
13 Umbraculum
14 Musée de géologie
15 Hibernarium
16 Château des trois dragons

En 2013, le Parc de la Ciudadella est l'un des plus grands de Barcelone et accueille en son sein le Zoo de Barcelone, divers bâtiments issus de l'ancienne forteresse (la chapelle, le palais du gouverneur et l'arsenal) et d'autre de l'Exposition de 1888 (Umbraculum, Hivernaculum, Musée de Géologie et Musée de Zoologie).

Le parc possède une grande surface de jardins, avec de grandes zones boisées et de promenade, comme les bassins et la cascade. Le bassin, avec ses petites îles est au centre du parc. On y trouve des plantes exotiques, des animaux aquatiques, et on peut y naviguer avec des barques à rames. À côté de la cascade se trouve le Jardin Romantique et son grand nombre d'espèces végétales. Enfin, sur l'ancienne place d'arme se trouve un autre petit bassin avec en son centre la célèbre sculpture Desconsuelo, œuvre de Josep Llimona.

Le parc est jalonné par diverses sculptures telles que le monument au général Prim, œuvre de Lluís Puiggener, dont l'originale avait été fondue durant la guerre civile, et qui fut recrée par Frederic Marès en 1940 ; le monument à Bonaventura Carles Aribau, de Manel Fuxà ; le buste de Marià Aguiló, de Eusebi Arnau; Aux Volontaires Catalans, de Josep Clarà; le buste de Lleó Fontoba, de Pablo Gargallo; les bustes de Milà i Fontanals, Víctor Balaguer et Joaquim Vayreda, de Manel Fuxà; La cigogne et la renarde, de Eduard B. Alentorn; le Monument à Walt Disney, de Núria Tortras; le monument au centenaire de l' Exposition, d'Antoni Clavé ; le Mammouth, de Miquel Dalmau, etc. Le zoo abrite la célèbre sculpture la Dame au parapluie, de Joan Roig i Solé, qui est considérée comme un symbole de la ville.

Végétation[modifier | modifier le code]

Vue du lac.

Le parc de la Ciudadella compte plus d'une centaine d'espèces, nombre d'entre-elles plantées au XIXe siècle et qui comptent parmi les plus anciennes de la ville. Les plus abondants sont les tilleuls (Tilia X europaea, Tilia tomentosa et Tilia X euchlora), les magnolias (Magnolia grandiflora), les peupliers (Populus alba et Populus alba "Pyramidalis") et les platanes (Platanus X hispanica), que l'on rencontre avec d'autres espèces telles que le Micocoulier de Provence (Celtis australis), le paulowniaceae (Paulownia tormentosa), le arbre à écus (Ginkgo biloba), l'acacia (Robinia pseudoacacia), l'acacia de Constantinople (Albizia julibrissin), le cyprès (Cupressus macrocarpa et Cupressus sempervirens), le filao (Casuarina cunnighamiana), l'oranger des Osages (Maclura pomiphère), le phytolaca belle ombre (Phytolacca dioica), le marronnier (Aesculus hippocastanum), le cyprès chauve (Taxodium distichum), le dattier des Canaries (Phœnix canariensis), la palmier dattier (Phœnix dactyliphère), la palmier bleu (Brahea armata), le yucca (Yucca elephatipes), le laurier (Laurus nobilis), le tamarix (Tamarix gallica), le Laurier rose (Nerium oleander), le Pittosporum de Chine (Pittosporum tobira) et le Fusain du Japon (Euonymus japonicus)[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ca) Josep Maria Garrut, L'Exposició Universal de Barcelona de 1888, Barcelone, Ajuntament de Barcelona, Delegació de Cultura,‎ 1976 (ISBN 84-500-1498-0)
  • (es) Josep L. Roig, Historia de Barcelona, Barcelone, Primera Plana S.A.,‎ 1995 (ISBN 84-8130-039-X)